L’ eau precieuse

L’ eau precieuse

L’EAU PRECIEUSE Introduction L’eau est une source vitale de l’humanite. De multiples usages font appel a ce milieu complexe et fragile : besoins alimentaires, usages industriels et surtout agriculture l’irrigation absorbe aujourd’hui 70% de la consommation mondiale d’eau douce. La croissance demographique et une gestion souvent incontrolee des ressources conduisent aujourd’hui a une situation alarmante. Chaque annee, l’eau contaminee tue six millions d’enfants ; un homme sur cinq est prive d’eau potable saine ; la moitie de l’humanite ne dispose pas d’un reseau d’assainissement.

La sante des populations, la preservation des ecosystemes et la securite des zones arides sont enjeu. Le constat sombre de la situation pose le probleme de l’avenir de l’eau. Comment preserver cette ressource face a la croissance demographique et economique mondiale? –I–Les ressources en eau dans le monde A. L’eau douce est une ressource rare et tres inegalement repartie. L’eau recouvre environ 71% de la superficie de la planete, representant un volume de 1400 millions de km3.

Mais 98% de ce volume a une teneur en sel trop elevee pour etre consomme comme eau potable, etre utilise pour l’irrigation ou meme pour la plupart des usages industriels. La majeure partie des reserves en eau douce est constituee par les

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calottes glacieres des poles, les glaciers et les eaux souterraines, les eaux superficielles des cours d’eau et lacs ne representant qu’une faible part de l’ensemble. Le flux des eaux continentales, c’est-a-dire des eaux superficielles et souterraines de l’ensemble des terres emergees, est evalue a 40 000 milliards de m3/an, mais se trouve tres inegalement reparti et tres irregulier daiis le temps.

Les zones arides et semi-arides ne contribuent a ce fiux qu’a hauteur de 2%. Moins de 10 pays se partagent 60% de ces ressources. On constate donc qu’une tres faible partie de l’eau est utilisable par l’homme. Ce phenomene est amplifie par l’augmentation constante de la population et du developpement mondiale. B. Une offre limitee face a une demande croissante. Actuellement dans le monde, l’eau est tres inegalement repartie et on comptabilise 26 pays (232 millions de personnes) dans lesquels l’eau est rare. A cette disparite des ressources, s’ajoute une demande croissante.

Au niveau mondial, les consommations ont ete multipliees par 7 depuis le debut du siecle et elles ont double au cours des 20 dernieres annees. La moitie de cette augmentation est a mettre au compte de la croissance demographique. Si l’on prend l’exemple du Bassin du Nil, la population actuelle, estimee a 140 millions d’habitants, connait un taux de croissance annuel de 3,7%. L’autre moitie resulte de l’augmentation de la consommation d’eau par habitant, et ceci a un rythme annuel de 4 a 8% l’an. La encore, la consommation par habitant revele de grandes disparites.

On consomme en moyenne parjour et par habitant, 600 litres d’eau aux Etats-Unis, 200 en Europe, 30 en Afrique… Les demandes les plus fortes se trouvent dans les pays ou l’irrigation est primordiale (Irak, Pakistan, Madagascar, Iran, Egypte, Asie centrale et dans les pays industrialises tres developpes (Etats’Unis, Canada). C. L’agriculture, cle du probleme Selon le « World Resource Institute », 3 240 km3 d’eau douce sont preleves et utilises chaque annee, dont 69% pour l’agriculture, 23 pour l’industrie, et 8 pour les usages domestiques.

Plus des deux tiers des eaux preleves jusqu’a 90% selon certaines estimations), sont utilises pour l’irrigation. Les surfaces irriguees ne cessent d’augmenter, pour satisfaire les besoins alimentaires d’une population croissante (aujourd’hui, 240 millions d’hectares). Deplus on peut rajouter que les cultures ne sont pas tout le temps adaptees aux regions climatiques. Se qui entraine sur exploitation des ressources en eau disponibles de la region. Ainsi du mais est cultive dans des zones arides et certaines zones humide sont volontairement assechees.

Le developpement des bio-carburants a base de cereales aggrave cette situation. En effet le rendement demande impose une exploitation a tres grande echelle et le resultat des recoltes ne sert pas a la consommation alimentaire mondiale ce qui accroit la demande de cette ressource si precieuse. –II–Les consequences A. Des atteintes a l’hygiene et a la sante Au cours des deux dernieres decennies, les services d’alimentation en eau potable ont ete assures a des millions d’individus, sauvant ainsi de nombreuses vies et reduisant le taux des maladies.

Toutefois, le niveau des efforts n’a pas ete a la mesure de la croissance demographique. 20% de la population mondiale demeure toujours privee d’une alimentation en eau salubre alors que 50% ne beneficie d’aucun assainissement adequat. Cette population souffre couramment de maladies causees par des infections resultant d’une consommation d’eau ou d’aliments contamines, ou transmises par des organismes porteurs qui proviennent de l’eau, tels que les moustiques.

Les plus graves de ces maladies sont la diarrhee, le paludisme, la schistosomiase, la fievre de dengue, l’infection par les vers intestinaux et l’onchocercose. Selon l’Organisation Mondiale de la Sante, environ deux milliards d’individus risquent de contracter le paludisme, cent millions en sont couramment affectes, deux millions en meurent chaque annee. Le nombre de victimes est une tragedie humaine ; il est aussi une catastrophe pour le developpement social et economique ; les epidemies entrainent la mort de centaines de personnes et causent, aux pays atteints, des pertes de revenus souvent irremediables.

La presence de produits toxiques (produits chimiques, metaux lourds) dans l’eau est egalement a l’origine de nombre de maladies, y compris le cancer, des affections du systeme nerveux et des defauts de naissance. Les polluants peuvent s’accumuler dans la chaine alimentaire au point de porter atteinte a la sante humaine de maniere indirecte. B. Des ressources perturbees, gaspillees, polluees Les pays en developpement utilisent environ deux fois plus d’eau par hectare que les pays industrialises pour une production agricole trois fois oindre. La moitie de l’eau d’irrigation s’evapore durant le stockage ou lors de la derivation sur des dizaines voire des centaines de kilometres de desert (c’est le cas de l’Irak), en l’absence de systeme de canalisation adequat. 10 a 20% de l’eau utilisee par l’agriculture pourrait etre economisee avec des techniques d’irrigation plus efficaces. D’importantes quantites d’eau potable sont perdues en milieu urbain ; les fuites dans les reseaux collectifs de distribution d’eau potable dans les villes atteindraient 50% en moyenne mondiale.

En milieu rural, l’emploi irrationnel de fertilisants, l’erosion des sols provoquee par des pratiques culturales inadaptees, le rejet de germes pathogenes a partir des eaux domestiques non traitees, constituent des sources majeures de pollution des eaux douces. Les -consequences de ces pollutions sont d’autant plus dommageables dans les pays arides (concentration de la pollution du fait des faibles debits) et dans les pays en developpement (absence de controles, d’infrastructures… ). C. Des atteintes irreversibles au milieu naturel L’eau remplit de nombreuses fonctions. Elle est aussi vitale aux especes naturelles et aux ecosystemes.

De nombreux sites naturels ont beaucoup souffert de prelevements excessifs, comme les Everglages en Floride ou la Mer d’Aral. Les zones humides jouent un role crucial dans l’equilibre planetaire, notamment celles situees pres des cotes (mangroves des Tropiques ou marais salants des regions temperees). Elles constituent l’habitat de nombreuses especes et font office de regulateurs en cas d’inondations ou de secheresses. La pollution generale de l’eau des fleuves et rivieres mais aussi celle des nappes phreatiques, par les industries et l’agriculture, contribue a la disparition de nombreuses especes.

Ainsi cette irreguliere repartition et l’exploitation excessive d’eau modifie la faune et la flore a travers la planete et remet en cause une « ressource renouvelable » –III–Les solutions A. Ameliorer la connaissance des ressources et des usages. La connaissance des ressources est indispensable a l’amelioration de la gestion d’une ressource qui se degrade a la fois en quantite et en qualite. Selon les pays, les donnees n’existent encore que de facon incomplete ou fragmentaire, notamment en ce qui concerne: -la qualite des ressources : rivieres, nappes, eau potable distribuee -les rejets polluants de toutes natures et de toutes origines la maitrise de la consommation pour une abolition des gaspillages -d’une maniere generale, la socio-economie de l’eau. Dans la plupart des regions, ceci implique d’ameliorer la capacite de prevision meteorologique. Un effort massif d’education et de formation est a realiser, afin de developper localement des partenariats professionnels efficaces. Cette meilleure information peut avoir des consequences tres interessantes dans les pays industrialises comme dans ceux en voie de developpement. Dans les pays en voie de developpement, les moyens sont tres limites et la notion de developpement durable en vogue dans l’union uropeenne est quasi inexistante. La sensibilite ethique de ces populations est donc faible. Meme si la gestion de l’eau a un cout, il est important que toutes les populations soient conscientes des retombees a long terme. L’enjeu de cette meilleure information est la modification durable des comportements des consommateurs et des industriels pour une valorisation de cette ressource. Dans cette optique les gouvernements ont un puissant pouvoir car la sensibilite des individus est rarement suffisante dans cette societe capitaliste.

La LOI a pour devoir d’integrer ce respect de l’eau dans ses textes et l’ executif de l’appliquer. B. Developper et ameliorer des infrastructures Trop de programmes d’investissement et d’exploitation sont economiquement non viables. Qu’ils s’appliquent a l’irrigation, a l’eau potable, a l’assainissement quand il existe, les tarifs pratiques ne permettent pas d’assumer les couts d’amortissement, parfois meme ceux de maintenance. En consequence, les ouvrages se deteriorent rapidement et leur rehabilitation necessite des operations lourdes, couteuses pour la collectivite.

Les outils technologiques doivent etre developpes et adaptes aux situations locales. Certains equipements sont vetustes ou anarchiques. Les infrastructures peuvent devenir inefficaces, face a un entretien inadequat, voire inexistant, face au manque de formation a tous les niveaux de la gestion et du traitement. De plus, les equipements requis et les echeances doivent etre adaptes aux situations locales. La priorite premiere est la satisfaction des besoins essentiels en eau potable de toutes les populations, quels que soient leurs revenus.

Dans les pays industrialises un effort doit etre fait sur la qualite des infrastructures. De plus des moyens doivent etre degages dans la recherche pour favoriser les nouvelles technologies qui sont la plupart du temps beaucoup plus efficaces et beaucoup moins polluantes. C. Favoriser une approche plus economique de l’eau: L’eau a un cout : les montants payes chaque annee par les usagers de l’eau pour la consommation et l’epuration representent environ 1% du Produit Brut Mondial, soit 300 milliards US$ /an. L’eau n’est cependant pas un bien economique comme les autres, et ne peut faire l’objet d’un marche mondial.

Les infrastructures mobilisent des financements importants dont l’amortissement n’est envisageable que pour des firmes multinationales ou par des Etats. En plus de la creation d’infrastructures les couts d’exploitation et de maintenance sont du meme ordre de grandeur. Dans la plupart des pays, les recettes provenant des usagers des services ne couvrent que tres partiellement l’ensemble des couts. L’obtention de nouveaux financements, provenant des usagers de l’eau, apparait comme un moyen essentiel de mobiliser les capitaux prives et de completer les financements actuels : reduire les gaspillages : optimisation des systemes d’irrigation, et des infrastuctures de traitement des eaux, rehabilitation des reseaux d’eau potable, education des consommateurs pour les usages domestiques, recyclage des eaux industrielles… Les economies possibles sont considerables et a l’echelle de la croissance des besoins. -revaloriser la ressource eau, en facturant les services, en appliquant le principe « pollueur-payeur » et en penalisant les surconsommations.

Cette facturation doit faire l’objet d’une information detaillee aupres des usagers pour une plus grande conscience de la valeur des services (stockage, transport, traitement, epuration). Il existe aussi des financements publics specifiques, progressivement mis en place, dans certains pays industrialises : -les redevances, percues sur les usages de l’eau ou sur les rejets des eaux usees: utilisation de l’eau potable, prelevements d’eau brute (pour la production hydroelectrique, le refroidissement des centrales thermiques ou pour l’industrie ou l’irrigation). les taxes, liees aux procedures administratives d’autorisation de prelevement, d’exploitation de chutes, ou d’extraction de materiaux ou granulats… qui relevent des principes fiscaux de droit d’enregistrement ou de concession d’utilisation du domaine public. CONCLUSION L’appauvrissement des ressources en eau est incontestable. A terme l’equilibre mondial est menace et l’existence meme de l’etre humain remis en cause car sans eau il n’y a aucune forme de vie. Les consequences sont multiples et deja constatees.

La population mondiale ne cesse d’augmenter (on l’estime a pres de 10 milliards dans moins de 50 ans) et les pays en « ex sous developpement » se rapprochent de plus en plus du mode de vie des pays « developpes » Mais ce constat n’est pas irreversible, cette ressource doit faire l’objet d’une reflexion et d’une action concertees entre tous les acteurs, dans un souci commun de responsabilite, de solidarite et d’equite. Les solutions passent tout d’abord par une prise de conscience generalisee de toutes les nations, leurs populations, ainsi que tous les acteurs economiques qu’ils supportent.

Cette prise de conscience doit faire ressortir un changement des comportements tant individuels que collectifs. Mais cette prise de conscience ne peut suffire. En effet, les institutions ont un role important a jouer. Tout d’abord, les projets relatifs a la preservation de cette ressource, la recherche et developpement de nouvelles techniques necessitent des moyens financiers considerables, qui ne peuvent etre assures que par des fonds publics. De plus ce sont les seuls susceptibles de mettre en place une reglementation adaptee, et de controler et reprimer les manquements eventuels.

L’impact des organisations intergouvernementales grandissant, a l’instar de l’Union Europeenne et d’autres organismes internationaux, peut aider la realisation de ces objectifs. Qui sait, peut etre que dans un avenir pas si lointain, une gouvernance mondiale permettra l’unanimite, dans l’interet collectif, et notamment pour un developpement durable et une preservation des ressources? SOURCES internet -wikipedia -Office International de l’Eau -L’etat de l’environnement -Centre d’Information sur l’Eau -Unesco