La motivation en contexte scolaire

La motivation en contexte scolaire

La motivation en milieu scolaire Rolland Viau Rolland Viau a consacre l’essentiel de sa vie aux recherches en matiere de motivation des eleves. Il est un des maitres a penser en la matiere. Ses ecrits donnent des pistes aux enseignants pour agir sur la motivation de leurs eleves et, par la, ameliorer les conditions d’apprentissage. Il decortique les mecanismes qui permettent cette motivation et propose une serie d’actions qui la favorisent. L’auteur definit la dynamique motivationnelle comme : Un phenomene qui tire sa source dans des perceptions que l’eleve a de lui-meme et de son environnement, et qui a pour consequence qu’il choisit de s’engager a accomplir l’activite pedagogique qu’on lui propose et de perseverer dans son accomplissement, et ce, dans le but d’apprendre. » Les principales sources (ou determinants) de la dynamique motivationnelle sont les perceptions suivantes (Les perceptions sont des jugements que l’on porte sur les evenements, les autres et soi-meme. Elles sont subjectives et peuvent etre realistes ou irrealistes) : la perception que l’eleve a de la valeur d’une activite : l’eleve juge l’interet, l’utilite, l’importance et le cout- sacrifice a consentir- de l’activite. L’utilite et l’interet dependent des buts sociaux, scolaires et a long terme de l’eleve.

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– la perception qu’il a de sa competence a accomplir l’activite : a ne pas confondre avec l’estime de soi. Cette perception concerne une activite bien precise. La perception qu’un eleve a de sa competence depend de plusieurs choses : ses experiences anterieures, ses observations, les commentaires recus et son etat psychique.

Une bonne perception de sa competence augmente la perseverance de l’eleve. L’enseignant doit fournir des moyens d’autoevaluation, stimuler le role des parents, enseigner comment reussir et favoriser la reussite. – sa perception de controlabilite sur son deroulement correspond aux sentiments d’autonomie et de liberte que l’eleve eprouve. L’enseignant doit placer des balises pour cadrer les eleves tout en leur laissant la liberte de certains choix. L’enseignant doit accompagner les eleves dans leur autonomie en leur fournissant de l’aide et des encouragements.

Il doit egalement choisir des activites qui proposent des choix motivants, correspondant aux valeurs et aux centres d’interet de tous. Lorsque ces trois perceptions sont elevees, l’eleve s’engage sur le plan cognitif dans l’activite, persevere et accomplit les apprentissages. Les indicateurs qui permettent de mesurer le degre de motivation sont : – le choix (de s’engager), – la perseverance (l’eleve motive s’engage sur la duree et accepte de ne pas maitriser les connaissances immediatement), – l’engagement cognitif (attention, concentration), les strategies d’autoregulation (planification de la tache, controle de l’efficacite des strategies, creation de conditions de travail propices, gestion et choix) Lorsque l’eleve reagit de facon positive a une activite, il est question d’une dynamique fonctionnelle car il s’engage et persevere pour atteindre les apprentissages. – lorsqu’il reagit de facon negative, il est question d’une dynamique dysfonctionnelle car il ne s’engage pas et ne persevere pas, ce qui se traduit souvent par un echec. Les eleves qui sont animes par une dynamique motivationnelle dysfonctionnelle deviennent souvent amorphes en classe.

La reussite et le plaisir sont la consequence finale de la motivation. La reussite est aussi source de motivation car elle influence les perceptions de l’eleve qui sont a l’origine de sa motivation. Les manifestations de la dynamique motivationnelle sont l’engagement cognitif, les strategies d’apprentissage, la perseverance et enfin l’apprentissage. L’eleve est engage cognitivement lorsqu’il met en place consciemment des methodes d’apprentissage qui lui conviennent et qu’il passe reellement a l’action. Certains eleves adoptent, a l’inverse, des strategies d’evitement (chipotage, questions inutiles…).

Les strategies d’apprentissages sont de plusieurs types : – strategies cognitives : Connaissances transmises (theorie) : L’eleve peut utiliser des strategies de repetition (moyens mnemotechniques…), d’elaboration (resumes…), et d’organisation (schemas, tableaux…). Connaissances conditionnelles : L’eleve doit utiliser les bons outils pour resoudre une situation problematique. Pour cela, il doit pouvoir generaliser (en partant de plusieurs situations) et discriminer les situations qui appliquent la connaissance apprise des autres. Connaissances procedurales : Il s’agit du avoir-faire. L’eleve suit les etapes d’un processus qui mene a la solution (ce faisant, il finit par acquerir des automatismes). – strategies metacognitives : Controle de soi-meme, de ses strategies cognitives et de ses apprentissages. L’eleve planifie ses objectifs, ajuste ses strategies aux situations et s’auto evalue. – strategies de gestion du contexte de l’apprentissage : Gestion des ressources, repartition du travail… – strategies affectives : Gestion des emotions pour un apprentissage efficace et auto motivation (les eleves doivent trouver un moyen de se motiver).

En conclusion, les strategies d’apprentissage different selon les situations. C’est a l’enseignant d’expliquer pourquoi elles sont efficaces. Il faut tenir compte des connaissances anterieures des eleves pour adapter les strategies. Celles-ci seront validees par les eleves en classe. La perseverance represente le temps efficace que l’eleve consacre a l’activite. Attention, le temps n’est pas un gage de reussite suffisant. L’apprentissage ne se resume pas a amasser des connaissances mais aussi a acquerir des competences. L’apprentissage contribue au savoir, au savoir-etre, au savoir-faire.

S’il est satisfaisant pour l’eleve, il contribue a la motivation mais dans le cas contraire, il peut le demotiver. La dynamique motivationnelle est influencee par plusieurs facteurs externes : – des facteurs relatifs a la vie personnelle de l’eleve, – des facteurs relatifs a la societe, – des facteurs relatifs a l’ecole, – des facteurs relatifs a la classe. Les facteurs relatifs a la classe jouent un role de premier plan, de plus, ce sont ceux que l’enseignant peut controler. En voici 5 : – les activites pedagogiques proposees, – la relation enseignant/eleves, les pratiques evaluatives, – le climat de la classe, – les recompenses et les sanctions. L’interet de ce modele est qu’il permet aux enseignants d’analyser precisement les problemes de motivation et d’intervenir plutot que de constater la demotivation et de renoncer a agir. Les facteurs relatifs a la vie personnelle de l’eleve ont une importance car la vie personnelle (non scolaire) des jeunes remplit la majeure partie de leur temps. Les parents et les amis jouent donc un role. Les parents ont leur propre vie de travail et sociale.

Leur role n’est plus de contraindre les jeunes a apprendre mais plutot de creer un environnement favorable et de transmettre des valeurs ainsi que d’etre des modeles en matiere d’apprentissage. Ils doivent en outre donner confiance a leur enfant et le soutenir. Les amis jouent un role de modeles car les jeunes s’en inspirent. Enfin, un job etudiant doit etre limite en duree pour ne pas nuire aux apprentissages scolaires (fatigue, concentration, manque de temps). Les facteurs lies a la societe montrent que les jeunes ne recoivent pas les memes chances.

En fonction des classes sociales, certains ont plus acces a la culture que d’autres. Pour certains, surtout dans la classe populaire, l’ecole est simplement le moyen d’obtenir un diplome et donc un metier remunerateur. Les jeunes repugnent souvent a fournir des efforts et ne revent, comme les adultes, qu’aux vacances. Meme si le travail permet de vivre les experiences les plus gratifiantes, les personnes preferent avoir plus de temps libre. Les occupations des jeunes necessitent generalement peu d’engagement cognitif (jeux video…).

Le travail scolaire est, par contraste, percu comme trop exigeant sur le plan cognitif. Pourtant, la societe propose egalement aux jeunes de multiples facons de s’instruire et d’elargir leur horizon. Les facteurs lies a l’ecole influencent egalement la motivation car l’ecole, en tant qu’organisation sociale, genere son propre systeme de valeurs, de normes, d’attentes. Les performances des eleves sont meilleures la ou les attentes sont elevees. Les reglements etablis par les dirigeants des ecoles ont une influence sur la dynamique motivationnelle des eleves.

Certains seront stimules par la sanction tandis que d’autres contesteront l’autorite. Les ecoles secondaires offrent aux adolescents un environnement qui ne correspond pas a leurs besoins psychologiques. La ou les jeunes attendent plus d’independance, d’autonomie et d’interactions sociales, l’ecole leur propose plus de regles et de contraintes et une diminution des relations entre eleves et entre enseignants et eleves. Trop de jeunes ne voient dans l’ecole qu’un lieu ou ils sont contraints d’apprendre sous menace de ne pas obtenir leur diplome.

Les facteurs lies a la classe Ce sont les seuls que l’enseignant peut controler pour agir sur la dynamique motivationnelle de ses eleves. Les cinq plus importants sont : – les activites pedagogiques, – l’enseignant, – les pratiques evaluatives, – le climat de la classe, – les recompenses et les sanctions. Les activites pedagogiques sont de deux types : Les activites d’enseignement dans lesquelles l’enseignant est l’acteur principal. Il transmet la matiere. L’eleve sera engage sur le plan cognitif si l’expose est clair et bien organise.

Voici quelques conditions de motivation : l’enseignant doit introduire son expose de facon concrete, soumettre un probleme, etre enthousiaste, presenter un plan avant de commencer, questionner les eleves sur leurs preconceptions (afin qu’ils demontent leurs connaissances pour les reconstruire en incluant la nouvelle matiere), donner des exemples interessants, utiliser des analogies (concepts connus), presenter des schemas, etre un modele a suivre dans sa demarche, utiliser du materiel, finir par un resume, questionner et repondre et faire un bilan des nouveaux acquis.

Les activites d’apprentissage dans lesquelles l’eleve est l’acteur principal. Il doit appliquer les competences et les connaissances qu’il a acquises. Ces activites comprennent les exercices (seul ou en groupe), les projets de recherche, les experiences en laboratoire, resolution de problemes, … Pour accroitre la motivation des eleves une activite doit repondre a des conditions (10) : – avoir des buts et des consignes clairs, – etre signifiante aux yeux de l’eleve, – amener a la realisation d’un projet, – etre diversifiee et s’integrer aux autres activites dans un ensemble logique, representer un defi (ni trop facile, ni trop difficile), – exiger un engagement cognitif, – responsabiliser l’eleve en lui permettant de faire des choix, – permettre a l’eleve d’interagir et de collaborer avec les autres (l’apprentissage cooperatif est motivant), – avoir un caractere interdisciplinaire (utiliser plusieurs cours ensemble pour leur donner de la valeur), – se derouler sur une duree suffisante L’enseignant est un des facteurs-cles qui agissent sur la dynamique motivationnelle de l’eleve. Caracteristiques importantes chez l’enseignant : il doit avoir des attentes elevees vis-a-vis de tous ses eleves, se mefier d’un jugement trop rapide et considerer que les echecs sont des problemes a resoudre plutot que des predicateurs d’echecs futurs. – il doit pratiquer un style d’autorite fonde sur le respect des eleves, l’ouverture au dialogue et la coherence dans les decisions. Ce style soutient l’autonomie et donne la liberte a l’eleve. – il doit etre un modele de motivation (les profs passionnes sont motivants). – il doit maitriser completement sa matiere. les eleves lui demandent aussi d’avoir le sens de l’humour, la capacite a reconnaitre ses erreurs, la preoccupation de la reussite de tous, la capacite a combattre les problemes d’apprentissage, le sens de la justice, etc… D’autre part, la determination et la cooperation des eleves est un bon encouragement pour la motivation de l’enseignant. On peut donc dire que la motivation de l’enseignant et celle des eleves interagissent. Les pratiques evaluatives sont essentielles car il faut verifier si les eleves ont realise les apprentissages.

D’apres les enseignants, les eleves sont plus motives si on note leur travail que si « ca ne compte pas ». Pour les chercheurs, l’evaluation nuit a la motivation. Une evaluation centree sur la performance (examen, test, quiz) permet de classer les eleves du plus faible au plus fort et amene souvent un jugement de valeur a l’egard des eleves les moins bien notes. Mais cette habitude d’evaluer les performances des eleves des leur plus jeune age ne les aide pas a apprendre. Elle leur fait comprendre que le but de l’ecole est de reussir et obtenir un diplome.

Elle a pour effet de diminuer la perception de competence de bon nombre d’eleves. Dans ces conditions, le plaisir d’apprendre, la creativite, l’imagination n’ont pas leur place. Faire de l’evaluation un outil favorisant la motivation est un defi pour l’enseignant. Il est possible de creer un systeme parallele d’evaluation qui respecte l’autonomie, encourage la creativite et l’audace ainsi que le plaisir d’apprendre. L’enseignant doit avoir des objets devaluation varies : ne pas se contenter d’evaluer le rendement scolaire mais aussi les progres de l’eleve, sa participation…

Il doit annoncer clairement ses criteres d’evaluation en debut d’activite et utiliser des instruments d’evaluation varies (portfolio, rapport de projet, grille d’autoevaluation…). Il ne doit pas evaluer constamment ses eleves mais fournir regulierement des commentaires precis qui permettent a l’eleve de se situer, evoquant non seulement les savoirs qu’il ne maitrise pas mais aussi ce qu’il a bien reussi et ce qu’il doit ameliorer. Il est important aussi que l’eleve ne voie pas ses erreurs comme des fautes penalisantes mais comme des etapes dans le processus d’apprentissage.

Il doit permettre aux eleves de s’autoevaluer. Le climat de la classe Pour rendre le climat de la classe favorable a la motivation, il y a plusieurs conditions, notamment une bonne gestion : – de la discipline, – du temps alloue a l’apprentissage, – de l’organisation de l’espace, – de la relation entre les eleves. Quatre conditions doivent etre respectees : – la securite (selon Maslow, on ne peut atteindre un besoin superieur comme la realisation de soi si le besoin de securite n’est pas comble). L’enseignant doit montrer a tous ses eleves qu’ils peuvent faire preuve d’audace et de creativite en toute quietude.

Il est important de creer un climat de respect mutuel permettant a chacun de se sentir accepte et assez en securite pour investir toutes ses energies dans ses apprentissages – le sentiment d’appartenance : l’eleve a besoin de sentir qu’il appartient a un groupe. Pour cela la classe doit devenir une communaute d’apprenants. – la collaboration entre les eleves favorise un meilleur climat de travail que la competition. Les activites de collaboration amenent les eleves a creer des groupes et a mieux s’integrer aux autres eleves et a l’ecole. L’enseignant doit amener ses eleves a voir leurs differences comme des richesses.

Pour cela il ne doit pas denigrer ces differences mais les valoriser. Les recompenses et les sanctions Pour susciter la motivation a apprendre, les recompenses peuvent prendre la forme de renforcements verbaux, d’objets materiels, d’attribution de privileges… Les sanctions se presentent sous la forme d’absence ou de retrait des recompenses, de reprimandes ou de retenues. Le fait de recompenser une personne lorsqu’elle adopte un comportement souhaite l’encourage a le repeter (c’est la psychologie behavioriste). Ces pratiques sont donc courantes dans le primaire et le secondaire.

On classe les recompenses en 2 types : des recompenses informatives (informer l’eleve sur la qualite de ses apprentissages) et des recompenses materielles qui servent a augmenter l’effort de l’eleve. Les recompenses informatives favorisent la motivation intrinseque de l’eleve. Meme si on sait que le systeme de recompenses fonctionne, on doit se demander quel effet ces recompenses auront a moyen et long termes sur la motivation a apprendre des eleves. On peut neanmoins recourir aux recompenses pour motiver les eleves a faire une activite pour laquelle ils n’ont pas de motivation intrinseque.

On peut aussi donner des recompenses simples pour leurs progres, leurs efforts, leur collaboration. Quant aux sanctions, il est conseille de ne pas les utiliser. Il est recommande, au moins, de faire preuve de discretion lorsqu’on reprimande un eleve. En conclusion : En classant les facteurs influencant la dynamique motivationnelle des eleves en 4 categories relatives a la vie personnelle, la societe, l’ecole et la classe, on constate que les enseignants ne sont pas les seuls responsables de la deterioration de la motivation. Les parents, les decideurs politiques, les chefs d’etablissements scolaires ont egalement leur part de responsabilite.

Mais l’enseignant a peu de controle sur les trois premiers types de facteurs. En revanche, il en a beaucoup sur les facteurs relatifs a la classe. Il doit donc agir sur ces derniers. L’auteur propose des outils pour evaluer la motivation des eleves. Il est utile de bien analyser les sources de motivation et de demotivation afin d’agir efficacement sur les causes. Ces outils sont : – Une grille d’observation des strategies d’evitement. L’enseignant coche, pour chaque eleve, chaque fois qu’il adopte telle ou telle strategie d’evitement, et ce, jour apres jour.

En analysant les resultats, il peut decouvrir quels sont les jours ou les eleves sont les moins motives. Cet outil est simple et facile a utiliser mais il ne fournit pas d’indice concernant les causes de la demotivation. – Des sondages aupres des eleves. L’enseignant demande, par ecrit, aux eleves de repondre a des questions ouvertes concernant leur motivation. L’etude des reponses permet a l’enseignant de connaitre ce qui favorise ou defavorise la motivation ainsi que ce qu’il doit maintenir ou ameliorer dans sa pratique. Cet outil permet aux eleves de donner un avis nuance ainsi que de collaborer a l’amelioration du cours.

Mais il n’est efficace que si les eleves prennent ce sondage au serieux et sont sinceres dans leurs reponses. Les sondages peuvent concerner l’ensemble des facteurs lies a la classe ou plus precisement l’un d’entre eux. – Une technique d’animation. L’enseignant peut evaluer une activite pedagogique en tant que facteur motivationnel. Il demande aux groupes d’eleves de relever les points forts et les points faibles d’une activite. Cet instrument met en ? uvre la collaboration des eleves et leur permet de donner leur opinion mais il n’est efficace que si les eleves s’impliquent.

Les resultats refleteront l’avis general mais non celui de chacun en particulier. – Un questionnaire maison. Sur ce questionnaire anonyme, chaque eleve a l’occasion de juger de la valeur des activites. Chaque question porte sur une perception de l’eleve (de la valeur de l’activite, de sa competence et de sa controlabilite), sa perseverance, son engagement cognitif, … L’etude des reponses permet a l’enseignant d’ameliorer les aspects de son cours qui ont ete « mal juges » par un grand nombre d’eleves. La preparation de ce questionnaire est assez rapide.

Cet outil informe l’enseignant sur la motivation intrinseque des eleves. Mais la formulation des questions peut influencer les reponses des eleves, de plus certains ont du mal a savoir comment repondre, surtout pour les questions a plusieurs volets. – Une entrevue. Portant sur les sources de la motivation (utilite, interet, perception de competence et de controlabilite, perseverance et engagement cognitif, l’entrevue permet d’obtenir l’avis nuance de chaque eleve a condition qu’il ne soit pas trop timide et qu’il ait confiance dans l’enseignant.

Il faut eviter que cette entrevue soit percue comme trop officielle. Un climat de confiance est necessaire. Il faut egalement que l’enseignant puisse ecouter l’eleve sans exprimer son insatisfaction et sans suggerer de reponses. Grace a ces differents instruments, l’enseignant aura l’occasion de savoir sur quels facteurs il doit travailler pour susciter la motivation de ses eleves. Dans son ouvrage, Viau R. se pose la question de l’impact des TIC (les technologies de l’information et de la communication : utilisation de materiel informatique) sur la motivation a apprendre.

Pour y repondre, il se base a la fois sur des etudes menees sur le sujet et sur l’experience du personnel enseignant rencontres lors de conferences, d’entretiens,… Il en decoule que les TIC peuvent, dans un premier temps, augmenter la motivation de l’eleve mais qu’une fois l’effet de nouveaute estompe, les eleves ont tendance a leur accorder moins d’interet. Leurs utilisations n’influencent pas autant la motivation que les facteurs precedemment cites (les activites pedagogiques, l’enseignant, la pratique evaluatives, le climat de la classe et les recompenses et sanctions).

C’est pourquoi, les TIC sont des outils definis comme « a fort potentiel motivationnel » a utiliser dans des activites pedagogiques. Pour que les TIC puissent jouer leur role motivationnel, il faut que l’enseignant accepte d’occuper le second role au sein de la classe. Pour y parvenir, il doit accepter que les TIC deviennent la source d’informations des eleves mais qu’il doit continuer a guider, soutenir et accompagner chacun dans la recherche et le traitement des informations.

Neanmoins, l’utilisation des TIC permettent a l’eleve de faire des choix (contenu, presentation,…) et des erreurs dont il recevra immediatement une retroaction sans etre juge par autrui. Ceci peut favoriser la perception que l’eleve a de ses competences a reussir. L’utilisation des TIC peut aussi reduire l’engagement cognitif de l’eleve qui preferera se centrer sur les elements sonores et/ou visuels. On soulignera aussi que certains eleves peuvent se sentir perdu car l’enseignant a considere que chacun avait une connaissance de l‘informatique, ce qui n’est pas toujours le cas.

En conclusion, les TIC sont de tres bons outils qui favorisent la motivation mais il faut que ceux-ci soient employes judicieusement par l’enseignant. Son utilisation doit avoir un sens pour eleve. Il ne s’agit pas de les utiliser pour « etre dans le vent » mais d’en comprendre l’utilite pour l’eleve quant a son utilisation. C’est pourquoi, certaines matieres sont plus propices a l’application des TIC que d’autres notamment dans les branches plus scientifiques.