Immigration en europe

Immigration en europe

Le chapitre sur le Liban est essentiel, puisque ce fut le point de depart des attentats suicides au Proche-Orient. Le Hezbollah crea un vocabulaire specifique lie a cette pratique (p. 65), a commencer par l’expression « operations de martyre », utilisee pour contourner le tabou du suicide. Le Hezbollah a pratique l’attentat suicide, mais – comme nous l’avions deja observe dans de precedents articles – de facon beaucoup plus « controlee » et limitee que la surenchere a laquelle nous assistons aujourd’hui sur d’autres terrains. Sur quelque 50 attentats suicides au Liban depuis 1983, selon Reuter, moins de la moitie seraient attribuables au Hezbollah. ) Un responsable du Hezbollah declare a Reuter: « Il faut traiter tres soigneusement quelque chose d’aussi special qu’une operation de martyre. Apres tout, les vies humaines sont precieuses!  » (p. 78) Aujourd’hui, le Hezbollah lui-meme ne pratique donc apparemment plus ce type d’operations (meme si rien ne l’empecherait d’y recourir a nouveau de facon ciblee en cas de besoin), meme si ses medias continuent de donner echo aux « operations de martyre » palestiniennes.

Le Hezbollah est devenu une puissante force regionale, il s’efforce en outre de cultiver une image de vainqueurs plus que de victimisation, ce qui se manifeste de differentes facons. Le

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
Hezbollah libanais est considere par les autorites americaines comme un groupe terroriste, mais d’autres pays s’abstiennent de lui appliquer cette etiquette: on se souvient de la controverse internationale provoquee par le premier ministre francais Lionel Jospin en fevrier 2000, a l’occasion d’une visite en Israel, lorsqu’il avait accuse le Hezbollah de terrorisme.

Le Hezbollah represente plus qu’un groupuscule activiste: c’est une formation politique qui jouit d’une veritable base dans sa communaute et dont le role au Liban est indeniable. Une nouveau livre nous offre l’occasion de parfaire nos connaissances a son sujet, et notamment ses justifications par rapport au recours a la violence. Meme si l’on tente de s’en tenir a une definition technique et « neutre » du terrorisme, le cas du Hezbollah nous conduit au coeur du probleme de la delimitation entre mouvement de guerilla ou de resistance et groupe terroriste.

Professeur assistante a l’Universite americaine du Liban, Amal Saad-Ghorayeb, auteur de l’ouvrage Hizbu’llah: Politics and Religion (2002), est elle-meme d’origine libanaise, mais a ete elevee en Grande-Bretagne. Elle ne cache pas que son livre – fruit de sa these de doctorat – est ne d’une fascination pour ce groupe et d’une irritation face a la categorisation terroriste du Hezbollah en Occident. Le lecteur percoit une certaine sympathie de l’auteur pour son sujet.

C’est ce qui fait l’interet du volume: plus que ne le ferait un ouvrage hostile, il nous aide bien a comprendre la doctrine du Hezbollah. L’auteur rappelle tout d’abord que le Hezbollah n’est pas uniquement la consequence de l’invasion israelienne de 1982, meme si celle-ci en a ete la cause immediate. Le mouvement fut aussi le resultat de la mobilisation politique de la communaute chiite, phenomene dont les racines remontent a la fin des annees 1960 (p. 7). Le chiisme irakien a egalement exerce une influence, sans oublier bien sur la Revolution islamique d’Iran.

Ces differents facteurs ont debouche sur une islamisation du mouvement politique chiite au Liban. Mais concentrons-nous sur les passages du livre relatifs a l’approche du Hezbollah par rapport a l’insurrection et au recours a la violence, puisque le groupe est notamment accuse des attentats d’avril et octobre 1983. La rebellion contre un Etat seculier simplement sous le pretexte qu’il n’applique pas la loi islamique n’est pas approuvee par le Hezbollah (p. 22) – ce qui le distingue de certains groupes radicaux sunnites.

Il faut noter au passage que, a la difference des groupes sunnites, les chiites ne voient pas dans l’etablissement de l’Etat islamique le retour a un age d’or idealise, mais plutot un projet utopique encore a realiser (p. 32). Surtout, montre Amal Saad-Ghorayeb, le mouvement a horreur du chaos: face au risque de celui-ci, mieux vaut un ordre politique imparfait, meme repressif (p. 25). Le Hezbollah appelle les islamistes des differents pays a rechercher le dialogue meme avec les pouvoir politiques qui s’opposent a eux (pp. 23-24).

Ce n’est que lorsque n’existe aucune autre solution ou que la participation au systeme entraine un mal plus grand que la violence est admise. Le Hezbollah reconnait le principe du velayat-e faqih, c’est-a-dire de la tutelle du juriste-theologien, selon le systeme elabore en Iran par Khomeyni et qui debouche dans ce pays sur deux sources d’autorite, avec le pouvoir de nature theocratique confere au « Guide de la Revolution » a cote du gouvernement. Le Hezbollah fait allegeance au faqih, au « guide » iranien, mais pas au gouvernement iranien.

Par cette allegeance, le mouvement demontre sa nature panislamique, mais a d’autres egards il se comporte en groupe nationaliste: des martyrs sont prets a se sacrifier aussi pour la liberation du territoire national (p. 83). Le Hezbollah ne peut accepter le recours aux « missions de martyre » comme strategie militaire qu’en raison de l’approbation recue du faqih. La sanction de l’autorite religieuse est indispensable aux yeux d’un tel groupe. Le Hezbollah n’est pas pret a legitimer tout type de recours a la violence.

Il justifie certes l’attentat a la bombe contre les baraquements americains au Liban: il s’agissait de reagir contre une expedition militaire (p. 100). A l’inverse, il condamne l’assassinat de touristes en Egypte ou de moines trappistes en Algerie (p. 101). De meme que l’assassinat de civils occidentaux, l’usage de la violence sur territoire occidental semble en principe rejete, selon l’auteur (p. 102). Le jihad est avant tout percu comme defensif par le Hezbollah.

Sans l’imperatif du jihad defensif, le martyre ne serait que suicide, et donc condamne. Le martyre est une notion centrale dans l’ideologie du Hezbollah, enracinee dans l’heritage chiite du mouvement (p. 127). La notion de martyre inclut tant la mort premeditee (missions suicides) que la mort non premeditee – sur le champ de bataille ou ailleurs (p. 128). Une personne tuee par l’adversaire peut etre definie comme martyre si elle est morte au service de la cause, meme s’il ne s’agissait pas d’une personne engagee dans des operations armees (p. 22). Selon le Hezbollah, c’est l’acceptation de la mort qui marque la veritable difference par rapport a l’ennemi israelien. L’etre humain etant destine a mourir de toute facon, il est raisonnable, estime le Hezbollah, qu’il donne un sens a sa mort en servant la cause de Dieu, ce qui lui garantit une place au paradis (p. 129). Celui qui vit longtemps s’expose a d’autant plus de risques de compromettre son salut eternel: « la resistance et le martyre ont fini par etre percus comme des fins en elles-memes.  » (p. 130)

Le moudjahid qui s’engage dans une operation de martyre (mission suicide) sert l’islam au plus haut point possible: l’auteur du premier attentat suicide, qui fit plusieurs dizaines de victimes militaires israeliennes en 1982, est qualifie de « prince de tous les martyrs », et le « jour des martyrs » celebre annuellement prend pour date l’anniversaire de cette operation (p. 131). Le martyr dont la mort est premeditee est en effet superieur aux autres, puisqu’il atteint le plus haut niveau du sacrifice de soi (p. 132).

Les attentats suicides sont egalement choisis parce qu’ils permettent de compenser le desequilibre de la force de frappe par rapport a l’ennemi. L’auteur observe que le Hezbollah n’envoie quelqu’un au martyre que si l’impact previsible sur l’ennemi est elevee: sinon, la perte d’une vie humaine n’est pas justifiee, car il s’agit aussi d’atteindre la victoire a travers le martyre (pp. 132-133). Le Hezbollah doit se livrer a quelques efforts pour justifier les attaques indiscriminees contre des civils israeliens, meme s’il peut les rationaliser du fait de leur participation au projet sioniste.

Il declare « comprendre » les raisons du Hamas, mais ne pas s’engager lui-meme dans de telles activites – en precisant qu’il les entreprendrait cependant aussi si l’Etat sioniste avait ete fonde au Liban (p. 146). Les actions du Hamas sont interpretees comme de l’autodefense: cela permet donc de legitimer, et meme d’exalter, les « operations de martyre » palestiniennes, dont la poursuite est encouragee. Elles sont en outre interpretees comme une solution face a la situation des Palestiniens: « Nous vivons dans un monde [… qui ne comprend que la logique du sang », expliquent les dirigeants du Hezbollah (p. 147) Le Hezbollah decrit la societe israelienne comme entierement militarisee, ce qui efface la distinction entre militaires et civils (p. 148). Aucun Israelien ne peut donc pretendre etre un civil ordinaire, ce qui permet meme de tolerer que des enfants soient victimes des attentats, dans la logique de ce raisonnement (p. 149). Dans l’ensemble, le livre permet – sur d’autres questions egalement – de mieux comprendre les principes ideologiques developpes par le Hezbollah.

Celui-ci peut raisonner en termes d’interet strategique, et pas simplement d’application d’une grille ideologique. Meme si cette grille islamique est capitale (egalement pour legitimer le recours aux attentats suicides), elle s’elargit – theoriquement en tout cas – au dela du cadre de l’islam: le Hezbollah reprend la distinction faite par Khomeyni entre oppresseurs et opprimes (distinction qui ne repose pas sur l’appartenance religieuse) et exprime une admiration pour des figures et mouvements non musulmans, du moment qu’ils se battent contre l’oppression.

Quant a sa classification en tant que groupe terroriste par les Etats-Unis, le Hezbollah y voit une tentative de delegitimer le resistance a l’occupation israelienne: cette classification n’est percue que comme une consequence du refus de la domination americaine par un mouvement qui retourne bien sur l’etiquette pour l’appliquer aux Etats-Unis (le « plus grand Etat terroriste du monde ») et a Israel (p. 94). 1. 2 Traits specifiques au terrorisme Les definitions que l’on retrouve dans les textes legislatifs et celles qui sont formulees par les experts de la uestion terroriste permettent de faire ressortir quelques traits qui caracterisent le terrorisme. Le premier trait est la violence. Celle-ci apparait comme denominateur commun aux definitions du terrorisme. Une etude realisee par Schmid (1983) va dans ce sens: 83% des definitions qu’il a recensees comportent la violence comme trait principal. Toutefois, cette caracteristique ne nous permet pas de distinguer le terrorisme d’autres comportements criminels ordinaires, qui peuvent eux aussi etre caracterises par la violence (Jenkins, 1980). Cet acte de violence est particulier. En plus d’etre premedite, il se demarque par son caractere reflexif.

Selon Brodeur (1991), la violence qui caracterise le terrorisme est une violence de type reflexif, par opposition a une violence de type expressif. Celle-ci a comme intention premiere l’agression physique. Les actes caracterises par ce type de violence (par exemple, le vandalisme) vont rarement au-dela de cette agression et ne sont bien souvent que l’expression d’un sentiment de rage et de frustration (Brodeur, 1991: 184). Quant a la violence de type reflexif, elle constitue un moyen de communication. L’acte de violence n’est pas perpetre uniquement pour detruire, mais aussi pour envoyer un message, influencer une audience et intimider.

Selon Brodeur, la violence reflexive est une combinaison de force physique et de contenu informationnel, lequel est tout aussi important que la force (Brodeur, 1991: 184). Un second trait specifique qui peut etre degage des definitions est que le terrorisme vise une audience plus large que sa ou ses victimes immediates qu’il genere. Il vise a creer un climat de crainte dans une population allant bien au-dela des victimes elles-memes. Cette differenciation victime/cible constitue l’un des traits les plus importants, selon Schmid, du terrorisme.

Ce trait permettrait selon Fromkin, cite par Combs (1997), de distinguer l’acte terroriste de l’acte de guerre legal et de l’acte criminel ordinaire, dans la mesure ou : «Unlike the soldier, the terrorist is always in the paradoxical position of undertaking action the immediate physical consequence of which are not particularly desired by him. An ordinary murderer will kill someone because he wants the person to be dead; but a terrorist will shoot somebody even though it is a matter of complete indifference to him whether that person lives or dies».

La plupart des crimes de violence ont la particularite suivante: l’objet de l’agression est a la fois la victime immediate et la cible (Davis, 1989). Dans le cas du terrorisme, la victime directe de l’acte de violence n’est bien souvent pas sa cible principale. L’auteur de l’acte de violence terroriste n’a pas d’interet particulier pour sa ou ses victimes immediates. La seule chose qui compte, c’est ce que son auteur peut obtenir par leur intermediaire(obtenir une rancon, liberer des detenus, modifier une loi ou une politique, attirer l’attention de l’opinion publique sur une ause, destabiliser l’ordre social). Freedman (1983) va dans ce sens en soutenant que la chose la plus importante n’est pas les dommages physiques et psychologiques provoques par l’acte de violence sur la victime directe, contrairement a l’acte de guerre ou l’acte criminel ordinaire, mais plutot l’effet psychologique (anxiete, intimidation, panique) qu’il produit sur une cible tierce, que ce soit un parti politique, un groupe ethnique, un gouvernement. Le terrorisme a comme autre trait specifique qu’il est dirige contre des personnes non combattantes.

Par celles-ci, on entend les personnes civiles qui se trouvent a la mauvaise place et au mauvais moment, ou le personnel militaire et policier qui, au moment de la perpetration de l’acte terroriste, n’etait pas prepare a se battre ni en mesure de se defendre (U. S. State Department, 1999). Enfin, le terrorisme est caracterise par le fait qu’il est perpetre en reference a une motivation politique, ideologique ou religieuse. Cette caracteristique figure dans presque la totalite des definitions sur le terrorisme dans la litterature.

Un acte de violence dont la finalite ne serait pas de cette nature serait plutot considere comme un acte de pure delinquance ou un acte de demence. 1. 3 Motivations liees au terrorisme Les actes de terrorisme peuvent etre classes en fonction des differentes motivations qui menent a leur execution. Selon la litterature, ces motivations se rapportent essentiellement aux categories suivantes: ethnique-separatiste, ideologique, extremisme religieux, defense d’une cause particuliere et hybride (narco-terrorisme).

Le terrorisme a eu dans bien des cas comme facteur de motivation le nationalisme ethnique et le separatisme. Les actes perpetres par l’IRA provisoire et l’ETA basque en sont de bons exemples. L’IRA est a l’origine de plusieurs attentats en Irande du Nord et en Angleterre, notamment contre des hauts fonctionnaires britanniques et des membres des forces de l’ordre. L’objectif de cette organisation etait essentiellement de forcer le retrait des forces britanniques d’Irlande et de faire pression pour l’unification irlandaise.

Quant a l’ETA, elle est a l’origine de plusieurs attentats contre des membres du gouvernement espagnol et les forces de securite. Ces actes visent a forcer le gouvernement a reconnaitre l’independance politique du Pays basque. Par ailleurs, on retrouve des actes terroristes qui ont ete perpetres sur la scene internationale par des factions pro-palestiennes et divers groupes (Tigres liberateurs de l’Eelam tamoul, groupes sikhs en Inde), qui ont parfois un fondement religieux mais dont la vocation premiere est autonomiste.

Certains actes de terrorisme ont ete perpetres, pour leur part, en reference a une ideologie radicale. Ils sont l’? uvre de groupes extremistes de gauche ou de droite. Les actes terroristes perpetres par les groupes terroristes d’extreme gauche sont des actes de contestation radicale du systeme socio-economique. Selon Bonanate (1994: 167), ces groupes commettent des «actes visant a affaiblir l’Etat et creer une situation revolutionnaire et une haine pour l’Etat et ses representants».

Ces actes ont ete perpetres, par exemple, par les Brigades rouges en Italie, groupe implique dans plusieurs sequestrations et voue a la destabilisation de l’Etat italien et a la destruction du systeme capitaliste. On peut aussi donner comme autre exemple les actes de terrorisme perpetres par la Bande a Baader (Fraction armee rouge) en Allemagne, groupe implique au cours des annees 70 et 80 dans l’assassinat de magistrats, des attaques contre des installations americaines et des actions violentes contre des representants de grandes entreprises.

Un autre exemple est le terrorisme du Sentier lumineux. Celui-ci est a l’origine de plusieurs attentats brutaux contre les institutions peruviennes et des missions diplomatiques de pays etranger. La motivation de leurs actes etait la destruction des institutions peruviennes et l’instauration d’un gouvernement revolutionnaire. A l’oppose, d’autres actes, qui ont aussi comme motivation l’ideologie, sont inspires par un extremisme de droite. Certains de ces actes ont ete perpetres en Italie dans les annees 70 par des groupes neo-fascistes.

Ces actes visaient a creer une psychose d’insecurite dans la population pour destabiliser l’Etat. Des groupes tels Avant-garde nationale et Ordre nouveau ont ete a l’origine de plusieurs attentats contre les infrastructures de transport du pays. D’autres actes ont ete perpetres en reference a la haine raciale. Ces actes sont l’? uvre de groupuscules neo-nazis et d’agregations de skinheads (Combat-18, VAPO) [2] et sont commis au nom de theses xenophobes et racistes. Selon Renar (1992), ces actes sont souvent l’? uvre de «groupes sans veritable projet politique, ni veritables structures clandestines.

Il s’agit plutot de propagande armee venant de groupuscules racistes. » S’ajoutent a cela les actes terroristes perpetres par des supremacistes blancs qui vehiculent une rhetorique anti-gouvernementale et qui sont orientes vers la vengeance, comme cela etait le cas avec l’attentat d’Oklahoma City [3] . Le terrorisme s’inscrit ici dans une dynamique de delegitimation de l’autorite etatique (Bjorgo, 1995). Si pour certains actes terroristes la motivation est avant tout d’ordre politique et ideologique, d’autres sont motives par des imperatifs religieux.

Ils constituent aujourd’hui une des tendances les plus fortes en matiere de terrorisme. Les extremistes qui sont a leur origine sont affilies a diverses organisations, allant notamment du mouvement sikh Dal Khalsa, du Hezbollah libanais, des organisations militantes sunnites Hamas et Jihad islamique, du Groupe islamique arme et du reseau fondamentaliste Al-Qaeda. La majorite des actes de terrorisme dont le motif est religieux sont inspires par le fondamentalisme islamique (Wilcox, 1997). Outre l’ideologie religieuse qui les teinte, ces actes peuvent avoir des objectifs varies.

Des groupes tels que le Hezbollah et le Hamas, par exemple, visent la poursuite de la resistance a l’occupation israelienne (Ranstorp, 1996). Le groupe Al-Qaeda, pour sa part, lutte contre les regimes arabes pro-occidentaux et menent des agressions contre des cibles occidentales situees en territoire arabe et a l’etranger. Enfin, certains actes sont l’? uvre de groupes strictement millenaristes ou messianiques, comme l’organisation Aum Shinrikyo, a l’origine des attentats aux matieres dangereuses durant les annees 90 au Japon (Laqueur, 1997). De facon plus marginale, le terrorisme peut etre motive par la defense d’une cause particuliere.

Certains groupes, provenant surtout de pays anglo-saxons, se sont livres a des actes de violence pour protester contre l’avortement, les atteintes aux droits des animaux et a l’environnement. Les auteurs de ces actes sont motives a changer une politique ou une pratique qu’ils jugent inacceptable par la violence. Quelques attentats a la bombe ont ete perpetres contre des cliniques d’avortement et leur personnel durant les annees 80 et 90 par des extremistes pro-vie [4] . D’autres attentats ont ete revendiques par des groupuscules au nom de la defense des droits des animaux.

Des groupuscules tels Justice Department et Animal Right Militia au Royaume Uni et Militant Direct Action Task Force au Canada sont a l’origine dans les annees 80 et 90 de nombreux attentats a la bombe, aux lettres et vehicules pieges contre des residences de scientifiques, d’institutions academiques et d’individus lies a l’experimentation animale. En plus, des attentats ont aussi ete commis par des groupuscules pour mettre un frein aux menaces a l’environnement et attirer l’attention sur sa protection [5] . Le groupuscule canadien Direct Action est a l’origine de certains de ces actes dans les annees 80 (Smith, 1998) [6] .

Le terrorisme est aussi un des instruments de groupes mafieux qui operent leurs activites illicites en Amerique latine et en Europe. En recourant systematiquement a la violence, ce terrorisme vise principalement a influer sur les milieux politiques et judiciaires impliques dans la lutte au trafic de stupefiants (Smith, 1991; Colen, 1998). Etant donne que ce terrorisme a une motivation qui est essentiellement economique (pouvoir et argent), sa motivation est essentiellement economique, certains auteurs l’identifient comme un quasi-terrorisme.

Les exemples d’attentats sont nombreux, surtout en Colombie. Un nombre important de juges, de personnalites politiques, de journalistes et de policiers ont ete victimes d’attaques (Medd et Goldstein, 1997: 284). Par exemple, l’organisation terroriste M-19 avait pris d’assaut le palais de justice de Bogota et retenu en otage les personnes qui s’y trouvaient. Le but des terroristes etait d’intimider le gouvernement americain qui reclamait l’extradition de criminels lies a un cartel de la drogue vers les Etats-Unis (Colen, 1998: 120).