Hysterie: cas de katharina

Hysterie: cas de katharina

Sommaire I. Introduction……………………………………………………………………………. ….. 2 II. Bref historique de l’hysterie………………………………………………………………3 1. De l’antiquite a la moitie du 19eme siecle………………………………………… ………3 a) Hippocrate ……………………………………………………………………….. ……. 3 b) Soranus………………………………………………………………………………… 3 c) Galien………………………………………………………………….. ……………….. 4 d) Lasegue…………………………………………………………………………………4 e) Charcot…………………………….. …………………………………………………… 5 2. Freud ……………………………………………. …………………………………………6 a) Une rencontre avec Charcot…………………………………………………………… 6 b) La rencontre avec Breuer………………………………………………. …………….. 7 ) Freud et ses patientes ………………………………………………………………….. 9 d) Originalite de la theorie……………………………………………………… …….. …9 III. Traumatismes sexuels et refoulement………………………………………………. …11 1. L’amnesie infantile et la crainte de la sexualite………………………………………… 11 2. Le lien entre le processus normal et le processus nevrotique…………………………. 12 3. Traumatisme reel et conversion hysterique…………………………………………….. 13 4. Traumatisme psychique…………………………………………………………………. 13 5. Theorie de la seduction…………………………………………………………………… 14 a) Theorie de la seduction generalisee…………………………………………………. 14 b) L’abandon de la theorie de la seduction…………………………………………….. 5 IV. Etudes de cas (Katharina)………………………………………………………………. 16 1. Histoire de katharina…………………………………………………………………….. 16 2. « KATHARINA » A travers la theorie de la seduction………………………………… 18 Conclusion…………………………………………………………………………………… 20 Bibliographie………………………………………………………………………………… 21 I. Introduction L’histoire de l’hysterie remonte a l’antiquite egyptienne et son nom lui a ete donne par un Grec. Elle a de tous temps interesse les medecins, les philosophes, les religieux, mais bien peu les psychiatres, puisqu’elle n’entrait pas dans le cadre des affections psychiques

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Galien, dont une observation va nous montrer que pour lui la question s’etait enfin posee. Le mot « hysterie » a ete supprime de la Nomenclature Generale des Maladies et du Manuel de Diagnostic des Troubles Mentaux en 1952. Il y est remplace par le terme de « Symptome de Conversion »: soit le point final de l’histoire, de la Haute Antiquite egyptienne jusqu’a Freud. Suivre l’histoire de l’hysterie, c’est suivre l’histoire de la medecine, et la medecine ayant eu tant de mal a se differencier comme science autonome, c’est en fait une histoire des philosophies, donc des civilisations que nous avons a feuilleter.

Et les surprises sont nombreuses dans ce deroulement des idees, qui soit s’imposent et defient le temps, soit sombrent dans l’oubli, soit s’eclipsent apres avoir triomphe, puis refont surface quelques siecles plus tard et s’effacent a nouveau. Il y a dans le deroulement de cette histoire un enseignement que nous devons prendre a notre compte, au point ou nous en sommes de l’histoire de la psychanalyse. II. Bref historique de l’hysterie 1. De l’antiquite a la moitie du 19eme siecle a) Hippocrate L’hysterie dont Hippocrate percoit le caractere insaisissable s’explique a l’epoque par la « suffocation de la matrice ».

Elle survient chez les « femmes qui n’ont pas eu de rapports sexuels », soulignant par la un lien possible entre le symptome et ce qui deviendra plus tard la theorie sexuelle des nevroses. « Quand la matrice est au foie et aux hypochondres et produit la suffocation, le blanc des yeux se renverse, la femme devient froide, et meme quelques fois livide. Elle grince des dents ; la salive afflue dans la bouche et elle ressemble aux epileptiques. Si la matrice reste longtemps fixee au foie et aux hypochondres, la femme succombe etouffee».

Hippocrate ajoute, sans guere plus de precisions cliniques, que la matrice peut se fixer sur d’autres organes que le foie : sur le coeur, la suffocation provoque de l’anxiete, des tournoiements, des vomissements bilieux. Mobilite de l’uterus, labilite du symptome se degagent deja de ces premieres descriptions cliniques qui s’accordent sur une origine « matricielle », sexuelle du phenomene. Dans ses explications, Hippocrate s’attachera a la croyance de l’animalite de l’uterus, doctrine de la nature presente de l’epoque. ) Soranus L’hysterie prend possession de la partie de son corps qui lui echappait, precisait Soranus. « Toute la pathologie releve, soit d’un etat de tension de l’organe, soit au contraire d’un etat de relachement ». Son Traite des maladies des femmes prefigure la theorie de la libido freudienne. Il refere une pulsion de mort a une propriete du vivant : la matiere vivante tend a retourner a l’inanime, et ce retour, cette chute de la tension synonyme de vie, s’accompagne de plaisir.

Fidele a sa theorie, Soranus attribue comme seule cause a cette maladie une constriction de l’organe : « Les malades sont atteintes subitement et tombent par terre sans voix, avec une respiration difficile et la perte des sens, les dents s’entrechoquent et deviennes stridentes ; quelquefois il y a des convulsions des membres…Cette affection uterine a une grande affinite avec l’epilepsie a cause de la perte de la voix et des sens ». Il insiste sur le desir de la femme et prone que la sexualite est un mal necessaire. L’oeuvre de Soranus marque une etape importante dans l’histoire de l’hysterie.

Ce gynecologue accoucheur, tres lie au milieu des sages femmes, a mis fin a la croyance qu’elles entretenaient depuis toujours : l’uterus n’est pas un animal. Il n’est pas un corps etranger. Il appartient a la femme. La sexualite n’est plus dominee par cet etrange animal. C’est la femme qui a des desirs, et en particulier celui d’enfanter. c) Galien A cet epoque, l’hysterie est la denomination vulgaire, profane utilisee par les sages-femmes pour designer ce que les medecins appellent « suffocation ». Galien decrit trois formes d’hysterie : la forme lethargique, la suffocation, et la forme motrice. La clinique de Galien demeure pauvre.

Beaucoup plus riches sont les developpements consacres aux causes de l’hysterie. Galien est alors veritablement novateur. Il etablit pour la premiere fois une theorie sexuelle ou seminale de l’hysterie. L’hysterie n’est pas due a une migration de l’uterus. L’idee de deplacement etant abandonnee, il restait a trouver une explication susceptible de rendre compte des effets a distance : ce sera la retention de la semence, la femme etant censee emettre une semence analogue au sperme masculin. L’explication etiologique de Galien souligne l’abstinence sexuelle, et souleve l’interrogation de la femme devant la sexualite.

Insatisfaite de sa sexualite, de ses affects, ses emotions …. et tous les domaines de la vie. d) Lasegue « La definition de l’hysterie n’a jamais ete donnee et ne le sera jamais. Les symptomes ne sont ni assez constants, ni assez conformes, ni assez egaux, en duree, en intensite, pour qu’un type, meme descriptif, puisse comprendre toutes les varietes ». L’hysterie se refuse a entrer dans le cadre de la pathologie generale et dans ceux de la pathologie mentale. « Les lois qui commandent aux evolutions pathologiques ne s’y adaptent pas ; l’exception n’y confirme pas la regle, mais elle devient elle-meme la regle et la caracteristique».

L’image de l’hysterie, un tout, reste eclatee, eparpillee dans toute la pathologie. La tentative infructueuse de Lasegue marque une date dans l’histoire de l’hysterie, du moins en France. Les alienistes vont rejeter la grande nevrose hors de leur champ d’investigation. L’hysterie ne peut entrer dans la pathologie mentale et elle reste en marge de la pathologie generale. A cette desaffectation des alienistes pour cette nevrose, s’ajoute le fait que les hysteriques avec leurs crises, leurs caprices, leurs comportements bruyants perturbent l’ordre des services d’alienistes.

Ceci peut nous rappeler les adjectifs pejoratifs que nous utilisons a leurs propos dans les services. On cherche a les ecarter, a les mettre ailleurs. On va les reunir dans des lieux de soins separes, avec une autre categorie de sujets assez indesirables, eux aussi, les epileptiques. On verra que Charcot heritera de ce « quartier des epileptiques». Des lors, l’hysterie abandonnee par les alienistes, va devenir l’affaire des neurologues. Les alienistes ne garderont de l’hysterie que les aspects les plus « psychiatriques ou psychologistes ».

L’hysterie sera tiree du cote de l’alienation. e) Charcot Charcot (1825-1893), pere fondateur de la neurologie, s’attache a la neuropathologie, versant neurologique de ce que sera la psychopathologie, le versant psychologique de la psychiatrie. A l’epoque, il s’interesse aux « petits nerveux » qui consultent les neurologues. Charcot utilise trois procedes dans sa demarche anatomo-clinique de typologie des maladies. La photographie, dont l’interet au 19eme siecle apparait pour les policiers, les scientifiques, est le premier de ces procedes. Pour Charcot, regarder, c’est comprendre.

Il etablira un laboratoire de photographie a la Salpetriere, introduisant la photographie medicale. Le second moyen utilise par le maitre est l’hypnose : « L’hysterie est la condition de l’hypnose ». Pour lui, si on hypnotise quelqu’un, il s’agit d’une hysterique. Enfin la troisieme methode : la presentation de malades. Il s’agissait d’une presentation de malades aux lecons du Mardi de la Salpetriere, comme au theatre. Des 1870, Charcot dresse le tableau clinique de la « grande hysterie », tableau qui sera retouche, enrichi, passablement complique et elargi par ses eleves.

Il distingue quatre phases, decrite et reprise par Freud dans la necrologie qu’il consacre au maitre en 1893: – L’aura (la douleur ovarienne peut-etre aussi bien un signe permanent que l’annonce du debut de la crise). – L’attaque proprement dite, avec cri, paleur, perte de connaissance, chute suivi d’une rigidite musculaire, cette phase est dite epileptique ou epiletoide. – Vient ensuite la phase dite « clownique » ou « clonique ». La, nous dit Charcot, « tout est hysterique ». Ce sont de grands mouvements, des contorsions a caractere intentionnel, des gesticulations theatrales mimant les passions, l’effroi, la peur, la haine, etc… La phase resolutive, marquee par des sanglots, des pleurs et des rires. L’hysterie soumise a la methode anatomo-clinique, devient objet scientifique, faisant abstraction du sujet. Ce neurologue amenera une description rigoureuse de signes positifs et negatifs, a savoir que l’hysterie ne repond pas en terme de lesion, la topographie des symptomes hysteriques n’obeit pas a la distribution anatomique des nerfs. De tous les travaux de Charcot sur l’hysterie, c’est incontestablement ceux qu’il a consacres a l’hysterie traumatique qui resteront dans l’histoire.

L’hysterie traumatique est fondee sur l’hypothese selon laquelle l’idee suggeree peut vivre dans l’appareil psychique a l’etat de parasit, l’etat mental au moment du choc est compare a un etat hypnotique. C’est l’enseignement que Freud retiendra de son sejour a Paris. 2. Freud Evoquer l’hysterie ne permet pas de faire l’economie de l’approche de la conception freudienne. L’hysterie est le paradigme de la nevrose, elle a contribue a l’emergence d’un nouveau champ epistemologique, a savoir la psychanalyse. Ce paradigme s’est construit au travers de rencontres. a) Une rencontre avec Charcot

Freud rencontre, a l’autonome 1885, le professeur Charcot. Ce fut un moment inaugural pour la psychanalyse, terme dont la premiere occurrence apparait en francais en 1896 dans la revue de neurologie, consacre « sur l’etiologie sexuelle des nevroses ». Il existe une fascination de Freud pour Charcot, voire un lien de veneration, au point que Freud prenommera son fils Martin. Le Rapport sur ses etudes a Paris et Berlin de 1886, transpire cette admiration : « Je subis l’attrait de cette personnalite et me resolus bientot a ne frequenter que ce seul hopital et a ne suivre que l’enseignement de ce seul homme ».

Un peu plus loin, il ajoute : « Les contacts permanents, personnels, scientifiques, que je pus avoir avec le maitre et qui stimulerent mon zele pendant les cinq mois que je passai a Paris». Il consacre une necrologie au deces de Charcot en 1893 : « Ce n’etait pas quelqu’un qui rumine, ni un penseur, mais une nature artistiquement douee, selon ses propres termes, un visuel, un voyant». On assiste au passage du regard de Charcot a l’ecoute de Freud. En parlant de Charcot, il defendait les droits du pur travail clinique qui consiste a voir et ordonner. N’est-ce pas l’approche theorique du DSM IV : voir et ordonner ?

De son voyage a Paris, Freud decouvre l’hysterie et l’hypnose : « J’ai reserve aux observations relatives a l’hysterie ainsi qu’a l’hypnotisme une place aussi considerable, c’est parce que j’avais affaire a des questions entierement nouvelles… » Il rencontre Charcot a la Salpetriere. Il rencontre l’homme mais aussi l’hypnose, et l’hysterie traumatique. Freud retient aussi de ce sejour parisien la methode de Charcot, celle qui consiste a choisir comme point de depart de la recherche clinique le cas le plus complet, considere comme type parfait de la maladie, et a partir duquel tous les autres cas peuvent se deduire par transition.

Freud quitte Paris le 28 fevrier 1886. Deux mois plus tard, il ouvre son cabinet prive a Vienne. Il continuera dans les annees qui suivent a commenter, interpreter et enrichir les lecons de Charcot sur l’hysterie. En 1888, il reprend tres fidelement les descriptions cliniques de Charcot. A la fin de l’article, Hysteria, il apporte une contribution plus originale, qui sera reprise par la suite. Les « signes physiques » dans l’hysterie different des anesthesies ou paralysies observees dans les troubles organiques.

Et la, Freud annonce l’article qui ne paraitra qu’en 1893, mais dont l’idee avait germe a la Salpetriere des 1886. Ce qui est frappant dans l’hysterie, c’est le decoupage extremement precis des troubles, leurs localisations parfaitement limitees; surtout leur distribution qui n’obeit pas a la distribution anatomique. « On peut dire que l’hysterie ignore autant la structure du systeme nerveux que celui qui ne l’a pas apprise». En 1893, dans le prolongement de son sejour parisien, Freud publie en francais et dans une revue francaise un article inspire par Charcot. J’affirme que les lesions des paralysies hysteriques doivent etre tout a fait independante de l’anatomie du systeme nerveux, puisque l’hysterie se comporte dans ses paralysies et autres manifestations comme si l’anatomie n’existait pas, ou comme si elle n’en avait nulle connaissance. » Autre enseignement de la Salpetriere : la mobilite du symptome qui passe sous des influences diverses (excitation electrique, aimants, applications metalliques) d’un cote de l’autre du corps. Tout ceci elimine l’hypothese d’un trouble organique, d’autant plus que la suggestion peut faire disparaitre le trouble.

Que dire du versant psychologique de l’hysterique ? Le cours de la pensee est modifie ; les associations d’idees sont perturbees ; la volonte, les sentiments peuvent tour a tour etre inhibes ou exaltes. Tous ces changements, ces oscillations, ces mouvements de l’activite psychique seraient pour Freud la traduction, en termes psychologiques, « des modifications de la distribution dans le systeme nerveux d’une quantite constante d’excitation ». Cette formulation reprend celle de Fechner avec son « principe de stabilite », et prefigure celle du « Principe de constance» donnee par Freud, en 1920, dans Au dela du principe de plaisir.

Dans le trefonds des mysteres de la nature, il se passe quelque chose auquel on ne peut pas avoir d’acces direct. La « realite » du phenomene passe par une metaphore, soit physique, soit psychologique, metaphore qui traduit la realite et permet de la formuler. Pour l’hysterie, deux cas se presentent : ou bien le surplus d’excitation reste libre et il va provoquer des manifestations a symptomatologie psychique (inhibition ou exaltation) ; ou bien il se fixe sur un organe et il produira des manifestations somatiques stables (anesthesie, paralysie, contractures). Ce sera l’hysterie de conversion. b) La rencontre avec Breuer

La rencontre historique de Breuer avec « Anna O. » date de 1880. On peut y voir le cas fondateur de la psychanalyse. Anna O. consulte Breuer suite a la maladie de son pere : elle souffre d’une paralysie des membres, des troubles de la vue et du langage, de la toux et d’anorexie. Elle s’exprime parfois en anglais. Freud fit la connaissance de cette malade, pseudonyme de Bertha Pappenheim, amie de Bertha Bernays, la femme de Freud. Anna O. , patiente paradigmatique, joue un role epistemologique tout a fait capital. Ainsi debuta la collaboration entre une malade douee et son medecin attentif, une procedure qui devait faire epoque, et qu’Anna O. omma judicieusement : « cure par la parole» et, « ramonage de cheminee». Les symptomes d’Anna O. disparaissent sous hypnose. Des lors Breuer construit une methode therapeutique, le catharsis : hypnotiser pour reveler les liens intrapsychiques oublies. Breuer parlait de « narration depuratoire » et ajoutait que « grace au recit l’incident perdit totalement sa nocivite». Anna O. , patiente de Breuer, initie Freud a la methode psychologique. Freud s’associe a la decouverte de Breuer, et la collaboration est inauguree avec un court article publie en 1892 et signe conjointement.

Freud fait reference a la description de la « grande attaque » de Charcot. Il introduit des considerations theoriques qui seront reprises plus tard. Jonction avec Breuer, mais il s’agit aussi d’un rappel des sources provenant de la Salpetriere. Freud, dans l’article Pour une theorie de l’attaque d’hysterique, avance cinq propositions : 1) Le contenu constant de l’attaque hysterique est le retour d’un etat psychique que le malade a vecu anterieurement ; c’est donc le retour a un souvenir. 2) Le souvenir qui provoque l’attaque est le retour de l’experience meme qui a cause l’explosion hysterique, a savoir le trauma psychique.

Le trauma devient le facteur determinant dont le modele a ete fourni par Charcot dans l’hysterie traumatique. 3) Le souvenir est un souvenir inconscient, ou plutot, il appartient a un etat de conscience seconde. Si l’on parvient a faire revenir ce souvenir dans la conscience, sa capacite d’engendrer des attaques disparait. 4) Si l’hysterique veut oublier intentionnellement une experience vecue, une representation genante, ces actes psychiques accedent a l’etat de conscience second et produisent alors leurs effets permanents. ) S’il est vrai que le systeme nerveux s’efforce de maintenir constante une somme d’excitations et liquide par association ou par reaction motrices l’excedent d’excitation, ce sont les impressions auxquelles est refusee la decharge qui deviennent traumatiques. On reconnaitra de cet article lapidaire les trois axes de developpement que va suivre la theorie freudienne : 1) Les symptomes hysteriques sont attribues a l’impossibilite d’evacuer par les voies normales un trop-plein d’excitation. Ils permettent de retablir un equilibre menace et d’amener la « somme d’excitation » a un niveau constant.

C’est la fonction economique du symptome grace auquel l’equilibre economique se retablit. 2) Toutes les operations de decharges anormales se font en dehors de la conscience claire du sujet, dans un etat second de la conscience. 3) l’impossibilite de decharge normale ou le « blocage de l’affection » est attribuee soit a un etat particulier de la conscience au moment ou s’est produit le surplus d’excitation, soit parce que l’hysterique veut ecarter, faire disparaitre intentionnellement quelque chose qui n’est pas cceptable pour la conscience. Ces trois axes seront identifies plus tard dans la theorie freudienne comme etant respectivement le point de vue economique, topique et dynamique. c) Freud et ses patientes La rencontre de Freud avec ses patientes est capitale, et debouchera sur sa theorie analytique. Ecouter devient pour Freud plus qu’un art, une methode, la voie privilegiee a un savoir que ses malades lui permettait d’explorer. L’un des guides a qui Freud devait demeurer reconnaissant fut Emmy von N. en realite Fanny Moser, une riche veuve d’un certain age. Mieux, en matiere d’ecoute, elle offrit a son medecin une lecon de choses : Freud la questionnant avec insistance, elle se rebiffa avec aigreur et exigea qu’il cesse « de toujours lui demander d’ou provient ceci ou cela mais de laisser raconter ce qu’elle a a dire ». De Miss Lucy R. , souffrant de sensations olfactives d’ordre subjectif, il s’attardera a l’attitude de passivite en eveil, ce qu’il allait definir plus tard comme une « attention flottante ».

Le cas Katharina illustre parfaitement les effets pathogenes de souvenir d’un traumatisme sexuel. Elisabeth von R, manifestant de l’astasie abasie, constitue la premiere analyse d’un cas hysterique qu’il mena a terme. Freud et Elisabeth von R. procederent « a l’elimination par couches, des materiaux psychiques, ce que nous aimions a comparer a la technique de defouissement d’une ville ensevelie». Selon certains auteurs, le refus d’hypnose d’Elisabeth von R. aurait conduit Freud a proposer l’association libre.

Des 1892, Freud avait donc rassemble les elements constitutifs de sa technique analytique : une observation attentive, une interpretation intuitive, le travail d’associations affranchi de tout recours a l’hypnose, enfin la « perlaboration». d) Originalite de la theorie Freud ne part plus comme tous les cliniciens de l’hysterie, de la description des symptomes et de leur regroupement au sein d’une meme entite : il part de ce qu’il a trouve, la defense, pour remonter ensuite a la superficie, aux symptomes. Les symptomes hysteriques sont pour Freud des residus, des symboles de certains evenements, symboles commemoratifs.

La crise est une transposition sur une autre scene et dans un autre langage du trauma initial. Il ne s’agit plus du tout de reproduction, elle devient une mise en scene analogue au reve, avec ces mecanismes de condensation, deplacement … Il attribuera au debut de son oeuvre, un role preponderant a la sexualite. En 1895, Freud et Breuer signent conjointement la declaration suivante : « C’est dans la sexualite, source de traumatismes psychiques et facteur motivant du rejet et du refoulement de certaines representations hors du conscient, qu’incombe dans la pathologie de l’hysterie, un role predominant».

Freud elabore en une dizaine d’annees sa theorie sur l’hysterie. En 1893, dans la communication preliminaire co-signee avec Breuer, il degagera le role de l’hypnose pour permettre la reviviscence des emotions et du traumatisme originaire, et ainsi la disparition du symptome. Dans la meme annee, il introduit dans Pour une theorie de l’attaque d’hysterie des notions nouvelles, telles que le « clivage de la conscience » et le « retour au souvenir », prefigurant l’inconscient freudien et le refoulement. Dans les psychonevroses de defense en 1894, l’hysterie de conversion resulte d’une « conversion » de l’affect.

En 1895, dans les etudes sur l’hysterie, le trouble nevrotique nait de l’impossibilite d’abreagir les effets du traumatisme, l’hypnose permettant de remonter au traumatisme et d’en abreagir les effets. Il confirme le role du refoulement et enonce « les hysteriques souffrent de reminiscences ». Des 1895, le symptome est la traduction d’un conflit psychique sous l’effet de forces psychiques qu’il appelle libido. Il ajoutera le « retour du refoule » dans les nouvelles remarques sur les psychonevroses de defense en 1896. L’hysterie freudienne ne s’est guere enrichie dans les developpements ulterieurs apres 1905.

Toutefois, en 1905, dans les trois essais sur la theorie de la sexualite, il confirme la bisexualite du symptome hysterique. En 1926, le Moi devient le lieu de l’angoisse, et celle ci engendre le refoulement. Il degagera sa theorie sur la sexualite, signifiant que le refoulement agissait contre les exigences des desirs infantiles. L’importance du trauma sexuel passera du reel au fantasme dans l’esprit de Freud, ce qui compte ce n’est pas le traumatisme en soi, c’est le traumatisme pour soi, c’est la facon dont il a ete vecu.

Le fait que le fantasme auquel le sujet donne l’epaisseur de la realite ait provoque le symptome prouve bien la force, le poids, le pouvoir de la « realite psychique ». La realite psychique est en quelque sorte plus reelle que la realite factuelle, du moins pour l’hysterique. La problematique bascule alors du cote du sujet. « La conversion vient travestir la sexualite en symptome plus acceptables», ecrit Trillat. III. Traumatismes sexuels et refoulement Etudes sur l’hysterie est un ouvrage theorique ainsi qu’un recueil de cas cliniques co-ecrit par Joseph Breuer et Sigmund Freud, publie en 1895.

Le livre est constitue de quatre chapitres : Le mecanisme psychique de phenomenes hysteriques, ecrit par Breuer et Freud ; Histoires des malades, recits de cinq cas (le premier est traite et retranscrit par Breuer, les quatre autres par Freud) ; Considerations theoriques (ecrit par Freud) ; Psychotherapie de l’hysterie (ecrit par Freud). Concernant les cas racontes au chapitre II, a l’epoque de la premiere edition de l’ouvrage, le secret medical avait contraint les auteurs a publier le recit de ces analyses en travestissant les noms de leurs patientes (usage repris par Freud pour d’autres cas, lors de la publication des Cinq psychanalyses).

La liste suivante reprend en caracteres gras italiques les pseudonymes des cas tels qu’ils figurent dans les Etudes sur l’hysterie et introduit les noms reels des patientes entre parentheses : – Mademoiselle Anna O. (Bertha Pappenheim). – Madame Emmy von N. (Fanny Moser). – Miss Lucy R. (? ). – Katharina (Aurelia Kronich). – Mademoiselle Elisabeth von R. (Ilona Weiss). Dans les etudes sur l’hysterie, Freud presente comme « typique » le cas de katharina, une jeune fille atteinte d’acces d’angoisse apres l’observation d’une scene de coit .

Cet incident rappelait lui-meme des incidents anterieurs a contenu sexuel et les reactivait. Freud precise que dans toutes les analyses d’hysterie fondees sur des traumatismes sexuels, on decouvre que certaines impressions, recues a une epoque presexuelles et qui n’avaient eu aucun effet sur l’enfant, conservent plus tard leur puissance traumatisante, en tant que souvenir, une fois que la jeune fille ou la femme a acquis la notion de la sexualite.

La dissociation des groupes psychiques constitue pour ainsi dire un phenomene normal au cours du developpement des adolescents et l’on comprend alors que sa prise de conscience par le moi puisse assez souvent donner lieu a des troubles psychiques. 1. L’amnesie infantile et la crainte de la sexualite L’ignorance de la sexualite enfantine est le fait de l’amnesie infantile ; mais ce n’est pas que cela, c’est aussi une tendancieuse erreur, la meconnaissance de ce qu’est veritablement la sexualite, liee a la crainte qu’elle inspire.

Freud dans son ouvrage (Trois essais sur la theorie de la sexualite) precise bien que c’est l’amnesie infantile, qui creant pour chacun de nous dans l’enfance une sorte de prehistoire et nous cachant les debuts de la vie sexuelle, fait que l’on neglige de prendre en consideration l’importance de la periode infantile dans le developpement de la vie sexuelle en general.

Pretendre que les enfants n’ont pas de vie sexuelle- excitations sexuelles, besoin sexuels, une sorte de satisfaction sexuelle-, mais que cette vie s’eveille chez eux brusquement a l’age de 12 a 14 ans, c’est, abstraction faite de toutes les observations, avancer une affirmation qui, au point de vue biologique, est aussi invraisemblable, voire aussi absurde que le serait celle d’apres laquelle les enfants naitraient sans organes genitaux, lesquels ne feraient leur apparition qu’a l’age de la puberte.

Ce qui s’eveille chez les enfants a cet age, c’est la fonction de la reproduction qui se sert, pour realiser ses buts, d’un appareil corporel et psychique deja existant. Freud precise que cela est une erreur qui consiste a confondre sexualite et reproduction, et par cette erreur on ferme l’acces a la comprehension de la sexualite, des perversions et des nevroses. C’est la cependant une erreur tendancieuse. 2. Le lien entre le processus normal et le processus nevrotique

La conscience et meme le preconscient se detournent du souvenir traumatisant, comme d’un objet de degout. C’est la le refoulement qui peut rester normal ou donner lieu a une nevrose. Freud decrit le lien entre le processus normal et le processus nevrotique. Freud precise dans son ouvrage (trois essais) ; de meme que nous detournons avec degout notre organe sensoriel (tete et nez) devant les objets puants, de meme le preconscient et notre comprehension consciente se detournent du souvenir. C’est la ce qu’on nomme refoulement. Que resulte t-il du refoulement normal ? ne transformation de l’angoisse liberee en rejet psychiquement « lie », c’est-a-dire qu’il fournit le fondement affectif d’une multitude de processus intellectuels, tels que moralite , pudeur, etc. Tout l’ensemble de ces reactions s’effectue aux depend de la sexualite (virtuelle) en voie d’extinction. Nous voyons clairement comment les progres evolutifs de l’enfant se trouvent investis de piete, de pudeur, etc. , et de quelle facon se produisent des « anomalies morales » entravant l’evolution lorsque aucune desaffectation des zones sexuelles n’a eu lieu.

L’ordre chronologique de ces progres evolutifs n’est pas le meme dans les deux sexes. (Le degout apparait plus tot chez la petite fille que chez le garcon), mais la distinction principale se marque a la puberte ou un degout de la sexualite sans caractere nevrotique s’empare des filles alors que la libido a prise sur le garcon. C’est, en effet, a cette epoque qu’une autre zone sexuelle s’efface partiellement ou totalement chez la femme, tandis qu’elle subsiste chez l’homme. 3.

Traumatisme reel et conversion hysterique Freud commence par relever que le symptome physique, s’il est relie a un trouble psychique, plus precisement s’enracine dans l’histoire psychosexuelle du sujet. L’hysterie serait la reponse corporelle a un traumatisme sexuel ; dans leur enfance, les hysteriques auraient ete seduites; et dans l’apres-coup elles developpent une hysterie. C’est la premiere theorie, celle d’un evenement reel cause d’un traumatisme psychique : la neurotica.

Quant a la conversion hysterique, elle suppose qu’une tension pulsionnelle inconsciente ne trouve, pour se decharger, que le corps ; mais il s’agit alors d’une expression symbolique de la representation sexuelle refoulee. Dans Pulsion et destin des pulsions, Freud precise que ce destin pulsionnel, non seulement elimine la representation insupportable, inconciliable avec les imperatifs du conscient, mais de plus reussit a faire taire l’affect : c’est la belle indifference des hysteriques.

La repression de l’affect reussirait donc mieux dans l’hysterie que dans d’autres pathologies ; par exemple dans la phobie, si la representation est refoulee, l’affect n’est lui que deplace sur une autre representation tout aussi inquietante. 4. Traumatisme psychique D’un traumatisme reellement vecu par l’hysterique, Freud decrira par la suite un traumatisme psychique ; il renonce donc a decrire un evenement reel – ce qui lui semble impossible au sein de tant de familles. Mais il concede que le psychanalyste n’a aucun moyen pour faire la difference entre un fantasme et un souvenir reel.

Freud decrira donc des souvenirs ecran. Il elaborera surtout un fantasme de seduction, l’un des fantasmes originaires, dans lequel l’hysterique pense reconnaitre l’origine de la sexualite. L’hysterique fonderait donc sa sexualite sur le fantasme d’avoir ete seduite. Cependant, Sandor Ferenczi reprochera a Freud l’abandon de cette neurotica. Dans Confusion des langues, il abordera la question d’une seduction reelle d’un enfant par un adulte, comprenant cette seduction comme la confusion de deux registres : celui de la sexualite genitale, qui est propre a l’adulte, et celui de la sexualite infantile.

C’est la « Theorie de la seduction restreinte et generalisee » abandonnee par Freud et occultee pendant 70 ans, peut-etre pour des raisons de convenance sociale et de rectitude politique. 5. Theorie de la seduction Occultee pendant 70 ans, de 1897 a 1967, la theorie de la seduction a ete consideree comme fondamentale dans la psychanalyse par Sigmund Freud lui-meme qui l’a concue comme la « source du Nil » de la nevrose dans l’etiologie de l’hysterie. Cette occultation venait de Freud lui-meme qui a abandonne sa theorie de la seduction.

Cette theorie met en relation une realite effective – la seduction, exprimee dans des faits directement observables et quantifiables – et une theorie a plus grande portee qui peut rendre compte de la totalite de la psychopathologie et de la genese du sujet humain dote d’un inconscient et d’une sexualite a travers la notion de « refoulement ». a) Theorie de la seduction generalisee La theorie de la seduction « generalisee » concerne les repercussions lointaines de la realite effective par un « effet de ‘apres-coup » ou un evenement traumatique du passe lointain est interprete a la lumiere du present et provoque alors une souffrance telle qu’il est refoule dans l’inconscient et enfoui dans un passe qui ne cesse pas d’etre present. Elle est generalisee par l’extension de l’idee de seduction, de perversion et de l’application au-dela de la seule psychopathologie. Par seduction, il s’agissait des evenements d’une experience sexuelle precoce ou un enfant a ete confronte passivement et prematurement au surgissement d’une sexualite d’adulte.

En d’autres termes, un enfant se situe dans un etat d’immaturite, d’impreparation, d’insuffisance ou d’incapacite par rapport a l’experience qui lui arrive avec un adulte. Cette immaturite, impreparation, insuffisance ou incapacite se rapporte a la fois au developpement biophysique et au developpement psycho sexuel. Ce qui fait traumatisme est l’etat d’impreparation: le caractere fortuit dans la nevrose traumatique d’adulte et l’immaturite psychosexuelle chez l’enfant.

Dans les deux cas de figure, allies a l’impreparation sont l’aspect arbitraire de l’attentat sexuel et l’impuissance physique et mentale a s’y opposer. Le partenaire obligatoire de la seduction est l’adulte. Ce qui exclut la seduction des jeux sexuels que pratiquent les enfants entre eux. Pour Freud, l’adulte n’est pas n’importe lequel, mais un adulte « pervers » dans son double sens de deviance quant a l’objet dans la pedophilie et de deviance quant au but dans l’arbitraire et la oercition de l’acte sexuel. Jusqu’a l’abandon total de sa theorie de la seduction, Freud tenait fermement au caractere pervers du pere de l’hysterique. La theorie de l’apres-coup ou du traumatisme en deux temps postule que ce qui s’inscrit dans l’inconscient est seulement ce qui est dans la relation entre deux evenements separes dans le temps et par un moment (aussi bien comme instant que comme rapport de forces) de mutation permettant au sujet de reagir autrement qu’au premier evenement. Au premier temps est l’effroi, frayeur ou grande peur qui confronte le sujet non prepare a un acte sexuel hautement significatif, mais encore insignifiant, puisque le sujet est en etat d’impreparation ou d’immaturite, c’est-a-dire un acte sexuel indechiffrable, un acte sexuel dont la signification ne peut etre assimilee. Laisse en attente ou mis de cote, le souvenir n’est pas en soi pathologique ou traumatisant. Il ne le deviendra que par sa rememoration, sa reviviscence, lors d’un second evenement ou scene qui entre en resonance associative avec le precedent evenement. Au deuxieme temps est une scene qui rappelle la premiere. Mais, du fait des nouvelles possibilites de reaction, c’est le souvenir lui-meme – et non pas la nouvelle scene fonctionnant comme declencheur – qui fonctionne comme une nouvelle « sources d’energie libidinale » interne et auto traumatisante. En d’autres termes, c’est le souvenir de l’agression sexuelle qui blesse plutot que l’agression sexuelle elle-meme a l’epoque ou elle s’est produite.

A ce deuxieme temps auto traumatique, l’issue n’est pas dans une liquidation dans l’oubli ou une elaboration normale du sujet envers une agression a laquelle il ne pouvait pas lutter contre, mais dans une « defense pathologique » ou « refoulement ». La seduction ne serait plus un couple action-reaction, mais un mode d’interaction ou il n’y aurait plus de personne seductrice et de personne seduite, mais des personnes qui participent a la seduction a la fois infantile et parentale dans la relation parents-enfant.

La perversion serait des erreurs d’interpretation ou des versions paralleles. Freud a ete conduit progressivement a mettre en doute la veracite des scenes de seduction et a abandonner cette theorie de la seduction en decouvrant que ces scenes de seduction sont parfois des reconstructions fantasmatiques et cette decouverte est correlative de la mise a jour progressive de la sexualite infantile. b) L’abandon de la theorie de la seduction

Pendant son sejour a Paris et en suivant les cours de Jean-Martin Charcot sur l’hysterie, du 3 octobre 1885 au 28 fevrier 1886, Freud a suivi les conferences et assiste aux autopsies de Brouardel a la morgue de Paris sur des cas de viol et d’assassinat d’enfant ou de violence sexuelle accompagnee de violence physique. Le sejour de Freud a Paris a ete peut-etre d’une plus grande importance historique dans la genese de la psychanalyse que lui-meme ne le pensait ou ne voulait admettre.

Il y fut un temoin de premiere main des traumatismes sexuels reels eprouves lors de l’enfance qui sont autant de « preuves » sur lesquelles il a edifie sa these de 1896 (abandonnee ensuite) ou des traumatismes sexuels reels eprouves sont au c? ur meme de la maladie nevrotique. Le sejour de Freud a Paris (1885-1886) lui a peut-etre inspire l’elaboration de la theorie de la seduction, mais il a aussi contribue en partie a son abandon pour, dit-on aujourd’hui, eviter le scandale qu’elle provoquerait.

Freud hesitait, dans sa definition de l’abus sexuel entre un exces d’activites sexuelles et une agression sexuelle, impressionne par ce qu’il avait vu lors des demonstrations de Brouardel a la morgue de Paris. Comme exces d’activites sexuelles, Freud incluait dans l’abus sexuel toute sexualite deviee de sa fonction procreatrice, comme la masturbation, le coit interrompu du retrait avant l’ejaculation et le rapport sexuel avec preservatif ou condom.

Comme agression sexuelle, Freud incluait dans l’abus sexuel toute violence sexuelle accompagnee de violence physique ou morale d’une contrainte physique ou morale sur une personne a un rapport sexuel fortuit ou indesire de la pedophilie, du viol et de l’inceste. La position theorique de Freud etait que les symptomes hysteriques de la periode de latence apres 8 ans ou lors de l’adolescence representent presque invariablement les effets d’une agression sexuelle subie plus tot dans la petite enfance. Freud a acquis la certitude que l’auteur des attentats sexuels ur de jeunes enfants (essentiellement des petites filles) etait le pere et qu’en aucun cas il fallait “accuser” le “pere”. Les italiques montrent la necessite de blamer la victime pour disculper le bourreau. Pour cela, il faudrait deplacer les souvenirs vers les fantasmes et parler de seduction ou c’est la victime qui provoque les attaques sexuelles du bourreau. Le plus souvent, cette victime etait une femme ou une petite fille et le bourreau etait son pere. En cela, Freud a renonce a accuser le pere en renoncant a sa theorie de la seduction.

IV. Etudes de cas (Katharina) 1. Histoire de katharina Pendant les vacances de 189.. , Freud rencontre lors d’une excursion une jeune fille nommee Katharina (18 ans). Cette jeune fille lui avoue qu’elle souffre des nerfs et qu’elle ne sait comment resoudre son probleme. Katharina a du mal a respirer. Sensation d’etouffement. Freud pense a un acces d’angoisse « Hysterie ». La jeune fille dit qu’elle a la gorge qui se noue, qu’elle ressent un poids sur la poitrine, et qu’elle est prise de vertiges.

Elle voit une tete d’homme qui la regarde d’un air effrayant a ce moment la. Un visage qu’elle ne reconnait pas. En l’interrogeant, Freud va voir son hypothese confirmee : “ Combien de fois n’avais-je pas vu l’angoisse, chez les jeunes filles etre la consequence de la terreur que suscite dans un c? ur virginal, la premiere revelation du monde de la sexualite. ” Katharina avait effectivement surpris son oncle avec sa cousine Franziska. Il faisait noir. Il etait couche sur elle.

A ce moment la, Katharina n’a rien compris. Elle ressentit un malaise semblable a celui d’aujourd’hui, mais ne savait pas pourquoi elle avait tant peur. Freud parle « d’Etat hypnoide » pour qualifier l’oubli de Katharina, qui ne se souvient plus tres bien comment elle a eu son premier acces. Katharina a vomis trois jours plus tard parce qu’elle a ete degoutee. Mais de quoi ? Il faisait noir…. Freud l’invite donc a se souvenir en lui demandant de raconter ce qui lui vient a l’esprit. (=libre association).

C’est alors que Katharina se souvient d’incidents traumatisants remontant a 2 ou 3 ans avant celui qu’elle croyait etre le plus important. Elle avait 14 ans lorsque l’oncle chercha a la seduire. Il tenta de la rejoindre dans son lit. Elle le repoussa ne sachant pas qu’il s’agissait de tentatives sexuelles. Katharina pensait simplement qu’il avait ete mal poli de la deranger ainsi. Une autre fois, elle avait du se defendre alors qu’il etait ivre. Elle a eu chaque fois l’impression d’un poids sur la poitrine et sur les yeux.

Elle portait donc en elle deux series de faits dont elle se souvenait sans pourvoir les comprendre, ni en tirer quelque chose. C’est lorsqu’elle vit le couple en train de coiter qu’elle commenca a comprendre et donc a se defendre. Tres rapidement apparaissent les premiers symptomes de conversion substituts du degout moral et physique. L’enigme etait ainsi resolue ; ce n’etait pas la vue du couple qui l’avait degoutee mais le souvenir reveille par ce spectacle et qui, en fin de compte devait etre celui de la nuit ou, attaquee, elle avait « senti le corps de son oncle ».

Freud lui rajoute : « Je sais maintenant a quoi vous avez pense en regardant dans la chambre. Vous vous etes dit qu’il faisait maintenant avec elle ce qu’il aurait voulu faire avec vous la nuit dont vous m’avez parle et les autres fois.  » Complement de 1924 : Bien des annees s’etant ecoulees depuis lors, Freud revele « je me crois autorise a enfreindre la regle de discretion que je m’etais imposee et a ajouter que Katharina etait non la niece, mais la fille de l’aubergiste. La maladie de la jeune fille avait donc ete causee par les tentatives de son propre pere. . « KATHARINA » A travers la theorie de la seduction « Katharina » est le quatrieme cas du livre « etudes sur l hysterie » de Freud et Breuer. Il nous fournit vraiment le modele de ce que Freud appel « la peur virginale ». C’est une combinaison de nevrose d’angoisse et d’hysterie, la premiere creant les symptomes et la seconde renouvelant ceux-ci et les utilisant. Le cas katharina illustre parfaitement les effets pathogenes de souvenirs d’un traumatisme sexuel. Freud y fait reference des ses premieres oeuvres.

Le plus souvent, une scene vecue precocement de facon assez neutre pourra avoir valeur de traumatisme lorsque par exemple un second evenement, vecu apres la puberte, aura donne a cette premiere scene un sens nouveau. 1er temps : enfance ; evenement de passivite sexuel (tentatives sexuelles de l’adulte). 2eme temps : apparition de l’effet pathologique. 3eme temps : leve du refoulement (guerison). Les indices que nous avons releves du texte et qui nous permettent d’expliquer la theorie de seduction sont les suivants : er temps : On note une passivite de l’enfance par rapport a l’adulte puisque c’est ce dernier qui prend l’initiative de part la parole et les gestes. Dans le texte : « …le meme oncle chercha a la seduire alors qu’elle avait 14 ans… », « …quand son oncle monta a son tour, elle se rendormit bientot, mais fut soudain reveille en sentant le corps de l’oncle dans sa couche….. qu’est ce que vous faites mon oncle ?….. il essaya de l’amadouer : tais toi donc,…, tu ne sais pas comme c’est bon. – je ne veux pas de vos bonnes choses….. ». On souligne dans cet extrait la passivite insouciante de katharina. …a ce moment-la je n’ai rien compris, je n’avais que 16 ans, … », «…c’est bien plus tard que j’ai compris ». On remarque alors l’ignorance totale de la sexualite avant l’age de la puberte dans le cas de katharina. 2eme temps : On note l’apparition de l’evenement qui fait echo par rapport aux souvenirs de l’enfance et ceci va declencher une situation pathologique (traumatisme et apparition des symptomes) d’ou l’apparition du systeme de defense. Dans le texte : « Je regarde a l’interieur, la chambre etait assez sombre, mais je vois mon oncle avec Fransika, il etait couche sur elle ».

On voit l’apparition du premier evenement echo qui a traumatise katharina. « J’ai tout de suite quitte la fenetre pour m’appuyer au mur, et j’ai etouffe comme je fais depuis ; je me suis trouve mal, j’ai senti une pression sur les yeux, et ma tete, ca cognait et ca bourdonnait ». On percoit dans cet extrait l’apparition des premiers symptomes chez katharina. Dans le texte on peut soulever d’autres symptomes qui vont succeder comme par exemple : « j’ai la gorge nouee comme si j’allais etouffer », « je m’imagine toujours que je vais mourir ». eme temps : Selon Freud le grand responsable de l’angoisse et des autres nevroses, c’est le processus du refoulement. La denegation est une facon de prendre connaissance du refoule, a proprement parler, une levee du refoulement, mais ce n’est assurement pas une acceptation du refoule. Dans le cas de katharina on voit apparaitre une levee du refoulement dans l’extrait suivant; « apres le recit de ces deux series de faits, elle s’arrete, et semble transforme ; son expression maussade, douloureuse,…, elle est soulagee, rasserenee ».

Enfin Freud nous explique comment l’enigme s’est resolu : « une courte periode d’elaboration, d’incubation s’ensuit ; puis apparaissent les symptomes de conversions, les vomissements, substitut du degout moral et physique ». Conclusion Publiees en 1895 par Sigmund Freud et Joseph Breuer, les Etudes sur l’hysterie sont generalement considerees comme marquant le debut de le psychanalyse. En fait, il s’agit d’une oeuvre de transition entre la periode pre-analytique et l’oeuvre freudienne telle que nous la connaissons.

Les Etudes sur l’hysterie sont d’une lecture passionnante puisque les cas rapportes par les auteurs constituent chacun l’equivalent d’un court roman qui capte l’interet du lecteur. On y voit s’elaborer l’histoire de la maladie et les aleas d’une toute nouvelle forme de traitement qui laisse la parole au malade lui-meme. L’enthousiasme des auteurs, surtout de Freud, est communicatif et, si la rigueur de l’expose clinique a pu etre remis en question plus recemment, cette oeuvre n’en marque pas moins une veritable rupture epistemologique dans l’etude du psychisme humain.

Redige en collaboration par Freud et Joseph Breuer, ce livre marque aussi la rupture graduelle entre ces deux hommes. Freud va s’engager sur la voie de la psychanalyse alors que Breuer, plus age que lui, se contentera de suivre de loin les travaux de son ancien protege. Les differents chapitres du livre portent la signature et l’empreinte de leur auteur et les divergences entre les deux hommes y sont clairement exposees. Bibliographie 1. Freud S. , Breuer J. , Etudes sur l’hysterie, Paris, Presses Universitaires de France, 1956. 2. Freud S. Les psychonevroses de defense (1894), Nevrose, psychose et perversion, Paris, Presses Universitaires de France, 1973. 3. Freud S. , Nouvelles remarques sur les psychonevroses de defense (1896), Nevrose, psychose et perversion, Paris, Presses Universitaires de France, 1973. 4. Freud S. , La perte de la realite dans la nevrose et la psychose (1924), Nevrose, psychose et perversion, Paris, Presses Universitaires de France, 1973. 5. Freud S. , Pour une theorie de l’attaque hysterique (1892), Resultats, idees, problemes, Paris, Presses Universitaires de France, 1984. 6. Freud S. Charcot (1893), Resultats, idees, problemes, Paris, Presses Universitaires de France, 1984. 7. Freud S. , Quelques considerations pour une etude comparative des paralysies motrices et organiques (1893), Resultats, idees et problemes, Paris, Presses Universitaires de France, 1984. 8. Freud S. , Fragment d’une analyse d’hysterie (Dora) (1905), Cinq psychanalyses, Paris, Presses Universitaires de France, 1954. 9. Freud S. , Au dela du principe de plaisir, Essai de psychanalyse, Edition Payot, Paris, 2001, p 49-128. 10. Freud S. , Trois essais sur la theorie sexuelle, Gallimard, Paris, 1987. 11. Freud S. Le Rapport sur mes etudes a Paris et Berlin de 1886 12. Freud choix du texte, Recueillis par Marie Therese Laveyssiere, Publie par Elsevier Masson, 2005 13. Freud S, Breuer J, Etudes sur l’hysterie, Ed. : PUF, 2002. 14. Didier Anzieu, L’auto-analyse de Freud, PUF (reed. PUF (L’auto-analyse de Freud et la decouverte de la psychanalyse), 1998. 15. Gay Peter, Freud, une vie, Hachette, 1991. 16. Gisele Harrus-Revidi : « L’Hysterie », PUF- Que sais-je ? , 1997. 17. Sordet-Guepet H. , L’insaisissable fibromyalgie, L’evolution psychiatrique, 2004, 69. 18. Trillat Etienne, L’histoire de l’hysterie, Editions Seghers, Paris, 1986.