La route

La route

La Route, Cormac McCarthy Situation De nos jours, il est possible d’entendre que l’avenir de l’etre humain est menace puisque, par sa faute, il tend a detruire lentement mais surement son milieu. Nous sommes donc insultes de meurtriers car le Monde se meurt devant nous et que nous n’agissons pas. A chaque seconde, la situation s’empire et l’avenir s’obscurcit ; mais les interets economiques actuels l’emportent sur la sauvegarde urgente de notre Monde. Ce roman ecrit par Cormac McCarthy en 2006, peut s’inscrire dans la lignee des ? vres engagees. En effet, il decrit un Monde devaste par un cataclysme inconnu qui peut etre naturel (meteorite) ou bien provoque par les hommes (nucleaire). Le feu a tout brule et a ravage la faune ainsi que la flore, les villes et les campagnes. Le Monde n’est plus : il est masque par des nuages de cendres qui plongent les quelques survivants dans un milieu obscure ou le Soleil n’apparait plus. De plus le sol en est recouvert et ajoute au manque de lumiere, ceci rend impossible l’agriculture.

L’auteur met donc en avant l’idee que notre avenir s’inscrit en pointille, et montre que le contexte de bouleversements climatiques ainsi que des manipulations nucleaires mettent en peril

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notre futur. Ainsi dans ce paysage apocalyptique, un pere et son fils vont ; voire meme errent sur les routes en direction du Sud. Ils ne possedent presque rien a part un caddie et leur sac a dos, avec a l’interieur un peu de nourriture qu’ils trouvent en chemin. Sous la pluie ; dans la neige et le froid ils avancent vers les cotes du Sud avec la peur au ventre, celle de rencontrer les hordes de sauvages qui terrorisent ce qui reste de l’humanite.

Le recit decrit donc leur periple, sans que l’auteur ne les nomme, traverse par des hauts et des bas mais qui est remplit de messages censes nous incites a prendre conscience sur ce que nous sommes et ce qui peut etre cache en nous tous. Resume Le recit debute donc par un cataclysme qui reduit le Monde tout entier a neant et qui tue la quasi totalite de tout ce qui peut y vivre. Au moment de cette catastrophe l’homme et sa femme attendent un enfant, mais la mere ne veut pas lui donner la vie puisqu’elle ne veut pas l’amener a vivre ainsi.

Apparait donc l’une des scenes les plus marquantes a mes yeux, le moment ou une mere veut renoncer a son enfant et donc a l’essence meme de notre existence ; c’est-a-dire de se reproduire et de donner vie. Dans le fond, c’est le premier fait marquant du roman qui, au final, en est plein. Cependant, l’accouchement a bien lieu mais dans des conditions atroces qui voit en fin de compte la naissance d’un petit garcon. Au fur et a mesure le temps passe et le petit grandit, mais la mere ne plus supporter cette vie et decide de s’en aller, alors que jusqu’ici les trois personnages vivaient dans leur maison.

Cette fuite est en faite un moyen pour elle de se suicider et marque le commencement pour le pere et le fils de leur periple sur la route. La suite est marquee par de multiples faits frappants, comme la fois ou ils rencontrent un groupe d’assassins cannibales qui partent a leur poursuite. Qui plus est, il y a aussi le passage ou ils rencontrent une maison qu’ils pensent abandonnee mais qui est en realite le repere de dangereux tueurs assassins, veritables hommes retournes au stade de l’animalite si ce n’est plus bas encore.

Le pere et le fils y entrent, et decouvrent dans la cave des etres humains qui servent de repas aux tueurs. En decouvrant cela, ils tentent d’echapper au plus vite mais a ce moment la les mechants reviennent et comprennent tout de suite que quelqu’un est entre. Les deux personnages reussissent tout de meme a s’echapper, et peuvent continuer leur chemin au milieu de ce Monde aneanti. D’autre part, on ne se rend vraiment compte que vers la moitie du livre que le pere est atteint d’une maladie grave et que sa toux n’est pas anodine.

En effet, on peut penser que cela provient du fait que toutes les cendres qu’il a pu respirer ont endommage ses poumons. Le pere comprend vite que ses jours sont comptes et sans prevenir veritablement son fils de son etat, il tente de lui apprendre a etre prudent et a se mefier tout en restant impartial et sans ranc? urs. Le pere semble avoir lui aussi sombre dans la spirale infernale comme le demontre la scene ou il laisse un homme, qui venait de lui voler ses vivres, denude au beau milieu de nul part et sans rien. Il tente d’eduquer son garcon et a le preparer a vivre seul a l’image de ce Monde sans pitie.

Peu apres, lentement il meurt et son fils se retrouve des lors seul au monde et face a ce qu’il ne connait pas. Toutefois, a la fin du roman, une famille accepte de l’emmener et l’adopte veritablement comme un des leur. Analyse personnelle En outre, cette ? uvre est unique et peu de romans ont ose s’aventurer si loin sur le caractere de l’Homme. Le fait qu’il n’y ait pas d’indications sur les ages ainsi que sur les noms des personnages montrent que les Hommes n’ont plus d’identites, comme si tout s’etait efface depuis la catastrophe qui a marque la fin de l’humanite.

De plus, aucun lieu n’est indique comme s’il n’existait plus d’indices pouvant prouver l’existence de la civilisation humaine. C’est un roman profond d’une violence et d’une brutalite extreme qui montre a quel point l’Homme peut etre cruel. Nous ne sommes meme plus dans de l’anarchie puisqu’il n’existe plus de structures etatiques ou n’importe quel type de pouvoirs souverains. Ce n’est que le regne de la force cruelle qui ne vise meme plus a dominer autrui, mais simplement a le tuer pour se nourrir : c’est l’anthropophagie ou le cannibalisme.

Ceci marque le moment ou l’etre humain ne peut plus etre considere comme tel car il a franchi la frontiere de l’humanite ; il a sombre dans l’animalite la plus lointaine. L’auteur insiste donc sur le fait que dans l’Homme, il existe toujours une part de sauvagerie qui expliquerait toutes les atrocites qui ont marque notre Histoire. Au lieu de se regrouper pour tenter de former une communaute ou un groupe paisible, les hommes preferent etre des meutes nomades tuant ce qu’ils peuvent trouver. L’animalisation des hommes est omnipresente et rien ne emble pouvoir changer cela. Le manque de lumiere est constant et tout au long du livre, on retrouve le champ lexical de l’obscurite. Celle-ci figure bien sur dans les decors ainsi que les paysages, mais surtout dans le caractere de la plupart des individus que croisent nos deux protagonistes. Ils sont en effet cruels et ont perdu la grandeur qui faisait la reputation de l’etre humain ; cette lueur qu’etait la raison humaine. Qui plus est, il s’agit aussi d’une remise en question complete nous concernant.

Effectivement, notre societe est dotee d’une grande richesse et d’ingenieux procedes technologiques, qui montrent a quel point l’homme peut se montrer intelligent et maitrise ce qui l’entoure. Mais si tout ceci disparait que devenons-nous ? L’Homme est-il capable de rassembler ses forces pour rebatir ce Monde disparu ? C’est en ce sens que l’auteur a ecrit La Route comme s’il voulait dresser le portrait du comportement humain, et montrer a quel point nous sommes petits face a des forces incontrolables qui de nos jours s’ouvrent devant nous. D’autre part, la relation entre le pere et le fils semble etre la seule lueur du livre.

Dans ce Monde ou la croyance n’existe plus puisque seul les Hommes sont capables de croire en des divinites, nos deux personnages apparaissent donc comme les uniques representants intacts de notre espece. En effet, on sait que le fils prie avant de manger afin de remercier une force superieure dont le nom n’est pas indiquer : Dieu peut-etre ? Nous ne le savons pas. De plus, le pere tente de lui transmettre une foi en lui repetant souvent « nous portons le feu », ce qui souligne le fait que cette croyance les distingue des autres et qu’ils n’ont pas sombre dans la barbarie.

C’est une relation emouvante et pleine d’amour ou chacun soutient l’autre dans les moments difficiles ; c’est-a-dire tres souvent. Sans le garcon, le pere se serait laisse mourir depuis longtemps, il survit par obligation vis-a-vis de son fils parce qu’il sait que la jeunesse represente le futur. En preservant son fils, il espere que celui forgera plus tard un Monde different et qu’il perpetuera la memoire ainsi que la culture de l’ancien Monde. Comment ne pas reste insensible a la lecture de ce roman ? Comment ne pas se dire « qu’aurais-je fait dans cette situation » ?

La lecture de ce livre peut ne pas plaire a tout le monde ce qui peut se comprendre. Il est certain que des personnes peuvent etre choquees ou avoir perdu l’envie de lire la suite car il est rempli de violence. Cependant, en aucun cas, ce livre ne peut provoquer aucune reflexion de la part du lecteur. Il est impossible de ne pas en discuter avec quelqu’un d’autre car ce serait ne pas degager et donc profiter de la richesse de l’? uvre. Il faut en parler pour comprendre, et puis comme le dit Derrida : « le sens d’une ? uvre decoule des differentes interpretations ».

Ce livre ne laisse donc pas indifferent et laisse un souvenir indelebile a tous ceux qui l’ont lu. Au fur et a mesure que l’on progresse dans la lecture, on en vient a s’imaginer nous meme dans cette situation. Aurais-je eut la force de continuer et d’esperer peut-etre, de facon utopique, des jours meilleurs ? Ou aurais-je choisi la facilite en mettant fin a mes jours et rejoindre ceux qui ont disparu ? C’est tout le genie de l’auteur qui tente de nous introduire dans l’histoire par l’intermediaire de notre reflexion.

Certes, il ne s’agit peut-etre pas du livre le plus joyeux, mais c’est un veritable joyau que nous propose Cormac McCarthy a travers La Route. Le livre a ete adapte au cinema et je suis alle le voir, ce qui explique que j’ai choisi l’etude de ce livre puisque c’est un peu d’actualite. Mais sans trop epiloguer sur cette adaptation cinematographique, je dirais juste qu’elle reflete assez bien l’idee generale que je m’etais faite du livre. Neanmoins, j’insisterais tout de meme sur le fait que ce dernier est peut-etre plus violent car quelques scenes n’apparaissent pas dans le film.

Notamment celle ou une femme accouche et dont le bebe est de suite mange. D’autre part, les critiques a l’egard du film sont diverses ; soit positives, soit negatives. Mais l’on pouvait s’y attendre car les personnes ont tendance a aller au cinema pour se distraire, et non pour apprendre. Les auteurs des mauvaises critiques s’attendaient probablement a un film qui permettait de passer une bonne apres-midi ; ils n’avaient qu’a lire le livre d’abord ou se fier a la bande-annonce !

Ceci ne m’etonne pourtant pas, car cela rejoint le debat autour du livre entre les adeptes et les refractaires. Je dirais, simplement, qu’il faut savoir faire la part des choses ; c’est-a-dire lire le roman pour provoquer un travail de reflexion. Au final, c’est clairement un livre qui m’a plu et dont je recommande vivement la lecture, tout en insistant sur le fait qu’il faut le lire comme un travail personnel et non pas comme un loisir qui ne laisserait aucune place a la reflexion.