La science est-elle l’ennemie de la religion ?

La science est-elle l’ennemie de la religion ?

A partir de cela, de nombreux philosophes ont pu critiquer la religion kart marc considère que la religion est « l’opium du peuple c’est-à-dire comme une drogue qui lui fait oublier ses soucis et e soulage, mais ne l’aide pas à résoudre ses problèmes (son exploitation économique), et bien au contraire l’affaiblit et le pousse à se soumettre (elle justifie le travail comme expiation du péché o originel ; elle justifie la hiérarchie sociale, la monarchie de droit divin, et prône la soumission en général : « Rendez à cessa ce qui est à cessa friches intensité voit dans la religion (chrétienne notamment) la négation de la VIe : car cette religion, dans le droit fil de l’idéalisme application, renie le corps et réprime tous les désirs t plaisirs charnels, qu’elle considère comme des « péchés » gourmandise, sexualité, etc..

signons fureur, fondateur de la psychanalyse, considère que la religion est une névrose, une forme de paranoïa : elle consiste à déformer les aspects insupportables du monde (solitude de l’homme, mort certaine, etc.. ) pour rendre celui-ci supportable. La religion serait une manière de réaliser nos désirs d’enfants. Dieu serait un père imaginaire et idéalisé pour consoler l’homme de sa

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solitude. Bref, la religion serait une illusion, au sens strict de fureur : c’est-à-dire non pas une erreur (l’illusion n’est pas accessoirement fausse), mais une croyance qui procède d’un désir : on ne croit pas en Dieu parce que cela semble vrai, on y croit parce qu’on aimerait qu’il existe…

Enfin, aberrant ruisselé, philosophe et logicien anglais du axe siècle, a donné une critique décisive de la religion en soulignant son opposition à la science, le mal qu’elle fait à la vérité et aux hommes : on ne compte évidemment plus le nombre de guerres menées au nom de la religion. Pour ajouter un philosophe contemporain à cette liste, on pourrait mentionner miches infrason, qui poursuit cette tradition philosophique d’une critique ara on pourrait mentionner miches infrason, qui poursuit cette tradition philosophique dune critique radicale de la religion Ces conflits entre science et religion montrent aussi que le savoir est un système de pouvoir…

Bref, dans la mesure où science et religion prétendent toutes deux nous révéler la vérité sur le monde, elles sont nécessairement en position de rivalité. L’opposition est d’autant plus certaine que leurs méthodes ne sont pas les mêmes : la science procède par expérience et démonstration logique, alors que la religion se contente de la révélation divine matérialisée ans l’écriture… Mais cette différence dans les approches et les méthodes est peut-être le moyen de (ré)concilier science et religion. Une conciliation possible ? Mais on peut tenter de concilier la science et la religion, la foi et la raison. En effet, ces deux types de discours ont-ils le même but, la même fonction ?

Si on laisse de côté la prétention de la religion à dire la vérité sur le monde, on peut soutenir que non : la science ne nous dit jamais comment vivre, elle ne répond pas à la question « Que faire ? Elle est descriptive et non prescription, autrement dit elle ‘est pas normative : elle ne nous dit pas ce qu’il faut faire. Elle ne dit pas comment devrait être le monde, elle se contente de dire comment il est. Bref, elle n’est pas éthique ni pratique, elle est théorique. On trouve chez espionna cette idée d’une dissociation radicale entre la foi et la raison : la seule fonction de la foi, explique-t-il, est de nous faire obéi 3 radicale entre la foi et la raison : la seule fonction de la foi, explique-t-il, est de nous faire obéir.

La Bible, par exemple, ne vise qu’ cet objectif unique : nous faire suivre la loi morale, c’est-à-dire nous faire aimer notre prochain. Autrement dit, les pouvoirs devraient laisser les scientifiques tranquilles, parce que les progrès scientifiques n’empêchent nullement d’obéir la loi morale. (Le but de espionna est ici de défendre la liberté de pensée et d’expression du philosophe et du scientifique contre la persécution des autorités religieuses. ) Mais on peut critiquer cette dissociation radicale entre pratique et théorie : toute conception du monde induit des normes, et réciproquement toute éthique doit s’appuyer sur une certaine représentation de la réalité. Pas d’éthique sans entomologie, pas ‘entomologie sans éthique.

Ainsi la science, bien qu’elle s’en défende, est en quelque sorte indirectement normative : en nous expliquant comment fonctionne le monde elle nous dit comment faire pour être heureux. Une autre manière de dire que religion et science ne s’opposent pas serait de montrer que même au plan théorique on peut les concilier. C’est la grande idée de Pascal et de akan : notre raison est limitée, par conséquent il reste une place pour la foi. Sur toutes les questions auxquelles la science ne peut répondre, c’est-à-dire les questions métaphysiques, dont les gommes religieux font partie, nous pouvons croire ce que bon nous semble, ce qui nous aidera le mieux à vivre ou ce qui nous élèvera, nous rendra meilleurs… 4 qui nous aidera le mieux à vivre ou ce qui nous élèvera, nous rendra meilleurs…

Deux types d’intuition Voici maintenant une analyse un peu plus développée de ce dernier argument, avec une critique importante. On entend parfois l’argument suivant : « Tous les plus grands philosophes ont reconnu que la raison scientifique a des limites, et qu’en réalité elle dépend entièrement de l’intuition. Par mousqueton la conception religieuse du monde est tout aussi défendable que la conception matérialiste. » ces d’ailleurs l’argument de balais Pascal : l’homme, pris entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, est toujours infiniment loin de la connaissance absolue ; de plus, notre raison est limitée car les premiers principes ne peuvent pas être démontrés. Ar conséquent, il faut faire appel à ce que Pascal appelle le « c?Ur balais Pascal 267. – La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent ; elle n’est que faible, si elle ne va jusqu’ reconnaître cela. 270. Il est donc juste qu’elle se soumette, quand elle juge qu’elle doit se soumettre. I ne a rien de si conforme à la raison que ce désaveu de la 272. -I 274. – Tout notre raisonnement se réduit à céder au sentiment. Le c?Ur a ses raisons, que la raison ne connaît point ; on le 277. – sait en mille choses. balais Pascal, Pensées Et pourtant, il y a là une grave confusion.

Certes, il est rigoureusement impossible er les principes qui sont S rigoureusement impossible de démontrer les principes qui sont au fondement de toute démonstration. Pour cette raison on eut parler d’une « intuition » qui se trouve au fondement de toute pensée et donc de toute science. Pascal disait ainsi que les premiers principes nous sont connus, non par la raison, mais par le « c?Ur le sentiment. Et c’est là qu’il y a un glissement pernicieux : on passe subrepticement de l’intuition intellectuelle (qui consiste, comme disait dessertes, en la claire conception d’un esprit qui analyse sont objet) à l’intuition au sens de l’intuition féminine, du sentiment, du sixième sens ou que sais-je encore. Soyons plus précis : l’intuition intellectuelle peut désigner au moins deux choses :

L’intuition logique : il s’agit de notre compréhension intuitive des principes logiques, du type « A = A » ou « on ne peut pas dire une chose et son contraire Ce sont ces principes (ici le principe d’identité et le principe de contradiction) qui sont au fondement de toute démonstration, et sont par conséquent indémontrables. L’intuition empirique : il s’agit tout simplement de la perception, ou d’un concept qui en résulte comme celui de l’espace ou du temps. Ainsi les axiomes de la géométrie sont connus par intuition. Il est très clair que ces deux concepts n’ont rien à voir avec les intuitions « féminines » ou « religieuses Et par conséquent c’est un véritable acte de terrorisme intellectuel que de glisser d’un concept à l’autre. Ce qui reste vrai, et que l’on peut concéder Pascal et à akan, c’est que d l’autre.

Ce qui reste vrai, et que l’on peut concéder à Pascal et akan, c’est que dans les domaines où la raison et la science sont impuissantes à nous découvrir la vérité, nous pouvons fort bien décider de croire l’hypothèse qui nous plaît le plus, celle qui nous aide à vivre ou celle qui nous rend meilleurs. Mais en cherchant le Bien on risque de ne pas trouver le Vrai. Et surtout, et c’est là le point essentiel, la compréhension rigoureuse du concept d’intuition nous montre qu’en réalité la raison n’est pas limitée : car elle inclut aussi bien l’intuition que la déduction. Il n’ a pas de différence radicale entre les questions physiques et les questions métaphysiques. Au mieux il y a une différence de degré. Toutes les questions théoriques sont du même ordre.

De sorte que finalement, contrairement à un préjugé tenace, la science répond à la question de l’existence de Dieu (pour autant que cette question puisse être posée ! ) aussi bien qu’ n’importe quelle autre question, c’est-à-dire sans nous donner de certitude, mais en nous proposant une hypothèse plus ou moins solide (c’est-à-dire plus ou moins fondamentale dans l’édifice théorique, dans la conception du monde) qui s’insère dans une représentation cohérente des phénomènes. En l’occurrence, la science dirait volontiers, comme alpage disait napoléonien, que Dieu est une hypothèse dont nous pouvons nous passer. Une chose est donc sûre : cette hypothèse-là ne répond pas à un besoin théorique.