La colonisation

La colonisation

Editions Hatier REDACTION DE LA COMPOSITION Introduction Apres la Seconde Guerre mondiale, le monde connait une phase de forte croissance de la production et de la consommation appelee les Trente Glorieuses, qui profite prioritairement aux PDEM. Au milieu des annees soixante-dix, la forte augmentation des prix du petrole decidee par l’OPEP ouvre une periode de crise. Elle affecte d’abord les pays industrialises, mais se repercute a l’ensemble du monde.

Que recouvre le terme de crise, utilise pour designer la situation qui se met en place a partir de cette date : des difficultes fortes mais passageres de l’economie ou une mutation plus globale du systeme economique et social mondial ? Elle se manifeste d’abord par une rupture economique, une remise en cause des bases de la croissance dans les PDEM, s’accompagne d’une evolution du jeu economique mondial, et bouleverse les societes qui y sont confrontees. I – Les manifestations de la crise dans les PDEM 1.

Une croissance ralentie et instable C’est la fin de la forte croissance de la periode precedente, l’augmentation du PIB diminue de moitie dans les pays de l’OCDE. Mais l’evolution est irreguliere avec une succession de crises et de phases de legeres reprises. Ainsi, apres la recession de

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1975, le monde connait une periode de croissance ralentie de 1976 a 1979. Le second choc petrolier de 1979 provoque une forte recession jusqu’en 1982 ; la production diminue en 1982 dans les pays industrialises. De 1983 a 1990 la croissance est inegalement repartie, presente surtout aux Etats-Unis et dans quelques NPI.

Depuis 1990, une nouvelle recession affecte a la fois les PDEM et les anciens pays socialistes qui connaissent de grandes difficultes de reconversion. 2. Les aspects financiers : fin de la stabilite Les annees soixante-dix voient la fin du systeme de Bretton Woods, des parites fixes entre les monnaies ; l’or perd sa fonction monetaire. L’ere des changes flottants s’installe. Aucune regle ne limite la creation de monnaie. De 1974 a 1982 l’inflation est forte, atteignant 10 % a deux reprises en 1974 et 1981 dans les pays de l’OCDE.

Toutefois, des differences apparaissent entre les Etats ou elle est moderee comme le Japon et l’Allemagne, et ceux ou elle est elevee : le Royaume-Uni, la France. Contrairement a ce qui s’est passe lors de la crise de 29, le monde connait en meme temps recession et hausse des prix. On parle alors de “ stagflation ”. Apres 1983, commence une periode de desinflation, les gouvernements privilegiant la lutte contre la hausse des prix par une limitation de l’emission de la monnaie et de la hausse des salaires.

A tel point que certains pays semblent au bord de la deflation dans les annees quatre-vingt-dix. 3. La degradation de l’emploi L’essor des industries traditionnelles (siderurgie, textile, automobile) avait favorise le plein emploi pendant les Trente Glorieuses. Elles connaissent desormais des difficultes dans les pays industrialises. Des entreprises ferment, delocalisent ou transforment leur mode de production. Le chomage atteint des niveaux jamais connus depuis la guerre, avec des moyennes de l’ordre de 8 % dans les pays de l’OCDE.

Les situations nationales sont cependant differentes : il est moins fort au Japon et aux Etats-Unis depuis 1983 qu’en Europe, plus faible au Royaume-Uni qu’en France. Encore faut-il apprehender les chiffres avec prudence en raison des differences d’evaluation entre les pays. La crise remet donc principalement en cause la croissance et le plein emploi dans les PDEM. Elle est une rupture avec les bases de la croissance des Trente Glorieuses et provoque une evolution du systeme economique mondial.

II – Les transformations du systeme economique mondial 1. Accentuation du liberalisme economique Apres le premier choc petrolier les gouvernements ont cherche a lutter contre la crise en maintenant la demande, mais a partir des annees quatre-vingt la lutte contre l’inflation devient prioritaire dans les politiques menees. © Hatier 1 Editions Hatier Des politiques liberales l’emportent alors, comme celle menee par le gouvernement Thatcher au Royaume-Uni. Caracterisees par des privatisations, une liberalisation des rix, une dereglementation, elles visent a augmenter les profits des entreprises par une diminution du cout de l’emploi et une plus grande flexibilite. 2. Une troisieme revolution industrielle prend forme On assiste a un recul relatif, entame des les annees soixante, des industries traditionnelles comme la siderurgie ou le textile. Les nouvelles techniques, la robotisation, le developpement des nouveaux traitements de l’information, etc. , entrainent l’essor des activites industrielles de haute technologie (electronique, informatique, aerospatiale), et le developpement du secteur tertiaire.

Toutefois, les pertes subies dans les industries traditionnelles ne sont pas compensees par les creations dans les nouveaux secteurs. 3. Une redistribution des forces economiques s’opere dans le monde Les Etats-Unis et l’Europe, subissant les consequences de la crise des industries traditionnelles et des delocalisations, connaissent des difficultes malgre leur participation active aux activites de pointe. En revanche les NPI, en particulier d’Asie, profitent des bas salaires pour attirer les industries traditionnelles ou de maind’? vre, et le Japon est tres performant dans les nouveaux secteurs de pointe. L’Asie parait donc plus dynamique dans les annees quatre-vingt et quatre-vingt-dix, bien qu’elle connaisse aujourd’hui des difficultes financieres. Le tiers monde eclate : a cote des NPI qui tirent parti de ces mutations mondiales, d’autres regions, en particulier l’Afrique subsaharienne, s’enfoncent dans le sous-developpement. 4. On assiste a une mondialisation de l’economie Les entreprises, pour faire face aux difficultes, cherchent de nouveaux marches, de nouveaux lieux de production. Les FMN se developpent.

Le commerce international reste donc soutenu malgre la crise. Des accords favorisent le developpement du libre-echange (negociations de l’Uruguay Round a partir de 1986 et creation de l’OMC), la concurrence s’accroit. Les echanges de capitaux dans le monde s’intensifient. Mais la menace de crise financiere, comme au Mexique en 1982 ou dans les NPIA en 1997, conduit le FMI a intervenir. Il impose parfois des politiques draconiennes de reduction des depenses. La crise marque donc bien une profonde mutation de l’economie qui se modernise, se mondialise et se liberalise.

III – Les aspects sociaux de la crise La mondialisation et les nouvelles technologies se repercutent dans les modes de vie. En temoignent l’essor du tourisme international, l’acces a une information mondiale, les nouveaux equipements des menages (ordinateurs). Mais la crise fragilise les societes qui la subissent. 1. Un nouveau rapport au travail s’etablit De nouveaux metiers apparaissent dans le secteur tertiaire, qui se developpe sans compenser le recul de l’emploi industriel. Particulierement mportant chez les jeunes, dans la population feminine, dans les minorites ou parmi les immigres, le chomage touche de plus en plus toutes les categories. Il atteint environ 12 % de la population active en Europe. Il est particulierement important dans les regions d’industries anciennes frappees de plein fouet par la crise. Le chomage de longue duree se developpe. Au cote du chomage total, le travail a temps partiel, les petits emplois, le travail precaire s’installent avec de faibles salaires.

Nombreux sont ceux qui restent des annees sans aucune securite de l’emploi, qui tentent de cumuler plusieurs activites pour parvenir a un revenu decent, voire qui renoncent a trouver un travail. 2. Une societe a deux vitesses se met en place Elle oppose les exclus a ceux qui ont du travail et dont les revenus se maintiennent ou augmentent comme les profits boursiers. Les ecarts sociaux se creusent. Au Royaume-Uni, un quart des menages est au-dessous du seuil de pauvrete ; on compte aux USA 30 millions de pauvres. Partout les couts sociaux de la crise augmentent et l’on tend a les restreindre.

Les avantages sociaux sont revus a la baisse sans toutefois supprimer l’aide aux plus demunis, RMI par exemple. L’Etat providence est remis en question dans les PDEM. 3. Risque de destabilisation © Hatier 2 Editions Hatier Cette situation provoque amertume, desillusion et parfois explosion de violence, en particulier dans la jeunesse des banlieues. Le modele social de l’apres-guerre, qui devait permettre une amelioration du niveau de vie pour tous, est remis en cause dans les pays industrialises. La montee de l’exclusion represente une menace pour la stabilite politique et la democratie.

L’abstention, le refuge dans le vote protestataire (d’extreme droite dans certains pays), temoignent d’un desarroi des societes d’autant plus grand que les remedes proposes ne permettent pas de resoudre l’ensemble des difficultes. Conclusion Les phenomenes lies a la crise refletent donc une mutation de l’economie mondiale et la mise en place d’une troisieme revolution industrielle. Celle-ci se caracterise par de nouvelles techniques de production et de communication, une mondialisation accrue des flux de marchandises, de capitaux et d’informations, un reequilibrage des forces economiques au profit de l’Asie et de quelques NPI.

Cette mutation a un cout social (chomage, exclusion ou precarisation) qui fragilise la democratie. Elle pose le probleme du role de l’Etat dans l’economie et dans la societe : peut-il intervenir dans le domaine economique ? doit-il se contenter d’accompagner les effets de la mondialisation ? Cette mutation pose aussi la question du developpement : l’essor fragile de quelques NPI pourra-t-il etre generalise a l’ensemble du tiers monde ? © Hatier 3