Impacts tourisme alpin Climalptour 2011

Impacts tourisme alpin Climalptour 2011

Climate change and its impact on tourism in the Alpine Space MPACTS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE SUR LE TOURISME ALPIN Approche par sites pour le projet Espace Alpin « ClimAlpTour » Etude réalisée par Christophe Chaix, MDP pour l’Université de Savoie 1 p g R LE TOURISME IMPACTS DU CHANG ALPIN Approche par sites pour le projet Espace Alpin « ClimAlpTour » Déterminer les impacts locaux du changement climatique sur le tourisme de montagne est un exercice de prospective complexe qui demande d’analyser de multiples facteurs à différentes échelles – facteurs environnementaux, sociaux, économiques, etc. r de anière quantitative et qualitative. Nous sommes donc limités par les données disponibles pour répondre à cet objectif. Nous proposerons toutefois une approche destinée à offrir aux gestionnaires et acteurs de terrain des premiers éléments de compréhension et d’analyse sur les impacts du changement qu’on appelle le climat. Bien que stable sur de longues périodes de temps, le climat lui-même évolue et se transforme sous l’action de facteurs naturels et depuis peu anthropiques. Ce changement de climat peut bouleverser les équilibres socio-économiques et environnementaux en place.

Il convient lors de s’intéresser aux modifications profondes que pourrait provoquer ce changement et d’anticiper leur évolution dans le temps. Face

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à ces changements, certaines activités touristiques deviennent vulnérables, d’autres peuvent se renforcer. Mais de quelles façons, et pour quel site ? Trois niveaux d’incertitudes se présentent face à cette problématique : Le premier niveau d’incertitude se situe sur la représentativité des donnees météorologiques pour caractériser le climat d’un site et son évolution passée et future.

Ce point est expliqué de manière plus complète en annexe (annexe 1). Le deuxième niveau d’incertitude concerne la connaissance des caractéristiques complètes d’un site : topographie, végétation, activités socio- économiques, histoire, etc. Enfin un troisième niveau d’incertitude se situe sur la connaissance des particularités des activités touristiques. La modification d’un paramètre climatique peut avoir des effets différents pour une même activité, qui dépend du site et des pratiques en place. approche doit donc être simplifiée pour obtenir des résultats dignes de nos moyens. Par Christophe Chaix 21 étude sera donc d’apporter des premières observations généralistes sur la ulnérabilité des activités touristiques dans le cadre du changement climatique, tout en connaissant nos lacunes sur les données climatiques in situ et les incertitudes associées. La connaissance du terrain est un élément indispensable pour ce genre d’étude d’impact.

Aucun modèle ne pourrait généraliser de manière automatique les impacts du changement climatique sur le tourisme montagnard sans cette connaissance. C’est pourquoi chaque site doit s’emparer du problème en utilisant tout d’abord les résultats et les pistes mis ? disposition dans cette étude, pour ensuite approfondir la uestion avec des personnes ressources qui connaissent le terrain et les enjeux et impacts du changement climatique (universitaires, associations… ).

Nous nous concentrerons donc pour la suite sur l’évolution climatique et les impacts attendus sur certaines formes de tourisme ; puis nous nous focaliserons sur la pratique du ski, seule activité fortement dépendante d’un paramètre physique quantifiable, la neige, et d’un support, la topographie, représenté par les caractéristiques du domaine skiable. En effet, pour les autres activités, le milieu naturel n’ayant pas eu forcément le emps de répondre à ces changements, l’impact n’est pas forcément visible ou mesurable. ermettant pas de retracer cette évolution, nous utiliserons des séries proches et complètes afin d’observer les changements en cours. a) L’évolution des températures, des précipitations et de l’enneigement dans les Alpes. L’étude des séries climatiques alpines (données Histalp) a mis en évidence quatre zones alpines pour lesquelles l’évolution des températures est pratiquement homogène depuis 1850 (fig. 1 à 5). Chaque partenaire peut situer son site touristique sur la carte (fig. ) et se reporter à la ourbe de synthèse de l’évolution des températures (fig. 2 à 5). De manière générale, les données météorologiques mesurées sur les sites (ou ? proximité) et fournies par les partenaires se calent assez bien sur les longues séries de températures présentées cidessous. Mais les courtes périodes disponibles (souvent proches de dix ans) ne sont pas assez longues pour obtenir des comparaisons significatives. ar défaut, et parce que le réchauffement est global et assez uniforme dans l’espace alpin, on considère ces séries comme représentatives. 3 ableau 1 : Augmentation des températures uivant la période donnée (tendance linéaire). Source : Données Histalp 4 21 une tendance significative. Toutefois, comme on peut le voir sur la carte (fig. 6), le sud et l’est des Alpes connaissent une baisse de la pluviométrie depuis les années 1960. Les données Histalp vont dans ce sens avec une baisse visible dans le sud est des Alpes.

Quant aux précipitations neigeuses, on peut se référer à la série de données mesurées au centre de la Suisse et dont la tendance peut s’appliquer ? l’ensemble des Alpes, puisque corrélée avec la brusque montée des températures des années 1980. La mesure « quantité de précipitation neigeuse » ou « snow depth » suit aussi la même tendance (fig. 7) b) Perspective climatique sur les Alpes Au niveau des Alpes, les modélisations du projet «prudence» de l’Union Européenne ont serai de base à une étude s’appuyant sur un scénario régional de température et de précipitations calculé pour la Suisse.

Deux scénarios moyens d’émissions du GIEC (SRES A2 et 82), quatre modèles climatiques globaux et huit modèles climatiques régionaux ont été combinés de différentes manières afin de définir des scénarios pertinents ? ‘échelle de ce pays (occc-proclim). Alors que les études portent en général sur de plus larges échelles, celle-ci s’attache ? définir des scénarios crédibles pour un environnement de montagne.

Les sorties de modèle sont régionalisées en deux zones, le nord et le sud des Alpes, et ce pour les quatre saisons (fie. 8 et 9). s 1 modélisation simule le changement de températures moyennes en Europe entre 1980/1 999 et 2080/2099. On peut observer que . – L’hiver se réchauffera plus à l’est des Alpes qu’à l’ouest de 0,50C environ ; 4 ‘été se réchauffera plus au sud des Alpes qu’au nord de à 1 oc Les précipitations hivernales baisseront plus fortement dans le sud et l’ouest des Alpes.

Impacts du changement climatique sur les ressources naturelles es impacts possibles du changement climatique dans les Alpes sont – Augmentation de la température , – Modifications des régimes des pluies, avec des sécheresses plus affirmées en été ; – Diminution de la couverture neigeuse ; – Modifications des régimes des cours d’eau avec plus d’assèchement en été ; – Diminution de la ressource en eau ; – Modification des pratiques agricoles, de la biodiversité et donc des paysages ; – Augmentation des risque ulements, chutes de climatique Le ski de fond Cette activité est pratiquée principalement en bas de versant, dans les fonds de vallée ou dans les forêts. De ce fait le manteau neigeux est moins vulnérable au soleil. Les techniques de tassage et de traçage des pistes sont aussi performantes. Par contre, les altitudes des pistes sont souvent assez basses.

Le plus à craindre est donc une absence ou du moins un très faible enneigement lors d’une année particulière empêchant la pratique. Toutefois, quelques chutes de neige suffisent à créer un manteau neigeux suffisant et dans le cadre du réchauffement limatique, il n’est évidemment pas prévu que les chutes de neige cessent, mais plutôt que la remontée de la limite pluie-neige et la multiplication des redoux et des périodes chaudes en hiver fragilisent fortement le manteau neigeux à basse et moyenne altitude. Comme dans le cadre du ski de piste, les sites qui connaissent déjà des difficultés d’enneigement et qui ne peuvent pas s’étendre en altitude deviendront de plus en plus vulnérables pour la pratique du ski de fond. ar Christophe Chaix 5 La randonnée, alpinisme, haute-montagne e principal danger qui pe s activités avec le 1 ien baliser les parcours en informant le public. D’autant plus qu’avec le réchauffement des températures, la pratique de la randonnée deviendra en été une activité de plus en plus prisée lorsque les vacanciers ou les habitants voudront fuir les canicules estivales. Activités d’eau vive (canyoning, etc) Dans le cadre du changement climatique on s’attend à une forte pression sur les ressources en eau, avec des étiages plus sévères en été, et donc le risque de trouver des rivières à sec, même si dans un premier temps la fonte des glaciers (s’il y en a) compensera le déficit hydrique.

Il revient aux gestionnaires et aux pouvoirs publics de prendre le problème de la ressource en eau avec la plus grande attention car l’eau constitue la pierre angulaire du tourisme en montagne. Son absence, et du moins sa raréfaction, aura des conséquences qui dépasseront le cadre de la Simple pratique d’une activité. une gestion globale et raisonnée doit donc être pensée à ce niveau. e VTT La pratique du VIT ne devrait pas se vulnérabiliser avec le changement climatique. Baignade (lacs, piscines) Avec le réchauffement des températures, on peut s’attendre ? une augmentation de la réquentation des points d’eau, avec les inconvénients écologique que cela peut avoir.

Thermalisme La gestion de la clientèle et des ressources hydrothermales sont des aspects bien plus conséquents que le changement climatique. e ski décennie 2000/2010, malgré l’hiver 2006/2007). ces spécialistes comme les utilisateurs ont pu observer la différence d’enneigement qui en a résulté tant au niveau du nombre de jours de neige au sol qu’en cumuls. La variabilité interannuelle est aussi devenue plus prononcée, avec des hivers sans neige comme en 2007 qui peuvent alterner avec des hivers très neigeux comme en 009. C’est d’ailleurs bien ces années très déficitaires qui inquiètent les gestionnaires. Comme on peut le constater, les conséquences du réchauffement climatique sur la saison hivernale sont loin d’être linéaires.

Mais sur le long terme, des modifications importantes de l’enneigement apparaîtront si les températures continuent d’augmenter, avec pour principale conséquence la remontée de la limite pluie-neige et la fonte rapide du manteau neigeux par temps anticyclonique ou en début et fin d’hiver. Cest donc l’objectif de cette étude que de prévenir les gestionnaires sur la ulnérabilité de leur installation touristique, tout en sachant que les solutions d’adaptations techniques (neige 6 de culture, etc) ne pourront jamais pallier entièrement le manque de neige naturelle, ? moins d’avancées techniques extraordinaires. Dans les Alpes, l’activité ski tient une lace toute particulière au niveau touristique et pouvoir être quantifié, et mis en rapport avec révolution d’autres paramètres climatiques.

Et ce contrairement à d’autres « supports naturels » dont dépendent la pratique de la randonnée ou du VTT par exemple. Les études d’impacts en sont donc facilitées. De plus, il existe aussi des contraintes liées à l’altitude du domaine skiable. Ces contraintes rendent l’étude d’impact beaucoup plus aisée car l’utilisation des séries de mesures climatologiques – pas forcément représentatives – n’est pas obligatoire. II existe en effet des moyens de caractériser la fiabilité de l’enneigement des stations de La technique utilisée est celle développé par l’OCDE sur la règle des cent jours et l’altitude de la limite de fiabilité de l’enneigement naturel.

Cette limite fluctue d’un point ? l’autre de l’arc alpin, car le climat varie lui-même énormément dans les différentes arties des Alpes. Ces limites seront indiquées dans le tableau 3. Se référer à l’étude de l’OCDE pour tout détail et référence supplémentaire (Changements climatiques dans les Alpes européennes, adapter le tourisme dhiver et la gestion des risques naturels, OCDE Edition, 2007). Dans la présente analyse, un domaine skiable donné est considéré comme fiable du point de vue de son enneigement naturel si la moitié supérieure de la plage d’altitude dans laquelle il se situe se trouve au-dessus de la valeur seuil de la limite de la fiabilité de l’enneigement naturel. Cette h othèse s’appuie sur le fait que l’essentiel des 0 1