J.bautillard

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Observatoire du Management Alternatif Alternative Management Observatory Fiche de lecture La société de consommation Jean Baudrillard 1970 Katiuce Rodrigues Botelho – Avril 2008 Mastère Spécialisé Management du Développement Durable HEC Paris – 2007-2008 Rodrigues Botelho K. consommation -Jea ciété de 9 Swipetaviewn htp g Genèse de la fiche de lecture Cette fiche de lecture a été réalisée dans le cadre du cours « Histoire de la critique » donné par Eve Chiapello et Ludovic François au sein de la Majeure Alternative Management, spécialité de troisième année du programme Grande Ecole d’HEC Paris.

Origin of this review This review was presented in the « Histoire de la critique » course of Eve Chiapello and Ludovic François. This course is part of the « Alternative Management » specialization of the third-year HEC paris business school program. l’ouvrage : 1970. Résumé : Qu’est-ce que consommer ? Ou plutôt, est-ce que l’acte de consommer représente encore quelque chose ? Jean Baudrillard montre à quel point la consommation structure les relations sociales dans les sociétés occidentales : elle n’est plus un moyen de satisfaire ses besoins primaires mais bien de se différencier.

Omniprésente, lle tient aujourd’hui lieu de véritable morale, détruisant irrésistiblement les bases de l’être humain comme la nature, les relations

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humaines qu’elle recrée artificiellement en inventant des symboles comme ersatz. Vieux de trente ans, ce livre n’en est pas moins toujours utile pour appréhender notre société, ses constructions symboliques et son futur sérieusement hypothéqué. Le style franc, l’intelligence aiguë de l’auteur contribuent certainement à faire de La société de consommation une référence en la matière.

Mots-clés : Consommation, Conditionnement Société, Comportements, Mythe, Morale, Publicité, La société de consommation (Consumer society) The book under study was first ublished in 1974 by Gallimard (Paris). lg This 30-year-old book has not aged at all and is of great help in the understanding of our society, its shallow structures and especially its highly jeopardized future. The authors acute intelligence, together With his straightforward style, has contributed to making La société de consommation a true reference on the subject.

Key words: Consumption, Society, Behaviours, Myth, Morals, Advertisement, Conditioning people Rodrigues Botelho K. – Fiche de lecture : La société de onsommation -Jean Baudrillard – Avril 2008 3 Table des matières 1. L’auteur et son œuvre……. 1. 1 La vie et l’œuvre de l’auteur… 1. 2 2. Résumé de l’ouvrage….. 6 2. 1 Plan du 6 2. 2 Principales idées développées par l’auteur……… a) ‘isolement des hommes f philosophe français, né le 27 juillet 1929 à Reims et mort le 6 mars 2007 à Paris.

Sa pensée a fortement évolué depuis la publication, à la fin des années 1960, du Système des objets et de La Société de consommation, pour se concentrer sur la notion de « disparition de la réalité D’origine paysanne, son père est gendarme et il est fils unique. C’est au lycée Henri IV à Paris, où il prépare le concours d’entrée à l’École Normale Supérieure, qu’il connaît sa premiere transformation radicale, à la fois amicale, amoureuse, studieuse et révolutionnaire. Mais il tourne le dos au concours pour aller s’établir comme ouvrier agricole puis maçon à la tâche dans la région d’Arles.

Il est ainsi considéré comme le premier intellectuel maolSte « établi » de France. À son retour, il finit ses études supérieures à l’université des langues de la Sorbonne, et obtient l’agrégation d’allemand. Nommé successivement dans différents lycées en France, il traduit plusieurs uvrages, notamment avec Gilbert Badia Dialogue d’exilés de Bertolt Brecht, ainsi que L’IdéoIogie allemande de Karl Marx. Jean Baudrillard opère une nouvelle conversion soudaine en cessant l’enseignement secondaire et opte pour la philosophie politique en entreprenant une thèse de doctorat en troisième cycle de sociologie de la vie quotidienne.

En 1 968, son doctorat remporte les félicitations du jury et donne lieu à son premier ouvrage Le Système des objets. A partir des années 1970, il ne lui faut pas plus dune dizaine d’années pour être connu aux quatre coins du monde, alors que son pro re a s ersiste à ne pas lui ccorder d’importance. Cri 4 OF lg rationalisme et de l’épistémologie scientifique et des concepts relatifs de réalité et de virtualité, il est également membre de l’Institut de recherche sur l’innovation sociale au CNRS et rédige de nombreux articles et critiques dans la presse.

II montre comment les tendances sociologiques contemporaines, comme les commémorations et autres excès, sont les moyens obscènes de l’extension quasi-«totalitaire» du Bien pour obtenir une cohésion. Il lance aux générations postérieures un défi original dans la création, sans laquelle le savoir prend statut d’indifférence. Ainsi se présente encore aujourd’hui la cohérence de sa critique dans Oublier Foucault (1977), à la fois éloge critique de l’excellence littéraire du discours scientifique de la description exhaustive, comme pensée du pouvoir.

Dans la lignée 5 nietzschéenne de l’immanence de l’être, il relève le défi de la perte de sens du sujet contemporain au monde, par l’intermédiaire d’une échappée sur le moment où l’objet dépasse le sujet qui le pense, où le sujet ne peut plus contrôler le sens, ce moment où l’objet va commencer à régner avec ses règles propres, altières : « tout le destin du sujet passe dans ‘objet » – Les stratégies fatales (1983).

La vie de Jean Baudrillard est également marquée par son engagement social et son dédain pour les académismes, qui prirent la forme d’une et la forme intellectuelle de son activisme donnant corps à son œuvre. La Société de consommation est un ouvrage sociologique datant de 1970. L’auteur définit au travers des trois cent seize pages de son livre, le rôle de la consommation dans les sociétés occidentales comme un élément structurant des relations sociales. Dès lors, la consommation n’est plus, pour chaque individu, le moyen de satisfaire ses besoins mais plutôt de se différencier.

Cette personnalisation tend à remplacer les différences réelles entre les individus par essence contradictoires. par le biais des trois axes majeurs de son livre, Baudrillard démontre comment nos sociétés sont happées par la consommation qui prend alors la place de la morale, où le corps devient un objet, et le capital soumis à un impératif de faire-valoir. D’une manière générale, ce qui est détruit par la société de consommation est recréé artificiellement sous forme de signes. Cette œuvre intervient dans une période post-Trente Glorieuses et au lendemain de Mai 68.

La fin du rêve industriel est proche, on ommence à sentir l’essoufflement de la machine à produire et le mécontentement gagne toutes les couches de la population dans un refus du pouvoir dirigeant. La société décrite par l’auteur est la même que celle qui dans la rue a voulu rompre avec la manipulation des mass eovernants. L’œuvre de B icipe ainsi pleinement aux 6 OF lg de l’ouvrage : 2. 1 Plan du livre : AVANT-PROPOS. PREMIERE PARTIE . ca liturgie formelle de l’objet. Le statut miraculeux de la consommation. Le cercle vicieux de la croissance. DEUXIEME PARTIE : Théorie de la consommation.

La logique sociale de la consommation. Pour une théorie de la consommation. La personnalisation ou la plus petite différence marginale (p. p. D. M). TROISEME PARTIE : Mass media, sexe et loisirs. La culture mass-médiatique. Le plus bel objet de consommation : le corps. e drame des loisirs ou l’impossibilité de perdre son temps. La mystique de la sollicitude. L’anomie en société d’abondance. CONCLUSION : De l’aliénation contemporaine ou la fin du pacte avec le diable. BIBLIOGRAPHIE. consommation —Jean Baudrillard – Avril 2008 7 transforme petit ? petit en possédé.

Les moyens mis en œuvre par Phomme pour promouvoir le culte de la profusion sont prodigieux : les grands magasins en sont ‘exemple-type, on étale aux yeux du grand public les biens de consommation censés prendre part ? leur bonheur. Ces lieux magiques ont même réussi à occulter le symbole fort de l’argent caractérisé par les espèces, le sonnant et le trébuchant que l’on sort de sa poche en le remplaçant par des cartes à puce. La consommation devient ainsi miraculeuse, en s’appropriant un objet, on lance un signe extérieur et par son biais on capte de la puissance vis-à-vis du monde qui nous entoure.

Cependant, Baudrillard nous rappelle combien les signes sont ambivalents et dénotent toujours une part d’ombre. Que cache-t-on derrière le fantasme de l’achat ? Ou plutôt que refusons-nous de voir derrière lui ? C’est dans sa globalité que notre système vacille, il aurait été évidemment plus simple que la problématique ne repose que sur l’individu mais la société collective faillit également. En effet, les recherches chiffrées de l’auteur démontrent clairement comment les dépenses publiques augmentent au profit de celles du secteur privé et qu’en même temps la redistribution qui en est faite n’est pas des plus judicieuses.

La progression de l’abondance occasionne raccroissement inexorable des nuisances faites par ‘homme sur son environnement proche. La production de masse dégrade son cadre de vie, accélère l’obsolescence des produits et des machines et insécurise son emploi. Cependant la part de lumière redorant I nt du fait que la société 8 OF lg retient que le positif, comme le dit Baudrillard : « toute chose produite est sacralisée par le fait même de l’être ».

La peur de ne plus pouvoir consommer est tellement grande que la part d’ombre est rapidement éclipsée, laissant ainsi la part belle à la toute puissance du renouvellement à tout prix même si cela doit aboutir à un gaspillage des unités roduites. Rodrigues Botelho K. — Fiche de lecture : La société de 8 ‘idée principale soulignée par l’auteur à la fin de sa première partie est que la société de consommation a besoin de créer des objets, puis de les détruire pour exister. Ainsi, le renouvellement amplifie l’idée de l’abondance et accroisse un peu plus la dépendance de l’homme pour le matériel. ) La consommation, source de dépendance : En partant de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen reconnaissant à chaque individu sa part de droit au bonheur, Jean Baudrillard va démontrer la logique sociale de la consommation. En effet, les sociétés démocratiques mettent en exergue l’égalité des hommes sur tous les plans, dont celui des besoins. Cependant, si elles remplissent le contrat de la croissance, on pourr croire que le bonheur ne John Galbraith repris par l’auteur dans son ouvrage déclare que : « c’est l’augmentation de la production qui tient lieu de redistribution et que plus il y en aura…

Il finira bien par y en avoir pour tout le monde » mais peut-on raisonnablement croire à une mécanique des fluides aussi simpliste ? Ainsi la structure sociale régenterait-elle la croissance qui ne nous rapprocherait en aucun cas de l’abondance. Les disparités entre classe sociale font apparaître d’énormes écarts entre individus, on ne ressent pas de la même façon l’épuisement des ressources naturelles suivant que l’on est cadre ou ouvrier de même que les enfants des uns ne bénéficient pas du même apprentissage scolaire que les autres.

La consommation va ainsi devenir un moyen comme un autre de marquer son appartenance ? telle ou telle classe et d’asseoir son statut. On va ainsi permettre à chaque individu d’accroître et d’accélérer sa consommation, mais seulement ? l’échelle de sa valeur, en lul faisant croire par le biais des mass medias qu’une pénurie ourrait compromettre le statut auquel il prétend appartenir.

Nous sommes donc bien loins de la société d’abondance promise par une société en perpétuelle croissance car la société doit tenir compte de la logique sociale et de ce que l’auteur dépeint au travers du portrait de l’homme qu’il appelle « homo oeconomicus Cet individu privilégie systématiquement les objets pour atteindre le bonheur. Cependant là où les avis divergent suivant les économistes, c’est sur la liberté dans le choix des besoins. Sont-ils uidés par une main invisible ou l’individu décide-t-il 0 9