La dimension didactique de « l’art d’aimer » d’ovide

La dimension didactique de « l’art d’aimer » d’ovide

La dimension didactique de l’Art d’Aimer. I. Introduction : L’Art d’aimer (Ars amatoria) est une ? uvre en vers du poete latin Ovide parue autour de l’an 1. Elle est avant tout une initiation a l’art de l’amour et de la seduction. Meme si l’on remarque apres la lecture que l’? uvre est en partie parodique en effet la satire et l’ironie sont tres presentes, Ovide conserve tout de meme une dimension didactique. Il donne tout au long du texte des conseils et des pratiques a adoptees pour etre efficace en amour. De plus des les deux premieres phrases du livre Ovide annonce que son ? vre est avant tout destine a enseigner l’Art d’Aimer a ses lecteurs : « Siquis in hoc artem populo non nouit amandi / Hoc legat et lecto carmine doctus amet » (« s’il y a une personne de notre peuple qui ne connait rien a l’art d’aimer, qu’elle lise ce poeme et, instruite par cette lecture, qu’elle aime »). Il s’agit donc d’apprendre a aimer comme on apprendrait un art. Le livre est separe en 3 parties qui ont chacun un but didactique different. II. Partie I : Comment trouver et conquerir sa proie 1) Ou touver sa

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proie : A Rome, lieu du monde le plus riche en belles femmes (v. 50-66) portiques (67-74) -cultes d’Adonis et Isis (75-78) -forum (79-88) -spectacles (89-176), avec excursus sur l’enlevement des Sabines -ceremonies triomphales (177-228) -banquets (229-252) 2) Hors de Rome (v. 253-262) -a Baies, ville thermale (253-258) -au temple de Diane a Aricie (259-262) 2) Comment conquerir sa proie une fois trouvee : (v269 777) -introduction : ne pas redouter de refus, car toutes les femmes peuvent etre seduites, comme le prouvent les femelles des animaux et un certain nombre d’heroines mythologique, que leurlibido dechainee a entrainees aux pires extremites. (269-350) se concilier les bonnes graces de l’esclave pour s’assurer de son aide ; eviter neanmoins de chercher a la seduire elle aussi ; ou alors, y reussir, de facon a ce que, devenue complice, elle ne puisse pas denoncer les tentatives (351-396) -attendre le moment favorable ; eviter en particulier le jour de l’anniversaire de la belle ; de la, excursus sur les multiples ruses des femmes pour soutirer des cadeaux a leur partenaire (397-434) -du bon usage des lettres : elles doivent contenir tendres prieres et surtout des promesses (qui coutent moins cher que les cadeaux et suffisent souvent pour faire ce der une femme ! ; elles doivent etre correctement redigees (pas de pedantisme, de la ten dresse) ; ne pas s’avouer vaincu si la belle renvoie le billet, persister (songer au grand pouvoir du temps) ; ne pas s’avouer vaincu non plus si la belle repond negativement : bien souvent, elle n’espere pas obtenir ce qu’elle demande (435-484) -s’attacher aux pas de la belle ou qu’elle aille ; l’accompagner aux spec tacles et en profiter (485-502) -etre elegant, mais sans exces : les heros seducteurs (Thesee, Hippolyte, Adonis) etaient sans appret (503-522) profiter des banquets : Bacchus aide les amants, etant lui-meme un amant (histoire d’Ariane longuement developpee) ; possibilites de contacts physiques offertes par les banquets ; ne pas etre ivre soi-meme (ou alors le feindre, de maniere a ne pas etre tenu responsable des paroles osees prononcees) ; faire semblant d’etre l’ami du mari de la femme que l’on convoite ; profiter du depart des convives pour toucher furtivement la femme et lui faire des compliments meme demesures ; toutes les femmes aiment etre louees (523-628) ne pas etre avare non plus de promesses ; Jupiter est tres indulgent pour les parjures des amants, puisqu’il en a fait lui-meme a Junon. Il faut honorer les divinites et etre pur… sauf en ce qui concerne les femmes : vis-a-vis d’elle, la mauvaise foi n’est plus un crime car, a l’instar de Thrasius et de Perillus, elles n’ont que trop merite ce qui leur arrive ; elles sont trompees, puisqu’elles ont trompe les premieres (629-656) (cf. morceau choisi n°8) -ne pas etre avare non plus de larmes (si necessaire, faire semblant) (657-660) ne pas hesiter a prendre de force des baisers, puis le reste, car les femmes aiment etre bousculees : exemples de Phoebe et Hilaira, violees par Castor et Pollux, qui les epouserent ensuite, et de Deidamie, violee par Achille, qu’elle supplia pourtant de ne pas partir a la guerre de Troie ; cela prouve bien qu’il ne faut jamais at tendre que la femme fasse le premier pas et ne jamais hesiter a le faire soi-meme (meme Jupiter prenait l’initiative) ; si l’on subit un echec, faire semblant de renoncer, la femme vexee changera elle-meme d’idee ; utilite aussi de feindre rechercher seulement l’amitie (661-720) avoir le teint pale et le corps decharne, preuve que l’on souffre d’amour (721-756) -ne pas se fier a ses amis, ils peuvent tres vite se transformer en rivaux ; l’amitie des temps heroiques n’existe plus (757-752) -ultime conseil : il faut adapter sa methode aux differentes femmes que l’on souhaite conquerir, se transformer en un veritable Protee, tel le pecheur qui ne prend pas tous les poissons de la meme maniere (753-768) III. Partie II : Comment faire durer l’amour durement acquis. 1) Au debut de la liaison : le recours a la magie est totalement inutile (voir Medee et Circe, incapables de retenir Jason et Ulysse) (99-106) -la beaute etant ephemere, mieux vaut compter sur son esprit (voir Ulysse se duisant Calypso par son recit de la guerre de Troie) (107-144) -etre toujours aimable (eviter en particulier les sujets de dispute comme en ont les epoux) ; si on ne peut offrir de presents faute d’argent, le compenser par de tendres paroles (145-176) -savoir etre patient (les betes sauvages ne se domptent pas en un jour ! ) : la patience a ete utile a Milanion (177-196) toujours approuver la belle, toujours la servir (voir Hercule qui a servi Om phale) et lui obeir, car « l’amour est une sorte de service militaire » (militiae species amor est) dont la belle est le general (voir Leandre traversant l’Hel lespont pour rejoindre Hero) (197-250) (cf. morceau choisi n°9) -se concilier ses esclaves par de menus cadeaux (251-260) -lui faire des cadeaux, en evitant les presents trop somptueux : fleurs, fruits, vers, quoiqu’ils n’aient plus le prestige d’antan ; lui donner aussi l’impression d’une toute-puissance sur l’esprit de son amant (261-294) toujours la complimenter, la soigner quand elle est malade (295-336) 2) Quand la liaison dure depuis quelque temps -alors qu’il fallait etre toujours present au debut d’une relation, s’absenter en suite pour se faire regretter (voir Phyllis, Penelope et Laodamie regrettant Demophoon, Ulysse et Protesilas) ; mais ne pas s’absenter trop longtemps, pour eviter que ne naisse un nouvel amour (ainsi Menelas eut-il le tort de laisser seuls Helene et Paris) (337-372) -cas des faute masculines (373-492) : ->en regle generale, la femme trompee etant plus cruelle que les animaux en furie (voir Medee, Procne et Clytemnestre), cacher absolument ses infideli tes ; si la femme a des doutes, nier jusqu’au bout, et lui faire l’amour pour la convaincre (373-424) –>avec certaines femmes au contraire provoquer la jalousie (c’est comme le soufre qui attise la flamme) ; apres une rude dispute, se reconcilier au lit ; di gression sur les debut de l’humanite, que seule Venus est parvenue a adoucir (425-492) (cf. morceau choisi n°10) transition : Apollon, reprenant le « connais-toi toi-meme » platonicien, donne au poete un conseil : bien se connaitre pour savoir comment se mettre en valeur (493-512) -cas des fautes feminines (513-640) : –> supporter les rebuffades, les epreuves, voire les coups, sans protester (513-534) –>supporter meme d’avoir un rival (ne pas agir comme Vulcain) ; ne pas jouer le role du severe mari (535-600) -garder de la pudeur et de la discretion en amour ; eviter absolument de se vanter de bonnes fortunes inventees (601-640) louer meme les defauts de son amie ; ne pas se soucier de son age : les femmes plus agees sont souvent plus expertes en amour ; or l’amour doit procurer une jouissance egale a l’homme et a la femme (ne pas hesiter a caresser sa compagne ou elle aime etre caressee) (641-732) IV. Partie III : Comment seduire et interesse un homme. L’auteur qui jusque la transmetait son savoir aux hommes decide de faire profiter aussi les femmes et leur consacre le dernier livre.

Il reprend comme pour les deux premiers livre le meme plan mais il detail moins ses idees : on retrouve donc comment attirer l’attention d’un homme autrement dit comment en trouve, puis comment le seduire et finalement comment le garder le plus longtemps possible. 1) Attirer l’attention -importance du cultus, car Rome n’a plus la rusticite de jadis (nunc aurea Roma est) : la coiffure, le vetement, l’hygiene corporelle, les fards ; mais ne jamais se laisser voir a sa toilette (101-250) -les splendides heroines (Semele, Europe, Helene… ) n’auraient pas besoin de conseil, mais Ov. ‘adresse a toutes, belles et laides, et celles-ci ont a leur disposition mille et un moyens pour y remedier (par le choix des vetements, ou une attitude appro priee) (251-310) -utilite des differents talents : savoir chanter (voir les Sirenes), connaitre les poetes elegiaques, danser, jouer a differents jeux (mais savoir perdre ! ) (311-380) -savoir se montrer pour etre remarquee (381-432) -savoir quels hommes frequenter, et quels hommes eviter (433-466) -savoir bien utiliser les lettres et les intermediaires (466-498) 2) Seduire un homme -eviter absolument de faire montre de mauvais caractere, d’arrogance, de tristesse (499-524) eviter les demandes excessives ou deplacees (en particulier demander de l’argent a un poete ! ) (525-554) -ne pas exiger la meme chose d’un amant jeune et d’un amant age (555-576) 3) Le garder le plus longtemps possible : -le faire un peu souffrir (refuser parfois de le voir ; le laisser penser qu’il a un rival) (577-610) (cf. morceau choisi n°11) -comment tromper un gardien trop severe (611-658) -se mefier de ses amies et des esclaves trop jolies (659-666) -rassurer l’amant en lui montrant son amour, et ne pas trop vite croire a l’existence d’une rivale (exemple de Cephale et Procris) (667-746)