Je vis je meurs

Je vis je meurs

? « Je vis, je meurs» Louise Labe Louise Labe est une poetesse du 16e siecle (1524-1566). Fille d’un riche artisan lyonnais, elle recoit une education moderne ; elle connait le latin, , l’italien, l’espagnol, la musique etc…. c’est une personne tres cultive surtout pour une femme ce qui etait rare a l’epoque ; elle monte aussi a cheval , sait manier les armes et participe a des tournois. C’est une femme moderne, liberee, ce qui va lui attirer des reproches et des critiques. Elle connait l’experience d’un amour malheureux dans sa jeunesse (le jeune homme qu’elle aime va la quitter) puis se marie avec un riche artisan.

Elle cree un salon litteraire qui reunit d’autres poetes de l’epoque comme Maurice Sceve ou Pelletier du Mans. Son ? uvre : c’est en 1555 qu’elle publie la totalite de ses ? uvres ; debat de Folie et d’Amour, (discours), Elegies (poesie lyrique sentimentale et melancolique, au nombre de 3),(le lyrisme est l’expression d’une emotion personnelle intense ; la poesie lyrique traite des sentiments du poetes par des themes comme l’amour, la mort, la communion avec la nature, le destin…. ) et Sonnets (25) Sa poesie, dans les Sonnets evoque son amour malheureux, revendique librement le plaisir charnel (physique) et e

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s’inquiete pas de la pudeur de l’epoque. Le recueil (ensemble des sonnets) est divise en 2 : avant le 13e sonnet ils expriment plutot l’espoir et apres le 13e sonnet plutot la nostalgie. « Je vis, je meurs » est le 8eme des Sonnets sur 25. Ce texte est ecrit en decasyllabes (10 syllabes) pour mieux evoquer les tourments de l’auteur. Le texte est compose de 2 quatrain (4 vers) pour decrire l’instabilite lie a l’amour et de 2 tercets (3 vers) ou elle sonne l’explication de ses changement et montre qu’ils sont inevitables (2 vers : distique, 5 vers quintil, 6 vers sizain) En lisant ce texte, on peut se demander comment ce sonnet exprime-t-il l’amour et ses tourments. Je vais donc etudie deux grandes parties, la premiere l’instabilite amoureuse et la deuxieme la toute-puissance de l’Amour. I Ce sonnet montre l’instabilite permanente liee de l’etat amoureux a) L’instabilite est exprimee par des oppositions, des antitheses (opposition de deux idees dans une meme phrase. Elles sont nombreuses dans ce sonnet : v1 : vis / meurs + brule / noie v2 : chaud / froidure 3 : molle / dure v4 : ennuis / joie v5 : ris / larmoie v6 : plaisir / tourment v7 : s’en va / dure v8 : seche / verdoie v10-11 : douleur / hors de peine v12-13-14 : joie et desire heur / malheur Ces oppositions montrent l’instabilite liee a l’amour ; il provoque des etats opposes et contradictoires ; L’amoureux (ici la poetesse) a impression et nous donne l’impression d’aller d’un extreme a l’autre. Dans les quatrains, les termes opposes sont relies par la conjonction de coordination « et » pour montrer la rapidite de l’enchainement des etats. je me brule et je me noie ; La vie m’est et trop molle et trop dure ; je ris et je larmoie ; mon bien s’en va et a jamais il dure ; je seche et je verdoie). Ces antitheses repetent toujours la meme idee pour bien montrer le caractere obsessionnel de l’amour. b)un cycle perpetuel (qui ne s’arrete jamais) La structure du poeme aide a la lecture a comprendre les sentiments de la jeune femme. a)construction Les 2 quatrains (4 vers) sont une description des etats opposes par lesquels passe la poetesse lorsqu’elle est amoureuse. On est alors dans le vecu, on voit tout ce qu’elle a ressenti.

Le vers 9 introduit l’explication de ces changements ; le vers commence par le connecteur « ainsi » qui fait la syntese. Dans les vers 10 a 14 la poetesse commente sa situation ; elle dit comment elle vit ces etats ; par 4 verbes de jugement : « pense » (v10), « penser » (v11), « trouve » (v11), « crois » (v12) la poetesse prend de la distance ; elle n’est plus dans le vecu mais analyse sa passion amoureuse (prouve par l’apparition de propositions coordonnees et subordonnees : « Et, quand… » (v10) et « puis, quand… » (v12) )le rythme On observe des differences de rythme entre les quatrains et les tercets. On a vu que le poeme est rempli d’antitheses mais le rythme va en ralentisant : V1 : 2 antitheses V2 a 8 : 1 antithese par vers V9 : pas d’antithese V10/11 : une antithese sur 2 vers V12/13/14 : 1 antithese sur 3 Le rythme des antitheses se ralentit comme si l’etat d’instabilite allait se reduire, jusqu’a arriver a une stabilite, a une plenitude amoureuse (bonheur et satisfaction). c)la chute

Dans les v12 et 13 on a presque l’illusion du bonheur mais en fait ce n’est que passager car le vers suivant (v14) nous entraine dans la chute finale ; « chute » dans les deux sens puisque c’est le nom donne au dernier vers du sonnet et chute de l’amoureuse qui se croyait stable. Ce dernier vers nous invite a relire le poeme (prefixe « re ») et « premier » signifie qu’il y a une suite (deuxieme, troisieme…) c’est une idee de cycle sans fin ; etre amoureux, c’eest s’exposer a ces etats contradictoires perpetuels.

La poetesse nous montre que la fatalite de l’amour est de retomber toujours dans le malheur. La fin invite a un retour au debut pour souffrir a nouveau. II La toute-puissance de l’Amour (et l’absence de l’etre aime) a)les deux personnages du poeme En ce qui concerne le « je » qui represente la poetesse, l’amoureuse, dans les quatrains « je » et « j’ » sont sujets dans chaque vers (sauf v3et v7 mais ou ils sont rappeles par « m’ » et « mon ») ils font l’action. Dans les tercets : v9 : me  (COD) v10/11/12 : je, me, ma v13 : mon 14 : me (COD) En ce qui concerne le « Il » qui represente l’Amour, il apparait au v9 ; le sentiment amoureux est personnifie par la majuscule et par les verbes d’action employes « me mene » (v9), « me remet » (v14). Le pronom « Il » est uniquement present dans les tercets (v13). On observe donc 2 inversions en decalage avec ce qu’on attendrait ; L’Amour, personnifie, reduit l’amoureux a un objet ; il en est a la fois le maitre et le persecuteur. Le sujet « je » devient objet « me » et meme jouet de l’Amour ; qui en fait ce qu’il veut.

Dans ce poeme, on peut remarquer l’absence de l’etre aime. En general, dans les poemes d’amour, le poete s’adresse souvent a l’etre aime. b)L’amour compare a la torture La torture peut etre physique ou psychologique. Dans les quatrains on peut se rendre compte que l’opposition de la vie et la mort est reprise par des metaphores (comparaison entre 2 elements sans outil de comparaison. Ex dans le v4 « seche »/ « verdoie » metaphore vegetale ; certaines portent sur les sensations du corps qui souffre (v1) « brule » et « me noie ».

Cette idee de torture physique se retrouve au v6 avec le verbe « j’endure » qui etait deja au vers 2 « endurant » Dans les tercets, la torture devient psychologique ; l’Amour personnifie joue avec la personne amoureuse « inconstamment » (v9), « il me remet en mon premier malheur » (v14). Generalement les poetes utilisent la metaphore pour comparer l’etre aime (par exemple par une rose) alors que chez Louise Labe, la metaphore concerne l’etat amoureux ; ce n’est plus l’etre aime qui est compare a quelque chose mais l’etat amoureux

Conclusion Ce sonnet montre donc l’emprise et les pouvoirs de l’amour sur le sujet (l’etre amoureux). Apres une description, dans les quatrains, de l’instabilite et de l’obsession de la passion amoureuse, la poetesse analyse dans les tercets et montre que l’Amour est victorieux et pour toujours. Ce sonnet provoque un sentiment d’enfermement comme si l’experience amoureuse etait un piege. Ce sonnet est universel puisqu’il ne s’adresse pas a quelqu’un en particulier.

La poetesse ne parle pas d’une personne mais d’un etat amoureux pour que chacun qui a ete amoureux puisse s’identifier. On voit ainsi l’originalite de Louise Labe par rapport a ses contemporains (Ronsard, Sceve) qui eux aussi avaient recours a l’antithese pour evoquer la passion amoureuse. On pourrait trouver la question « comment le poeme traduit-il le pouvoir de l’amour ? » On peut aussi parler de tous les intensifs hyperboliques (mots qui montrent l’exageration, l’amplification et la simultaneite (tout arrive en meme temps, les sensations contraires sont melangees)

Ex (v3) « et…et » (v4) « grands », (v5) »tout a un coup », (v6) « maint », (v7) »a jamais », (v8) « tout en un coup », (v10) « plus », (v13) « en haut de » marquent l’intensite de la passion amoureuse. Cette intensite se voit aussi dans l’utilisation des verbes au present. Certains mots sont mis a la rime (fin du vers) pour etre remarques Les assonances (repetition d’un meme son produit par des voyelles) en « en » et des alliterations (repetition d’un meme son produit par des consonnes)