Kafka la metamorphose

Kafka la metamorphose

La m? tamorphose?? De qui?? Comment mieux d? finir ce terme qu’en cherchant sa signification dans le dictionnaire?? M? tamorphose d? signe un changement de nature ou de forme tel que ce qui est transform? n’est plus reconnaissable. En biologie, le terme d? signe, chez les insectes principalement, un changement de forme qui marque l’arriv? e au stade adulte (d’ailleurs adulte signifie « arriv? « ). D’ailleurs, ? la derni? re ligne de la nouvelle, observez que les parents songent ? marier Grete. Bien entendu, ici, on parle principalement de la m? tamorphose de Gregor en animal, c’est la m? tamorphose la plus ? idente et la plus visible. En plus de sa m? tamorphose physique, Gregor ne parvient plus ? dire ?? Je peux??. En effet, il perd ses capacit? s et n’est plus tout ? fait lui-m? me. Il d? sire continuer ? faire ses choses normalement mais ne se rend pas compte que ce n’est plus possible?! Il a chang?! Il perd ? galement une deuxi? me chose extr? mement importante, un deuxi? me trait de son humanit? : sa relation avec sa famille, son entourage sur lequel il vivait repli? car il ne songeait pas ? se marier ni

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? cr? er sa vie ailleurs. Cette m? tamorphose est donc une catastrophe tant pour lui que pour son entourage.

Cela aura des cons? quences positives et n? gatives. A la r? flexion, le terme peut tr? s bien d? signer la transformation de la famille comme si la r? duction ? l’animalit? de Gregor les lib? rait, leur permettait d’acc? der ? la pleine humanit? du travail, du loisir, de la joie de faire des projets ensemble: « ? tre avec ». On pourrait dire aussi qu’il est incontestable que le terme m? tamorphose prend sa signification dans la derni? re phrase: Grete ne s’? l? ve-t-elle pas, telle un papillon qui quitte l’ali? nation de la chrysalide, transform? e qu’elle est par la disparition de la terrible pression morale que son fr? e faisait peser sur elle: elle acc? de ? la libert? naturelle, la puissance de mouvoir son corps vivant ? son gr?. Elle est m? re pour la gr? ce, la danse et l’amour. Si le texte se termine sur une aube nouvelle, elle n’est ni pour Gregor, ni pour Kafka? ; celui-ci d? sirant, on imagine, passer son d? sarroi ? travers la situation de Gregor. La mort qui nourrit la vie?? La m? tamorphose d? signe implicitement la mort qui nourrit la vie. La mort de Gregor semble en effet desserrer l’? tau qui ? touffait sa famille: celle-ci devient alors chaleureuse, joyeuse, humaine. La vie de la famille commence ou ?? recommence?? apr? la m? tamorphose de Gregor mais ? galement et surtout apr? s sa mort?! L’origine de cet ? tau reste un myst? re. Une contrainte p? se peut-? tre sur Grete: en renon? ant inconsciemment mais r? ellement ? la prohibition de l’inceste, il n’est pas impossible que Gregor ait commenc? son devenir-animal. Quoiqu’il en soit, Gregor, par la mort, par la mort de l’animal qu’il est devenu devient un simple objet que l’on peut balayer, une chose, un corps parmi les corps. Et voil? l’entourage lib? r? du devoir d’assistance, autre trait de l’humanit?. C’est donc qui la b? te ? la fin?? L’homme avec son corps animal qui a subit la m? amorphose physique ou l’homme qui est heureux de la mort de l’un de ses proches, qui a donc une mentalit? bestiale?? ?La m? tamorphose appara? t alors comme un instrument de v? rit? , mais d’une v? rit? bien d? routante car elle est multiple et change suivant les points de vue … Le point de vue de Gregor nous est bien connu jusqu’? sa mort, mais apr? s sa mort, le r? cit continuant, d’autres points de vue nous laissent dans la perplexit? la plus grande. La v? rit? ne serait-elle qu’un flux d’apparence? Alors nous ne saurions ce qu’est l’homme et encore moins ce qu’est l’animal ! – Gregor grand g? n? eux qui se sacrifie ou grand ? go? ste qui tisse sa toile de sa chambre qui a trois portes? – Gregor une pauvre victime ou un bourreau? – Gregor condamn? ? mort par un destin (« ? tre pour la mort ») ou par son entourage? La v? rit? appara? t donc comme le r? sultat d’un choix arbitraire, d’une suite d’interactions: elle change avec le point de vue. L’animal parasite, la vermine, nous apprend beaucoup sur l’homme qui se laisse aller ou que l’on ?touffe. C’est que l’homme est n? cessairement un r? seau de relations et se d? finit donc par ses relations, la qualit? de ses relations, la qualit? des forces qu’il rencontre.

Seul et repli? sur sa famille dont il se nourrit en croyant la nourrir, Gregor se conduit en r? alit? comme l’animal parasite: n’ayant qu’eux pour r? ver une vie de relation, il les ? touffe et les transforme en pucerons qu’il ? l? ve et dont il tire quelques paroles monotones.? La musique (le violon) n’est qu’un instrument pour garder sa s? ur sous sa coupe: faire son malheur avec en prime les applaudissements de la bonne conscience. Gregor ne vit-il pas du sang de ses proches, de leur paresse animale, de leur libert? qu’il a aspir? e comme un vampire? Cela n’est, bien entendu, qu’une interpr? tation plut? pessimiste mais il y en a d’autres?! ?Dans sa chambre aux trois portes, comme une araign? e qui a tiss? sa toile, le voil? pris ? son propre pi? ge: il est m? tamorphos? en ce qu’il est: le voil? livr? au devenir-animal et ? la mort. Par contrecoup, l’entourage s’ouvre ? la libert? et ? la vie humaine, ? l’all? gresse, celle qu’? prouvent les convalescents dans l’ivresse de la sant? retrouv? e. Mais qui aura piti? du pauvre Gregor? La m? tamorphose d’une famille?? Au contraire de la m? tamorphose physique de Gregor qui est quasi instantan? e, le reste de la famille effectue sa m? tamorphose morale de mani? e progressive: dans tous les cas un ? l? ment appara? t au sein de l’ancienne forme, un ? l? ment qui semble nouveau alors qu’il ? tait peut-? tre simplement latent, un ? l? ment dynamique par rapport auquel, comme dans un syst? me, tout le reste se red? ploie. Chaque membre de la famille de Gregor garde son corps vivant humain sur lequel il exerce une certaine puissance et, de ce fait, devient instantan? ment sup? rieur ? Gregor. C’est la conduite qui est red? ploy? e, qui s’? carte de l’animal parasite qui profitait et se rapproche de l’humanit? qui travaille, prend des loisirs, a des projets, conna? la joie mais aussi exerce la violence. ?En effet dans tous les cas, un ou plusieurs ? l? ments nouveaux apparaissent au sein m? me de l’ancienne attitude: si le p? re frappe doucement ? la porte c’est avec le poing! Ce qui d? clenche la m? tamorphose du comportement chez le p? re, la soeur et la m? re c’est la constatation visuelle et indiscutable (? a cr? ve les yeux! ) de la transformation effective de Gregor en animal. Etant donn? les rapports entre l’animal et l’homme il est bien ? vident que cela laisse une place libre dans la structure familiale existante (celle du p? e que Gregor inconsciemment avait ?? usurp? e?? (inconsciemment ou non) en ? tant le seul ? aller gagner le pain quotidien de tous), place que le p? re va r? cup? rer, chacun devenant autre en se situant d? sormais par rapport ? lui. En perdant son apparence humaine et progressivement la possibilit? de communiquer avec son entourage, en endossant celle d’un animal incapable de prendre imm? diatement telle ou telle position humaine, Gregor va devenir d? pendant (parasite) et laisser un espace dans lequel des autres membres de la famille, en quittant l’? tat de parasite, vont retrouver leur humanit? vec leur libert? que l’activit? de Gregor ? touffait. Ce qui donne ? penser que c’est par rapport ? l’animal que l’homme prend confiance en lui et se constitue dans une sup? riorit? dont il ne doute jamais: il est ma? tre de son corps, ? ce qu’il lui semble, de cette ma? trise qui fuit le pauvre Gregor. La force de l’homme se d? finit dans une relation ? une force inf? rieure, dans un rapport ? l’animal qui, certes, recevra sa nourriture mais comme un parasite vit aux d? pends de ceux qui le nourrissent, devenant ainsi un poids dont on finira par songer ? se d? barrasser. ?D? s le r? eil Gregor perd sa facult? d’agir (plus de bras, plus de mains) et progressivement sa facult? de parler: c’est parce qu’il a perdu son corps vivant humain. Le tragique vient toujours d’un effort immense et inutile, d’une impuissance et de la conscience de cette impuissance. Gregor n’a rien perdu de sa subjectivit? et cela le rend digne de piti? , aux yeux du lecteur du moins. A la r? flexion, un animal qui pense, qui lutte contre l’oubli, mais n’est-ce pas la condition humaine?? On peut se demander si ce n’est pas une agonie qui commence, une lutte contre l’oubli pour garder cette humanit? ont pourtant il s’? loigne in? luctablement. Gregor va mourir, n’? tait-il pas un ? tre pour la mort? ?Le p? re arrive et frappe doucement avec le poing … parle sur un ton de reproche comme une m? re qui dit le devoir ? son grand fils; mais tr? s vite, il dit la loi, il commande, prend un ton hostile, celui du combat, m? ne une guerre intelligente contre l’animal qui n’est autre que son fils, et termine d’un coup d’une violence extr? me. Entre temps le narrateur nous parle de la « puissante poitrine » du p? re, de ses « sifflements de sauvage »: o? est pass? le vieillard assist? , le parasite r? sign??

Qui devient l’animal?? Mais cela n’est-il pas moins ? vident chez la s? ur et chez la m? re? L’insecte, la vermine parasitaire?? L’acte 2 nous en apprend de belles, au point que l’oeuvre appara? t, dans une lumi? re crue pour le lecteur du moins, comme un cri contre la famille animale, ce nid douillet et glauque pour le grouillement d’une vermine parasitaire ? la g? n? rosit? restreinte et prompte au mensonge, ? la dissimulation… ?Le lecteur, averti par un narrateur omniscient, d? couvre ce que Gregor refuse de voir sous l’? clairage de la v? rit?. Le p? re, lors de son d? sastre financier, a issimul? un capital qui, sagement plac? , a port? des int? r? ts, pendant que Gregor se d? vouait et se vouait ? une double t? che: faire vivre sa famille et ? pargner de quoi rembourser la dette de son p? re… Tout cela a ? t? cach? ? Gregor pour ne pas att? nuer son ardeur ? remplir un devoir d’assistance qui semblait aller de soi. Cela a permis non seulement de faire vivre la famille sur son dos, mais encore, gr? ce au surplus abandonn? , de constituer un second capital ! La servitude de Gregor est tellement volontaire, tant il a besoin de « vivre ensemble », qu’il se r? jouit de tout cela…

Le parasite, c’? tait donc qui?? Dans ce cas, selon ce point de vue l? , c’? tait la famille qui ? tait l’animal suceur de sang de Gregor m? me si celui-ci les utilisait ? galement comme r? seau social. ?Or ce devoir d’assistance qui semble ne pas avoir pos? de probl? me ? Gregor comme s’il donnait un sens ? sa vie, voil? qu’il p? se d? sormais ? cette famille. Elle lui doit pourtant beaucoup. Mais comme elle ne voit pas l’int? r? t de s’occuper de « ? a », elle va tra? ner de plus en plus les pieds et finir par souhaiter sa disparition. Il est vrai que le devoir d’assistance, dans le cadre de la g? n? rosit? estreinte, porte sur le semblable et qu’il est ais? de s’en d? barrasser en niant l’humanit? de Gregor qui a perdu son corps vivant humain. C’est d’autant plus facile, que, ne le comprenant plus, le trio familial suppose qu’il ne les comprend plus, qu’il a perdu sa subjectivit? humaine: pourquoi se g? ner alors? ?Nous voyons la soeur (n’oublions pas que Kafka atteint dans cette oeuvre ? l’universalit? ) s’interposer de plus en plus entre la m? re et Gregor: ce comportement ne surprendra personne, il s’agit de rendre inaccessible celle qui est le plus susceptible de comprendre Gregor et de le respecter.

C’est la meilleure mani? re d’avoir ses parents tout ? elle. Une vermine, cette soeur, oui, un parasite obstin? et rus? , qui se cherche maladroitement comme une chrysalide. Il y a donc tellement de fa? ons de voir les personnages?! La s? ur, on la voit ? priori comme celle qui se d? voue pour son fr? re tant aim? mais il faut avouer qu’elle pourrait ? galement ? tre interpr? t? e comme celle qui veut le propri? t? de ses parents pour elle seule et celle qui place le m? r entre Gregor et ses parents afin que ceux-ci ne le reconnaissent plus comme leur fils?! Quant au p? e la comparaison entre son comportement avant la m? tamorphose de Gregor et apr? s, est ? loquente pour le lecteur que le narrateur informe si bien. – Avant: fatigu? , enfoui dans son lit, tr? s t? t en robe de chambre, t? tant le sol d’une b? quille…. – A pr? sent: un guerrier ? la botte mena? ante, ? la poitrine puissante, en uniforme, qui bombarde son fils, d’une s? v? rit? extr? me. L’horreur, quoi! Quant ? la m? re, la belle ? me, les meilleures intentions se brisent sur la volont? de sa fille et dans le meilleur des cas, elle fuit dans un ? vanouissement complice. Kafka nous tendrait-il des lunettes pour voir la r? alit?? L’homme ne serait-il qu’un animal, na? f ou rus? , parasite, ma? tre du mim? tisme? L’homme est un animal qui porte une exigence: le « vivre ensemble », qui est la source de son ali? nation ? autrui qui lui fera payer tr? s cher une impossible reconnaissance: il se nourrit du sang et de la libert? de son entourage, sans se rendre compte que des parasites ne pourront jamais donner une reconnaissance. L’entourage, paresseux par nature se laisse faire volontiers. Comme le lierre, il enlace et s’enlace et ce qu’il embrasse d? p? rit.

L’amour et le devoir ne sont que des ruses qui masquent mal un manque total de g? n? rosit?. A l’horizon de cette caricature de l’amour et du devoir, il y a le reniement, la violence du p? re, la cupidit? de la s? ur et la disparition de la m? re. Seul, Gregor toujours pr? t ? assumer,?? voir sa famille sous le meilleur jour possible, se laissera mourir pour d? barrasser un entourage dont il a besoin pour vivre et qui le rejette. Serait-ce que, en ne quittant pas sa famille, Gregor aurait renonc? ? l’humanit?? Tout cela est absurde et le lecteur a d? j? compris que c’est ? mourir de rire.