Jonathan

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Jonathan, un petit goeland, est passionne par le vol, toujours plus haut et plus vite. Il cherche toujours a ameliorer ce qu’il sait faire, tandis que son entourage l’incite a se comporter comme tout goeland qui se respecte – et donc respecter les autres membres de son espece : ne prendre les airs que pour se nourrir. Jonathan doit poursuivre sa quete en solitaire ; il est chasse du clan. Un jour, il fera de nouvelles rencontres, et prechera le vol comme une religion.

Le jeune « goeland » echappe au sort de son voilier d’origine en experimentant des techniques audacieuses de vol, met en relief dans une premiere lecture, le courage, la perseverance d’un individu qui refuse la routine de ses congeneres pour batir lui-meme sa vie, dans l’epanouissement de toutes ses virtualites. Les efforts de Jonathan le conduisent a la sagesse et a l’idee qu’on peut vaincre meme la mort : nous sommes destines a plus.

Rien donc de plus honnete, exemplaire et stimulant, de meme que conforme a une morale de la perfection, compatible avec l’ideal. Un second regard cependant revele que le recit est issu en fait d’une toute autre inspiration. En realite, tous les themes gnostiques s’egrenent au long des peripeties et

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des aventures de la vie du jeune goeland. Par exemple: le refus de la condition de la masse ignorante, l’entreprise de liberation appuyee uniquement sur les forces e l’individu, l’arrivee d’un guide lumineux, l’apprentissage dans une seule vie de ce que le bon peuple decouvre apres mille vies, les conditions de la future vie tissee a meme ce qui a ete appris au cours de la precedente, le voyage astral, la renaissance « ou reincarnation », le refus de l’union avec le divin pour revenir sur terre comme guide, la fusion finale dans la pensee du Grand Goeland, etc… C’est ainsi que Jonathan se plaint du « si petit nombre » de goelands qui savent.

Decu, il prefere rejoindre sur d’autres planetes des goelands qui partagent sa facon de pensee, « tous tres intelligents et prompts a assimiler » l’enseignement des maitres. Mais Jonathan Livingston le Goeland n’est pas un oiseau ordinaire. Il appartient a une ELITE, quitte a etre exclu des soi-disant siens Ce qu’il avait autrefois souhaite pour la Communaute, il le conquerait maintenant pour lui seul… il vivait pleinement une existence prolongee et belle… Je suis un Exclu.  » Il n’est pas comme les autres. Tandis que le pauvre peuple croit, lui, il SAIT.

Et nous touchons la un des traits principaux de la gnose, pour laquelle le salut n’est pas dans la foi mais dans la CONNAISSANCE: « OUBLIE LA FOI! lui repetait Chiang (le vieux Maitre) sans cesse. Tu n’avais nul besoin d’avoir la foi pour voler, tout ce qu’il te fallait, c’etait comprendre le vol, ce qui d’ailleurs signifie exactement la meme chose.  » Le salut serait donc une question d’intelligence et de comprehension. « Ne les juge pas trop severement… En te rejetant, les autres goelands n’ont fait de tort qu’a eux-memes et un jour ils le comprendront, et un jour ils verront ce que tu vois. Celui qui sait est plein de commiseration pour les pauvres croyants dans l’erreur et l’illusion, mais qui, un jour, seront illumines. Il choisit donc de devenir hors-la-loi. Le gnostique est au-dessus de la loi. Pour lui, il n’y a ni bien ni mal. Est bien ce qui me fait du bien, le mal n’etant qu’une imperfection, qu’un retard dans l’evolution vers l’absolu : « Il n’eprouvait aucun remords a se renier. De telles promesses etaient bonnes pour les goelands qui se contentent de la mediocrite. Lui qui a frole, qui a entrevu la perfection, peut se dispenser de les tenir !… Je serai un vrai hors-la-loi…

Nous sommes libres d’aller ou bon nous semble et d’etre ce que nous sommes, repondit Jonathan… en mettant le cap a l’Est vers les territoires du Clan (malgre l’exclusion). Jamais, en dix mille ans, cette loi n’avait ete transgressee. La Loi leur ordonnait de rester; Jonathan leur disait d’aller avec lui la-bas. Ma foi, apres tout, si nous n’appartenons pas a la Communaute, pourquoi obeir a sa loi.  » La matiere est illusion. Le sens donne au mot « incarnation » est alors tout different. Il s’agit d’une chute de l’esprit dans la matiere, d’une concentration d’energie comme la vapeur concentree donne de l’eau.

L’esprit, seule realite, s’est abimee dans la matiere. Or, celle-ci n’existe pas. La prendre en consideration serait s’aliener. Au contraire, il s’agit de renverser le mouvement et de remonter l’echelle de cette degenerescence et ce par paliers successifs. On parle alors d’evolution ou d’ascension. Le salut reside dans la connaissance de notre veritable identite. En effet, pour la gnose, l’homme est divin, et donc illimite comme Dieu: « Chacun de nous, en verite, est une idee du Grand Goeland, une image illimitee de la liberte…

Le vol de precision n’est qu’un pas de plus franchi dans l’expression de notre vraie nature. Tout ce qui nous limite, nous devons l’eliminer. C’est le pourquoi de tout cet entrainement aux vols a haute vitesse et aux acrobaties aeriennes…  » Le message va plus loin encore: ce n’est pas l’individu qui compte, mais le SOI present en chaque etre, qui forme comme un ensemble depassant les elements distinctifs: « toute la formation passa lentement sur le dos, par la droite, comme un seul et unique oiseau ».

On parle alors de realite « transpersonnelle », qui depasse la personne particuliere. Quant au CORPS, il ne saurait etre un obstacle aux experiences de Jonathan: « Votre corps, d’une extremite d’aile a l’autre, disait parfois Jonathan, n’existe que dans votre pensee qui lui donne une forme palpable. Brisez les chaines de vos pensees et vous briserez aussi les chaines qui retiennent votre corps prisonnier. Le corps n’est rien d’autre qu’un effet de la pensee! » Mais bien entendu, une seule vie ne saurait suffire pour developper toutes les potentialites de l’etre.

Jonathan le Goeland, le film le souligne fortement, est une grande hymne a la RENAISSANCE : « »Il y avait donc une limite a ce que son nouveau corps pouvait accomplir et bien que son ancien record fut pulverise, il etait tout de meme une frontiere qu’il ne ferait reculer que moyennant un grand effort. C’est injuste, pensa-t-il, il ne devrait pas y avoir de telles limites au Paradis » Jonathan commence a comprendre qu’il existe une chose qui se nomme PERFECTION, et qu’il lui faudra un nombre incalculable de vies (renaissances) pour admettre que sa seule raison de vivre est de « degager cette perfection et de la proclamer ».

Plusieurs RENAISSANCES sont donc necessaires pour echapper a la matiere: remonter l’echelle de la chute de l’esprit dans la matiere en parcourant tous les degres de cette ascension. Jusqu’au degre supreme: LA PERFECTION. Alors l’etincelle divine au fond du goeland se degagera totalement de sa gangue. « Et pourtant, le jeune Jonathan le Goeland, qui avait vecu derriere ses yeux dores, etait toujours present car seule son enveloppe exterieure changeait. Il se sentait toujours un vrai goeland, mais deja il volait beaucoup mieux que son ancien corps n’avait jamais vole.

Il est persuade qu’avec un effort moindre il pourrait doubler sa vitesse et accomplir des performances deux fois superieures a celles realisees lors de ses plus beaux jours terrestres!  » De corps en corps, de RENAISSANCE en RENAISSANCE, le goeland evolue ineluctablement vers la Perfection, le Vol absolu, illimite. Dans cette progression interviennent des guides initiateurs, les MAITRES ou Anciens. « Les deux goelands qui apparurent a toucher ses ailes etaient PURS comme la lumiere des etoiles et l’AURA qui emanait d’eux, dans l’air de la nuit profonde, etait douce et amicale…

Nous sommes les tiens, Jonathan, nous sommes tes freres… Nous sommes venus te chercher pour te mener plus haut encore, pour te guider vers ta patrie.  » Voila la vraie famille. On se souvient de la phrase prononcee dans « le grand bleu »: ma vraie patrie est au fond (Caverne alchimique). Ce guide est de meme nature que le guide: il n’est pas un sauveur. Et l’initie deviendra a son tour initiateur. On retrouve la la notion bouddhiste du BODDHISATVA, element tres beau du bouddhisme qui pense que des etres tres evolues peuvent ar compassion renoncer a leur but, la fusion, pour venir au secours des autres, de leurs semblables, tant qu’il en restera un a « sauver », a initier pour qu’il se sauve. D’exercice en exercice, Jonathan le Goeland developpe ses POUVOIRS…Il se concentra en pensee sur l’image des grands rassemblements de goelands survolant les rivages d’antan et avec l’assurance que donne l’habitude, il connut une fois encore qu’il n’etait pas plume et os mais liberte et espace que rien au monde ne pouvait plus limiter.  » La concentration permet de « transcender » ses limites.

Rien n’est alors impossible a l’initie, il peut se mettre a travailler sur la duree, , jusqu’a ce que qu’il soit s capable de survoler le passe et l’avenir et c’est alors que il sera pret a entreprendre le plus difficile, le plus puissant, le plus merveilleux de tous les exercices. « Il sera pret a prendre ton vol pour aller connaitre le sens de la Bonte et de l’Amour.. » » Ainsi donc le Paradis est-il au bout d’exercices de plus en plus pointus – En fait, « le Paradis, c’est simplement d’etre soi-meme parfait… Jonathan, que tu commenceras a toucher au Paradis a l’instant meme ou il accedera a la vitesse absolue.

Mais cette vitesse n’est pas mesurable, car tout nombre nous limite et la perfection n’a pas de bornes. « La vitesse absolue, mon enfant, c’est l’omnipresence » Ces propos signifient que la connaissance et le salut sont au bout d’une concentration, d’une methode ! La comprehension de toutes choses est au bout de l’effort de l’homme seul et non un Don de la Grace. « NE TE FIE PAS A TES YEUX. TOUT CE QU’ILS TE MONTRENT, CE SONT DES LIMITES, LES TIENNES – REGARDE AVEC TON ESPRIT, DECOUVRE CE DONT D’ORES ET DEJA TU AS LA CONVICTION ET TU TROUVERAS LE CHEMIN DE L’ENVOL. Richard Bach Il est certain que la vision du monde que nous offrent nos yeux est limitee, mais n’en est-il pas de meme en ce qui concerne notre propre esprit ? Et les yeux ne sont-ils pas un instrument de l’esprit ? Tout comme les oreilles qui nous permettent d’entendre ? Chacun de nos cinq sens nous donnent des informations qui deviennent le point de depart de toute reflexion et par la reflexion, nous developpons notre esprit, notre personnalite. Negliger l’apport d’information que nous offrent nos yeux c’est s’imposer un handicap.

Car meme si cet apport ne nous enseigne pas la verite, il nous montre une certaine realite que notre esprit, s’il est habile et sage saura apprecier dans sa juste mesure. Toute information est bonne a prendre et ces informations nous sont donnees par nos sens donc aussi par nos yeux. Mais pas exclusivement par nos yeux. Et c’est peut-etre cela que Richard Bach a cherche a nous faire comprendre. Bien sur, il n’est pas bon de trop se fier a ses yeux, mais il ne faut pas non plus trop se fier a son esprit car celui-ci nous montre aussi les limites qui sont les notres.

Mais il ne faut pas pour autant renier notre esprit car cela reviendrait a nous priver de tout moyen de reflexion. L’esprit est la pour se renouveler lui-meme et sans lui aucune evolution, aucune progression n’est possible. Cependant il est certain qu’a n’importe quel stade de son evolution, et aussi developpe qu’il soit l’esprit nous apporte une vision du monde limitee par lui-meme. Allons plus loin dans la citation de Richard Bach et ecoutons la suite : REGARDE AVEC TON ESPRIT, DECOUVRE CE DONT D’ORES ET DEJA TU AS LA CONVICTION ET TU TROUVERAS LE CHEMIN DE L’ENVOL.

Au debut de ces lignes, on nous engage a observer avec l’esprit comme etant le meilleur moyen que nous pouvons utiliser pour nous rapprocher de la verite, de la sagesse. Il est vrai que plus que les yeux et que tous les autres sens, l’esprit est notre meilleur atout car en plus des informations qui nous sont transmises par nos sens, il est doue de reflexion, il a pour partenaire la memoire et n’a cesse d’etre eprouve toute sa vie durant. Sans doute imparfait, assurement emprisonne dans des limites qu’il s’est souvent lui-meme fixees, il est cependant le principal guide susceptible de nous montrer la voie de l’envol.

Decouvrir ce dont nous avons la conviction, c’est mettre a l’epreuve notre esprit, c’est le pousser vers ses propres limites. Une fois ces limites atteintes, notre esprit n’a d’autre choix que de les repousser, d’en creer de nouvelles qu’il s’efforcera d’atteindre une nouvelle foi et ainsi de suite. Par ce biais, il sera souvent contraint de se confronter a lui-meme, d’affronter ses propres contradictions, de se remettre sans cesse en question, reconnaitre ses erreurs, ceci par son ouverture, par sa volonte qui lui fera sans cesse repousser les limites a l’interieur desquelles il ne cesse d’evoluer.

Afin de se creer un horizon tres vaste dans lequel il pourra effectivement trouver le chemin de l’envol. Le message de ce livre nous dit que l’homme peut se liberer des barrieres qui le limitent, elles ne sont qu’illusions. Ce qui apparait de maniere tres nette est une forte exigence de perfectionnement que l’on retrouve dans le parcours philosophique de celui qui sort de la caverne, comme dans la celebre « allegorie de la caverne » du Livre VII de La Republique, de Platon.

L’allegorie de la caverne est une allegorie tres celebre exposee par Platon dans le Livre VII de La Republique. Elle met en scene des hommes enchaines et immobilises dans une demeure souterraine qui tournent le dos a l’entree et ne voient que leurs ombres et celles projetees d’objets au loin derriere eux. Elle expose en termes images la penible accession des hommes a la connaissance de la realite, ainsi que la non moins difficile transmission de cette connaissance ;

Ce que chacun croit savoir – relation aux croyances, aux valeurs, aux certitudes et convictions – la difficulte de changer de maniere de concevoir les choses – la relation a la decouverte – la resistance au changement de point de vue – ce que chacun sait qu’il sait – ce que chacun sait qu’il ne sait pas – ce que chacun ne sait pas qu’il sait – ce que chacun ne sait pas qu’il ne sait pas, qu’il croit savoir ou pas « L’allegorie de la caverne » symbolise le monde sensible ou tous les hommes vivent et pensent acceder a la verite par leurs sens. Mais cette vie ne serait qu’illusion.

Le philosophe « goeland » vient en temoigner par une interrogation permanente, ce qui lui permet d’acceder a l’acquisition des connaissances associees au monde des idees comme le prisonnier de la caverne accede a la realite qui nous est habituelle. Mais lorsqu’il s’evertue a faire partager son experience a ses contemporains, il se heurte a leur incomprehension conjuguee a l’hostilite des personnes bousculees dans le confort illusoire de leurs habitudes. Le message certainement le plus fort est de ne pas prendre pour vraies les donnees de nos sens et les prejuges formes par l’habitude.

Ici, il met en evidence la difficulte des Hommes a changer leurs conceptions des choses, leurs resistances au changement, l’emprise des idees recues. A mesure que son regard s’habitue a la lumiere vive du monde des Idees, il parvient au terme de l’intelligible Mais le « goeland » voit que sa mission est de montrer aux autres leur erreur, ceux qui discourent sans fin sur les ombres, persuades qu’elles sont la seule realite. Il revient faire leur education. Mais la, il est fort mal recu par ces mi-aveugles qui ne croient pas en l’existence du monde des Idees, pourtant le veritable monde, car l’etre humain est une ame bien plus qu’un corps.

Un etre humain est une ame immortelle, appartenant au monde des Idees, une ame enchainee dans un corps prisonnier des apparences sensibles. Chacun est potentiellement dans une position impliquant des habitudes de vie, des croyances, des convictions, des certitudes, des facons de penser, de se representer le monde, de concevoir ce qui est vrai et faux, combinant a priori et prejuges, deductions hatives. En conclusion, Richard Bach dedicace ainsi son Livre « A ce Jonathan le Goeland qui sommeille en chacun de nous ».

Le message est clair: Jonathan n’est pas le Fils du Grand Goeland, ce n’est qu’un homme plus avance que les autres ! Voir en lui, le Fils du Grand Goeland, « le Fils de Dieu », c’est continuer de vivre dans le monde de l’illusion – Jonathan est un Initie brillant, un esprit particulierement doue. Comme ecrit le poete Kenneth White « en renversant Dieu, l’homme se retrouve lui-meme; il est temps que Dieu soit remis a sa place, qui est dans l’homme ». Tu es libre d’etre vraiment toi meme , « Ici et maintenant et rien ne peut l’arreter » Depassement de soi, tolerance, liberte.

Nous sommes capables de prendre librement notre essor vers le ciel, mais, trop souvent, nous ne le voulons pas. Voici le cadeau que nous pouvons faire, aider ceux qui veulent apprendre, a decouvrir ce qu’ils aiment faire, et ce pourquoi ils sont faits. Il ne s’agit pas d’aimer la haine ou le mal, mais de s’efforcer de voir ce qu’il y a de bon en chacun de nous, et d’aider a en prendre conscience. « Il y a mieux a faire dans la vie que de se battre, a l’arriere des bateaux de peche ou dans les decharges publiques, pour une miserable tete de poisson. Le perfectionnement de soi et l’accession a sa legende personnelle passe egalement par le partage de son savoir et de son experience avec les profanes en demande d’initiation D’un point de vue symbolique, le ciel represente l’absence de contraintes. L’envol dans le ciel est a la fois symbole de liberation mais aussi d’ascension vers le divin. Le cote solitaire de l’aviateur ou de l’oiseau peut donner une idee d’independance. Le voyage renvoie a la decouverte du monde et a un parcours initiatique. J’ai dit