Je travaille donc je suis

Je travaille donc je suis

Aujourd’hui, gerer sa carriere devient plus complexe et stressant. La carriere des cadres peut etre remise en cause par les caprices de l’economie. Ils apprehendent de plus en plus difficilement un marche du travail aux structures mouvantes, jamais a l’abri d’un avis de tempete. Cette serie d’articles a pour objectif d’aider les lecteurs a se maintenir au top. En effet, les points fixes s’estompent pour venir briser la linearite des carrieres. Notre vie professionnelle n’est desormais faite que d’opportunites a saisir, de virages a negocier, de « vagues » a prendre.

Nous devons toujours anticiper la prochaine, adapter notre trajectoire aux mouvements d’un environnement exterieur changeant, au risque qu’elle ne nous engloutisse. Se creer une vie equilibree Plus que jamais le travail est venere comme un dieu exigeant et egoiste auquel chacun doit se livrer tout entier corps et ame. L’alienation generale a l’emploi fait que les chomeurs sont consideres et se considerent eux-memes bien souvent comme des parias, en marge de la vie reelle. Cette deification est sublimee par l’annonce des courbes du chomage et eur kyrielle de hausses. Pour chacun, le travail apparait alors comme le premier moyen de montrer qui il est aux autres et a lui-meme. Dans le

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passe et aujourd’hui encore dans les societes tribales, l’identite et le regard des autres etaient fixes des la naissance. « L’ordre social » veillait a ce que les seigneurs restent les maitres, les paysans leurs serviteurs, et le roi d’essence divine veillait sur tous. Cet equilibre a evolue au fil de l’histoire et selon les pays ; les frontieres sociologiques s’averant alors plus ou moins marquees.

Cependant le parcours personnel etait edicte par une loi « naturelle » quasiment aussi puissante que la genetique elle-meme. Aujourd’hui, tout est heureusement tres different. Impossible de prevoir des la naissance ce que chacun deviendra dans une societe en perpetuel mouvement. L’histoire, les techniques, les arts… Tout s’accelere sans meme laisser le temps de s’y accoutumer. Chacun alors devient libre de se construire a travers de multiples parametres : ecoles, religion, famille, amis, activites extra-professionnelles, passions et surtout travail. « Je travaille donc je uis » Quelle meilleure preuve que le « tic » que l’on a tous quand on rencontre quelqu’un pour la premiere fois. Personne n’y echappe : le premier contact s’etablit souvent en demandant a l’autre quel metier il exerce. Il semble que cela soit la seule facon de resumer et d’illustrer ce que l’on est. Mais cette demarche est totalement reductrice et pousse souvent a etablir des relations tres superficielles : on ne communique qu’avec la face cachee de son « iceberg ». Le travail procure en effet un reseau de relations a travers notamment les collaborateurs.

Peu importe si ces derniers sont ou non ses meilleurs amis, ils appartiennent au contexte social majeur ou se passe souvent le principal de sa vie. Meme si l’on n’a pas d’affinite particuliere avec eux, ils font partie du paysage personnel et meme intime. Quand l’un d’entre eux disparait du « champ » pour une raison ou une autre, l’on eprouve un manque. Ce sentiment est decuple quand on perd son emploi : tous les collegues disparaissent soudain et la vie semble alors vide de sens et d’interet. Cette etrange impression de perte fait que les chomeurs se sentent erriblement seuls au monde et depourvus de reperes. En effet, le travail structure la vie, rythmant invariablement la journee : arrivee entre 8h30 et 9h30, depart entre 18h30 et 20h00, 45 mn pour dejeuner… Les jours passent, obeissant a un certain nombre de regles immuables : quand le telephone sonne, il faut y repondre avant la quatrieme sonnerie sinon la messagerie se declenchera, la distribution du courrier se fait apres le dejeuner et le depart a 13h15. Quoiqu’il advienne, chaque annee, il y a un nombre prevu de jours feries et cinq semaines de vacances.

Le travail dicte l’emploi du temps de la journee, de la semaine, l’annee, la vie ! En cas de perte d’emploi, les certitudes, les reperes et la regularite disparaissent. Travailler dans une entreprise, c’est aussi avoir un role a jouer dans une microsociete. Si on le fait correctement, on est felicite. Pour certains dont la vie personnelle n’est pas tres epanouie, leur travail est meme leur seule source d’autosatisfaction. Cette situation de dependance totale a l’egard de l’emploi est bien sur prejudiciable et surtout dangereuse face au chomage endemique.