La radio-therapie, interview d’alfredo oliveira, psychologue

La radio-therapie, interview d’alfredo oliveira, psychologue

LA RADIO-THERAPHIE INTERVIEW Alfredo Oliveira, psychologue Elan retrouve, le 24/01/2009 Etudiantes IRTS : « Nous sommes toutes etudiantes a l’ecole de Melun, l’IRTS, en formation de monitrices-educatrices, pour certaines en cours d’emploi. Nous avons rencontre l’elan retrouve, qui monte actuellement un projet de radio, du meme type que celle creee en Argentine, la Colifata, et dont vous etes le fondateur.

Nous devons lors de notre formation, monter un projet, d’ici la fin de l’annee 2009, et nous nous sommes interessees a ce qu’est la radio-therapie, initiee par vous-meme, a l’hopital psychiatrique de La Borda, a Buenos Aires, avec l’appui de Manu Chao, qui en est le parrain. Nous aimerions pouvoir observer plusieurs endroits d’Europe qui ont deja suivi votre exemple, observer comment fonctionnent ces radios en milieux psychiatriques, et enfin, dans l’ideal, sensibiliser, en France, un hopital psychiatrique, a cette nouvelle technique educative, et imaginer y implanter le projet d’une radio en milieu ferme.

Ce type de projet n’existe pas en France, si ce n’est en milieu ouvert. Seriez-vous pret a epauler ce type de projet, s’il s’averait possible ? Accepteriez-vous de vous y impliquer comme vous le faites actuellement pour l’Elan retrouve, par le biais d’une formation de l’equipe medicale et educative,

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a la radio-therapie ? Par ailleurs, comment l’idee de creer une radio en milieu psychiatrique est-elle nee ?

Alfredo Oliveira : « Bien, je vais tenter de repondre a votre premiere question, ou, en fait, vous me demandez si nous, professionnels de la Colifata, nous serions disposes a venir former le personnel encadrant, medical ou autre, a la radio-therapie. S’il vous arrivait de parvenir a sensibiliser un hopital psychiatrique a cette nouvelle technique educative, et bien oui !! A ce sujet, ces dernieres annees, nous avons tente plusieurs types de moyens de transmettre notre experience.

Nous avons travaille cette annee, tout le mois de juin, avec l’Elan retrouve, qui voudrait aborder un projet de communication, qui soit mit au service des patients, dans le but de favoriser la sociabilisation de ceux qui frequentent cet endroit. Nous avons aussi travaille avec l’Universite autonome de Mexico, en octobre, en creant des ateliers de formation pour 200 etudiants, en formant des equipes qui devront intervenir en principe, en unite psychiatrique, appelee « la maison 4 », du district federal.

Non seulement la formation de Mexico fut une qualification, mais aussi, une mise en scene du dispositif radiophonique groupal de la « maison 4 », par les patients eux-memes Le troisieme aspect, fut une l’elaboration d’une conference et d’un seminaire etablis pour les etudiants de l’Universite autonome de Mexico. Actuellement, nous sommes entres dans la seconde partie de la formation de l’equipe encadrante de l’Elan, sachant que cette deuxieme partie eclaire plus le cote pratique, alors que la premiere partie est une approche de la conception et une approche des supports theoriques.

D’ici la mi-decembre, nous allons donner un cours dans la ville de Conception, au Chili, et la prochaine formation se fera dans une ville de Roumanie, Constanzia, je crois, ou, nous allons amener un modele de formation, a partir d’un seminaire, plus une mise en place pratique, au sein d’un hopital psychiatrique. IRTS : « Combien peut couter le type de formation que vous proposez ? » A. O : « Cela depend de l’institution, des conditions. » IRTS : « Pardon pour cette question, mais elle nous sera sans doute forcement posee, par l’un des hopitaux psychiatriques que nous allons sensibiliser. » A.

O : « Je comprends, mais quand vous en serez la, il sera temps d’aborder ce sujet, et nous pourrons en parler. Votre deuxieme question etait : comment cette idee de creer une radio en milieu psychiatrique, m’est-elle venue? Je vis a l’hopital de la Borda en Argentine, qui est un des hopitaux psychiatriques des plus vetustes du pays, plus de 160ans ! La, y vivent pres de 1000 patients. De plus, cet hopital a un poids symbolique tres lourd. Tout le monde en parle, il est le symbole de l’endroit ou vivent ceux que nous appelons « fous ». J’ai commence par monter un groupe appele, Cooperancia, qui travaille avec des ateliers artistiques.

C’est alors que je remarquai une chose evidente. C’est que beaucoup vivaient la, depuis de nombreuses annees, internes, et que nous autres, nous pallions, non seulement, au fait de leur infirmite mentale, mais que cela venait s’ajouter a l’isolement social, tout en l’aggravant, en tenant compte de la difficulte que nous avons, en tant que corps social, a tolerer, au jour le jour, la coexistence avec des personnes differentes. Alors, l’idee fut tres simple. Il pouvait y avoir une alternative interessante de communication entre la communaute et l’hopital psychiatrique, grace a la radio.

Quand nous sommes nes, nous n’avions aucun moyen technique suffisant pour monter une radio en milieu psychiatrique. Merci a toutes ces difficultes, a ces carences, grace auxquelles, s’est developpee, toute la puissance du projet. Parce que c’est juste avec un petit dictaphone que nous avons genere un espace de reunions avec les internes de l’hopital et commencer par tout enregistrer, par choisir une bande de l’enregistrement et par l’amener a une radio FM communautaire, une FM comme celle qui existe a Buenos Aires et qui ne pouvait nous diffuser que 4 ou 5 minutes seulement.

Cela permettait que ce que verbalisait les patients, arrive aux oreilles de ceux-la meme qui communement, ont une idee de la folie, ou de la souffrance psychique, tellement deformee, alimentee par leur propre fantaisie, et par le mythe social.. Et cette construction imaginaire, plus tard conduit a mettre a part, a repousser ceux qui ont ete diagnostiques en tant que « fous ».

D’une facon tres simple nous pourrions creer un pont, qui permette le lien avec un groupe de personnes en souffrance psychique, un groupe de personnes mises a part de la vie sociale, mais aussi, un groupe de personnes dont les caracteristiques propres de leur infirmite, font qu’ils perdent ou qu’ils voient s’appauvrir leur vie sociale. Cela souleve la question de la relation au langage, de par une parole differente, un mode de fonctionnement psychique, un mode de structuration de leur psychisme different de ceux que nous appelons normaux.

Le but, serait de creer un scenario, ou serait privilegie la parole et la possibilite de communiquer cette parole a l’autre, et que cela occasionne la possibilite de pouvoir l’inclure en tant qu’outil therapeutique. Mais pas seulement cela, une fois construit ce pont de communication, avec cette communaute, le projet va permettre que non seulement, on parle de la folie, mais aussi de la communaute, avec ses difficultes, ses constructions fantasmatiques, etant entendu, que cette construction sociale de la folie, n’est pas seulement fantaisiste, mais qu’elle contient quelques connexions avec des faits vecus.

IRTS : « Il nous semble d’ailleurs que ces patients, tout en communiquant avec l’exterieur, reapprennent a avoir confiance en eux mais aussi moins peur du contact avec l’exterieur, en ayant les moyens de communiquer avec cet « exterieur ». A. O : « Plus que de creer un atelier de radio, avec le meme etat d’esprit que lorsque vous creez un atelier pour tout autre type d’activite ; en realite, ce que nous pensions, etait d’arriver a mettre en place un dispositif qui aide a recreer les conditions necessaires a recuperer un « present ». Ce n’est pas un projet ou les patients « jouent » a faire de la radio !

C’etait et c’est un projet ou les patients atteignent la possibilite de recuperer l’autre, comme destinataire de ses dires. Et cet autre, est celui qui provoque, celui qui convoque le fait de parler. Soit, quelqu’un parle alors qu’un autre attend de le faire, soit, on attend qu’un autre prenne la parole, tout en ayant la possibilite de s’exprimer en position d’auditeur. Et quand cela se met en route, nous nous retrouvons en groupes qui non seulement, parlent, discutent, sur des themes differents, mais surtout, ces groupes commencent a attendre de recevoir cet echange en retours, de par les auditeurs eux-meme.

Et quand, les groupes ont commence a prendre conscience du fait, qu’il leur faudrait attendre, une fois le samedi termine, jusqu’a ce que vienne le prochain samedi, et que les reponses n’arriveraient qu’a ce moment la, alors, quelque chose de l’ordre du projet, s’etait mis en route, alors qu’un « present »se manifestait, et qu’il ne demandait qu’a vivre. Depuis l’origine, la Colifata est un projet vivant, ou la communaute a participe a sa construction. Parce que la communaute, par le biais de la radio, retransmettait, appelait par telephone, enregistrait les questions destinees aux patients.

La, se construisait le projet, en meme temps, qu’elle lui reconnaissait, de par cet acte, le fait d’exister. Depuis l’origine, nous n’avions pas de frequence propre, nous n’avions pas d’antenne, de fait, tout devait etre enregistre, et a partir de ce qui etait enregistre, se faisait alors un petit travail d’edition, qui plus tard se repartissait dans une FM, puis une autre, puis une autre…Le plus important est que la qualite de ce qui etait dit, n’etait en aucun cas depreciee, les internes ne disaient pas de sottises. Les internes interrogent les humains, leurs questions sont celles que se posent tous les etres humains.

Probablement, la maniere d’articuler les mots, et de s’exprimer etait differente, mais les questions restaient les memes. A partir de cet etat de faits, s’ouvrait alors une porte vers les auditeurs, donc, vers l’exterieur. Des lors, les auditeurs commencerent a participer, parce qu’il y avait dans le message quelque chose de merveilleux. » IRTS : « Sans vouloir abuser de votre temps, pourriez vous nous parler succinctement, des points positifs qu’a apporte la radio, aux patients, mais aussi aupres de l’equipe medicale et educative.

Sans pour autant omettre les points negatifs releves ou qui vous ont ete rapportes. Vous pourriez peut-etre nous donner l’exemple d’une experience vecue par un patient psychotique lambda, qui aurait grace a la radio-therapie, nettement progresse et dont vous auriez ete temoin de ces memes progres ? » A. O : « Oui, je vois, mais il est tres difficile de resumer. Mais nous pouvons dire que par le biais de la radio, les patients peuvent s’offrir la possibilite d’un recours symbolique, afin qu’ils puissent gerer leur vie quotidienne au travers de la parole.

Et lorsqu’il y a la parole, il y a limite a l’acte. Et quand une personne peut parler de ce qui lui arrive, il est possible d’anticiper l’action. Et si l’on anticipe l’action, dans de nombreux cas, c’est anticiper a un acte qui serait apprehende comme un acte antisocial, voir dangereux, alors, l’avantage positif de la radio, c’est qu’elle offre ces possibilites de recours symboliques, pour que les patients puissent mieux gerer leur vie quotidienne ; deuxiemement, la radio favorise le processus de creation et de construction de liens sociaux, de reseaux, et merci en cela!

Favorise le processus lie a l’autonomie et amplifie en eux, le circuit de sociabilite. Alors, en definitif, la radio aide a diminuer la souffrance psychique et amplifie la possibilite et la capacite de communication et de creation des liens sociaux. Les desavantages de la radio, et plus encore dans le cas de la Colifata, devenue une radio tres connue, ou il a fallu beaucoup travailler a poser des limites a certains processus, ou a certaines demandes sociales qui peuvent amener le malade mental a se mettre en position de se croire quasiment devenu une « star », et le projet n’a rien a voir avec cela !

Mais composer et travailler avec des moyens de communication, nous devons etre conscients que ces pieges existent et qu’ils peuvent etre responsables de phenomenes de decompensation chez certains patients. Ce sont des risques auxquels il est possible que nous ayons a faire face. Ils amenent la personne au rang de personnage, ceci est un des risques existant, dont je crois qu’il faut tenir compte.

Et en creant les conditions necessaires pour les ecartes, ce sont des situations totalement evitables. IRTS : « En gros, vous nous dites qu’il n’y a rien qui ne soit gerable, allant a l’encontre de la radio-therapie ? » A. O : « Non ! Non ! Pour moi, il n’y a rien, si ce n’est completement en sa faveur. La Colifata contribue a 35% des sorties en milieux ouverts, sur la totalite des patients existants, et actuellement, elle ravaille avec un groupe dont la moitie est en situation d’externat, et dont l’autre n’est plus internee! Nous avons fait le suivi d’un groupe qui n’est plus interne, et nous avons vu que durant ces 6 dernieres annees, le pourcentage de reinternement est inferieur a 10%. Et si l’on compare a la quantite elevee de malades mentaux traites par les hopitaux psychiatriques par an, et le pourcentage de reinternements qu’ils communiquent chaque annee, il atteint les 40% !

Ce qui nous fait une difference de 1 pour 4, ceci nous donne une idee de l’importance de la creation du dispositif, non seulement par rapport aux internements, qui malgre tout, dans certains cas reste absolument necessaires, mais aussi quant a la creation d’autres dispositifs, qui aident les personnes a gerer leur vie dans la communaute d’une autre maniere, en venant complementer la therapie allopathique, par une autre therapie, tant individuelle que groupale, comme psychosociale. » IRTS : « Est-ce que la radio est une therapie ? » A.

O : « La radio est une forme a part du processus de recuperation therapeutique pour ces patients avec lesquels nous travaillons. Pour certains, le lieu de la radio est central ; pour d’autres, la radio est un element de plus, qui vient contribuer a la batterie d’outils, disponibles dans l’espace reserve a l’assistance a la sante mentale. » IRTS : « Pouvez-vous vous presenter ? » A. O : « Ok, je me presente, Alfredo Oliveira, psychologue, directeur du projet appele « la Colifata », qui a debute le 3 aout 1991. Je suis son fondateur. »

IRTS : « Nous sommes francaises, et nous ne pouvions eviter de vous parler de Mr Manu Chao, notamment, apres avoir vu le film tourne en Argentine sur les « colifatos ». Pouvez- vous nous en parler ? » A. O : « J’ai rencontre Manu Chao, en 1999, a la Colifata. C’est apres avoir lu un article d’un journaliste, devenu un ami depuis lors, Marc Fernandez, qui publie des articles dans un journal appele « Liberation », je crois, que Manu Chao a pris connaissance de l’existence de la Colifata. Des annees plus tard, alors qu’ il vit a Barcelone, il se lie d’amitie avec une personne qui travaille dans la video.

Cette personne, Carlos Larrondo ; lui montre alors, une cassette d’un enregistrement qu’il a fait de la Colifata. Manu, apres avoir vu le film, s’enthousiasme de la maniere dont nous travaillons. Plus tard, alors qu’il aide un collectif de personnes qui vivent de leur art dans les rues de Barcelonne, lui vient l’idee de sortir un disque avec les musiques des uns et des autres groupes du collectif, qui seraient alors mixees avec les productions de la radio « colifata ». C’est ainsi que Manu Chao s’enferme 2 ou 3 jours et genere un travail de production artistique, a partir de cette matiere. Boum ! Le disque sort, les rtistes commencent a le vendre dans la rue, generant l’argent necessaire a vivre. Le disque sort en Argentine, et les patients en situation d’externat, commencent aussi a vendre le disque, utilise comme support de reinsertion economique et sociale. A partir de ce moment la, j’ai commence a envoye a Manu Chao, les productions de la radio « colifata », et il s’est reellement plonge dans ce monde, a tel point, que quand nous l’avons rencontre en 2004, il connaissait toute sa production, il s’etait completement immerge dans leur vie. » IRTS : « Oui ! Cela se voit sur les clips, lorsque les « colifatos » chantent ! A. O : « J’ai ete etonne qu’il ait cree une relation aussi intime avec un projet qui pour nous representait tellement, ainsi que pour ceux qui le portaient. C’est une des raisons pour lesquelles, il est devenu notre ami. Apres cela, il est revenu en 2005, avec un projet tres interessant d’ateliers creatifs, de productions creatives, ou Manu, avec sa petite guitare chantait aux patients les chansons qu’il allait chanter lors de ses concerts, et les patients elisaient les chansons qui les interessaient, par exemple : « 0h, moi, c’est la chanson du vent qui m’interesse !! Et donc, Manu faisait la basse et la melodie sans paroles, et eux, improvisaient. Alors nous avons enregistre Manu sur une video, jouant de la basse, apres quoi, durant des jours et des jours, les patients se reunissaient dans les bureaux, tout en regardant la video, et, improvisant. C’etait tres creatif ! Finalement, beaucoup ecrivirent, et lors des concerts de Manu Chao, sur plusieurs chansons, certains montaient sur scene, et , ou bien lisaient, ou bien improvisaient. De plus, une partie de l’argent des concerts fut reverse a la Colifata, de maniere a financer certaines de leurs activites.

Finalement, Manu est revenu en 2007 en Argentine, et nous avons enregistre un disque dont nous esperons la sortie en 2009. C’est un disque entre les « colifatos » et Manu Chao, et beaucoup plus ! Je pourrais en dire long, Manu est reellement un ami des « colifatos » ! » IRTS : «Pensez-vous que Manu Chao, puisqu’il se partage entre la France et l’Espagne, serait sensible a la creation du meme type de radio que la Colifata, en milieu psychiatrique ferme, et qu’il pourrait etre associe a un tel projet ? A. O : « Je ne peux repondre a cela. Je crois bien sur, qu’il pourrait etre interesse par un projet qui a du sens. ». IRTS : « C’etait une question dont la reponse semblait evidente, sachant que cet homme est de surcroit certainement tres occupe et dont le mail public, repond de ne pas esperer de reponse ! » A. O : « Je ne sais pas si de toute facon, il serait interesse ou non, s’il collaborerait ou non, de plus, je ne crois pas que cela soit le plus important. Le plus important tant d’evaluer si la radio peut etre un instrument qui aide a la recuperation, des personnes qui traversent des circonstances particulieres dans leur vie. C’est dans cette direction que nous devons mettre l’accent. Est-ce un outil efficace ou non, quels sont les outils a mettre en place. » IRTS : « Pour cela meme, il nous tenait a c? ur de vous rencontrer avant toute chose, afin d’entendre votre point de vue. Peut-etre nous autoriserez-vous a vous une derniere question ?

Pensez-vous que la France soit prete a accueillir ce type de therapie educative en milieux fermes ? » A. O : « Je comprends! La France est-elle prete a adopter ou non, un projet de cette nature ? Je crois que tant en France, qu’en Argentine, comme dans tous les pays, tout au moins occidentaux, il existe des difficultes pour integrer les personnes qui souffrent psychiquement, et que le probleme de la stigmatisation, est un probleme commun a tous.

Et je pense personnellement que la radio peut etre un outil utile pour habiliter le processus lie a la deconstruction de cette representation sociale, qui capture l’etre dans une vision qui le degrade et l’appauvrit. La maladie mentale existe, la souffrance mentale existe, mais cet etat ne definie pas un etre, sinon que quand c’est ainsi, elle est degradante, c’est un manque de respect pour celui qui en patit. Et nous nous devons de creer le plus d’outils et d’instruments possibles, pour pouvoir faire face a ce probleme.

La radio peut etre l’un d’entre eux, mais il peut en exister beaucoup d’autres. Je connais la radio, et je crois evidement que cet instrument, s’il est bien utilise, reellement, peut etre un projet qui non seulement aide a destigmatiser, mais aussi a promouvoir des espaces lies a la sante et donner des resultats tres interessants. » IRTS : « Une toute derniere question, au sujet de la radio actuellement en place en Espagne, qu’en est-il et ou se trouve-t-elle ? » A. O : « Et bien en Espagne, il y a plusieurs experiences en cours.

Il y a une experience a Marbella, une autre a Malaga, Grenada, etc… Une autre se monte actuellement a Seville. » IRTS : « Pensez-vous qu’il soit interessant d’etayer notre projet, en allant jeter un ? il sur le fonctionnement de l’une d’entre elles ? » A. O : « Bien sur ! Si cela vous interesse, cela ne peut etre que benefique pour vous ! » IRTS : « En fait, nous voudrions rapporter quelques images en France, d’hopitaux psychiatriques europeens ayant adopte la radio-therapie, pour que notre projet soit encore plus convainquant. » A.

O : « Il y a un endroit, qu’il me semble etre particulierement interessant a visiter. C’est une experience qui se situe a Barcelone. Elle s’appelle radio « Nicosia », c’est une tres belle reussite, mise en place depuis plusieurs annees deja. » IRTS : « Est-ce une radio en hopital psychiatrique, » A. O : « Non ! C’est en milieu ouvert, mais ils ont une conception tres interessante et me paraissent tres recommandables. Pour trouver en milieu ferme, il faudra vous tourner vers les autres experiences espagnoles. J’ai nommee radio « Nicosia », parce qu’ils sont tres connus, et ce sont des amis.

Ils maitrisent parfaitement la radio, en tant qu’outil educatif. » Alfredo, met fin a l’entretien, il nous avait donne 20 minutes, nous en avons eu bien plus, nous n’osons pas insister, mais tant de questions resteront en suspens. Pourtant, nous savons que cette interview est une chance inouie, nous remercions encore une fois la responsable de l’elan retrouve qui nous a si gentiment accueillies et donne la possibilite de rencontrer Mr Oliveira ainsi que d’assister aux enregistrements de la toute jeune radio « Citron ».

Nous quittons a regrets le trop rare psychologue de l’hopital de la Borda, reveuses et pleines d’energie. Et si nous etions les toutes premieres a transmettre a l’un de nos hopitaux psychiatriques francais, ne serait-ce qu’une etincelle de la flamme qui anime Mr Oliveira, pour son magnifique projet, un peu d’humanite dans ce monde de « fous », nous ne serions pas peu fieres de representer l’IRTS dans une telle aventure. Alicia, Sophie, Magalie, Anne-Sophie, Nathalie, M-E 1/ DF2/ Projet 2009, I. R. T. S de Melun