La parole manipulee

La parole manipulee

Philippe Breton, La parole manipulee Premiere partie : presentation generale A. Philippe Breton : un auteur dans son temps Philippe Breton est chercheur en science de l’information et de la communication au CNRS, le laboratoire de sociologie de la culture europeenne a l’universite de Strasbourg et est charge de cours a l’universite de Paris-1 a la Sorbonne. Ses recherches s’articulent autour du theme de la parole dans nos societes modernes democratiques et notamment sur les moyens qui permettent de la diffuser. Dans plusieurs ouvrages dont Le culte de l’Internet.

Une menace sur le lien social ? , publie en 2000, il s’interesse aux nouveaux supports de communication. Dans L’argumentation dans la communication, Eloge de la parole, Argumenter en situation difficile, et dans La Parole manipulee, l’auteur s’interroge sur le lien entre la parole et la democratie et se pose a ce sujet plusieurs questions fondamentales : En quoi argumenter se distingue t-il de seduire, de plaire ou de manipuler autrui ? Ses recherches sont illustrees par de nombreux exemples pris dans des situations quotidiennes de discussion politique ou de debats de societe.

B. La parole manipulee : demarche de l’auteur La parole manipulee, publie en 1997 a ete couronne un an apres, par le prix de philosophie morale de

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l’Academie des sciences morales et politiques. Dans cet essai, Philippe Breton s’interroge sur les liens entre nos democraties modernes occidentales et la manipulation. Quelle est la specificite de la parole dans un regime democratique ? La democratie moderne a brise les societes holistes qui unissaient les individus a une autorite hierarchique.

Elle desunie les individus qui deviennent egaux en droit face au monopole de la parole. Deux consequences en decoulent : premierement, chacun a une valeur en tant qu’individu au sein de la vie publique et tous sont en principe egaux face a la liberte de parole. Sans autorite transcendante, la parole apparait comme une arme de puissance dont il faut s’emparer pour se distinguer des autres. La democratie est le regime politique et symbolique qui, nous dit Philippe Breton page 199 de l’edition La Decouverte : (…) a ouvert la possibilite d’une conscience individuelle et a permis la construction des espaces interieurs dans lesquels nous nous deployons et qui, en retour, autorise un autre lien social que celui d’une communaute totalisante ou l’individu a peu de place ». La manipulation est un obstacle a la liberte et a l’egalite de parole dans la mesure ou elle contraint l’auditoire a adherer a l’opinion qui lui est transmise, c’est-a-dire ne le laisse pas libre de choisir d’y adherer ou pas.

Quel lien etablir entre democratie et manipulation ? Philippe Breton prend le contre pied de l’argument selon lequel democratie et manipulation seraient incompatibles. Selon lui, la democratie moderne est loin de realiser les promesses qu’elle contient dans ses principes a savoir la liberte et l’egalite face a la parole. La question qui se pose est alors la suivante : Toutes les methodes de communication et de debat sont-elles bonnes dans un espace public qui se pretend democratique ?

Quelles sont alors la legitimite et la validite d’une democratie soumise au detournement des esprits ? Le sentiment de vivre dans un « univers menteur » n’est t-il pas a l’origine de formes nouvelles d’individualisme et de repli sur soi ? Philippe Breton s’efforce de repondre a ces questions en decrivant les differentes techniques de manipulation qui saturent notre environnement, a partir de nombreux exemples pris essentiellement dans le domaine de la politique et de la publicite.

L’auteur etablit ainsi une analyse des faiblesses de la democratie moderne et propose un certain nombre de solutions pour redonner a la parole un usage libre : il introduit le concept de « liberte de reception » sans laquelle la liberte de parole reste sous la liberte des puissants. L’auteur procede en trois temps : aussi, il tente d’abord de demontrer que l’emploi des techniques de manipulation de la parole concerne aussi bien les regimes democratiques modernes que les regimes totalitaires. Pour le comprendre, il s’agit ensuite d’analyser les techniques de la parole manipulee ndependamment des valeurs qu’elles defendent, en s’appuyant sur quelques exemples precis. La troisieme partie s’interroge plus precisement sur les effets de la manipulation sur le public et sur la democratie. Seconde partie : synthese de La parole manipulee 1) Premiere partie de l’oeuvre (du chapitre premier « Permanence et manipulation » au chapitre trois « La technisation de la parole ») (Les titres en italiques ci dessous indiquent les chapitres dans l’? uvre qui de par leur importance seront detailles. ) A.

Democratie et manipulation. Definition des termes du sujet Tout au long de son essai, Philippe Breton s’oppose a l’argument selon lequel l’emploi de la parole manipulee s’appliquerait uniquement aux regimes totalitaires. Or, bien que les deux regimes par principe ne poursuivent pas les memes fins, ils peuvent employer des methodes identiques pour les realiser. La distinction entre les fins qu’un regime politique pretend defendre et les moyens utilises pour les servir, apparait alors comme une distinction fondamentale pour comprendre l’? vre de Philippe Breton. Si les fins sont bonnes d’un point de vue ethique, les moyens quand a eux peuvent etre nuisibles par rapport a la legitimite et la validite d’un regime democratique. L’auteur part d’un constat qui va constituer l’objet de sa demonstration, constat selon lequel on aurait tendance a sous estimer les techniques manipulatoires de notre democratie moderne au nom des valeurs qu’elles servent a promouvoir. Si les fins poursuivies sont legitimes alors les moyens utilises en amont doivent forcement l’etre egalement.

Autrement dit, l’auteur denonce l’illusion de croire que nous vivons dans un regime democratique ou la parole qui nous est transmise (a travers notamment les medias, la politique et la publicite) serait libre dans la mesure ou par la proliferation des nouvelles technologies, nous y avons de plus en plus facilement acces. L’auteur part donc de l’hypothese qu’il y aurait une similitude des techniques manipulatoires de la parole entre les regimes totalitaires et les regimes democratiques, qui n’est pas pour l’instant reconnue. Avant d’argumenter en faveur de cette hypothese, il est envisageable de definir les notions du sujet.

Qu’entend Philippe Breton par manipulation ? B. Qu’ est-ce que la manipulation ? Philippe Breton fait la distinction entre la manipulation et l’argumentation. Un discours argumentatif tend a mener le lecteur ou l’auditeur a une certaine conclusion tandis qu’un discours manipulatoire le contraint sans lui laisser l’alternative d’y adherer ou non. La distinction entre argumentation et manipulation suppose un choix normatif : on pose le principe qu’il y a des discours honnetes qui respectent l’auditoire et d’autres qui font violence a sa liberte de penser. On anticipe l’acception de a notion de parole donnee par Philippe Breton dans une interview apparue dans la revue Non-Violence-Actualite, « Sortir de la violence verbale. La parole une force democratique ». La parole est definie comme une action d’exercer une force sur les autres sans pour autant engendrer de domination. Ainsi il distingue entre la parole qui argumente dans le but de la faire partager a autrui, de l’informer et celle qui l’influence, tend a le dominer. La parole manipulatoire est donc : « (…) une action violente et contraignante, qui prive de liberte ceux qui y sont soumis » (p. 23).

Pourquoi est t-il vain de croire que democratie et manipulation sont incompatibles ? B. Democratie et manipulation. Quel lien etablir ? Philippe Breton souleve dans la premiere partie de son ouvrage un paradoxe interessant : la parole manipulatoire contrairement a ce que l’on aurait tendance a croire est plus susceptible d’apparaitre dans un regime democratique que totalitaire. Il nous rappelle que tout regime totalitaire ne d’un regime democratique, un seul exemple historique le confirme : en effet, n’est-ce pas dans des conditions democratiques qu’Hitler est parvenu au pouvoir en 1933 ?

Des lors, il serait vain d’opposer totalement la democratie et le totalitarisme en terme de moyens techniques pour parvenir a une fin, car c’est par un discours (ou par la parole publique) qu’on est passe de l’un a l’autre. C’est par l’effet de son discours sur le public que le futur chef de l’Etat s’est fait elire. La parole prend alors plus de consideration dans une democratie car les hommes egaux en droit peuvent et doivent pour se distinguer des autres, s’en emparer a leur gre.

L’exemple de l’Antiquite grecque montre bien l’importance de la parole dans un regime democratique en matiere d’action politique et de liberte, ainsi que des abus que l’on pouvait en faire. Aristote separait deja la rhetorique de l’argumentation, la premiere technique de parole mettant en jeu les passions, la seconde, le raisonnement. Si les regimes democratiques modernes se distinguent des regimes totalitaires par les fins poursuivies, leurs moyens de communiquer une information a un public peuvent se rapprocher.

Et, selon l’auteur, on ne doit pas juger une democratie uniquement sur ses fins mais egalement sur les moyens qu’elle utilise pour parvenir a ces fins. C’est en cela que La parole manipulee a une visee ethique, qui est d’apprendre a reconnaitre l’usage propagandiste de la parole des democraties occidentales modernes. Notre democratie n’est donc pas a l’abri des techniques manipulatoires de la parole, techniques dont la visibilite peut cependant etre discutee. Lorsque les fins poursuivies sont bonnes en apparence, il est difficile en effet de preter attention aux moyens qui viennent les realiser.

Cette these s’appuie sur des exemples tres concrets empruntes essentiellement au domaine de la politique et de la publicite. Comment les techniques de la parole sont elles manipulees ? 2) Seconde partie (du chapitre quatre « La manipulation des affects » au chapitre six « Un exemple de manipulation globale ») Analyse de deux exemples : l’extreme droite en France et les cachous Lajaunie De nombreux cas concrets viennent corroborer la these de Philippe Breton. La seconde partie de l’? uvre analyse ces techniques de maniere neutre c’est-a-dire separees des valeurs qu’elles tendent a promouvoir.

Ces exemples que nous delimiterons au nombre de deux, l’un emprunte au domaine de la politique, l’autre a la publicite, illustrent les deux principales techniques de la manipulation, l’une des affects et l’autre cognitive, les deux etant souvent liees. Comment interpreter l’information transmise a travers la parole ? (ici, la notion de parole est a prendre au sens large, au sens d’une parole vehiculee aussi bien dans les medias ecrits et audiovisuels, que dans les discours politiques ou dans la publicite). Quel est le rapport entre l’objectivite du contenu du message qui est transmis et l’image a laquelle il renvoi ?

L’extreme droite en France constitue un exemple type de manipulation de la parole. Le discours politique francais du Front National sensibilise les consciences en appliquant les methodes de l’amalgame en associant notamment des mots comme si ils avaient un lien causal, ce qui cree un effet mensonger : il associe les etrangers aux problemes sociaux et exclu ainsi toutes autres possibilites d’interpretations de ces problemes sociaux. Prive du choix face a diverses possibilites d’interpretations et d’echanges, les individus manipules ne sont pas libres et egaux face a la parole, qui seule pourtant legitime la valeur de la democratie.

L’extreme droite applique egalement les techniques de la manipulation dite des affects en jouant sur la peur du public, afin de le faire adherer de force a ses conclusions, a savoir en l’occurrence que les etrangers en France sont la principale cause de leur mal-etre. Ces techniques s’appliquent de la meme facon a la publicite qui, depuis les annees 50 environ, sature notre environnement quotidien. Quel lien etablir entre l’information du message qui est transmis et l’image qui l’accompagne ? L’exemple recurrent dans l’? uvre, du cachou Lajaunie suffit a repondre a cette question.

Cette publicite temoigne d’un manque de lien logique entre le contenu informationnel de la publicite, les cachous et l’image d’un mannequin en decolletee representant ce contenu. L’information qui est censee etre le but de la publicite n’est en fait qu’un moyen pour parvenir a une visee purement commerciale, celle de provoquer un comportement d’achat. L’image du decolletee, decalee par rapport au produit qu’elle represente, semble etre uniquement la pour seduire le consommateur afin de lui faire parvenir a une fin specifique, celle d’acheter des cachous Lajaunie.

Breton va plus loin quand il affirme que la publicite n’est pas la seulement pour nous tenter d’acheter tel ou tel produit mais pour nous contraindre a adopter un certain type de comportement. Il donne l’exemple de la publicite pour le tabac. En fonction de l’histoire de sa publicite, tantot en faveur, tantot en defaveur du tabac, les francais ont plus ou moins fume, et les chiffres relatifs aux deces des cancers des poumons sont lies a l’histoire de cette campagne de publicite.

Ces exemples viennent donc confirmer la these defendue par Philippe Breton, selon laquelle nos democraties occidentales ne seraient pas epargnees par les techniques manipulatoires de la parole. Ils sont d’autre part revelateurs des effets que la parole manipulee peut avoir sur les comportements sociaux : le discours de la droite extremiste en France a donne lieu a des actes dangereux comme l’assassinat en 1985 d’un magrebin par deux jeunes gens a la sortie d’un meeting du Front National. 3) Troisieme partie (du chapitre sept « Les deux effets de la manipulation » au dernier chapitre « Les normes de la parole »)

A. Consequences de la parole manipulee sur le public et sur la democratie La sensation diffuse de vivre dans un environnement sature par des techniques manipulatoires de la parole n’est-il pas a l’origine de nouvelles formes d’individualisme et de repli sur soi ? Quel impact a la parole manipulee sur le public manipule ? Les exemples que nous venons de citer montraient bien l’effet positif que pouvaient avoir les techniques de la parole manipulee sur les individus, positif dans le sens ou elles reussissaient a modifier leur comportement.

C’est la raison pour laquelle la parole manipulee peut avoir un effet pernicieux dans la mesure ou elle engendre un changement de comportement a partir d’informations truquees, voire fausses. Le mythe publicitaire dans les annees 1950 selon lequel fumer etait signe de comportement viril a ete confronte ulterieurement a l’objectivite de la science qui rappelait les effets nefastes de la cigarette sur la sante. Philippe Breton considere les effets negatifs que peut egalement avoir la parole manipulee sur le public, qui se trouve souvent lasse du discours public qui sature leur environnement.

L’effet pervers de la parole mensongere provoque un sentiment de mefiance a l’egard du discours public. Ce type de reaction est aussi pernicieuse du point de vue de la democratie : la mefiance des francais a l’egard de la parole publique entrainerait un refus croissant de prendre part au discours public. La parole manipulee peut donc etre destructrice du lien social, on lit a propos page 155 de notre edition : « La est sans doute le principal effet pervers de la manipulation, qui pousse a la mefiance sociale et a la mise en doute systematique de la parole d’autrui ».

La parole manipulee semble donc remettre en question les principes democratiques de liberte et d’egalite des citoyens face a la parole. Le discours manipule adresse au citoyen, lui impose sa maniere de voir les choses au lieu de les lui faire connaitre, ce qui exclu toute possibilite d’echange et de reciprocite verbale. La parole manipulee est t-elle cependant la seule cause de ce repli sur soi des individus ? B . Quelles sont les solutions pour redonner a la parole le role d’outil vivant de la democratie ?

Si l’essai de Philippe Breton est envisage comme une « necessite et une urgence » des l’introduction, c’est qu’il ouvre un certain nombre de pistes pour redonner a la parole un caractere vivant de la democratie. Comment remedier aux faiblesses des francais a l’egard de la parole manipulee ? Bien que la parole apparaisse comme un outil fondamental dans une democratie, celle-ci n’en constitue pas moins paradoxalement un objet de desinteret.

En effet, la culture occidentale depuis l’Antiquite grecque, a tendance a devaloriser la rhetorique au profit des disciplines considerees comme authentiques comme la science, la philosophie et les lettres. Le systeme educatif francais semble avoir herite de cette culture, d’ou la defaillance d’une formation qui apprendrait a decoder la parole manipulee. Ce qui est enseigne a l’ecole comme a l’universite est decale par rapport au monde de la realite et donc par la meme, du monde de l’entreprise, des medias ou encore de la publicite.

L’une des premieres pistes envisagee par l’auteur est donc de reintroduire au sein des systemes educatifs un apprentissage de decodage de la parole manipulee ; apprentissage qui s’avere urgent dans la mesure ou les techniques manipulatoires de la parole saturent de plus en plus et de par l’emergence des nouveaux supports de communication, notre environnement quotidien. La parole manipulee a donc la visee ethique de responsabiliser les citoyens en leur donnant les outils pour faire le tri parmi l’information qui leur est transmise.

La seconde solution envisagee serait de remedier a la conception trop pragmatique de la parole concue comme pure machine marketing a produire de l’efficacite. Cette solution contient une dimension anthropologique car elle defend une certaine dignite des relations humaines qui doivent se fonder sur le respect mutuel. Philipe Breton s’oppose ainsi a l’argument selon lequel la manipulation serait une realite a laquelle on ne peut remedier. Lui introduit un concept novateur : « la liberte de reception », qui constitue la condition sine quantum de la liberte de parole : l’egalite face a la parole ne s’effectue pas seulement au oment ou on prend la prend mais egalement au moment ou on la recoit. Autrement dit, il y a inegalite entre ceux qui savent interpreter les messages manipules et ceux qui l’ignorent. Troisieme partie : conclusion et critique de La parole manipulee La parole manipulee, telle qu’elle est vehiculee dans les medias, en politique et dans la publicite, represente un danger pour la democratie dans la mesure ou son outil principal la parole est utilise comme un simple produit commercial visant a engendrer un certain comportement ou une certaine opinion.

L’efficacite technique de la parole sape le fondement meme des principes democratiques de liberte et d’egalite de la parole en contraignant le public manipule a adopter tel ou tel comportement ou telle ou telle opinion au lieu de respecter son libre choix. Par consequence, pour remedier a ces faiblesses de la democratie, les individus doivent s’armer davantage pour mieux apprendre a decrypter les signes de la manipulation. Notre analyse s’est principalement portee sur le lien entre la parole manipulee et la legitimite de la democratie, nous aurions pu davantage traiter de l’impact des nouvelles technologies sur la liberte de parole.

A ce titre, nous pouvons conclure en rappelant que Philippe Breton denonce le mythe selon lequel la societe de communication portee par un nombre croissant de nouvelles technologies, serait porteuse de transparence, de solidarite et de liberte. Ce n’est pas la quantite ni la rapidite a laquelle on recoit les informations qui font que nous sommes plus libres qu’auparavant face a la reception des messages. Au contraire, les nouvelles technologies accroissent le risque de desinformation et de manipulation.

En effet, Internet en permettant a une grande majorite des occidentaux de diffuser de l’information, peut aggraver les risques de manipulation. La pensee de Philippe Breton s’inscrit dans la continuite d’un courant de pensee sociologique et philosophique moderne depuis l’ecole de Frankfort et Habermas ; tout comme ce dernier, il critique la marchandisation de l’espace public au detriment d’une discussion qui serait (et qui a ete selon Habermas) libre et autonome. Son analyse se rapproche plus particulierement de celle de Pierre Bourdieu developpee dans son ouvrage Sur la television, Raison d’agir publie en 1996.

Pierre Bourdieu critique le choix de l’information et des programmes televisuels regis par l’audimat et les contraintes du marche, qui n’ont rien dit t-il de « l’expression democratique d’une opinion collective eclairee ». La censure televisuelle apparait alors comme un danger dans la mesure ou elle constitue l’unique source d’information pour certains. Les individus doivent consequemment se doter d’un esprit critique capable de faire le tri parmi les messages qui leur sont transmis.