Jean de la harpe

Jean de la harpe

Biographie de Jean De La Harpe Ne a Paris, le 20 novembre 1739. Il obtint de brillants succes scolaires ; dans sa jeunesse, il fut emprisonne pendant plusieurs mois pour des satires, a Bicetre, et Fort-l’Eveque ; disciple, imitateur et ami de Voltaire, il fut huit fois laureat de l’Academie ; il fut aussi l’ami de Marmontel, de d’Alembert, de Mlle de Lespinasse.

Voltaire soutint ardemment sa candidature a l’Academie ; elle fut combattue par le marechal de Richelieu et l’avocat general Seguier, qui menacerent meme de demissionner s’il etait elu ; les amis de La Harpe craignaient qu’on ne lui opposat le veto royal, mais Malesherbes eut facilement raison de la faible resistance de la cour, alors La Harpe, qui avait subi plusieurs echecs anterieurs, fut elu le 13 mai 1776 en remplacement de Charles-Pierre Colardeau, contre Chabanon, l’abbe Millot, Sedaine et Laujon et fut recu par Jean-Francois Marmontel le 20 juin 1776.

Il abandonna d’Alembert qui avait tant fait pour son election, et se rallia au parti de Buffon, votant pour Bailly contre Condorcet qui fut elu ; il fut du parti des piccinistes. Le tsar Paul Ier, voyageant en France, invita plusieurs fois La Harpe a sa table. En 1771,

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l’Eloge de Fenelon par La Harpe, couronne par l’Academie, donna lieu a l’intervention de l’archeveque de Paris et du Roi et au etablissement du visa des docteurs en theologie ; l’Academie en fut tres humiliee. En 1779, La Harpe etant academicien, remporta, sous le voile de l’anonymat, le prix d’eloquence pour son Eloge de Voltaire ; il abandonna le prix qui fut donne a l’un de ses concurrents. Il avait ete aussi laureat de l’Academie de Marseille dans sa jeunesse.

La Harpe fut passionnement revolutionnaire au debut de la Revolution ; mais il fut emprisonne pendant quatre mois au Luxembourg en 1794 ; il se convertit et abjura les idees des philosophes qu’il avait partagees auparavant. Pensionne par la Convention en 1794, il ne fit pas partie de l’Institut ; il fut exile deux fois sous le Directoire et sous le Consulat ; a l’organisation de 1803, il reprit son fauteuil dans la deuxieme classe de l’Institut, et mourut quelques jours apres.

Professeur de litterature au Lycee et d’art oratoire a l’Ecole normale, La Harpe fut pendant vingt ans, redacteur au Mercure ; poete, traducteur en vers, auteur dramatique, il est celebre comme critique ; il a laisse un ouvrage important, le Lycee ou Cours de Litterature. « Ce n’est pas un critique curieux et studieusement investigateur que La Harpe, c’est un professeur pur, lucide, anime… Il etait excellent pour donner aux esprits une premiere et generale teinture ». (Sainte-Beuve, V). Mort le 11 fevrier 1803.