La religion dans l’ingenu de voltaire

La religion dans l’ingenu de voltaire

Vision de la religion et des personnages religieux dans l’Ingenu de Voltaire Alors que la France du XVIIIe se trouve sous l’influence religieuse de la doctrine janseniste, d’importantes modifications philosophiques se font ressentir, entrainant ainsi une grande reflexion sur bon nombre de themes comme l’idee de liberte dont les hommes des Lumieres vont s’empresser d’en faire leur mot d’ordre et le principe de leur action.

Les Lumieres, ayant choisis la lumiere comme symbole, sont un mouvement intellectuel, culturel et philosophique denoncant la superstition et la tyrannie des siecles passes, s’engageant contre les oppressions morales, politiques et religieuses. L’idee des hommes des Lumieres se diffusera petit a petit, notamment grace au salon de l’aristocratie ou tout le monde est convie, tant qu’on y parle avec esprit. La diffusion de ce precepte se fera aussi par le biais des ecrits car le siecle des Lumieres est riche en auteur comme Voltaire qui fera une excellente satire de la societe, de la politique et de la religion dans son ? vre L’Ingenu, reprenant ainsi les grands principes contre lesquels se battent les philosophes des Lumieres. Nous allons plus particulierement nous interesser au cas de la religion dans l’? uvre de Voltaire, celle-ci ayant une place tres importante, puisque l’histoire narree se passe au temps de Louis XIV c’est-a-dire lorsque les jesuites sont au pouvoir, quelques annees apres que l’Edit de Nantes soit revoque par influence. Nous allons donc etudier L’Ingenu a travers la religion ainsi que les personnages religieux. I/ LES PERSONNAGES RELIGIEUX

Afin d’etudier la satire religieuse faite par le narrateur, nous allons nous interesser aux personnages representant la religion en nous basant sur les differentes castes. 1) Le bas clerge Pour commencer, nous allons analyser le comportement du bas clerge. Tout d’abord etudions le prieur de Kerkabon qui est le premier personnage religieux qui apparait dans l’? uvre. Le narrateur nous en fait un portrait appreciatif au premier abord en nous disant que l’abbe est un « tres bon ecclesiastique » (l. 15), « aime de ses voisins » (l. 5) et qui « savait assez honnetement de theologie ». Pourtant en y regardant de plus pres, on s’apercoit que le narrateur par des figures de rhetoriques comme le comique de mots, l’ironie, l’apposition… en fait un abbe hors normes. En effet le narrateur, apres nous avoir dit qu’il etait aime de ses voisins qu’il l’etait autrefois de ses voisines, nous apprend qu’il a rompu maintes fois son v? u de chastete. Nous savons aussi que le prieur etait considere de ses voisins grace a sa capacite a supporter l’alcool, decredibilisant ainsi les hommes d’Eglise en es representant comme une bande d’ivrogne par la phrase « c’est qu’il etait le seul beneficier du pays qu’on ne fut pas oblige de porter dans son lit quand il avait souper avec ses confreres ». On peut donc en conclure que pour un abbe, il ne respecte pas les principes de l’Eglise qui sont la chastete et la moderation. De plus on apprend qu’il ne sait qu’assez honnetement de theologie et qu’il lit Rabelais alors que celui-ci est contre les theories de st Augustin que lit aussi le prieur.

On constate donc qu’aux yeux des bas bretons, la valeur du prieur depend de son commerce avec les femmes, de sa capacite a supporter l’alcool ainsi que de ses lectures de Rabelais, qui ne font que decredibiliser l’Eglise. Ensuite analysons le personnage de l’abbe de St-Yves qui est le second religieux presente dans l’? uvre. Le premier trait de caractere que l’on peut deceler chez lui est la curiosite. En effet, a l’entente de la rumeur qu’un Huron se trouve au prieure voisin il accourt avec sa s? r pour souper. Par ailleurs il fait partis de la « bonne compagnie du canton » ce qui laisse sous entendre que lui aussi est assez porte sur l’alcool. On decele aussi une pointe d’ethnocentrisme dans ses propos puisque il demande au Huron quelle langue il prefere entre le huron (langue d’origine du Huron), le francais et l’anglais (langues rivales), tout en esperant que l’Ingenu prefere le francais. Par la suite, on apprend que l’abbe ne fait que survoler les ? vres qu’il lit car l’Ingenu, en parlant de ses lectures, avoue qu’il croit en avoir devine quelque chose et qu’il n’a pas entendu le reste, ce a quoi l’abbe fit reflexion que c’est ainsi que lui-meme avait toujours lu. Il se justifie en disant que la plupart des hommes ne lisaient guere autrement puis il demande au Huron si il avait lu la Bible ce qui laisse sous entendre qu’il ne l’a que survolee, alors qu’il devrait en avoir approfondis la lecture etant donne son role dans l’Eglise. Par ailleurs l’abbe est dans l’incapacite de repondre aux questions concernant la religion pose par l’Ingenu lors de son apprentissage.

Ce personnage participe a son tour a decredibiliser l’Eglise. Pour finir, nous analyserons le pere Tout-a-tous qui est jesuite. Cet homme, qui est le confesseur des femmes de chambres sera aussi celui de Melle de Saint-Yves qui viendra lui confier ses tourments. Le narrateur n’a pas choisi ce nom au hasard, en effet il peut faire reference a Saint Paul qui a ecrit dans les Epitres aux Corinthiens : « Je me suis fait tout a tous pour les sauver tous » ou peut faire penser a la devise jesuite « s’oublier completement pour etre tout a tous ».

Le narrateur s’amuse ainsi car les hypotheses supposees de son nom sont contraire aux actions futures du personnage. En effet, St-Paul nous dit qu’il voulait tous les sauver or le jesuite n’a pas sauve Melle de St-Yves, il l’a pousse dans les bras de Mgr de St-Pouange. La deuxieme citation peut avoir deux connotations : la premiere peut signifier que le jesuite est devoue aux pauvres et les aide alors que la deuxieme peut nous montrer son devouement total a la gente feminine.

Par sa fonction religieuse, il devrait se montrer tolerant, or il n’hesite pas a critiquer les jansenistes et a beaucoup de prejuges sur leur personne « C’est a coup sur quelque janseniste » (chap16). Il a un esprit manipulateur, car il fait tout pour savoir le nom de la personne ayant demande les faveurs de Melle St-Yves et il est craintif car il se desengage des qu’il sait le nom du personnage influent. A son tour, ce troisieme personnage religieux, ne respecte pas les vrais aspects de la religion. Pour conclure, le bas clerge est presente comme ignorant, non respectueux des dogmes religieux et dote d’un esprit vil et lubrique. ) Le haut clerge Le haut clerge est a son tour critique. Le premier personnage du haut clerge a apparaitre est l’eveque de St-Malo, un homme avide de renomme, qui accepte directement de baptiser l’Ingenu qui est un sauvage a ses yeux. Ainsi, il peut se pavaner en etalant sa richesse en arrivant avec « un pompeux equipage ». Il n’arrive pas a faire changer l’opinion du Huron concernant le lieu de la ceremonie du bapteme, on en conclue donc qu’il est materialiste puisque qu’il prefere le luxe de l’eglise au lieu initial du bapteme c’est-a-dire la riviere.

A son tour il est incapable de citer la Bible pour prouver que les baptemes se font aussi dans l’eglise. Le second personnage du haut clerge qui est cite est le pere La Chaise qui est le confesseur du roi Louis XIV. C’est un homme qui a de l’influence puisqu’il a des espions et qu’il envoie l’Ingenu a la Bastille. Il n’hesite pas a enfermer ses opposants pour maintenir le jesuitisme en France. Il est aussi responsable du massacre des huguenots. On remarquera aussi, qu’il est entoure de garde car sans doute, il a peur de represailles de la part des personnes qu’il a fait embastiller.

Le pere La Chaise ainsi que l’archeveque de Paris Harlay et l’eveque de Meaux sont tous trois friands de femmes puisqu’ils s’entretiennent souvent avec celles-ci, preferant les recevoir a la place des prieurs. On peut donc faire un parallele et se dire qu’ils choisissent le vice a la religion. On peut donc en conclure que les hommes du haut clerge ne valent pas mieux que ceux du bas clerge, leurs actions, bien au contraire, sont bien plus graves et critiquables. II/ LA RELIGION Comme euxieme axe, nous allons etudier la religion avec ses dogmes et le fanatisme dans celle-ci. 1) Les dogmes religieux Nous avons constate au travers des personnages religieux que ceux-ci participaient au blame des differents dogmes religieux et au non respect de ceux-ci que nous allons voir ici. Tout d’abord, les personnages du clerge sont censes promouvoir la religion aupres des gens pour les instruire sur la foi alors qu’eux meme sont ignorants concernant celle-ci et interprete librement la Bible en se laissant influencer par les differentes modes.

En effet, lorsque l’Ingenu veut se faire exciser, l’abbe refuse pretendant que cela est “passe de mode“ de meme lorsque que l’Ingenu veut se faire baptiser dans l’eau alors que ses deux points sont ecrit dans la Bible et qu’ils sont censes etre respecte. Ensuite, les lois de l’Eglise interdissent le mariage entre le filleul et sa marraine bien qu’il n’y ait aucun lien de sang mais on apprend que cette interdiction peut etre transgressee si l’on s’adresse directement a l’autorite supreme qui est le pape et qui delivre des dispenses.

Cela enleve de la credibilite a la religion car une loi, surtout religieuse c’est-a-dire supreme, n’est pas censee pouvoir etre contourne. On relevera aussi, l’interdiction de consommer le mariage sans qu’il n’y ait eu une union spirituelle au prealable ce qui peut paraitre ironique car les religieux, censes etre chaste, n’hesite pas a gouter au plaisir de la chair sans etre marie et punir severement leurs penitents s’ils se risquaient a faire la meme chose. On constate une fois de plus dans l’? vre, l’ignorance des hommes d’Eglise, notamment lors du bapteme de l’Ingenu ou celui-ci prend le nom d’Hercule qui est loin d’etre un saint. Il renvoie aux legendes paiennes christianisees et que seul le jesuite semble connaitre, remettant ainsi en cause son education car un religieux n’est pas cense avoir ce genre de connaissance qui est ponctue par la phrase “Il y en avait un treizieme qui valait les douze autres ; mais dont il ne convenait pas a un jesuite de parler “ mettant en plus, la forte hypocrisie du jesuite.

On voit aussi l’importance des couvents ou l’on enferme les jeunes filles a la moindre accroche pour les eloigner de toute tentation et les remettre sur le droit chemin comme l’a fait l’abbe de St-Yves avec sa s? ur. Enfin, grace a Gordon, un janseniste, et a l’Ingenu, nous avons une rehabilitation de l’amour qui avait une image negative et sale que donne la religion et dont on peut notamment parler au travers des mariages arranges comme celui de Melle de St-Yves et du fils du bailli et toujours dans l’optique de ses religieux soit disant chastes qui ne respectent pas ux meme les lois de l’Eglise. On remarquera que les habitants des provinces sont peut-etre pas aussi chretien qu’ils ne le laissent penser mais les residents des grandes villes comme Paris ou Versailles sont bien pires comme nous le prouve tres bien le chapitre XX lorsque le corps de Melle de St-Yves est expose a la porte de la maison. En effet, les gens passent a cote sans vraiment y preter attention : “des passants jettent quelques gouttes d’eau benite sur la biere par oisivete“.

Meme les pretres eux-memes ne font pas tres attention a ce qu’ils font, on cite “deux pretres a cote d’un benitier recitent des prieres d’un air distrait“. Nous avons donc put ainsi constater que les dogmes de l’Eglise sont loin d’etre respecte, bien au contraire, ils sont une fois de plus bafoues et utilise comme bon le semble par chaque personne des qu’il en a besoin et les personnes des grandes villes font peu attention au ceremonie religieuse tout comme les pretres. ) Le fanatisme religieux Par la satire religieuse, le narrateur critique surtout le fanatisme de celle-ci. Tout d’abord, le livre est attribue non a Voltaire mais a un certain pere Quesnel qui est janseniste et qui est l’auteur pretendu de ce livre comme nous le montre le sous titre “Histoire veritable, tiree des manuscrits du pere Quesnel“. Le narrateur va ainsi donc s’amuser en ridiculisant l’auteur pretendu du livre par les nombreuses allusions grivoises et aux critiques de la religion.

Ensuite, des le premier chapitre nous pouvons constater le grand interet que portent les gens a la religion, en effet ils desirent convertir tout le monde comme nous le montre le premier repas en France de l’Ingenu ou le bapteme de celui-ci est deja evoque alors qu’il vient a peine d’arriver. Puis par la rencontre de l’Ingenu avec un groupe de Huguenots a Saumur, le narrateur fait le proces de la Revocation de l’Edit de Nantes qui force les protestants a fuir et a se cacher pour ne pas se faire persecuter par les oppresseurs jesuites ainsi que le pere La Chaise.

En effet, un des protestants va faire un requisitoire a l’encontre des jesuites qu’il denonce comme etant la cause de leur malheur. On y constate aussi des allusions sur les dragonnades qui consistent a la reconversion forcee des protestants et qui furent tres presente durant le regne de Louis XIV. Ensuite par le biais des differents intervenants jesuites, on peut voir de nombreux mauvais points concernant ses personnages religieux, pousse dans le fanatisme.

En effet on voit leur hypocrisie, leur suspicion et leur fausse ideologie comme nous le demontre le scene entre l’abbe de Kerkabon et le jesuite qui pense que le fait d’etre Huguenot est un malheur, on cite « votre neveu n’aurait-il pas le malheur d’etre huguenot ? » mais d’apres le jesuite, c’est un bien plus grand malheur encore que d’etre un janseniste « Ils sont plus dangereux que les huguenots et les athees ». On constate donc leur grande fermeture d’esprit face aux autres religions ou ideologies.

Par la suite, l’entrevue de Melle de St-Yves avec le jesuite nous conforme dans l’idee de fermeture d’esprit et de prejuges puisque le jesuite va s’indigner et denoncer les jansenistes (“C’est a coup sur un janseniste“). Il va aller meme jusqu’a la manipulation pour obtenir le nom du personnage souhaitant avoir les faveurs de Melle de St-Yves avant de se desengager des qu’il sait le nom, et encore pire, de la pousser au vice sous le couvert d’une relation paternelle et bienveillante.

On pourra aussi noter que le narrateur parodie la tendance des jesuites a s’interesser aux intentions sans regarder le resultat. Finalement nous pouvons conclure avec le chapitre XIX qui est une critique du jansenisme et du jesuitisme par le biais de Gordon et de l’Ingenu qui vont eclairer les convives qui sont pour la plupart des devots et des abbes. Ils vont donc retablir les deux doctrines et les confrontes pour montrer leur mauvais aspect et les expose du point de vue d’un philosophe des Lumieres, ce qui introduit donc l’opinion du narrateur sans tiliser l’ironie et les sous entendus grivois. Ainsi nous constatons un fanatisme religieux fort critique par le narrateur tant bien dans la doctrine jesuite que dans la doctrine janseniste. L’examen de l’? uvre a travers la religion et les personnages religieux nous a permis de decouvrir l’etendu de la satire religieuse que fait le narrateur en confrontant les personnages avec l’attitude qu’ils sont censes avoir.

Meme attitude qui est souvent neglige au profit des plaisirs de la vie et de la chair ce qui peut paraitre paradoxale pour des religieux. Ses memes religieux qui, plus leur rang est eleve, plus ils commettent des actions graves et critiquables ce qui nous prouve qu’ils sont bien loin de la purete et chastete requise par leur poste ce qui nous prouve que les dogmes religieux sont, a leur tour, peu respecte voir pas du tout ou suivant l’occasion si l’on en a besoin ou pas.

Le fanatisme religieux pousse aussi les religieux des differentes doctrines, ici jesuite et janseniste, a se detester malgre qu’ils soient tous issu de la meme religion et ne respectant pas ainsi le “Tu aimeras ton prochain comme toi meme“ prouvant le peu d’estime qu’ils ont pour eux meme au vu de leur debauche. On peut donc en conclure que le narrateur fait une vive critique de la religion dans l’Ingenu par une satire des plus violentes.

Administrator

Leave a comment

Please enter comment.
Please enter your name.
Please enter your email address.
Please enter a valid email address.