Journal d’étude clinique

Journal d’étude clinique

Dans ce Journal d’Étude Clinique il s’agira de présenter la structure au sein de laquelle j’interviens, d’énoncer une situation de communication autour du projet engagé et d’en faire l’analyse. L’association, dans laquelle je me situe, est constituée d’un accueil de jour ouvert à l’année. Créée en 1997, elle fonde son action sur le refus de l’exclusion dans son sens large et sur le respect de la dignité humaine. Cette structure associative conforme à la Loi 1901 et reconnue d’intérêt général est gérée par un Conseil d’Administration.

Celui-ci a une place d’observatoire et de suivi de l’évolution des besoins. Il a un rôle de soutien envers les salariés de l’association par ses actions bénévoles. Il active les réseaux de proximité, dispense des inform population. Il a une d bénévoles, adhérent Les financements d 0 S. v. p next page iation auprès de la ns la recherche de de subventions de l’État par l’intermédiaire de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale, du Département au titre du Conseil Général, de la Commune via la Municipalité, ainsi que de dons, adhésions et legs.

Les objectifs de l’association sont d’accueillir de manière Inconditionnelle et anonyme des personnes isolées en situation e grande précarité et/ou en errance sur

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
le territoire à l’échelle du canton. Il s’agit également de créer un lieu de rencontre fondé sur les savoirs et la culture afin de permettre aux personnes de briser l’i to next page l’isolement et l’enfermement dans lesquels elles se trouvent. L’association favorise aussi toute action individuelle et collective d’insertion, d’émancipation et d’autonomie.

Enfin, elle propose un accompagnement pluriel à la fois dans les démarches : administratives, de soins, de prévention des conduites à risque, d’accès aux droits et à l’hébergement. ‘équipe permanente se compose d’une directrice (P. en équivalent temps plein, de deux monitrices éducatrices (C. et L. ) ? temps partiel dont une en contrat aidé et d’une aide-ménagère œuvrant aussi sur les temps d’accueil bénévolement. Le poste de direction a été créé en 2010. Auparavant, la directrice occupait la fonction d’éducatrice spécialisée depuis 2003.

Ainsi, au cours de cette décennie, elle a participé activement à la structuration et au développement de Passociation. Concernant les deux monitrices éducatrices, elles sont en poste depuis un an environ. L’équipe élargie se compose de deux Intervenants qui sont résents deux matinées par semaine mais pas sur le même temps. Il s’agit d’une infirmière psychiatrique de l’Équipe Mobile Psychiatrie Précarité (EMPP) et d’un éducateur spécialisé œuvrant au sein d’un Centre d’Accuell et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour les Usagers de Drogues (CAARUD). principal outil de communication écrite est un cahier de liaison. Quelques informations concernant l’accompagnement des personnes y sont notées chaque jour. Au titre d’un accompagnement s’inscrivant dans un dispositif tel que le Revenu de Solidarité Active ou un de ceux concernant le logement, les erson 0 dispositif tel que le Revenu de Solidarité Active ou un de ceux concernant le logement, les personnes suivies ont un dossier personnalisé. La majorité des échanges s’effectuent de manière orale le plus souvent lors de temps informels.

Ces temps sont ceux du matin avant l’ouverture, pendant la pause déjeuner ainsi qu’à la fin de la journée. L’équipe évoque et partage sur des situations de la journée et échange des informations. J’ai pu remarquer, que lors de ces interstices beaucoup de messages circulent avec parfois, une perte d’information. Le téléphone est un outil également utilisé. En ce qui concerne la communication formelle, un temps de trente minutes de réunion hebdomadaire est prévu hormis la semaine où a lieu l’analyse de la pratique professionnelle.

Cette demi-heure est consacrée à traiter des entrées et sorties des dispositifs, des points sur les parcours, sur les actions ainsi que sur le fonctionnement technique et matériel. Je précise que l’aide-ménagère, l’infirmière de l’EMPP et l’éducateur spécial sé du CAARUD ne participent ni à ‘analyse de la pratique ni aux réunions d’équipe. Cest dans le cadre de l’élaboration d’un projet, que j’interviens ans cette équipe en binôme avec un autre éducateur spécialisé en formation. Dans un souci de compréhension et de cohérence nous avons fait part à l’équipe des diverses étapes du projet.

Dans un premier temps l’observation active nous a permis de recueillir des données utiles pour notre diagnostic socio-éducatif en lien avec la structure. Ayant repéré la façon dont communique principalement l’équipe, nous avo la structure. Ayant repéré la façon dont communique principalement l’équipe, nous avons ainsi utilisé la communication informelle pour faire passer des informations elatives à la démarche de conception du projet. Puis nous avons établi un questionnaire afin de rencontrer plus individuellement les personnes accueillies dans le cadre d’un entretien.

A notre demande, il nous a été accordé cinq minutes pour soumettre ce questionnaire à l’équipe lors d’un temps de réunion. L’équipe nous a interpelé quant au fait que les questions soient trop ouvertes et laissent place à des réponses hors champ de nos possibilités d’intervention. Ceci nous a permis d’expliquer que nous les avions volontairement construites de la sorte afin de ne pas orienter les réponses. L’équipe a validé le questionnaire en l’état et nous a suggéré de mener les entretiens de manière assez informelle au regard des problématiques du public accueilli.

Un mois plus tard, à la charnière entre la période d’élaboration et de mise en œuvre de notre projet, nous avons sollicité l’équipe pour avoir un temps de parole. Comme vu précédemment, l’équipe dispose de peu de temps de réunion. Devant la difficulté de trouver ce temps de parole, nous nous sommes donc questionnés sur la possibilité d’un creneau hors réunion. La directrice (P. ) a décidé que cela se passerait sur un temps formel e réunion programmée malgré le mécontentement exprimé d’une des monitrices éducatrices (C. de voir le temps de cette séance de travail réduit. Cest avec le souci d’une communication efficiente que nous avons préparé notre présentatio 4 0 réduit. C’est avec le souci d’une communication efficiente que nous avons préparé notre présentation. En effet, il nous importait d’avoir des retours de la part de l’équipe nous permettant d’avancer dans Pélaboration et la mise en œuvre du projet. Les objectifs que nous nous sommes fixés concernant cette situation de communication sont triples. Le premier est de faire passer ‘information.

Le deuxième est d’acquérir une certaine légitimité au sein de l’équipe en tant que futurs professionnels. Le troisième est que l’équipe s’approprie et puisse soutenir le projet Nous avons partagé la présentation en deux. La première partie concerne la synthèse relative aux entretiens. La seconde partie concerne l’explication de notre démarche concernant l’élaboration et la mise en œuvre possible du projet. Nous disposons de dix minutes pour notre intervention. Tandis que mon binôme prend la parole pour faire part de la matière recueillie lors des entretiens, j’observe l’équipe.

Le ropos est clair et le ton assuré. P. prend des notes, L. écoute, un stylo à la main prête à écrire alors que Cr, les bras croisés est en arrière sur sa chaise. p. pose des questions, se saisit de certains retours sur lesquels elle pense que l’équipe doit réfléchir pour faire évoluer sa pratique. L. s’exprime également sur les interrogations que les propos rapportés suscitent. une question relative à la pertinence de la date de restitution auprès du public accueilli par rapport à notre temps de présence sur l’accueil de jour reste en suspend, aucun membre de l’équipe n’y répond.

Cest à mon tour d’expl ‘accueil de jour reste en suspend, aucun membre de l’équipe n’y répond. C’est à mon tour d’expliquer la démarche projet en termes d’élaboration et de mise en œuvre. Comme pour la première partie présentée les membres de l’équipe adoptent la même posture. Concernant l’élaboration P. intervient pour préciser l’importance de la définition des termes employés pour apporter clarté et compréhension afin de permettre un langage commun compris de tous usagers compris.

Elle évoque aussi la particularité du public en termes de souffrance et de sa difficulté face au changement. De plus, p. nous précise que la tentative de ise en place d’un groupe d’expression deux ans plus tôt s’était soldée par un échec car le public n’avait pas été associé à la démarche. L. précise que la participation des personnes repose sur le sens qu’elles vont y trouver. C. dit qu’elle ne comprend ni le sens ni la portée de ce projet. Je tente d’apporter alors un éclairage sur le plan philosophique mais C. répond qu’il n’y a pas assez de cadre dans le projet exposé.

Mon binôme intervient alors en expliquant que l’approche que nous avons choisie s’intéresse plus au processus qu’au résultat. C. réitère son incompréhension, L. timidement abonde dans son sens. P. souligne Pintérêt que présente l’approche par le processus. C. reçoit un appel sur son téléphone portable et sort de la pièce. Le temps qui nous est imparti est terminé. Nous avons disposé de vingt cinq minutes. L. nous dit alors que ce projet lui semble bien. L’analyse de cette situation de communication commence par une remise en cause de ma part. 0 L’analyse de cette situation de communication commence par une remise en cause de ma part. Il semble que je n’ai pas su adapter le vocabulaire utilisé à l’équipe ce qui a constitué le principal filtre. L’information n’est pas passée selon mes ttentes. En effet, je pense que je n’ai pas assez pris de recul et que je suis resté, peut-être, trop théorique. Le fait d’avoir pu précédemment échanger avec la directrice, sur des temps informels, en relation duelle, en employant un vocabulaire propre à la démarche projet a sans doute orienté mon propos.

Je me questionne également sur le manque de compréhension de L qui a eu une attitude neutre et a posé des questions. Au même titre, je m’interroge sur C. qui de façon non verbale induisait un message fort de fermeture. J’évoque ici une piste de réflexion : « Au niveau de l’allocuté[… La perception par le sujet dépend étroitement de l’ensemble de sa personne[… ] ; son interprétation est subordonnée à son propre cadre de référence et aux sentiments qu’il prête au locuteur[… ] . » Cela me renvoie au fait que j’ai conservé mon statut d’étudiant au détriment de celui de futur professionnel. Ceci fait aussi écho ? ma place dans l’équipe que j’aborde plus bas. La directrice, quant à elle, combinait communication non verbale et communication verbale montrant ainsi son intérêt pour mon propos en faisant des liens avec le sens donné à l’accompagnement socio- éducatif. Par ailleurs, l’objectif d’acquérir une certaine légitimité au sein de l’équipe me semble partiellement atteint. S d’acquérir une certaine légitimité au sein de l’équipe me semble partiellement atteint.

Selon Roger Muchielli, qui lie la notion d’équipe à celle de groupe, « Le groupe est une réalité dans la mesure où il y a interaction entre les personnes, une vie affective commune, et une participation de tous [… ]. 2 » Je perçois, en effet, une scission au sein de l’équipe. D’une part la directrice qui semble me percevoir comme un membre de Péquipe, me reconnaître un savoir et vient le questionner. D’autre part C. et L. qui semblent peu sensibles aux notions de projet et qui font « bloc » dans leur incompréhension. En terme de légitimité, l’attitude de C. t L me permet de penser que je ne bénéficie pas de l’aval des pairs et donc de questionner ma place dans l’équipe. La présence d’une stagiaire sur le service, il y a quelques mois de cela, a été vécu comme une mauvaise expérience. De plus, cette personne aurait mis Péquipe en difficulté dans l’accompagnement du public. Je m’interroge sur la possibilité de représenter le mauvais objet pour l’inconscient de Féquipe ? Il me parait alors ossible d’imaginer une certaine résistance au changement ou du moins à Papport extérieur que la présence d’un binôme d’éducateurs spécialisés en formation peut incarner.

D’autant que, la directrice mise à part, l’équipe se réduit à un binôme. Au- delà de la différence de statut (Cf supra), de la fonction définie par les fiches de poste et du rôle, propre à la personnalité de chacune, celle liée à la durée de la pratique professionnelle me semble éclairante. En effet, a un an d’expérience tandis qu B0 pratique professionnelle me semble éclairante. En effet, a un an d’expérience tandis que C. n a vingt cinq. J’ai noté un r L. qui lors de notre présentation a ascendant certain de C. su parlé un double discours selon que C. était présente ou non.

Je me questionne sur les enjeux de pouvoir que révèle cette mise en évidence de l’influence de l’une sur l’autre ? J’émets l’hypothèse que L. n’est pas encore dans « l’usage de soi par soi » mais sans doute dans « l’usage de soi par l’autre » selon la théorie d’Yves Schartz. Le troisième objectif relatif à l’appropriation du projet qui permet à l’équipe de le soutenir me semble compromis. En effet, comment une équipe peut sciemment s’approprier et soutenir uelque chose qu’elle a du mal à comprendre. Je n’ai pas senti l’équipe me reconnaître un savoir et me questionne sur le lien d’accompagnement.

Cette équipe est-elle en mesure de faire émerger les compétences des usagers si elle ne sait pas faire preuve de reconnaissance du savoir de Pautre ? Je souhaite, suite à cette analyse, proposer une réflexion d’ordre générale sur le travail d’équipe et son système de communication. II ne suffit pas de décréter qu’une équipe existe pour que cela opère. La réunion de plusieurs conditions permet de la rendre opérante. Cela implique qu’il y ait un objectif onscient et son pendant inconscient, des interactions entre ses membres et une temporalité.

Cette équipe va se construire une identité propre en complément de l’intégration de normes sociales. Le système de communication d’une équipes connait des besoins. Ceux-ci sont le besoin de str système de communication d’une équipes connait des besoins. Ceux-ci sont le besoin de structure au sens de règles et normes lui laissant suffisamment de liberté pour évoluer, les besoins de reconnaissance et de valorisation au sens de considération. Le vecteur premier de la communication est la parole dans le ravail social et presque partout ailleurs. ? La parole est toujours individuelle » précise Ferdinand de Saussure. Et l’individu en est toujours, sinon le maitre, tout au moins le responsable. Cette notion de responsabilité fait écho en mol concernant mon implication ou plutôt mon engagement que je trouve « de type volontariste » comme le dit Jacques Ardoino. Ce métier d’éducateur spécialisé, ce métier impossible, je m’y engage. Je pense en percevoir la difficulté, au-delà d’être un maillon d’une organisation, je l’envisage en tant qu’acteur subjectif d’un système. Parfois, ce dernier peut s’avérer en crise et induire un épuisement professionnel.

Le plaisir du travail est perdu et devient l’élément manquant qui donne la plus value aux agissements professionnels. Selon Paul Fustier les causes sont Le premier est institutionnel, il témoigne d’un de trois ordres : « processus de bureaucratisation. Le deuxième est professionnel et se marque par une majoration des conflits d’identité professionnelle. Le troisième est personnel et se traduit par une quête emblématique. 3 » Je me dois alors, en tant que futur professionnel, de ne pas perdre de vue d’être dans « l’usage de soi par soi 0 0