Intervenants

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Universite Lumiere Lyon 2 ISPEF Licence de sciences de l’education Cours 3PA16815 : Approches des disciplines de l’enseignement primaire Alain KERLAN Titre du dossier : Les intervenants a l’ecole elementaire : un enjeu pour les enseignants et pour l’ecole ? Nom : DELEUZE Prenom : Jean-Marc N° d’etudiant : 8202589 Annee universitaire 1999/2000 2 Les intervenants a l’ecole elementaire : un enjeu pour les enseignants et pour l’ecole ? 1. La part du vecu : Il se trouve que j’ai ete adjoint en 92/93 et 93/94, directeur en 94/95 et 95/96 et que je travaille depuis aupres d’un Inspecteur de l’Education Nationale.

J’ai donc vecu en quelques annees differentes positions par rapport aux intervenants : · En tant qu’adjoint, l’avantage des intervenants etait de me decharger d’une demi-classe (en EPS) ou de la classe entiere (education musicale) pour des disciplines ou des activites pour lesquelles je ne me sentais pas competent. L’inconvenient etait tres faible puisqu’il n’y avait pas encore de convention ou de formalisation a donner a cette collaboration. De plus, ces intervenants etaient tres performants, techniquement et pedagogiquement, ce qui me dispensait de toute tache de l’ordre de la « gestion des comportements indesirables ».

J’avais pris pour principe de profiter de l’intervenante

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en education musicale pour me former, essentiellement par observation. A cette epoque, l’enseignant pendant ces interventions etait, dans les faits, presque toujours present mais souvent concentre sur la correction des cahiers… · En tant que directeur, j’ai du gerer les emplois du temps de la natation, des langues, de l’education musicale, de etudes et de la BCD. A cette occasion, j’ai pu constater le volume horaire (29% de l’emploi du temps des eleves en presence d’intervenants), la difficile gestion des objectifs (le pectacle de fin d’annee etait-il vraiment un objectif d’apprentissage ? , jeter un enfant dans l’eau lui apprend-il a nager ? ), des prerogatives (renvoyer un eleve dans sa classe pour indiscipline) et des statuts (qui decide de la forme et du contenu en musique ? ). A cette epoque, on commencait a integrer les intervenants dans le projet d’ecole, celui de la classe, a les convier aux reunions de cycles et aux conseils des maitres… Il fallait donc negocier. · Ces trois dernieres annees, j’ai travaille notamment avec le Conseiller Pedagogique d’EPS charge de gerer tout le secteur « intervenants ». M’y etant interesse auparavant et participant a ‘informatisation de la gestion de la circonscription, j’ai pu constater la complexite des textes, parfois contradictoires, et la lourdeur de cette gestion, essentiellement justifiee par la necessite de respecter des regles de securite, d’ou conventions, agrements, « projets piscine », comptages multiples, declarations, dossiers de classes vertes, de sorties, etc… Une part grandissante de l’emploi du temps de ce Conseiller pedagogique s’est developpee autour de ce suivi ainsi qu’a la prise en compte des implications de cette inflation d’intervenants (calcul du « poids horaire », negociations avec les structures, rappel des textes concernant les esponsabilites pedagogiques et penales,…) si bien que les problemes « urgents de la Rentree » de gestion et de reglementation etaient resolus aux vacances d’hiver… Pour autant, le renouvellement 3 des dispositions officielles monopolisant l’attention, il ne restait pas de temps pour se consacrer a une analyse plus globale concernant ces intervenants. C’est la raison d’etre du present dossier. 2. Definition : On s’appuiera generalement sur la notion d’intervenant exterieur (« …apporte un eclairage technique ou une autre forme d’approche qui enrichit l’enseignement et conforte les apprentissages conduits par ‘enseignant de la classe » : Code Soleil de 1993). Il s’agit de la vision classique de l’intervenant (hors Education Nationale) a propos de laquelle on peut malgre tout interroger le terme « exterieur » ; il y aurait donc des intervenants interieurs… Pour cette raison, je considererai plutot comme intervenant toute personne non-enseignante assurant ou participant a une activite avec des eleves de l’ecole, que ce soit ou non dans le cadre des horaires et des locaux scolaires, des lors que son action necessite l’accord ou une quelconque collaboration avec les enseignants.

Sont ainsi notamment integres dans cette definition les aides-educateurs (recrutes et salaries par l’Education Nationale, mais non-enseignants et rattaches a un College), les surveillants des etudes (recrutes et salaries par les communes) et les parents benevoles. 3. Problematique : Des intervenants, pourquoi, pour quoi faire ? Quelles indications nous donnent-ils sur l’evolution de l’ecole ? L’ecole n’est plus un lieu ou ne coexistent que des enfants et des enseignants. La communaute educative regroupe aussi les parents, le personnel de service et les intervenants, qu’ils soient benevoles u salaries. Si le projet d’ecole est suppose integrer celle-ci, les premiers responsables des activites, sur le plan pedagogique mais aussi legalement et penalement, demeurent les enseignants. Les intervenants posent ainsi differents problemes a l’institution qui reagit en conciliant des realites et volontes contradictoires (polyvalence des maitres et professionnalisme de certains intervenants), en evitant (priorites et budgets des communes) ou en provoquant (« zepiens ») des disparites. Certains principes forts ne sont pas si totalitaires qu’il n’y parait au premier abord. Ainsi, les

Moniteurs de Natation Sportive, comme tous les intervenants professionnels encadrant des activites « a encadrement renforce », meme s’ils doivent entrer dans le projet pedagogique de l’enseignant titulaire de la classe, ne mettent pas en cause le principe de polyvalence du maitre ; on admet que, pour des raisons de securite, la polyvalence est ici reduite a la gestion pedagogique de l’activite. Selon les statuts (professionnels ou benevoles, salaries de la commune, attaches a un centre de « classe verte » ou aides-educateurs, agree ou non, reguliers ou occasionnels), selon les disciplines (sport, arts plastiques, education musicale, langues vivantes, BCD, informatique), les negociations concernant le role, la responsabilite et les prerogatives sont differentes. C’est pourquoi nous nous proposons : · de definir les problemes dus aux intervenants en fonction de ces differentes typologies que nous essaierons ensuite de reduire en fonction des enjeux, · de nous pencher sur la vision des relations enseignants – intervenants que nous propose la Charte du XXIeme siecle censee prefigurer l’ecole de demain, · d’explorer le sens de l’emploi somme toute recent du concept de polyvalence, fin de mieux cerner les enjeux que representent les intervenants a l’ecole elementaire. 4. Les intervenants salaries : Tous a la charge financiere exclusive des communes, sauf en ce qui concerne les APA et AIPE. 4. 1. Les chiffres : 37 intervenants salaries (hors APA et AIPE) pour la Circonscription de Lyon IX, 128 interventions remunerees (plusieurs intervenants travaillant dans plusieurs ecoles) a environ un tiers des classes est concerne. 4. 2. EPS : Convention avec la commune (et l’organisation si l’intervenant n’est pas salarie communal) et l’Education Nationale renouvelable par tacite reconduction. Agrement de l’IEN par delegation de ‘IA. Materiel pedagogique a la charge de l’ecole. Part horaire des intervenants limitee a 1/3 en EPS. Co-responsabilite de l’enseignant. 4. 3. Natation : Les agrements des Moniteurs de Natation Sportive sont geres par le Conseiller Pedagogique de Circonscription. Convention avec la commune et l’Education Nationale renouvelable par tacite reconduction. Agrement de l’IA. La commune a la charge budgetaire des MNS et de l’entretien technique de la piscine, des conventions permettent a d’autres communes d’en beneficier. Materiel pedagogique a la charge de la commune. Co-responsabilite de l’enseignant dans le cadre d’un projet piscine » gere au niveau de la Circonscription. 4. 4. Musique : Co-redaction avec les enseignants concernes du « projet d’action musicale » soumis aux Conseillers Pedagogiques Departementaux d’Education Musicale. Convention avec la commune et l’Education Nationale renouvelable par tacite reconduction. Agrement de l’IEN par delegation de l’IA. Materiel pedagogique a la charge de l’ecole et/ou de la commune. Co-responsabilite. 5 4. 5. LVE : Fiche individuelle « langues vivantes a l’ecole elementaire, contrat moral, pedagogique et financier » de l’Academie. Convention avec la commune et l’Education Nationale renouvelable par acite reconduction. Agrement de l’IA. Materiel pedagogique a la charge de l’ecole et/ou de la commune. Co-responsabilite de l’enseignant. 4. 6. Activites ponctuelles (classes vertes, sorties, AIPE, APA) : Projet « Classes de decouverte, AIPE, APA » adresse a l’IEN. Validation (et eventuellement financement) du dossier par l’IA. Agrement des intervenants exterieurs par l’IA d’accueil. Sorties regulieres ou sans nuitee autorisees par le directeur. Coefficient d’encadrement variable selon l’age et l’activite. Co-responsabilite. 4. 7. Aides-educateurs : Salaries de l’Education Nationale.

Intervention definie par les enseignants dans le cadre de la convention AE / Education Nationale. Co-responsabilite. 4. 8. Les surveillants des etudes : Salaries des communes. Convention d’utilisation des locaux commune/directeur. Aucune responsabilite des enseignants. 4. 9. Conclusion : On constate que toutes les interventions salariees font l’objet de conventions. Seuls, les surveillants des etudes ne sont pas soumis a un agrement et n’engagent pas la responsabilite des enseignants. Dans tous les autres cas, celle-ci est partagee. L’Inspection Academique delegue l’agrement a l’IEN sauf dans les cas de la natation, des LVE et es projets se deroulant a l’exterieur (classes vertes) ou engageant sa propre responsabilite (APA, AIPE). 5. Les intervenants benevoles : 5. 1. Les chiffres : 79 intervenants benevoles pour la Circonscription de Lyon IX, 93 interventions remunerees (plusieurs intervenants travaillant dans plusieurs ecoles) a environ un tiers des classes est concerne. 5. 2. BCD : C’est le directeur de l’ecole qui valide la liste des parents benevoles et qui l’envoie pour information a l’IEN. Responsabilite des enseignants. Aucune obligation de projet ecrit, pas de convention. 6 5. 3. Sorties :

Liste des benevoles agreee par le directeur pour les sorties regulieres ou sans nuitee, par l’IEN dans les autres cas. Coefficient d’encadrement variable selon l’age et l’activite. Dans tous les cas, le benevole doit connaitre le projet, les lieux, les consignes de securite. Responsabilite des enseignants. 5. 4. Conclusion : Aucune convention ne reglemente l’intervention des benevoles. Mises a part les sorties avec nuitee(s), il n’y a pas obligation de projet ecrit. Aucun agrement n’est demande, on se limite a un engagement de la part des enseignants a informer les benevoles du projet et de ce qui concerne la securite.

Le directeur engage sa responsabilite dans le choix des personnes (malgre le fait qu’il peut difficilement refuser des parents qu’un adjoint a sollicites), celle des enseignants est entiere dans l’ensemble des activites. 6. Analyse : On voit ces differents types d’intervenants se regrouper en 3 grandes categories : – La categorie 1 recense ceux qui concernent les sports « a encadrement renforce » (dits « a risques »). Leurs activites sont tres reglementees pour des raisons de securite. Leur responsabilite est engagee, y compris penalement. Ils regroupent les animateurs techniques des centres d’accueil de lasses vertes, les salaries ou vacataires, municipaux ou non, encadrant des activites telles que l’escalade. Leur agrement est soumis a l’obtention d’un diplome. Dans leurs activites, l’enseignant fait office d’accompagnateur et, au mieux, d’aide a l’encadrement. L’enseignant partage la responsabilite, il doit etre a l’initiative de l’elaboration du projet d’activite, il participe a la surveillance. Dans ces activites, il gere essentiellement l’aspect pedagogique, les contenus relevant de la competence quasi-exclusive de l’intervenant. L’enseignant observe les enfants mais il n’y a as ou peu de transfert de competences de l’intervenant vers lui, ce transfert etant d’ailleurs sans grand interet puisque la prise en charge de l’activite est soumise a un diplome particulier. Les finalites sont communes : il s’agit d’une initiation, limitee dans le temps, qui ne fait pas ou peu l’objet de tentative « d’enrolement » (pousser l’enfant a s’engager plus definitivement dans l’activite ou vouloir reproduire ce qui se passe dans un club, avec ses valeurs et finalites propres) de la part de l’intervenant. – La categorie 2 regroupe ceux qui concernent les activites traditionnelles de l’EPS, l’education usicale, l’initiation aux langues vivantes, les activites culturelles ponctuelles des AIPE et des APA. Ils sont salaries municipaux ou d’associations, exterieures (AIPE et APA) ou locales (ecoles de musique), ou vacataires (langues). Ils interviennent dans des domaines relevant de la 7 polyvalence des enseignants de l’elementaire qui se sentent insuffisamment competents. Ils font l’objet d’agrements attribues par l’Inspection Academique. Leurs activites sont definies en concertation avec les enseignants, qui sont seuls responsables et qui doivent participer, et sont decrites dans le cadre d’une convention.

La tendance institutionnelle est a la limitation de leur emprise dans les activites scolaires (1/3 en EPS) ou a leur substitution par les enseignants formes a cet effet (Initiation aux Langues Vivantes Europeennes). Les contenus de l’activite faisant partie du registre theorique des competences de l’enseignant, celui-ci intervient dans sa definition, avec une bonne volonte variable selon les partenaires. L’agrement de l’intervenant apportant l’equivalent d’une part de la polyvalence theorique de l’enseignant, celui-ci est cense participer, observer et profiter de la technicite du « specialiste » pour operer un transfert de competences a son rofit. Les finalites sont rarement communes et font l’objet de pressions : l’enseignant veut integrer l’activite parmi les autres, avec les finalites et valeurs propres a l’ecole, l’intervenant tend a imposer ses pratiques professionnelles (concurrence, engagement et valeur de l’effort pour les ecoles de musique et les sports, pratiques du secondaire pour les langues). – La categorie 3 recense les aides-educateurs, les surveillants des etudes et les benevoles. Ils ont en commun, malgre des statuts differents, d’intervenir, sans qualification particuliere, dans des omaines relevant davantage de l’education que de l’instruction, du cote de l’axiologie plus que de celui de la praxeologie. Ils ont pour taches d’accompagner (sorties) ou de decharger l’enseignant en assurant une activite caracterisee par sa transdisciplinarite (etudes, BCD, informatique). Les aides-educateurs et les parents benevoles ne se substituent pas a la responsabilite des enseignants. Les surveillants des etudes interviennent hors temps scolaire, sous la seule responsabilite des communes. Les conditions d’agrement sont tres variables : l’ aide-educateur est recrute et salarie ar l’Education Nationale, les surveillants des etudes le sont par les mairies, les parents benevoles sont, sur la base du volontariat, contactes par les enseignants, souvent au niveau de la classe, et « approuves » par le directeur de l’ecole. – Dans les taches d’accompagnement confiees principalement aux parents, leur role est d’aider a assurer la securite et le bien-etre des enfants parmi lesquels figurent souvent les leurs. La tendance est donc de negocier entre leurs propres valeurs educatives et celles de l’enseignant, entre leur attachement a leurs enfants et l’attention a porter aux autres.

Le « contrat » est generalement formule oralement lors d’une reunion preparatoire, sans transcription ecrite ulterieure et se limite essentiellement aux problemes de securite ; il n’y a pas ou peu d’echanges prealables sur les valeurs educatives. Les finalites ne sont donc pas ou peu definies. – Pour les etudes surveillees, quand elles ne sont pas assurees par des enseignants, elles font l’objet de negociations avec l’ecole, ne serait-ce que pour les problemes d’horaires et d’inscriptions. Il est generalement convenu de mettre en place un outil de liaison (cahier de texte de classe).

Ces surveillants sont recrutes parmi des jeunes adultes ou des meres de 8 familles. Les enseignants n’interviennent pas dans cette phase, ils peuvent ensuite, selon les cas, les contacter individuellement, faire des remarques aupres des collegues, du directeur, de la mairie ou en conseil d’ecole. On est donc dans une situation ou des personnes se substituent aux parents pour des taches de repetition, de consolidation, de remediation, de metacognition qui interferent substantiellement avec le travail des enseignants. Si les parents peuvent se reclamer legitimement co-responsables de l’education de leurs enfants, particulierement ompetents quant a la connaissance qu’ils ont de leur fonctionnement, et informes des pratiques et valeurs de l’enseignant (reunion de rentree, rencontres informelles), les surveillants des etudes assurent avant tout un service de garderie, agremente de velleites educatives variables pour lesquelles ils n’ont ni legitimite ni competences reconnues. – Pour les activites transdisciplinaires, on a vu d’abord un fort recrutement de parents benevoles, suivi recemment par une specialisation de fait des aides-educateurs auxquels on confie assez caricaturalement les activites relevant de la BCD et de l’informatique.

Generalement, les parents sont contactes d’abord au niveau des classes, puis une harmonisation generale s’organise autour du planning d’occupation de la BCD. Ces benevoles sont declares par le directeur a l’Inspecteur de Circonscription et leur repartition se fait en fonction des classes et des tranches horaires. Les competences requises sont plus ou moins definies et controlees, la tendance etant de ne pas refuser les bonnes volontes quitte a « equilibrer » les equipes. Les reunions preparatoires peuvent s’organiser au niveau de la classe et/ou de l’ecole, de facon tres variable.

L’activite des benevoles en BCD va de la gestion du simple pret a l’aide a la recherche documentaire, en passant par des moments d’animation (lectures de contes), en presence ou non de l’enseignant, en classe complete ou non. Generalement, les seules traces ecrites de ces interventions se retrouvent dans le « Reglement Interieur » de la BCD, la liste des benevoles et leur rotation, quelques lignes dans un compte-rendu de conseil d’ecole, parfois une partie du projet pedagogique de l’enseignant. Si on peut supposer que ces parents ont une affinite pour l’objet livre, et peuvent donc communiquer ce gout aux enfants, dans le cas ou ces enevoles ne se limitent pas a gerer les prets, on leur confie en fait l’apprentissage de taches complexes (recherche et traitement de l’information) requerant de la part des enfants des competences metacognitives, taches censees etre l’apanage des enseignants. Les aides-educateurs se substituent partiellement a ces parents pour la BCD. On hesite souvent encore moins a leur confier une partie de la classe pour des activites de recherche ou des animations, plus ou moins explicitees par les enseignants, generalement moins que pour les parents. On leur accorde donc une plus grande confiance et/ou une plus grande delegation. Les races ecrites sont encore moins nombreuses, l’ aide-educateur etant plus ressenti comme faisant partie de « l’equipe » que les parents, le partage des valeurs de l’ecole etant cense acquis. On leur confie volontiers le « boulet » informatique et telematique, rarement reparti dans les 9 classes et preferentiellement regroupe dans une salle ad hoc que les enseignants ressentent comme plus adaptee a une utilisation en decloisonnement. Les aides-educateurs, formes d’ailleurs souvent par l’institution aux NTIC, ont donc en charge des activites informatiques allant de la consolidation / remediation (avec des consignes exigeantes mais lapidaires telles ue « fais-leur travailler les accents » ou vagues comme « fais-leur faire de l’ Atout-Clic ») a la recherche documentaire sur Internet. On assiste donc la, encore davantage qu’avec les parents benevoles, a la delegation d’une partie des apprentissages (operee par les enseignants au profit d’intervenants qui n’ont beneficie d’aucune validation pedagogique) qui mettent en jeu des competences parmi les plus complexes (metacognition, recherche et traitement de l’information), et, semble-t-il, encore mal investies par l’ecole, si ce n’est au travers d’une incitation ministerielle peu explicite par la mise en place des « etudes dirigees ».

On peut voir ici un danger au niveau des enjeux de l’ecole a, concomitamment a une volonte de professionnalisation du metier d’enseignant par la creation des IUFM et du statut de « professeur des ecoles », laisser ceux-ci renoncer implicitement a la prise en charge des strategies et processus de l’apprentissage. Cette categorie 3 prend donc en charge des activites transdisciplinaires, s’eloignant ainsi des contenus (instruction) pour aller vers la globalite (education), prenant en charge pour partie les valeurs de socialisation et d’emancipation de l’ecole. Ce point est d’autant plus problematique que ette categorie est, des trois ainsi definies, celle qui recense le moins de qualification. On revoit peut-etre ici l’idee recurrente qu’enseigner est un metier plus qu’une profession, que l’instruction est plus « qualifiante » que l’education, que la polyvalence marque d’abord une absence de professionnalisme. Ces 3 grandes categories ne sont evidemment pas etanches. C’est ainsi que la natation, consideree comme sport a risque, donc relevant de la categorie 1, ne cantonne pas l’enseignant a un role de simple surveillant. Ici, un MNS est charge specifiquement de la surveillance du bassin pendant que les ctivites sont cogerees ou partagees entre enseignants et moniteurs. De meme, les aides-educateurs font l’objet d’un recrutement beaucoup plus strict que les parents benevoles. Cependant, il ressort de ce classement trois profils d’intervention qui, quelle que soit leur diversite interne, posent des problemes specifiques : – La categorie 1 est sur-reglementee pour des raisons de securite. Le principe de la polyvalence des enseignants est ici abandonnee, l’institution exige simplement une coherence educative. Ni les finalites ni les competences ne sont concurrentes. On peut considerer que, faute de tensions, les ctivites concernees ne posent pas de probleme a l’ecole, d’autant que, des trois categories, c’est celle qui represente la plus petite part quantitative de l’emploi du temps des enfants. – La categorie 2 concerne des activites entrant dans le champ du principe de la polyvalence des enseignants, c’est aussi celle qui represente la plus grande part horaire dans l’emploi du temps des 10 enfants. L’institution tente de l’amenuiser (EPS), de la ponctualiser (AIPE, APA) voire de la supprimer (LVE) par le biais de la formation continue. On peut egalement justifier cette position ar les tensions rendues inevitables par des finalites differentes entre enseignants et intervenants, tensions qui rendent problematique le poids des valeurs de l’ecole dans la negociation et l’application des conventions. D’autre part, cette categorie regroupant l’essentiel des interventions financees par les mairies, l’unite nationale de l’ecole peut se trouver menacee par des orientations budgetaires communales tres variables, donc sources d’inegalite geographique et de menaces locales sur l’independance de l’ecole. – La categorie 3 est celle qui regroupe les intervenants les moins qualifies auxquels sont pourtant onfiees les activites les plus transdisciplinaires. On peut craindre la une demission des enseignants et un laisser-faire de l’institution aboutissant a une limitation du role des professeurs des ecoles a la transmission de contenus disciplinaires juxtaposes dont il ne leur reviendrait plus d’assurer la transversalite. Le statut des aides-educateurs n’ayant pas encore prevu de reconduction de leurs contrats loin dans l’avenir, on peut esperer que les enseignants finiront par se saisir notamment de la BCD et des NTIC. D’une facon plus generale, les parents, tout comme les benevoles et les surveillants des etudes ans les locaux scolaires, continueront-ils a avoir la charge de l’apprentissage pendant que les enseignants se satisferont de la presentation des notions et de l’evaluation des acquisitions ? 7. Vers la Charte du XXIeme siecle : 7. 1. Extraits (BO n°13 HS du 26 novembre 1998) : « Outre les parents, de nombreux partenaires participent a l’education des enfants. L’ecole n’est donc pas seule en cause. Les rapports entre ces partenaires ont ete repenses dans le cadre des contrats educatifs locaux, associant les ministeres concernes et prevoyant les synergies souhaitables avec les collectivites locales et le secteur associatif.

Ces contrats qui visent a organiser les journees de l’enfant conformement a ses rythmes de vie preciseront, en particulier, la maniere d’occuper des temps non scolaires, ceux utilises par les transports, l’accueil, la cantine, la fin d’apres-midi. Cette charte et la circulaire sur les contrats locaux sont des textes complementaires. (…. ) Il ne doit pas y avoir une matinee avec cartable et une apres-midi sans cartable. Cette conception a conduit soit a confier completement l’apres-midi a des intervenants exterieurs a l’ecole, soit, comme en Allemagne, a rendre aux familles les enfants a partir de 14 heures.

Au contraire, d’apres nous, l’acte educatif doit etre present tout au long de la journee scolaire meme dans les exercices aux apparences plus ludiques (l’apprentissage du dessin, le sport) ou moins scolaires (l’habillage en maternelle). L’ activite de l’apres-midi doit donc etre concue et executee sous l’autorite des enseignants de l’ecole primaire. (…) 11 On peut envisager une configuration de la journee sur des bases differentes de celles d’aujourd’hui et definie selon les ecoles et les equipes, en respectant les rythmes des enfants, le tout sur la base d’un cahier des charges national.

Cette configuration repose : – sur les enseignants, qui, outre leur activite d’enseignement, sont responsables de la coordination de toutes les activites organisees sur le temps scolaire, – sur les aides-educateurs specifiquement affectes a l’ecole, – sur les intervenants exterieurs de formation artistique, culturelle ou sportive, mais qui devront a l’avenir etre explicitement integres dans l’equipe educative. (…) Les activites de l’apres-midi doivent rester de la pleine responsabilite des enseignants, soit qu’ils les conduisent directement, soit qu’elles se deroulent sous leur controle. Ceux-ci se concertent egulierement avec les aides-educateurs et les autres intervenants pour leur donner des indications sur les connaissances et les aptitudes qu’ils peuvent et doivent solliciter chez les eleves, recevoir d’eux des informations sur les capacites, non necessairement scolaires au sens usuel, dont les eleves font preuve a travers ces activites et qui doivent etre reutilisees et valorisees dans la classe. (…) Tout le monde s’accorde sur la necessite du travail en equipe des enseignants (reconnue dans la loi d’orientation de 1989 et concretisee par les conseils de cycles et les conseils de maitres) mais aussi ur celle de la presence d’adultes en surnombre, condition essentielle pour ameliorer la qualite des rythmes de l’eleve a l’ecole. Or, la presence des aides-educateurs, mais aussi des educateurs sportifs et culturels remuneres par les villes ou les associations, constitue aujourd’hui une donnee effective sur laquelle l’experimentation doit etre construite. A partir de cette experimentation pourront alors etre mieux definis les types d’equipes qui sont a meme de prendre en charge, d’une maniere optimale, les evolutions necessaires. (…) Replace dans ce cadre, le metier de professeur des ecoles apparait sous un jour nouveau.

Il ne s’agit plus de l’instituteur traditionnel, seul dans sa classe, charge de tout faire. Cette conception a ete essentielle pour fonder l’Ecole de la Republique mais ne correspond plus tout a fait aux temps presents et a du mal a repondre tant a la demande sociale qu’aux necessites de modifier les savoirs enseignes. Les professeurs des ecoles comme les instituteurs sont attaches a leur necessaire polyvalence. Ils continueront a recevoir une formation professionnelle tres solide concernant les moyens pedagogiques a choisir pour atteindre les objectifs evoques dans la premiere partie. Mais il leur faut ussi oeuvrer a ce que les arts (chant, dessin, danse… ), l’education physique et sportive, les langues vivantes, l’usage de toutes les nouvelles technologies soient enseignes de la maniere la plus pertinente possible par l’equipe des enseignants de l’ecole assistee des aides-educateurs et des intervenants “exterieurs”. 12 La nouvelle organisation de la journee permettra a chaque enseignant de valoriser au mieux ses aptitudes personnelles en s’investissant plus a fond dans certains des domaines evoques plus haut. Loin d’abandonner leur necessaire polyvalence, les enseignants la feront vivre de facon nouvelle ans l’interet des enfants et suivant leurs propres inclinations. Le travail en equipe des enseignants d’une part, des enseignants et des autres adultes intervenant dans l’ecole, d’autre part, prendra alors de nouvelles dimensions. Apres l’evolution culturelle qu’a ete la decision de Lionel Jospin de recruter les professeurs des ecoles au niveau de la licence, une mutation du metier est en cours dans l’enseignement primaire. Le professeur des ecoles reste l’adulte de reference pour une classe. Cependant, il n’est plus le seul adulte au contact des enfants dans l’ecole. Desormais, son role est double : il dispense l’enseignement t il participe a la coordination d’une equipe. L’emergence de la nouvelle ecole primaire, premier service public du pays, justifie de nouveau devant la population la revalorisation de la fonction d’enseignant des ecoles. (…) Il est de la responsabilite de l’ecole de donner a l’ensemble des activites de la journee une coherence educative dont les maitres sont les garants. (…) Les diverses formes de cooperation et la souplesse de gestion des horaires devraient permettre, dans l’esprit de la charte, de liberer du temps pour les enseignants, temps utilisable pour des activites de outien, de coordination du travail des differents intervenants et de formation. (…) La journee est la base de reference pour l’organisation du travail de l’eleve. La journee a l’ecole, pour de nombreux enfants, depasse largement le temps d’enseignement. De plus, un grand nombre d’ecoles beneficie de l’apport d’aides-educateurs et d’intervenants exterieurs. Par ailleurs, de nouvelles formes d’organisations scolaires, periscolaires et extra-scolaires se sont developpees ces dernieres annees. C’est pourquoi, plus que jamais, les directeurs et les enseignants, chacun pour ce qui les concerne, oivent rester les coordinateurs et les garants de l’organisation pedagogique et educative du temps scolaire. C’est a eux que revient la responsabilite de mobiliser l’ensemble des ressources disponibles, d’articuler les diverses interventions, d’en fixer les objectifs et d’en evaluer les resultats. Ils sont ainsi, vis-a-vis des parents, des interlocuteurs privilegies travaillant a la mise en oeuvre des finalites generales de l’ecole dans des situations et des contextes specifiques. Ils contribuent, de ce fait, a incarner de maniere precise et a travers des activites diverses le projet educatif national.

Pour eviter discontinuite et eparpillement du temps et des activites de l’enfant, et dans le souci que l’ensemble de ces activites participe de facon harmonieuse et complementaire aux apprentissages de l’eleve, aux progres et a l’equilibre de l’enfant, il est necessaire de veiller a la coherence de toutes les interventions et a la coordination des actions des differents intervenants. Pour cela, il importe d’identifier la nature exacte des apprentissages qui peuvent etre effectues dans l’ensemble des activites proposees tout au long de la journee. A cet egard, il est necessaire de veiller 3 a eviter toute simplification et tout schematisme : chaque activite doit etre analysee precisement afin d’identifier les acquisitions qu’elle permet dans tous les domaines. (…) Le temps de presence dans l’ecole comprend lui-meme : . le temps d’enseignement du reglementairement aux eleves (26 heures hebdomadaires sur 36 semaines) : pendant ce temps, l’enseignant peut solliciter l’aide d’aides-educateurs ou d’intervenants exterieurs et faire appel a des ressources documentaires ou technologiques. Cette demarche s’effectue toujours sous son controle et son entiere responsabilite.

C’est l’enseignant qui fixe les objectifs, garantit les processus d’apprentissage et evalue directement les resultats ; . le temps d’accompagnement dans toute sa diversite : accueil des eleves, recreation, cantine, etudes, clubs, groupes d’interets, activites socioculturelles. Ce temps d’accompagnement peut etre gere en partenariat avec d’autres acteurs que les enseignants mais les enseignants, notamment lorsqu’il s’agit d’activites effectuees dans l’enceinte de l’ecole, doivent pouvoir veiller a ce qu’une articulation existe avec le projet pedagogique, dans le cadre du projet d’ecole.

On voit ainsi que, au cours de la recherche engagee, le role nouveau de l’enseignant des ecoles sera precise. La recherche mettra a jour la definition possible de ce nouveau role et les conditions de son exercice.  » 7. 2. Commentaires et analyse : Ces extraits qui ne reprennent pas l’integralite des passages concernant les intervenants demontrent, par leur volume global, que ces « partenaires de l’ecole » constituent l’essentiel de cette Charte. Paradoxalement, ils sont presentes comme des acteurs assez passifs, des adultes en surnombre, souvent d’ailleurs consideres comme des ressources au meme titre et sur le meme lan que les nouvelles technologies, et comme du materiel experimental disponible permettant a terme de definir « les types d’equipes qui sont a meme de prendre en charge d’une maniere optimale les evolutions necessaires ». L’enseignant est : · pour les enfants : l’adulte de reference · pour les parents : l’interlocuteur privilegie · pour la nation : l’incarnation du projet educatif national · pour les intervenants, il est celui qui : · analyse les activites et identifie les acquisitions · controle, fixe les objectifs, garantit les processus d’apprentissage, evalue directement les resultats donne des indications sur ce qu’ils peuvent et doivent faire 14 · juge de la pertinence des enseignements qu’ils dispensent · dans son identite : · responsable de la coordination et de toutes les activites du temps scolaire · garant de la coherence · attache a la polyvalence mais libere pour s’investir plus a fond dans certains domaines. Si le modele allemand est apparemment rejete, il semble pourtant bien que l’enseignant serait appele a s’investir dans les matieres nobles du « lire, ecrire, compter » et deviendrait surtout le specialiste des processus d’apprentissage, tout en ayant un bagage suffisant pour analyser, oordonner et evaluer toutes les pratiques specialisees des intervenants… une sorte d’ingenieur charge d’organiser et de gerer les apprentissages des eleves. Les intervenants sont censes subir la dictature omnisciente de l’enseignant sans sourciller, ils ne sont la que pour lui liberer du temps et valoriser sa fonction et son nouveau role, role qui reste d’ailleurs a definir apres la phase experimentale ainsi que les conditions de son exercice… Incontestablement, il est tres raisonnable de s’accorder un siecle pour esperer tant de bonne volonte pour les uns et de science pour les autres ainsi qu’une telle virtuosite des enseignants dans e travail en equipe. 8. La polyvalence : Le mot polyvalence est d’usage relativement recent, surtout en ce qui concerne le premier degre : premieres occurrences officieuse en 1949 et officielle en 1972. Aucune definition precise n’est proposee ; son usage est plutot de nature incantatoire et limite a la formation initiale et aux enseignements menaces. L’institution multiplie pourtant les references a ce qu’elle presente comme une valeur fondatrice. Dans le rapport de l’IGEN de 1997, une enquete sur les representations que s’en font les enseignants du premier degre fait apparaitre trois conceptualisations prioritaires : aptitude a enseigner toutes les disciplines, avec une egale competence et sans en privilegier aucune, · aptitude a faire decouvrir ou a creer des liens et des coherences a l’interieur d’une discipline et entre les disciplines, · aptitude a enseigner a tous les niveaux de l’enseignement primaire. Le concept de polyvalence est donc ambigu, concu tantot comme une pluricompetence, tantot comme la capacite a mettre en oeuvre cette pluricompetence, sans reference directe a l’eleve. L’attachement des enseignants, enonce comme une donnee dans la Charte du XXIeme siecle, n’est partagee que par la moitie d’entre eux : 5 · pour la polyvalence : l’interet professionnel, les limites de toute specialisation, l’affirmation et la revendication d’un territoire propre, le caractere affectif de la relation educative, la dimension unitaire et prioritaire de l’acte educatif, la necessite d’un interlocuteur unique et la meilleure connaissance des enfants, · contre la polyvalence : le manque general de temps, le manque personnel d’interet ou de competences pour certaines disciplines, les exigences de la preparation au college et la necessite d’un reequilibrage au profit des disciplines autres que le francais et les athematiques. Le paradoxe de la polyvalence est que, d’une part, elle est concue comme une caracteristique de l’ecole primaire qui assure sa specificite, et que, d’autre part, elle est a peu pres invisible dans les offres de formation de l’institution. Elle tient lieu de drapeau identitaire, mais sa fonction reelle est la defense de l’ecole. Sa mise en oeuvre doit eviter a la fois une derive disciplinaire et une derive instrumentale et constitue en fait une specialisation d’un troisieme ordre : technique du traitement de l’information et des processus d’apprentissage. 9. Conclusion generale :

On constate bien cette specialisation dans la Charte du XXIeme siecle. Les intervenants, de tous types, constituent une donnee de l’ecole que personne n’envisage de remettre en cause. Par contre, leur multiplication pose la question du role et de l’identite professionnelle de l’enseignant et plus generalement celle de l’existence meme de l’ecole : n’est-elle qu’un lieu de convergence centre sur l’enfant ? La Charte tente de defendre l’ecole en definissant provisoirement le professeur des ecoles comme un specialiste du traitement de l’information et des processus d’apprentissage, en ne traitant pourtant que es statuts et roles des intervenants exterieurs et des aides-educateurs, alors que les personnes regroupees dans notre categorie 3 interferent precisement sur le domaine de specialisation pressenti pour les enseignants. Ce silence, qui ne saurait etre involontaire, devrait etre questionne. Les intervenants revelent ainsi trois enjeux : · Dimension unitaire de l’acte educatif : Transformer les enseignants en ingenieurs des apprentissages, dans les conditions annoncees par la Charte, est un objectif qui peut effectivement sauvegarder cette unite. On comprend bien la necessite de situer ce nouveau type d’enseignant dans une demarche de echerche-action. Faudrait-il encore que la formation releve ce defi, que la mentalite individualiste des enseignants, exacerbee par l’institution depuis longtemps (« un maitre, une classe ») , s’adapte a un travail collaboratif et que des taches telles que celles repertoriees dans la categorie 3 soient l’objet d’une rapide reappropriation par les instituteurs et professeurs des ecoles. 16 · Enjeu economique : La Charte, en considerant les intervenants, ainsi que les nouvelles technologies, comme des ressources permettant a l’enseignant de se concentrer sur sa future specialite, enterine la ependance de l’ecole primaire vis-a-vis des communes. Aucune obligation n’est faite a celles-ci de « jouer le jeu » ou de le faire d’une facon egale d’une ecole a l’autre. Le consumerisme actuel pourrait donc s’en trouver renforce. · L’identite et la defense de l’ecole et de ses enseignants : L’ecole, selon les termes de la Charte, est censee « repondre a la demande sociale » et « aux necessites de modifier les savoirs enseignes ». Dans le meme temps, les enseignants « contribuent a incarner de maniere precise et a travers des activites diverses le projet educatif national ».

Le professeur des ecoles se detacherait donc des contenus, d’autant plus sous-traites par des intervenants qu’ils seraient instables, ce qui le rendrait independant des modes et des influences, donc situe dans une sorte d’extra-territorialite bien dans l’esprit des fondateurs de l’ecole de la Republique. Documents utilises : · Bilan Intervenants LYON IX 1999-2000 · Enquete departementale sur l’EPS dans le 1er degre en 98 (IA) · Activites physiques et Collectivites territoriales (approche reglementaire de l’enseignement de l’EPS a l’ecole), Revue EPS n°14 · Les sorties scolaires, SAU N°91, mars 98 Gestion des intervenants exterieurs Lyon IX 1999 · Agrement pour intervenant benevole encadrement sortie de ski de fond Lyon IX · Convention pour l’organisation d’activites dans les ecoles primaires impliquant des intervenants exterieurs (IA) · Cadre pour determiner le niveau de qualification des intervenants benevoles, CPD IA, mars 98 · Agrement des intervenants exterieurs (BO N°34, 2 octobre 97) · Agrement des intervenants exterieurs remuneres (IA) · Proposition de note de service concernant l’intervenant exterieur · Interventions des partenaires dans l’ecole (SAU N°86, decembre 96) Organisation des sorties scolaires (BO N°6, 25 septembre 97) · Activites physiques de pleine nature (BO N°19, 10 mai 84) · Surveillance et securite des eleves (BO N°34, 2 octobre 97) · Participation d’intervenants exterieurs (BO N°29, 16 juillet 92) · Agrement des intervenants exterieurs (BO N°45, 17 decembre 87) · Attributions des IEN (Note de Service du Ministere, 23 decembre 96) · Enquete departementale EPS · Organisation d’activites impliquant des organismes exterieurs et Convention (IA) · Intervenants benevoles (Groupe de pilotage EPS Rhone) · Rapport de l’IGEN 1997 · Charte du XXIeme siecle