LA PROPAGANDE DE LA COLLABORATION

LA PROPAGANDE DE LA COLLABORATION

LA PROPAGANDE DE LA COLLABORATION (1942-1944) Avec l’invasion allemande de la zone libre le 11 novembre 1942, la Radiodiffusion nationale commence à se pencher de plus en plus aux besoins et aux exigences de l’occupant. Pour expliquer cette soumission les figures de Pierre Laval (qu le 22 juin 1942 annoncera « je souhaite la victoire Allemagne parce que sans elle le Bolchevisme demain s’installera partout) et de Philippe Henriot, les batailles de la Relève et du STO, sont emblématiques. ) Le retour de Pierre Une nouvelle ère s’o pouvoir le 18 avril 19 or 15 Sni* to View rre Laval au ?sormais les pleins pouvoirs en s’octroyant les trois portefeuilles clés que sont l’Intérieur (qui lui permet d’avoir en main la police), l’Information et la Propagande, et celui des Affaires étrangères. Il laisse le Maréchal, qui lui avait exclu du pouvoir à partir du 18 avril 1940, devenir un chef d’Etat fantoche. Le principal objectif de Pierre Laval est de regagner la confiance des Allemands en poussant la logique de collaboration à l’extrême.

Les orientations en matière de propagande changent en conséquence. L’heure n’est plus à l’encadrement de la population, ni à la Révolution nationale. En fait, ce qu’il attend de la

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propagande c’est d’abord de ne pas indisposer l’occupant. Il s’agit moins de séduire l’oplnion française que de ne pas gêner les négociations qu’il mène avec les allemands. C’est le sens de la consigne qu’il donne à Paul Creyssel, directeur des services de la Propagande en zone libre : rendre les gouvernement populaire mais lui permette de rester efficace.

Le retourne de Pierre Laval représente aussi un tournant important pour la Radiodiffusion. Il envisage une réforme en profondeur pour mieux centraliser et développer ses services. Pierre Laval confie à Hubert Devillez une mission d’étude sur la « réorganisation administrative de la Radiodiffusion Nationale » et la charge de préparer toutes mesures tendant vers cette réorganisation. La loi du 7 novembre est l’aboutissement de cette mission. Mais la réalisation de ces objectifs se heurte à une réalité de plus en plus contraignante : les exigences de l’occupant se durcissent.

Pour sauvegarder l’infrastructure de l’émission, l’administration de la RON mène de négociations difficiles. Et pourtant, en dépit de ces contraintes exceptionnelles, elle poursuit au jour le jour une estion qui préserve l’avenir. Loi du 7 novembre 1942 Plan politique. La loi rappelle clairement que la Radiodiffusion est un instrument de propagande à la disposition du gouvernement. Le conseil supérieur à la Radiodiffusion et son président (André Demaison) ont la responsabilité des services de propagande radiophonique et de l’information publique.

Plan administratif: renforcement de la centralisation et du contrôle des services. Elle crée le poste d’administrateur général (Hubert Devillez) pour assurer la gestion complète de la Radiodiffusion Toutes les décision d’ordre administratif, echnique et artistique sont désormais prises par l’adm. Gen. Qui doit être saisi directement de l’ensemble de ces questions. 15 l’ensemble de ces questions. Plan économique : la loi donne à la RDN un statut qui tend à la libérer des normes administratives trop strictes, notamment en matière de financement.

Elle dispose désormais d’un budget annexe et est autorisée à procéder à des opérations faites suivant les lois et usages du commerce. L’objectif est clair: Il faut permettre à la RDN d’effectuer les transactions utiles à son développement. Un dernier élément allège les contraintes du ervice public : le personnel de la RDN est désarmais composé d’agents sur contrat et non plus de fonctionnaires. Quelles étaient les intentions du pouvoir en réformant ainsi le statut de la radio ?

A court terme : La RDN avait besoin d’avoir les coudés franches pour négocier sa participation à la fondation du poste Radio Monte Carlo A plus long terme : Moderniser ce secteur de l’Etat par une gestion plus simple, plus adaptée aux besoins du média Fondation de la SOFIRA (Société financière de la Radiodiffusion) : société destinée à acquérir et à gérer les participations de la RDN à des entreprises de radiodiffusion. La cause directe de sa création est liée à la fondation du poste Radio Monte Carlo qui regroupe les intérêts Allemand, français et italiens.

Avec Laval La RDN poursuit un double objectif Garder le contrôle du réseau sud Se faire entendre directement en zone nord En fait avec l’occupation de la zone « libre » et l’ouverture d’un front méditerranéen, les Allemands disposent de postes émetteurs dans le sud de autorités militaires PAGF 15 utilisent un moyen de pression imparable : la menace d’une réquisition pure et simple en cas d’échec de négociations. La arge de manœuvre des Français est bien étroite.

C’est l’argument que les français supporteraient mal d’entendre des émissions allemandes et que celles-ci doivent être diffuses sur des longueurs d’ondes différentes de celles de Vichy. Mais par contre les Allemands veulent la cession d’heures d’antenne sur la poste d’Etat Marseille National, puis la réquisition du Radio Lyon, Radio Toulouse et Radio Méditerranée. Cette revendication provoque une gêne considérable chez les interlocuteurs français. Donc les négociateurs allemands acceptent d’envisager une solution de remplacement à condition qu’elle intervienne apidement.

La RD française propose donc que la société Radio Monte Carlo lue l’émetteur du poste privé Radio Méditerranée. Pour l’administration générale de la RDN cet arrangement est une victoire. Elle a évité une réquisition et permet aux Français de continuer à utiliser Radio Méditerranée puisque la SOFIRA est actionnaire de la société Radio Monte Carlo. Pour les Allemands cet accord vient à temps parce que le poste RMC demeure un projet dont la réallsatlon n’avance guère. Cet accord n’est qu’une pause. La réalité de l’occupation pèse de plus en plus lourd.

En Avril 1943 tous les émetteurs son surveillés et gardés par les soldats allemands. Enfin, en automne 1943, les autorités d’occupation exigent une chaine sud pour diffuser leur propagande vers l’Espagne et l’Afrique du Nord. La RDN est menacé de perdre toute son audience dans la Languedoc. De plus, les Allemand envisagent d’émettre 5 perdre toute son audience dans la Languedoc. De plus, les Allemand envisagent d’émettre sur l’onde nationale de Vichy 0 Laval arbitre le débat : l’occupant utilisera les postes d’Etat de Limoges, Toulouse, Marseille mais sur une longueur d’inde différente de celle de

Français à condition que ceux-ci fournissent dans les plus brefs délais le matériel nécessaire à la nouvelle synchronisation. En contrepartie : la RDN obtient le droit d’utiliser en totalité ou partiellement quelque émetteur de la zone Nord. Ces négociations techniques maintiennent fillusion de la souveraineté de Vichy sur les ondes françaises. Dans le fait les autorités allemandes restent maitresses du dispositif. Leurs interventions directes dans la gestion du réseau se multiplient. Elles exigent Pinventaire des matériels et les schémas des stations.

Elles demandent que les soldats de garde soient instruits u fonctionnement des émetteurs. Elles réglementent toujours les horaires d’émission et la RDN ne peut que faire exécuter leurs instructions. L’administration reconnait son impuissance. Plus grave encore est le contrôle que l’occupant exerce sur l’information elle-même. La relation des faits militaires dépend des sources et reste soumise à une censure préalable. Les initiatives des plus hauts responsables eux-mêmes n’échappent pas aux pressions, volre aux interdictions pures et simples.

Ex : en novembre 1943 Pétain décide d’annoncer au pays une révision constitutionnelle destinée à faire pièce à l’Assemblée Consultative ressemblée à Al er ar de Gaulle. Ce projet, communiqué à l’Ambassa e, ne pan’ient à Berlin que projet, communiqué à l’Ambassade d’Allemagne, ne parvient ? Berlin que peu de temps avant la retransmission du discours du Maréchal. Les autorités allemandes considèrent que le gouvernement du Reich n’a pas été en mesure d’examiner ? l’avance cette loi pour se rendre compte si ses effets pouvaient toucher les intérêts légitimes de l’Allemagne en tant que puissance occupante.

Elles décident en conséquence de demande l’ajournement du discours de Pétain qui est interdit des micros. Avec le retour de Pierre Laval au pouvoir et l’intensification de la collaboration, la RDN s’aligne peu à peu sur les thèmes de Radio Paris. « La question juive » ainsi que « La Milice vous parle » sont le pendant sur Radio Vichy des émissions de Radio paris « Les juifs contre la France » et La LVF vous parle La diffusion en zone nord des éditoriaux de Philippe Henriot à partir de 1943, ainsi que sa nomination au secrétariat d’Etat à l’Information en janvier 1943, achèvent d’unifier le ton e le style des deux antennes. ) Les batailles de la Relève e du STO La Relève Dans la foulée, de l’annonce du 22 juin 1942, Pierre Laval annonce et lance la relève : il faut que des ouvriers français partent nombreux pour VAIlemagne qui, en contrepartie, libérera 50. 000 prisonniers. Elle est présentée comme un acte de solidarité nationale et comme un devoir moral vis-à-vis des concitoyens prisonniers puisque l’un d’entre-eux doit être libéré en échange de trois départs volontaires. La propagande pour le recrutement met en avant à la fois l’intérêt indlviduel, l’exigence de la solldarité, l’honneur natlonal et des raisons de haute politique.

La relève est 6 5 ‘exigence de la solidarité, l’honneur national et des raisons de haute politique. La relève est un devoir nécessaire et sacré. Tout l’été 1942, on fait miroiter les avantages matériels accordés aux travailleurs en Allemagne, les clauses des contrats, les facilités qui leur sont offertes d’envoyés des mandats à leurs familles. Le 30 juin commencent les interviews dans les bureaux de recrutement, puis se multiplient les reportages au départ des trains. Le 11 aout le premier train de prisonniers libérés grâce à la Relève croise à Compiègne un train de travailleurs partant pour le Reich.

Laval est sur place et prononce un émouvant discours radiophonique. Mais le 13 aout Schumann, porte-parole de la France Libre sur Radio Londres, relève une indication que Laval a laissé échapper l’avant-veille à Compiègne, mais que les médias ont reçu Fordre de censurer : il faut 3 ouvriers qualifiés pour libérer un prisonnier. Or, depuis le premier appel de Laval jusqu’au 1er aout, 38. 000 travailleurs ont pris le chemin de l’Allemagne, dont 8. 000 ont été reconnus par l’ennemi comme ouvriers qualifiés. Cela revient ? dire que la livraison de 38. 00 travailleurs entraine la libération de 2. 00 prisonniers au maximum. Faute de volontaires il ne reste que le recrutement traine. Les allemands prescrivent en zone occupée le recensement de la population pour les besoins de guerre du Reich. Ce que voyant, Laval s’acharne à garder la maitrise de l’opération : une loi publiée le 13 septembre permet la réquisition de tous les Français de 16 à 50 ans, de toutes les Français de 21 à 35 ans célibataires. Elle ne s’appliquera qu’en février mais dès lendema 7 5 toutes les Français de 21 à 35 ans célibataires.

Elle ne s’appliquera qu’en février mais dès lendemain la France libre se déchaine. Londres lance le mot d’ordre de « fuite nationale devant la conscription » et des manifestations ouvrières ont lieu à Lyon, Saint-Etienne et Grenoble. Au 31 décembre 1942, 240. 000 travailleurs sont partis pour l’Allemagne, mais le chiffre de 150. 000 spécialistes n’a pas été atteint alors que déjà le Reich présente de nouvelles exigences. Et il a des moyens de pression accrus puisqu’il occupe maintenant la totalité du pays.

STO Le 15 février 1943 la Radio Nationale annonce l’institution du Service du travail obligatoire (STO) : les jeunes nés en 1920, 1921 et 1922 sont appelés, afin de poursuivre la Relève dont la euxième tranche vient d’être entamée et qui doit permettre le rapatriement de 50. 000 nouveaux prisonniers en échange de la fourniture de 250. 000 nouveaux travailleurs. Concurremment est entrepris le recensement général des jeunes de 20 à 31 ans. La réponse de Radio Londres est « Non au recensement ! ? par la résistance passive d’abord et par rabstention disciplinée. C’est-à- dire de en ne se présentant pas à la convocation des négriers et en même temps par le sabotage administratif des fonctionnaires et des secrétaires de mairie. Le mouvement de fuite devant le recensement prend une mpleur qui dépasse les prévisions. La STO fait de la résistance un phénomene de masse. La campagne des Français de Londres contre la déportation dépasse de loin en intensité, en temps quotidien d’émission, en durée toutes les campagnes antérieures.

Jamais la radio de Londres n’a été aussi clairement à I 5 Jamais la radio de Londres n’a été aussi clairement à Funisson avec l’opinion française. La propagande de Vichy, comme celle de Radio paris, est à bout d’arguments. La fuite devant la conscription prend tant d’ampleur que le ministre Bichelonne en vient à proposer aux Allemands une éthode nouvelle : faire travailler les Français du STO pour le Reich en France même, les mobiliser sans plus le contraindre ? s’expatrier.

Vichy a désormais perdu la bataille du STO et la Radiodiffusion nationale tente d’y remédier par des changements dans le ton et la nature des programmes. Elle fait un effort pour parler aux auditeurs de leurs soucis quotidiens. Radio Vichy met davantage l’accent sur les trucs susceptibles d’aider les Français et surtout les Françaises à faire face au dénuement. Mais la RDN garde aussi son caractère culturel. A l’été 1943, le Conseil Supérieur décide d’augmenter le volume des émissions usicales et notamment celui des variétés et de la musique légère.

Alors qu’en 1942, les émissions parlées représentaient le 5596 de la programmatlon contre le d’émissions musicales, la réforme d’aout 1943 tend à inverser la proportion : de musique et d’émissions parlées. En dépit des réformes entreprises, Laval ne semble pas mieux réussir que les responsables précédents. La radio fonctionne parfois bien mal. Elle est fréquemment interrompue par les pannes d’électricité. La propagande pâtit toujours d’une présentation rébarbative ou maladroite avec un ton dune éloquence parfois un peu creuse.

Les speakers lisent mal, dont on sent qu’ils ne sont pas convaincues de ce qu’ils lisen peu creuse. Les speakers lisent mal, dont on sent qu’ils ne sont pas convaincues de ce qu’ils lisent, qui débitent les informations sans aucun ordre et au petit bonheur. Mals ces défauts techniques et journalistiques sont secondaires, la réalité est que la souveraineté fictive de Vichy engendre le scepticisme croissant des auditeurs. La Radio nationale sombre dans le même discrédit que Radio Paris. L’opinion ne croit guère aux informations diffusées par la Radio nationale. Le journal suscite une profonde méfiance.

Il diffuse avec retard les nouvelles importantes, il passe sous silence ou n’évoque qu’avec imprécision les bombardements et leurs conséquences. On lui reproche d’être entièrement aux ordres des autorités d’occupation et de ne faire passer que des communiqués allemands auxquels il ne faut pas accorder qu’une confiance très limitée. Les Français captent les ondes étrangères pour avoir d’autres échos de la guerre et trouver quelque raison d’espérer. Au printemps 1944, un sondage clandestin, organisé par la Résistance, révèle que 70% des Français écouteraient Londres.

C) Philippe Henriot La montée en puissance de la Milice, créée le 30 janvier 1943, offre une nouvelle tournure qui confirme la radicalisation de la propagande. Lors du remaniement ministériel de janvier 1944 et grâce à la pression des Allemands, des miliciens se retrouvent à la tête des secteurs clés du régime : Joseph Darnand au secrétariat au Maintien de l’ordre – puis ensuite à Flntérieur – et Philippe Henriot à l’Information. Pour certains historiens, l’arrivée de Philipe Henr10t le 6 janvier 1944 comme secrétaire d’Etat ? l’Information et à I