IRTS HEROUVILLE Assistant de service social 2006

IRTS HEROUVILLE Assistant de service social 2006

Institut Régional du Travail Social Service Sélections 11 rue Guyon de Guercheville 14200 HÉROUVILLE SAINT CLAIR IF. S. S. Ecole de Service Social / C. R. F. 5 rue du Gué de Gesnes 61000 ALENCON SÉLECTION DES ASSISTANTS DE SERVICES SOCIAUX ÉPREUVE ÉCRITE du 1 or 11 Sni* to View Nombre de pages : 8 DUREE DE L’EPREUVE , Le dossier proposé est composé de deux documents : Document 1 « Notre Dame de Paris » Editions Gallimard Folio Document 2 – Victor Hugo – 1831 «Les délices de la peur » – Claire CAILLAI_JD – décembre 1995 Textes et documents pour la classe

I – Compréhension de textes (4 points sur 20) connaissances personnelles, à la question suivante : doit-on avoir peur des monstres ? AUCUNE FEUILLE DE BROUILLON NE SERA ACCEPTÉE 2 DOCUMENT 1 La scène se passe à la fin du Moyen Age. Pour se divertir, le peuple de Paris décide de procéder à l’élection du « pape des fous » et à un concours de grimaces. C’était une merveilleuse grimace, en effet, que celle qui rayonnait en ce moment au trou de la rosace.

Après toutes les figures pentagones, hexagones et hétéroclites qui s’étaient succédé à cette lucarne sans

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réaliser cet idéal du rotesque qui s’était construit dans les imaginations exaltées par l’orgie, il ne fallait rien moins, pour enlever les suffrages, que la grimace sublime qui venait d’éblouir l’assemblée. Maitre Coppenole lui-même applaudit ; et Clopin Trouillefou, qui avait concouru, et Dieu sait quelle intensité de laideur son visage pouvait atteindre, s’avoua vaincu. Nous ferons de même.

Nous n’essaierons pas de donner au lecteur une idée de ce nez tétraèdre, de cette bouche en fer à cheval, de ce petit œil gauche obstrué d’un sourcil roux en broussailles tandis que l’œil droit disparaissait ntièrement sous une énorme verrue, de ces de ébréchées Ça et là, PAGF 11 précipita vers la chapelle. On en fit sortir en triomphe le bienheureux pape des fous. Mais c’est alors que la surprise et l’admiration furent à leur comble. La grimace était son vlsage. Ou plutôt toute sa personne était une grimace.

Une grosse tête hérissée de cheveux roux ; entre les deux épaules une bosse énorme dont le contre- coup se faisait sentir par devant ; un système de cuisses et de jambes si étrangement fourvoyées qu’elles ne pouvaient se toucher que par les genoux, et, vues de face, essemblaient à deux croissants de faucilles qul se rejoignent par la poignée ; de larges pieds, des mains monstrueuses ; et, avec toute sa difformité, je ne sais quelle allure redoutable de vigueur, d’agilité et de courage ; étrange exception à la règle éternelle qui veut que la force, comme la beauté, résulte de l’harmonie.

Tel était le pape que les fous venaient de se donner. On eût dit un géant brisé et mal ressoudé. Quand cette espèce de cyclope parut sur le seuil de la chapelle, immobile, trapu, et presque aussi large que haut, carré par la base, comme dit un rand homme , à son surtout mi-parti rouge et violet, semé de campanilles d’argent, et surtout à la perfection de sa laideur, la populace le reconnut sur-le-champ, et s’écria d’une voix : C’est Quasimodo, le sonneur de cloches ! c’est Quasimodo, le bossu de Notre-Dame !

Quasimodo asimodo le bancal ! PAGF30F11 l’être, reprenait Joannes. Les femmes en effet se cachaient le visage. Oh I le vilain singe, disait l’une. Aussi méchant que laid, reprenait une autre. C’est le diable, ajoutait une troisième. J’ai le malheur de demeurer auprès de Notre-Dame ; toute la nuit je l’entends ôder dans la gouttière. Avec les chats. Il est toujours sur nos toits. Il nous jette des sorts par les cheminées. L’autre soir, il est venu me ce à ma lucarne. Je croyais Croix-Dieu ! it le chaussetier, est-ce que tu es sourd ? Il était sourd, en effet. Cependant il commençait à s’impatienter des façons de Coppenole, et se tourna tout à coup vers lui avec un grincement de dents si formidable que le géant flamand recula, comme un bouledogue devant un chat. Alors il se fit autour de l’étrange personnage un cercle de terreur et de respect qui avait au moins quinze pas géométriques de rayon. Une vieille femme expliqua ? maitre Coppenole que Quasmodo était sourd.

Sourd ! dit le chaussetier avec son gros rire flamand. Croix-Dieu ! c’est un pape accompli. Hé ! je le reconnais, s’écria Jehan, qui était enfin descendu de son chapiteau pour voir Quasimodo de plus près, c’est le sonneur de cloches de mon frère l’archidiacre. – Bonjour, Quasimodo ! Diable d’homme ! dit Robin Poussepain, encore tout contus de sa chute. Il paraît : c’est un bossu. Il marche : c’est un bancal. Il vous regarde : borgne. Vous lui parlez : c’est un sourd. Ah çà, que fait-il de sa langue, ce Polyphème ? s 1 simarre dérisoire du pape des fous. Quasimodo s’en laissa revêtir sans sourciller et avec une sorte de docilité orgueilleuse. Puis on le fit asseoir sur un brancard bariolé. Douze officiers de la confrérie des fous l’enlevèrent sur leurs épaules ; et une espèce de joie amère et dédaigneuse vint s’épanouir sur la face morose du cyclope, quand il vit sous ses pieds difformes toutes ces têtes dhommes beaux, droits et bien faits.

Puis la procession hurlante et déguenillée se mit en marche pour faire, selon l’usage, la tournée intérieure des galeries u palais, avant la promenade des rues et des carrefours. Victor HUGO « Notre Dame de Paris » – Livre I – Chapitre V DOCUMENT 2 Passager clandestin de la littérature, le monstre habite des romans et des récits dont la lecture procure un plaisir difficile à avouer. De même qu’on hésite à parler de la curiosité qu’on éprouve pour les faits divers.

Le monstre est pourtant un hôte permanent de Fimagination humaine. Etre protéiforme, il resurgit sous un nouveau masque là où on avalt cru s’en délivrer et en purifier le monde. Il jalonne ainsi tout ‘histoire de la culture des hommes. Sur les frontières incertaines du visible et de l’invisible, insaisissables et pourtant omniprésents, les chimères, les lamies, les satyres, 6 1 pensée de savants fous, forment un cortège maudit, rejeté par l’humanité mais courtisé par la légende. Qui sont ces monstres ?

De malheureuses victimes de malformations physiques que les camelots exhibent dans les foires et dont le commerce a donné naissance à d’odieuses pratiques de mutilation, comme le montre Victor Hugo dans L’homme qui rit ? Ou des êtres malveillants dont les nomalies physiques exhibent la perversité ? Doués d’une ambiguité fondamentale, les monstres suscitent peur et pitié, répulsion et fasclnation. Condamnés à l’exclusion Ils incarnent d’abord la différence. Affligés de difformités morphologiques, ils provoquent une répulsion et une interrogation.

Des êtres d’une apparence aussi étrange induisent par analogie un jugement moral, hâtif, mais vite porté par le bon sens populaire et habilement exploité par les esprlts cultivés, comme le prouve la chasse aux sorcières menée par les Inquisiteurs au Moyen Age. De tels vices hysiques ne peuvent que manifester la noirceur de l’âme. L’horreur engendrée par les monstres fait planer une menace de mort qu’il est urgent de repousser : le monstre est voué à l’exclusion.

Mals les secrets qu’il laisse entrevoir sur les mystères de la VIe humaine suscitent simultanément une curiosité bien proche du désir. Le désordre et le mal que représente le monstre ne sont-ils as le signe d’une transgression des tabous, des PAGF70F11 est peuplée de créatures inquiétantes, au corps constitué d’organes disparates. Leur apparition suscitait la terreur, aussi bien chez les ieux que parmi les hommes : on leur prêtait des pouvoirs redoutables et elles se livraient en effet à des actes d’une cruauté infâme.

Elles symbolisaient des forces instinctives irrépressibles, susceptibles de détruire l’ordre de l’univers. 6 Entre surnaturel et folie Le thème du double, issu des croyances aux métamorphoses démoniaques des loups-garous, par exemple, et à l’existence des incubes et des succubes, est ? l’origine de nombreux récits fantastiques qui reprennent le thème en le transformant profondément : l’explication relève de moins en moins du surnaturel et suscite de lus en plus ‘hésitation qui caractérise la ittérature fantastique.

Le Diable amoureux de Cazotte (1722), inspiré par l’intérêt que portait l’auteur ? l’illuminisme, évoque l’aventure angoissante d’un capitaine espagnol envoûté par la grâce sublime d’une jeune femme, apparue d’abord sous les traits effrayants d’un chameau. Le récit, humoristique et sceptique, ranime avec légèreté la peur ancestrale des succubes. Mais la ranimer au moment où le rationalisme vient de lui donner congé, n’est-ce pas avouer la nécessité de croire a ces légendes qui fascinent autant qu’elles B1