La peine de mort est-elle juste ?

La peine de mort est-elle juste ?

La peine de mort est-elle juste ou injuste ? Assurement qu’elle est juste, et je vais le demontrer par l’irrecusable principe de l’egalite entre le prejudice et le chatiment. En verite, il y a plusieurs principes a partir desquels la peine de mort se justifie. Autant de principes qui sont autant d’arguments valables. Mais il y a bien d’autres arguments qui ne sont pas des principes -des points de depart-, mais qui decoulent des principes. Par exemple, l’ordre social est un principe, et l’argument qui en decoule est la necessite de ne pas avoir peur de ses compatriotes qui s’abandonnent au crime contre nous.

Il y a un ordre social a preserver et le criminel le bouleverse. Il n’y a pas d’ordre social qui se tienne sans la fermete punitive qui le preserve. Cette peur constante ou aggravee saboterait toutes les ententes entres les citoyens et couperait a terme tous les liens sociaux. Ainsi, eliminer physiquement les assassins nous rassure contre eux. La peur que les meurtriers nous inspirent disparait par leur disparition. Notre compassion a ne pas les executer n’est pas la grandeur d’une ame ferme, mais une faiblesse d’une intelligence inconsequente.

Il n’y a pas de reconnaissance a esperer d’un meurtrier

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qu’on absout. Il recommencera en vous riant au nez de vous avoir berne. Vous vous laissez berner par le criminel qui demande une grace qu’il a lui-meme refusee a sa victime. En intelligence le meurtrier parait plus solide que vous l’honnete citoyen. Le meurtrier a interet a etre plus retors que vous pour sauver sa vie, mais vous avez l’obligation de l’etre tout autant, voire plus, pour reparer celle qu’il a reduite a neant, et prevenir ses potentielles victimes.

La loi, qui doit etre obeie par les meurtriers, ne l’est pas et ne le sera pas plus par les bontes que vous leur prodiguerez a votre detriment; mais elle sera bel et bien obeie par la force que vous leur imposerez. La loyaute envers notre loi commune fait le bon citoyen, la deloyaute le mauvais. Le meurtrier, deloyal au supreme degre, doit subir le chatiment tout aussi supreme. Le meme qualificatif tient lieu d’egalite, donc de justice, entre la faute et le chatiment.

Quand un voleur est puni, ne trouve-t-on pas juste et consequent qu’il rembourse la valeur du bien vole; on exige meme qu’il rembourse un peu plus pour compenser le desagrement temporaire cause au vole et pour effacer l’injure faite a la loi transgressee. Il est illogique d’en exiger moins d’un meurtrier qui cause un tort plus grand encore, car irreparable. Le contrat social, metaphore imaginee par Hobbes et reprise par Rousseau, par lequel je m’engage au respect et secours mutuels avec mes semblables, fonde la societe. Ce contrat a ete rompu par le meurtrier qui fit sur sa victime tout le contraire du respect et du secours.

Il est passible de la peine de mort dit l’un des tout premiers fondateurs de la democratie liberale moderne, John Locke. Rousseau pensait de meme, et Kant aussi. Le plus grand humaniste de la Renaissance, Erasme, acceptait meme qu’on les torture. La peine de mort existe depuis plus longtemps et dans plus de pays que son contraire. La constance geographique et historique doit prevaloir sur une nouveaute dont l’efficacite n’a pas encore pu etre universellement prouvee, sur une mansuetude qui nous parait une trahison envers la justice seculaire, voire multimillenaire.

Une loi ancienne, meme severe, est meilleure qu’une loi nouvelle, meme plus douce. L’anciennete contient un plus grand reservoir d’experiences concluantes qu’une nouveaute. Les intellectuels, les humanistes, les philosophes, ceux qui se croient plus eclaires que les autres, preconisent l’abolition de la peine de mort; mais le peuple, le peuple au bon sens a toujours reconnu la justesse de la peine de mort pour le meurtrier. Les membres de l’intelligentsia veulent toujours paraitre plus intelligents que la loi, et tentent toujours de la modifier au dernier moment et selon leurs desirs. Le euple veut bien plutot la stabilite des lois, car il voit la justice dans la constance. A l’oppose, les autres pretentieux, qui dans les media competitionnent par vanite publicitaire et ambition politique, voient a tort la justice dans la conformite de la loi a la meilleure idee qu’ils viennent tout juste de cogiter. Ces humanistes errent et se laissent griser par le plaisir d’argumenter habilement, tandis que c’est le peuple qui vivra avec leur meurtrier qu’ils auront epargne et qui paieront $70 000 par an pour le garder en prison jusqu’a ce qu’il y rende l’ame par la voie naturelle, qu’il a bloquee naguere a sa victime.

Les grands chefs mafieux sont plus forts que de nombreux Etats, controlent dans l’ombre de grands Etats democratiques comme l’Italie de Andreotti dans les annees 1980s, corrompent juges, avocats, ministres, fonctionnaires, legislateurs, policiers. , et tuent assez souvent de jeunes enfants, volontairement ou par accident lors des guerres de clans. Le refus des intellectuels de la peine consequente a un tel peril amene nos pays a leur perte. En consequence, la democratie implique que l’opinion du peuple, plus nombreux, plus sense et moins idealiste, prevale.

Il y a meme une secrete connivence entre ces beaux esprits faussement charitables et les meurtriers. Tous ces psychologues, philosophes, avocats, gardiens de prisons, commissaires aux liberations conditionnelles gagneront facilement et confortablement leur vie a s’occuper des petits bobos psychologiques, juridiques et sociaux de ces pauvres petits miserables gardes en prison a nos frais a se polir les muscles au body building a meme des jouets qui nous coutent la peau des fesses !

Et que dire de ces professeurs contre la peine de mort, pourtant bien eloignes des prisons et des cours de justice, qui pontifient sur les necessaires bonte et mansuetude humaines. En verite, ils se tapent vaniteusement la bedaine devant leurs etudiants, qui prefereront toujours un professeur gentil a un professeur severe. Il faut eviter de se laisser berner par la magie doucereuse d’un bel ideal, mais au contraire se laisser conduire par la fermete du reel qui consiste ici dans l’horreur d’un crime et la perte d’une vie noble et chere a ses proches. Le monde ideal, angelique et deconnecte des abolitionnistes n’est pas le vrai monde.

Le vrai monde, c’est celui des meurtriers et des victimes. Vivons donc sur terre si nous voulons y vivre longtemps. Aurions-nous la meme attitude envers le meurtrier de notre propre femme, de notre propre mari, frere, s? ur, et enfant cheri ? N’appliquons pas un double mesure, qui est une injuste mesure, en graciant un meurtrier qui ne nous a pas touche et en tuant par juste colere le meurtrier de ceux qu’on cherit le plus au monde. Quand il y a deux justices, il n’y a pas de justice. Nous pouvons le verifier empiriquement: allons interviewer les anciens abolitionnistes victimes a leur tour d’actes criminels graves.

Le meurtrier n’avait rien a craindre de la victime, et il l’a tuee. Nous avons a craindre de lui et il voudrait qu’on l’epargne ? La logique, par nature, est la suite consequente. Si nous refusons la logique, nous serons contraints de le recompenser pour son meurtre. L’absurdite guette l’inconsequent par faiblesse, guette le bon sans tete et le bienveillant sans prudence. Le meurtrier fut nourri par ses parents respectueux des lois, instruit a l’ecole payee par ses compatriotes, et il nous rend ces bontes par la mort d’un innocent, par convoitise, colere, ou froide premeditation.

L’indignation est des lors juste, et le pardon aberrant. La nature elle-meme, notre guide en la matiere, est plus juste que les abolitionnistes. Un champ donne des fruits s’il a recu de la pluie et du soleil, et ne donne rien s’il recoit froidure, secheresse et obscurite. Il est donc, metaphoriquement a tout le moins, non naturel d’epargner la vie de celui qui l’enleve aux autres, qui ne rend pas les bontes recues. Pire encore, il nous les renvoie souillees de sang, de haine et de mepris. Le meurtrier n’a rien, ou presque rien, a reprocher a la cite qui lui a donne la vie.

Il a prefere avec arrogance la force brutale avant le droit. Il est donc minimal que nous lui imposions en consequence la force ultime avec le droit. En plus, si nous acceptons la legitime defense qui nous excuse de tuer notre agresseur, pourquoi refuserions-nous le meme droit au tribunal qui represente la societe tout entiere ? Meme s’il a quelque bonne raison de tuer sa victime, lui donner raison pour ses raisons est une incitation pour d’eventuels meurtriers d’en trouver de meilleures qui echapperont a votre lucidite, deja obscurcie par votre bonte mal placee.

L’economiste peut signaler que si le crime est payant, vous creez une offre criminelle. Si le crime est couteux, vous en diminuez l’offre d’autant. Si vous demandez ardemment la punition la plus severe, son prix (nombre d’executes) sera d’autant plus bas que votre demande sera forte. Le crime coute moins cher a combattre quand on le combat avec la rigueur extreme, et devient a la longue fort couteux quand on l’encourage par notre faiblesse a le punir severement. L’exemplarite du chatiment en vue de la dissuasion a ete mis en doute recemment par des statisticiens. Mais les statisticiens peuvent-ils uantifier les crimes dissuades qui n’ont pas ete commis ? Pour qui sait compter, un meurtrier de moins sur terre, c’est avec une certitude absolue, un recidiviste potentiel de moins. Nous reconnaissons que cet argument ne convainc guere ceux qui ont besoin d’etre tues pour comprendre. Plus encore, nous les invitons a pratiquer l’exercice de logique suivant: a propos de l’abolition de la peine de mort, que les assassins commencent les premiers ! Chez les etres humains, la peur –disent les specialistes en marketing– est le sentiment le plus puissant, celui qui fait agir les gens avec le plus de force et de promptitude.

Voila le bon sentiment excitable pour dissuader le criminel potentiel. Vos bontes au contraire l’attirent et l’encouragent comme le miel. Le temps et l’argent que nous consacrerons a combattre des criminels de plus en plus nombreux et des crimes de plus en plus grands nous seront gaspilles et soustraits pour toutes les autres bonnes et belles occupations et entreprises de la vie. La peine de mort ne punit pas seulement le criminel, elle recompense le bon citoyen. , et inversement. La pitie, la souplesse, l’indulgence valent pour les amis de la cite, non pour ses ennemis.

Qui n’a pas de bonne volonte envers toi ne merite pas ta confiance, encore moins ton pardon en cas d’agression. Penser le contraire, c’est un abandon suicidaire a toutes les forces nefastes a la vie. Il faut se rememorer la peur, la douleur de la victime quand on juge de la peine, non le visage impassible, voire meme bon enfant, du meurtrier tire a quatre epingles dans le box des accuses. Tout homme au repos attire naturellement la sympathie. Vous ne jugez pas un homme silencieux, mais un crime odieux. Identifiez-vous a la victime, car sans elle il n’y aurait ni crime, ni chatiment.

Si vous vous identifiez plutot au meurtrier, un de vos compatriotes, ou vous-meme, serez sa prochaine victime. Donneriez-vous un cadeau empoisonne a vos amis? Alors pourquoi vous en donner un a vous-meme en laissant un meurtrier vivre dans votre pays ? Si vous l’epargnez, le meurtrier vous sera-t-il reconnaissant ? Meme les abolitionnistes n’avancent pas cet argument tellement il est aux antipodes de la realite des choses. Non seulement le meurtrier ne vous remerciera pas sans mentir, mais il vous tuera a la premiere bonne occasion ou un vif interet lui en donnera l’envie.

Le narcissisme d’un meurtrier est colossal et la necrophilie est inguerissable. Le Christ, lui-meme mort sur la croix, et injustement, n’a pas nommement reprouve la peine capitale. Les abolitionnistes se croiraient-il plus saints que lui ? La peine de mort reaffirme la valeur de la vie. Ce paradoxe atroce affirme qu’on punit de mort ceux qui tuent pour avoir meprise le respect de la vie. Il est oiseux de pretendre que tuer par justice est aussi meurtrier que tuer par crime, car l’anteriorite est l’argument majeur pour refuter cette specieuse allegation. Le meurtrier criminel a tue le premier, la societe l’elimine bien apres.

En clair, le meurtrier est cause des deux morts: celle de sa victime et la sienne, et il le savait avant de commettre les deux. Il est evident que la peine de mort s’applique au criminel sain d’esprit, en bonne capacite de ses facultes principales, en l’occurrence le jugement moral par lequel on distingue le bien du mal. D’ailleurs, sa sante d’esprit plaide contre le meurtrier qui veut echapper au chatiment supreme. Souvent, il a tue sa victime pour cacher un forfait moindre. Il a vole une vie pour cacher un vol de voiture ou un vol au depanneur, pour s’eviter une petite peine.

La vie des autres ne pese pas plus lourd en son esprit que 6 mois de prison pour une rapine minable. Dit autrement, l’immense douleur qu’est la perte de la vie ne pese rien en son esprit sain en comparaison d’un petit sacrifice compensateur pour la societe. Si nous lui appliquions sa propre echelle de valeur, nous devrions le pendre pour un exces de vitesse. Et il nous refuse sa vie pour compenser celle de sa victime. Pourquoi aurait-il le droit, pour defendre sa vie, d’etre plus illogique que nous? Pourquoi meme argumentons-nous pour justifier une action punitive sur un criminel qui n’est lui-meme ni juste ni logique ?

A la rigueur, si nous concedons que la peine de mort est une injustice envers le meurtrier, il merite encore la mort pour que nous vivions en paix et en toute securite. Meme si la peine est trop dure, sa disparition nous est trop necessaire. La seule pensee qu’il pourrait recommencer suffit a l’eliminer pour notre quietude d’esprit. Il lui appartenait de reflechir a cette peine exageree avant de commettre une faute si grande. Il a pris un grand risque pour un plaisir morbide fort grand. Il est normal et juste que le joueur perdant perde sa mise. D’ailleurs, cette exageration du chatiment n’est qu’apparente.

En effet, si c’est beaucoup de peine sur un seul, l’inquietude de le savoir encore vivant est une petite peine sur des millions de citoyens. La masse dispersee egale bien la masse concentree. La meute de loups chasse selon des roles stricts attribues a chacun. Pourquoi serions-nous moins intelligents que les loups qui abattent tout congenere deviant pour preserver la coherence et le bon fonctionnement du groupe ? La nature, dit Aristote, est ce qui est toujours et ce que l’homme ne peut modifier. Si nous la modifions la nature par fantaisie demissionnaire et imprudente, tel Icare, nous tomberons du ciel comme lui.

Il ne faut surtout pas tarder dans l’application de la peine de mort contre les meurtriers, car le temps emousse l’indignation, l’un des fondements du critere du mal dit Aristote lui-meme qui n’etait pas abolitionniste. La bonte naturelle de l’homme peut beneficier au criminel quand le temps efface en nos esprits l’horreur de ce corps mutile de la victime qu’il a avilie. Si, finalement, vous jugez que la peine de mort heurte insupportablement votre jugement moral, rien ne vous empeche de quitter vous-meme la societe pour vivre sur une ile deserte.

Vous serez a l’abri de la peine de mort, car vous y serez le seul legislateur et vous l’interdirez. Mais etes-vous bien sur d’etre a l’abri d’un meurtrier de passage ? Les meurtriers ne respectent pas plus le droit de propriete que la vie du proprietaire. Meme le pape, entoure de saints hommes, s’entoure de gardes suisses dont il n’est pas dit qu’ils servent uniquement pour les affaires exterieures… Selon certaines speculations, Jean-Paul 1er aurait ete empoisonne. En consequence et finalement, oui, mon choix de la legitimite de la peine capitale est ethiquement correct et acceptable moralement.