Immigration sociologie

Immigration sociologie

L’IMMIGRATION Nous allons nous interesser essentiellement a l’immigration en provenance du Maghreb. Apparition de flux importants de travailleurs ce qui est du a l’instauration de la libre circulation des algeriens vers la metropole. C’est au debut des annees 60 juste apres l’independance d’Algerie (fortes tensions politiques, fin de la guerre d’Algerie) que le maximum de cette migration a existe. C’est aussi au meme moment que les courants d’immigration Marocains et Tunisiens ont demarre ainsi que les mouvements migratoires de Turquie. 974, la France et les autres pays de l’Union Europeenne vont decider la suspension de cette immigration de travailleurs. Cette decision va entrainer le changement de nature de l’immigration, c’est-a-dire que l’on ne va plus avoir des migrations de travailleurs mais des allers-retours entre la metropole et les pays d’origine, ce qui donne lieu au developpement des migrations familiales en Europe.

A cette epoque il y a donc des enfants qui arrivent en meme temps que les travailleurs et ce sont les enfants de ces enfants qui sont aujourd’hui scolarises en France. I / L’INTEGRATION La 1ere enquete a grande echelle qui a marque l’histoire de la sociologie est publiee en 1995 par Michelle TRIBALLAT « Mobilite geographique et insertion sociale », le titre

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Cet ouvrage met en place une comparaison entre les pratiques des populations etrangeres et les pratiques des Francais de souche. Definition selon Triballat : – Etrangers = pas de nationalite Francaise. – Immigres = pas nes en France. – Personnes d’origine etrangeres = enfants nes en France de parents immigres qui sont eux Francais. Assimilation : Elle implique la resorption des specificites migratoires et la reduction des specificites des pratiques sociales, culturelles et religieuses.

Scolarite : au fils des generations le parcours des enfants issus de l’immigration ne doit plus etre different de celui des enfants issus de Francais de souche. Pour Triballat l’assimilation (traduit par la suite par le terme integration) est la mise en adequation des pratiques issus de l’immigration avec celles issus des Francais de souche, c’est a dire que le mouvement est uni lateral cependant les migrants doivent s’integrer en assimilant les pratiques de ceux que l’on considere comme Francais de souche.

Il y a une certaine distance qui reste a parcourir pour les individus etrangers a fin d’etre considere comme des Francais de souche. • CRITIQUES : Il existe un paradoxe dans cette etude car elle est financee d’un cote par l’institution nationale demographique et de l’autre cote par le haut conseil a l’integration. Le paradoxe vient du fait qu’en 1991 ce meme haut conseil a l’integration propose lui aussi une definition de l’integration qui est nettement moins unilaterale que celle de Triballat.

Definition 😕 L’integration consiste a susciter la participation active a la societe toute entiere de l’ensemble des femmes et des hommes appeles a vivre durablement sur notre sol en acceptant sans arriere pensee que subsistent des specificites notamment culturelles et aussi en mettant l’accent sur les ressemblances et convergences dans l’egalite des droits et des devoirs afin d’assurer la cohesion de notre tissu social.

Deux processus doivent se conjuguer, le processus de s’integrer pour un l’immigre et le processus d’integration pour la societe. Une demarche doublement volontaire des personnes a integrer d’une part et de tous ceux composant « la mystique societe d’accueil »: service public, personne morale, citoyens d’autre part.? On s’apercoit bien qu’avant la mise en ? vre de l’etude de l’etude de Triballat et donc de la formulation de ses hypotheses et ses categories, on avait une definition moins unilaterale et surtout une mise en jeu de l’action volontaire de la societe d’accueil elle-meme et non plus la distance qu’avait a parcourir les immigres pour faire front a l’approche de Triballat avec le risque d’oublier les facteurs sociaux qui sont forcement plus importants que la question migratoire et le risque de l’assimilation a residence identitaire.

On pourrait demander a Triballat jusqu’a qu’elle generation on sera considerer comme des enfants ou petits enfants d’immigres. • THEORIE DE L’ASSIMILATION SEGMENTE Dominique Sthnatter « Echec du modele republicain ? Reflexion d’une sociologue ». Cette theorie de l’assimilation segmentee propose 3 modeles d’integration qui conjuguent deux variables qu’elle appelle l’assimilation structurelle et l’assimilation culturelle. Assimilation structurelle reussie Les migrants espagnols en France, l’insertion economique (structurelle) ne pose plus probleme.

Assimilation culturelle et non assimilation structurelle La culture a ete integree mais il n’y a pas d’assimilation economique. C’est ici qu’elle place les enfants de migrants venant du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. La question qui fait probleme pour Sthnatter c’est l’absence d’integration socio economique dans le tissu social. Assimilation sociale ou structurelle mais assimilation culturelle incomplete. Population Turque ou Asiatique, il y a integration socio economique mais survivance de specificites culturelles qui fait que les migrants ne se fondent pas dans la population.

Ca fait partie des auteurs qui fondent leurs reflexions sur l’existence d’une communaute Francaise au sens ou le haut conseil d’integration parle d’une societe mythique. Le risque de l’assignation a residence identitaire (considere que l’origine commune supposee conduit a avoir des pratiques similaires) est l’essentialisation d’une origine. En gros ca laisse a supposer que la variable de l’origine de tel pays puisse constituer une variable constitutive d’un groupe qui a des pratiques similaires. II / ETHNICITE

Pendant longtemps les theories sociologiques traitant de la question d’ethnicite ont lie la notion d’ethnie avec la notion de race. C’est la fondation de theories sociales que l’on nomme non substantialiste avec particulierement un auteur : Frederick Barth avec un texte fondateur sur les etudes qui concernent l’ethnicite? Ethnic groups and boundaries?. (Frontieres) L’approche de la notion d’ethnicite est fortement influencee par les travaux d’Erving Gauffman qui est un sociologue inter actionniste.

Barth va proposer l’idee que les identites et les groupes ethniques ce sont les questions d’organisation sociale et non pas de contenu culturel ? change la perspective en sociologie. Dans ce cadre la, la culture n’est pas stable, il n’y a pas un groupe ou une culture qui est immuable de generation en generation. Pour lui dans chaque culture il y a des contradictions, des evolutions et donc cette culture ne peut pas etre consideree comme un element de definition des groupes ethniques. Ce qui fait la permanence, l’existence et la reproduction d’un groupe ethnique c’est les phenomenes de categorisation sociale.

La culture commune a ces groupes aulieu d’etre considere comme au fondement de la constitution de ces groupes, elle va etre consideree comme le RESULTAT. On considere que c’est les frontieres qui separent les groupes qui par la reproduction (de ces groupes) vont constituer une forme de culture commune a ces groupes ethniques. Le groupe ethnique n’a pas de realite primordiale, de culture commune a priori. Ce qui fait l’existence d’un groupe ethnique c’est qu’il est separe d’autres groupes. C’est pour cela que l’on parle de phenomenes d’attribution et ensuite d’auto attribution d’une identite ethnique.

Exemple : C’est ce qui fait qu’aujourd’hui on continue a parler de groupe de personnes d’origine maghrebine, est ce le fait qu’ils partagent une religion ? Non car ce n’est pas a partir de ca qu’est constitue ce groupe dans le discours commun. Ce qui fait qu’on continue a en parler de cette facon c’est l’idee qu’ils sont consideres par d’autres groupes ethniques comme des personnes d’origine maghrebine? renverse la perspective. L’identite ethnique n’est donc pas une realite primordiale c’est au contraire une consequence de la situation sociale qui lui donne naissance.

Dans cette perspective (inter actionniste) l’appartenance a un groupe ethnique n’est plus definie par la filiation mais par le fait qu’on attribue a la personne une origine et que cette personne s’auto attribue cette origine. Cela implique que dans la perspective de Barth le groupe ethnique est une realite dynamique. Il va essayer de comprendre comment les frontieres entre les groupes ethniques se maintiennent avec dans un premier temps, une attention portee sur les interactions notamment inter individuelles et dans un deuxieme temps, illimiter le champ de la reflexion.

Par exemple Bourdieu disait : « une interaction a deux est toujours une interaction a trois, les deux agents et le systeme social dans lequel ils sont inseres » C’est en etudiant seulement les interactions que l’approche de Barth ne pouvait pas comprendre pourquoi a un moment donne dans une societe donnee il va y avoir une tendance plus forte a attribuer ou a s’auto attribuer une identite ethnique chez les individus qui composent cette societe, il va y avoir elargissement de cette reflexion au groupe social avec des idees plus ou moins productrices d’ethnicite.

On sait que l’imputation de l’identite ethnique (origine maghrebin) est chargee de presupposes negatifs, c’est-a-dire parce que cette identite ethnique a ete construite historiquement, notamment au cours de la colonisation et puis ensuite par la guerre d’Algerie (contexte politique tendu) qu’elle va etre rattachee a des representations qui sont plus ou moins positives ou negatives? tereotype du travailleur immigre. Ces frontieres peuvent se maintenir meme si elles sont symboliques au niveau ethnique, elles sont aussi constitutives de frontieres sociales, par exemple le battage mediatique autour de la nomination d’un ministre issu de l’immigration prouve par l’absurde le maintien des frontieres, si pas de frontieres on ne preciserait pas l’origine de ce ministre.

Le fait que ces frontieres soient franchissables peut amener a l’inverse, c’est-a-dire a prouver le maintien de ces frontieres, il est question de l’organisation sociale. Lorsque l’on est du cote de l’ethnicite on est du cote des representations on n’a donc pas de Francais de souche, c’est donc une critique que l’on peut faire a Michelle Triballat. Ethniquement majoritaire ca fait penser aux groupes auxquels on n’attribue pas une identite ethnique minoritaire.

Ce groupe a fini par exister par un jeu dialectique, on appelle ce groupe Francais de souche, c’est-a-dire que c’est en minorisant ethniquement des groupes consideres comme differents que le groupe lui-meme qui se considerait comme majoritaire a ete conduit a lui-meme s’ethniciser (se preter une origine commune) Rappel : Barth, ne considere pas qu’une culture puisse se reproduire. Ce n’est pas parce qu’on est d’origine maghrebine que l’on partage la culture qui est censee etre a la fondation de ce groupe.

Ce qui fait qu’un groupe est d’origine maghrebine c’est qu’il est considere par d’autres groupes ethniques comme d’origine maghrebine, c’est un processus d’attribution, de categorisation sociale a travers des criteres ethniques. Dans cette perceptive la on ne suppose pas a priori qu’il y a des traits culturels communs aux membres qui participent a ce groupe. On considere que ce qu’il y a de commun a l’ensemble des acteurs de ce groupe la c’est d’etre identifie comme participant de ce groupe.

Par exemple pour les maghrebins ca serait de porter ce stigmate qui renvoie a une forme d’alterite sur une base ethnique mais ca ne presente en rien des croyances, des pratiques similaires on ne peut donc pas prendre cela pour le fondement des groupes. Ce qui signifie d’un point de vu historique que s’est qui se reproduit qui fait que des groupes continuent a exister a travers les generations, ce n’est pas tant la culture qui est transmise de generation en generation et qui serait specifique a tel groupe mais c’est la permanence des frontieres symbolique qui separe les groupes.

Exemple : Ce qui fait que le fils d’un travailleur d’Algerie venu en France va etre appele jeune d’origine maghrebine ce n’est pas l’idee que son pere lui a transmis des cultures, des pratiques, des representations qui correspondent a cette origine mais c’est le fait qu’il va grandir en etant nomme jeune d’origine maghrebine ? renversement de la perceptive dans l’approche de Barth. III / L’ECOLE • Dispositions speciales pour la scolarisation des migrants

A la fin des annees 70 il y a un dispositif qui se nomme la scolarisation des enfants de migrants, mise en place de dispositions speciales pour accueillir et integrer les enfants du regroupement familial. La France etait le pays d’Europe le plus concerne quantitativement. En 1980 il y a plus de 600 000 enfants etrangers dans l’enseignement du 1er degre, ce qui constitue plus de 10% de l’effectif total. (10 ans +tot ils etaient 250 000) En 1977 une directive Europeenne est adoptee : ? scolarisation des enfants de migrants? cette disposition a obliger les etats a promouvoir a la fois l’enseignement de la langue du pays d’accueil (le Francais) et en meme temps un enseignement de la langue et la culture des pays d’origine (ELCO). L’idee est de permettre a la fois l’insertion, l’integration des enfants dans le pays d’accueil mais aussi de permettre leurs eventuel retour dans leur pays d’origine. A la fin des annees 70 il y a 8 groupes qui sont concernes : Portugais, Espagnol, Italien, Algerien, Marocain, Tunisien, Turc et Yougoslave. ELCO existe encore aujourd’hui.

En 1981 instauration des Zones d’Educations Prioritaires. Prise en compte du taux d’etrangers pour definir les territoires sur lesquels on va avoir des actions positives. On compte les enfants etrangers non pas pour avoir une action specifique sur eux mais sur l’ensemble du territoire ou ils sont sur representes, c’est-a-dire que l’on considere institutionnellement que ces enfants sont potentiellement source de problemes, c’est-a-dire que le taux de presence de ces enfants peut conduire a constituer une situation difficile sur laquelle il faut avoir une action specifique.

En 1992, l’INSEE introduit la variable du taux d’etrangers sur le territoire pour definir les Zones d’Urbanisation Prioritaires (ZUP). Toujours dans le but de definir des territoires a problemes. • Distribution spatiale ethnicisante et strategie parentale. La repartition territoriale elle est principalement due a des facteurs economiques. Pour les acteurs situes en bas de l’echelle la notion de choix est restreinte.

Sur representation massive de population defavorisee dans certains quartiers pauperises ou alors sur representation dans les cites a la marge des villes. On peut parler de segregation sociale, puisque impossibilite de choix residentiel. Les populations stigmatisables, ethniquement minorisees sont sur representees dans les couches defavorisees de la population Francaise ce qui fait qu’elles sont sur representees dans les quartiers defavorises.

D’ou un glissement en terme de representation de cette segregation spatiale a une segregation dite ethnique. Ce n’est pas la variable ethnique qui cree la segregation c’est les facteurs socio economiques. Ces espaces deviennent fortement ethnicises. Ca nous concerne pour la question de l’education car cette segregation la elle va se transmettre par le jeu de la carte scolaire (du quartier a l’ecole).

Il va y avoir des ecoles ou la population socialement defavorisee va etre largement representee et donc la population ethniquement minorise va etre elle aussi sur representee au sein de ces ecoles. Concretement cela donne des ecoles accueillant une population socialement defavorisee avec des resultats scolaires plus faibles que dans les autres ecoles. Tout cela entraine la construction de l’equation : Ecole d’eleves d’origine etrangere = ecole de mauvais niveau Francoise Lorseri « L’ecole et le defi ethnique »