Immigration en france

Immigration en france

DISSERTATION Sujet : La culture des immigres est-elle un obstacle a leur integration a la societe francaise ? DOCUMENT 1 – Trois conceptions de la nation Il est d’usage de distinguer plusieurs modeles d’integration : – La conception elective de la nation francaise s’appuie sur le libre consentement de ses membres, qui fait de la citoyennete, selon la celebre expression de Renan, un « plebiscite de tous les jours ». « On est francais par la pratique d’une langue, par l’apprentissage d’une culture, par la volonte de participer a la vie economique et politique », explique la sociologue Dominique Schnapper ; La conception ethnique de la nation allemande met l’accent sur les liens du sang, qui fondent le groupe et l’organisation autour d’un passe commun ; – La conception communautaire americaine est plus proche de la tradition republicaine de la France (l’image du melting pot n’est pas tres differente du « creuset » francais), mais elle tend a considerer la nation comme un rassemblement de communautes ethniques. (Source : Thomas Ferenczi, Le Monde, 31 mars 1995) DOCUMENT 2 – Le dualisme culturel Dans la situation precaire et menacee dans laquelle se trouvent les immigres (materiellement et sychologiquement), le groupe a besoin

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de creer et de maintenir des reseaux d’entraide et de communication qui pallient leur isolement et leur difficile situation materielle. Les reseaux assurent des fonctions dans la recherche d’un emploi, d’un logement, dans l’organisation des fetes et des loisirs ; on y echange des informations, des marchandises, des accords matrimoniaux… Sur le plan psychologique, chacun a besoin de voir dans l’autre, son compatriote, une image de lui-meme qui lui permette de suivre le fil de la continuite de sa propre identite. [… ]

Pourtant, si l’on peut dire que la culture immigree est vecue a la fois comme un enjeu et comme un instrument de lutte, il faut considerer que cet enjeu est lui meme ambigu. Car l’immigre doit se battre sur deux fronts a la fois, parfois contradictoires : il doit affirmer, d’un cote, des specificites necessaires pour assurer la cohesion du groupe et, de l’autre cote, il doit aussi refuser les differences culturelles assignees par le pays d’immigration lorsqu’elles servent d’alibi a un traitement differentiel et a la discrimination. De plus, le maintien d’un mode de vie et de valeurs en partie specifiques se heurte a des obstacles et a des lements qui exigent de la part des travailleurs immigres des efforts incessants et grandissants. Obstacles climatiques (la facon de se vetir, de se chausser, est difficilement transportable d’un pays chaud en France), spatiaux (les pratiques de la communaute villageoise sont en partie basee sur la proximite spatiale et sur un certain type d’habitats), sociaux (les rapports sociaux a l’interieur du groupe etaient fondes sur des criteres de prestige clanique ou familial, hierarchie non transposable en France ou le statut est surtout lie a l’emploi et au salaire) ; dementis quotidiens apportes par les medias, les employeurs, es voisins, l’ecole, dont les messages disent que la culture immigree est inadequate, etrange (etrangere), arrieree ; et dans le foyer meme, les enfants disent parfois explicitement la meme chose. (Source : Isabelle Taboada Leonetti, L’Homme et la Societe, Juillet 1985) DOCUMENT 3 – DOCUMENT 4 – Revendication de l’egalite et affirmation de la difference Ne de la crise d’identite provoquee par les reactions sociales de la societe d’accueil, le courant d’expression des jeunes issus de l’immigration a tente, sous des formes parfois confuses et conflictuelles, de la surmonter en efusant l’alternative assimilation/exclusion et du meme coup l’opposition culpabilisante entre culture d’origine et culture du pays d’accueil. Le style beur qui marque desormais la « culture jeune » de son echo musical, de son argot et de ses themes mobilisateurs, s’est forge a partir de la double distance prise par rapport aux deux societes qui les ont fait ce qu’ils sont ; distanciation qui autorise aussi bien la desacralisation des cultures d’origine (voir les bandes dessinees de Farid Boudjellal) que le pied de nez aux stereotypes culturels de la ociete francaise : renversement ironique de la categorisation (« les Gaulois ») ou retournement du stigmate dans l’auto-appellation : Beur, Carte de Sejour, Rock’in Babouche, ou plus recemment ANI (Arabe non identifie) en reponse a la categorie des ENE (etrangers non europeens). L’emergence de ce mouvement d’expression culturel original, porte par les elites (intellectuels, artistes, ecrivains) que la deuxieme generation a trouve en son sein, est allee de pair avec l’organisation d’actions collectives situant de plus en plus clairement les revendications des jeunes issus de l’immigration dans le ontexte politique national de la societe francaise. Le refus des expulsions, la lutte contre le racisme et pour l’egalite des droits, le plaidoyer pour une France multiraciale et multiculturelle ont constitue autant de jalons dans la prise de conscience, par l’opinion francaise, de l’installation definitive des jeunes immigres dans cette societe et par les jeunes eux-memes, de la possibilite de s’y faire entendre et de prendre leur part aux debats politiques et ideologiques les concernant. (Source : J. Streiff-Fenart, Notes et etudes documentaires, n° 4. 843, 1987)

DOCUMENT 5 – Assimilation et discrimination Paradoxalement, ce sont pourtant les jeunes Maghrebins qui ont le plus de difficultes a s’inserer socialement. Leur taux de chomage est beaucoup plus eleve que celui des Portugais. Leurs emplois sont aussi moins stables, plus precaires et leur duree de chomage est plus longue. Il semble que ces differences s’expliquent par trois facteurs. Le premier, qui est le produit de l’alignement sur les choix des classes populaires francaises, est le refus des emplois sous-qualifies et surtout ouvriers par les jeunes Maghrebins. Le deuxieme est, a nouveau de aniere comparable aux jeunes francais, l’absence de reseaux ainsi que la faiblesse des ressources familiales et communautaires en matiere de recherche d’emploi. Enfin, troisieme facteur, les jeunes Maghrebins sont victimes de discriminations tres fortes dans le secteur prive. Ceux qui sont diplomes travaillent massivement dans le secteur tertiaire public, notamment les services. La consequence est un eclatement de cette population. L’insertion sociale et professionnelle des jeunes Maghrebins est a la fois plus faible et plus forte que celle des autres groupes immigres.

Le succes de la majorite d’entre eux, qui ont des trajectoires sociales ascendantes, a pour contrepartie l’echec plus fort d’un tiers d’entre eux, qui ont des trajectoires sociales descendantes. Ayant plus a gagner, ils ont aussi plus a perdre. Toute une partie de la population des jeunes Maghrebins est donc dans une situation de forte assimilation culturelle et de faible insertion sociale, voire en voie de marginalisation. En ce sens, ils sont tres proches des jeunes des classes populaires francaises. C’est pourquoi leurs problemes sont souvent ramenes, a juste titre, a ceux des jeunes des classes populaires dans leur ensemble.

Ils ne sont pas plus misereux, ni meme plus demunis. Mais chez eux ces problemes sont recouverts par des pratiques discriminatoires qu’ils subissent, essentiellement en matiere d’emplois, et par la manifestation d’un racisme certain. Ce sont eux qui sont les premieres victimes des crimes racistes, la police les controle plus et la justice se montre plus severe a leur egard qu’a l’encontre des jeunes Francais. (Source : Didier Lapeyronnie, Informations sociales, novembre 1991) DOCUMENT 6 – Les indicateurs de l’integration a – Jeunes d’origine etrangere pouvant s’exprimer dans la langue de leurs parents ( en % ) Espagne Portugal Algerie

Premiere generation 91 84 69 Deuxieme generation 35 29 24 (Source : Ined, 22 mars 1995) b – Pratique religieuse des jeunes d’origine etrangere nes en France ( en % ) Pas de religion Pas de pratique Occasionnelle Reguliere Moyenne des francais 23 39 31 7 Ne d’un pere algerien 59 25 10 6 Ne de deux parents algeriens 30 33 23 14 (Source : Ined/Insee, Michele Tribalat, Faire France, La Decouverte, Avril 1995) CULTURE IMMIGREE ET INTEGRATION Introduction : * En France, en 1990, 10 millions de personnes nees en France sont d’origine etrangere ( elles ont un parent ou un grand parent qui a immigre en France au cours du siecle ) et 3,5 millions de ersonnes residentes en France sont des etrangers. Ces personnes sont arrivees en France pour des raisons economiques, pour des raisons familiales ou en beneficiant du droit d’asile. * Comment ces personnes, de cultures tres differentes (italienne, portugaise, marocaine, malienne… ), ont-elles pu etre integrees dans la societe francaise ? Les modes de pensee et de comportement du pays d’accueil peuvent-ils coexister avec ceux du pays d’origine ? Ou bien les immigres doivent-ils interioriser les normes et les valeurs francaises en abandonnant peu a peu celles e leurs origines pour etre assimiles ? Les problemes rencontres lors de cette integration sont-ils d’origine culturelle ou d’origine sociale ? * Annonce du plan = 1 – LA CULTURE D’ORIGINE A DES EFFETS CONTRADICTOIRES SUR L’INTEGRATION… A) – LA CULTURE IMMIGREE FACILITE L’INTEGRATION… * En s’installant dans un pays etranger, les immigres ont a faire face a un choc culturel. Les manieres d’etre et d’agir du pays d’accueil sont souvent bien differentes de celles du pays d’origine (la langue, les habitudes vestimentaires, la religion, la vie urbaine, les relations bureaucratiques,… ).

L’immigre a beaucoup a apprendre s’il veut etre accepte par la societe francaise (Doc 2). * Or, dans un premier temps, les immigres de la premiere generation ont tendance a se replier sur leur culture d’origine et sur les communautes nationales deja installees en France. Ainsi, plus de 80% des immigres arrivees en France apres l’age de 15 ans pratiquent le mariage endogamique (Doc 6). Comment expliquer ce choix culturel ? – D’une part, leur « socialisation primaire » ne les a pas prepare a s’adapter aux exigences de la culture francaise. La polygamie pratique en Afrique peut se heurter a la loi imposant la monogamie, ar exemple. La viande de porc a la cantine heurte les rites alimentaires des enfants musulmans. – D’autre part, la culture d’origine offre un reseau de solidarite (trouver un logement ou un emploi) et de sociabilite (trouver une femme, des amis, pratiquer sa religion) qui lui permet de s’acclimater au pays d’accueil. Certains foyers immigres se forment sur une base villageoise a l’exemple des Soninke du Mali. – Enfin, la culture d’origine permet a l’immigre d’affirmer son identite. Elle lui offre un equilibre psychologique qui lui permet d’affronter le choc culturel (Doc 2). Ce regroupement communautaire facilite l’integration. Aux Etats-Unis ou en GB, les communautes peuvent s’organiser par quartier (Little-Italy, Chinatown, Spanish Harlem… ), parler leur langue, garder leurs coutumes a la condition d’accepter en meme temps le mode de vie americain. Il en est de meme en Allemagne ou l’acquisition de la nationalite est reservee a ceux qui sont de « race » allemande (Doc 1). Mais, ce dualisme culturel est-il une veritable integration ? B) – MAIS ELLE NE PERMET PAS L’ASSIMILATION * En se repliant sur sa communaute, l’immigre ne va pas pouvoir interioriser les normes et les aleurs de la societe d’accueil. Cela va avoir plusieurs effets negatifs pour son integration : – D’une part, en s’affirmant different, l’immigre va faire l’objet d’un rejet de la part des autochtones qui ne peuvent supporter les comportements divergents par rapport a la norme socialement acceptee. Ainsi, le « foulard islamique » a ete rejete parce qu’il heurtait l’egalite des sexes en France. Cette deviance va etre sanctionnee socialement : exclusion, mepris, racisme, xenophobie (Doc 5). – D’autre part, les enfants d’immigres vont etre ecarteles entre la culture de leurs parents, qu’ils nt recu au moment de leur « socialisation primaire » et celle de la « socialisation secondaire » apprise a l’Ecole, avec les amis ou dans la vie quotidienne. Ce dualisme peut provoquer des tensions au sein de la famille : remise ne cause de l’autorite paternelle, devalorisation de la culture d’origine, a l’exemple du refus des mariages arranges par les jeunes maghrebines (Doc 2). – Enfin, cette culture d’origine risque de penaliser les enfants d’immigres a l’Ecole. Plus des 3/4 des jeunes de la premiere generation parlent leur langue maternelle. Ils ont du mal a s’adapter a la langue francaise.

D’ou les retards constates a l’Ecole qui provoquent de fortes concentrations d’immigres dans les classes de relegation (SES… ) et une stigmatisation de ces jeunes (« ils font baisser le niveau ») ( Doc 3 ). * Dans la conception francaise, l’integration suppose une adhesion volontaire et quotidienne aux normes et aux valeurs de la societe francaise. Dans ce cas, l’integration est une assimilation par le domine de la culture dominante (Doc 1). Y-a-t-il assimilation des immigres en France ? L’assimilation est-elle la seule voie de l’integration pour les immigres ? N’y-a-t-il que des obstacles culturels a leur ntegration ? 2 – … QUI SUPPOSE UNE ACCULTURATION ET UN TRAITEMENT SOCIAL ADEQUAT A) – UNE ASSIMILATION PAR ACCULTURATION * L’acculturation est le processus par lequel un groupe humain adopte les elements d’une culture en abandonnant partiellement ceux de sa propre culture. Ce phenomene suppose trois conditions : – Le contact entre les deux systemes culturels doit etre prolonge et direct pour permettre une imitation des comportements. C’est le cas des immigres qui ont decide d’adopter leur pays d’accueil et qui n’envisagent pas un retour aux origines. Ainsi, moins d’1/3 des enfants de la deuxieme generation ‘immigres sont capables de s’exprimer dans la langue de leurs grands parents ( Doc 6 ). – L’emprunt culturel doit etre reinterprete pour qu’il s’insere dans la culture d’origine. Ainsi, les jeunes d’origine maghrebine adoptent la musique Rai de Khaled, le Rap de NTM, ou la World Music, compromis entre les musiques des pays d’origine et les gouts occidentaux (Doc 4). – L’emprunt culturel doit transformer la maniere de voir, d’agir, de penser de la societe. Ainsi, 50% des jeunes immigres de la deuxieme generation (1/4 seulement pour les filles) se marient avec une francaise de souche. Le mariage devient exogamique (Doc 6). Ainsi, l’acculturation donne naissance, en France, a une « sous-culture » immigree qui revendique a la fois les valeurs d’egalite, de solidarite et de tolerance, propres aux pays des droits de l’homme, tout en cultivant des normes et des valeurs specifiques : langage argotique, groupes musicaux, association contre le racisme… (Doc 4) * Mais cette « sous-culture » n’est qu’une etape vers une assimilation progressive des jeunes immigres qui se traduit par la perte de la langue d’origine au profit du francais, par l’adoption des valeurs laiques de la republique francaise (60% des enfants d’un couple franco-algerien n’ont pas de eligion, les 2/3 des enfants d’algeriens n’ont pas pratique ou une pratique occasionnelle) et par leur participation a la vie politique (Doc 1, 4 et 6). L’Ecole est donc un facteur important de l’integration (Doc 3). L’acquisition de la nationalite en est une autre : ces jeunes immigres de la deuxieme generation acquierent la nationalite francaise par le « droit du sol » meme s’ils doivent en faire la demande a 18 ans depuis les lois Pasqua. Enfin, l’apparition d’artistes issus de l’immigration (chanteurs, sportifs,… ) est egalement un element d’integration sociale. B) – QUI N’ELIMINE PAS LES OBSTACLES SOCIAUX L’assimilation des immigres ne regle pas tous les problemes. En effet, les jeunes immigres se trouvent confrontes a plusieurs obstacles qui ne sont pas de nature culturelle mais sociales : – Tout d’abord, les immigres appartiennent massivement a la classe ouvriere. Ils ont ete embauches dans les emplois les moins gratifiants. Ils se retrouvent donc concentres dans les quartiers populaires des banlieues. Ils subissent la segregation spatiale au meme titre que les ouvriers francais (Doc 5). – Ensuite, les enfants immigres connaissent un echec scolaire identique a celui des enfants ‘ouvriers francais. A categorie sociale egale, les enfants de maghrebins ont des resultats plus faibles en francais mais meilleurs en mathematiques. Ceci ne fait qu’attenuer leur exclusion de l’Ecole qui a pour principale cause leur origine sociale et non leur origine culturelle (Doc 3). – Enfin, les enfants d’immigres subissent les effets du racisme ordinaire. Dans l’emploi, on leur preferera toujours un jeune francais de souche. Dans la rue, ils seront toujours suspecte de delinquance. Devant la justice, ils seront sanctionnes plus lourdement (Doc 5). Autrefois, la classe uvriere etait considere comme une « classe dangereuse ». De nos jours, ce sont les jeunes immigres qui font les frais de cette stigmatisation. * Ces obstacles peuvent provoquer chez les jeunes immigres deux effets pervers qui ralentissent leur integration : une « anomie » (le jeune ne sachant plus quelles normes choisir adopte un comportement delinquant) et une « contre-acculturation » (le jeune valorise une culture d’origine mythifiee a l’image de cette petite minorite de maghrebins qui verse dans le fondamentalisme islamique). Conclusion : * Un immigre ne peut pas abandonner, du jour au lendemain, sa culture d’origine.

Cette culture a meme l’avantage de lui fournir, dans un premier temps, les moyens de s’adapter a son pays d’accueil. Mais, dans un deuxieme temps, l’assimilation est a l’oeuvre contrairement a ceux qui pensent qu’il existe des « populations inassimilables ». La France a depuis un siecle absorbe de tres nombreux immigres de toutes origines et elle continue a le faire malgre la crise (« le creuset francais »). * Mais, l’acculturation ne joue pas a sens unique. Cet apport culturel etranger modifie peu a peu la culture francaise et l’enrichit ( cf. Picasso, Kandinsky, Modigliani… ).