Histoire E Conomique De La France

Histoire E Conomique De La France

Histoire économique de la France du XVIII siècle à nos jours Jean-Charles ASSELAIN L’auteur : Jean-Charles Asselain est né à Oran (Algérie), le 28 juin 1942. Après des études d’histoire ? l’École normale supérieure de paris, il a entrepris un doctorat consacré à la planification économique soviétique et une agrégation en histoire suivie d’une agrégation du supérieur en sciences économiques.

Il a ensuite été enseignant de sciences économiques et d’histoire économique à unis (1968-1970), (1970-1977), à l’unive Mans (1977-1981), ? normale supérieure avait dirigé le Labora l a rejoint l’Université de 6 p g Panthéon-Sorbonne 989) et à l’École 981). Enfin, en 1981, Bordeaux au sein de laquelle il a fondé, en 1991, le Centre d’histoire économique qu’il a dirigé jusquren 2001. Il a dabord étudié les économies soviétiques dans son livre Plan et profit en économie socialiste en utilisant l’histoire quantitative. Il était favorable à une économie ouverte mais régulée pour stimuler la croissance.

II est devenu secrétaire général de l’Association française des historiens économistes. Il est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages d’histoire économique omme Histoire économique de la France, La réouverture des économes nationales ou encore L’argent de la justice. Jean-Charles Asselain est décédé le mardi 10 septembre ? industrialisation portée par

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
le textile, un rôle des banques limité, un retard de concentration par rapport ? IAIlemagne mais la présence d’un état fort et une certaine dépendance vis-à-vis des techniques anglaises.

Contrairement à l’Angleterre, la France n’a pas connu de « take-off »(décollage industriel) mais une croissance de longue durée ponctuée par quelques ralentissements (la Révolution et la « Grande Dépression » de la fin du XIX siècle). La France ne serait pas selon ROEHI_, en retard par rapport à l’Angleterre, mais la première nation industrielle : elle exportait plus vers la Grande-Bretagne que l’inverse et la baisse précoce de sa natalité anticipe l’évolution ultérieure des autres pays développés.

O’Brien et Keyder en 1978 soutiennent que la France n’était pas en retard mais simplement différente de l’industrie britannique avec une spécialisation sur les produits de haute-qualité. De même, on observe un parallélisme de croissance avec l’Allemagne, elle aussi jugée supérieure au épart. Enfin, comme le montre Paul Bairoch, les notions de « croissance » et de « crise » désignent des réalités très différentes selon les périodes. La croissance de 2% ? 3% des années 1970 pouvait être interprété comme une crise par rapport à la croissance des Trentes Glorieuses mais comme un indice de prospérité aujourdhui.

Tome 1 : De l’Ancien Régime à la première Guerre Mondiale Partie 1 : La premier élan de la croissance au XVIII siècle Le XVIII siècle n’a pas été une période de stagnation mais a vu une paupérisation des éslariés et des asses agricoles et la Révolution Française serait la résultante de cette situation : une « révolution de la misère « Labrousse 3E « révolution Mais cette interprétation est contestée : selon une équipe d’histoire quantitative (Marczewski, Markovitch, Toutain) c’est la situation politique qui a interrompu un décollage économique amorcé au XVIII siècle dans lequel le rôle de l’agriculture est controversé. ) La révolution agricole en France au XVIII siècle : mythe ou réalité ? Selon Paul Bairoch, le progrès agricole précède la révolution industrielle comme il a pu ‘observer en Angleterre : la hausse des revenus agricoles stimule la consommation des biens industriels. Cependant, il y a eu plusieurs obstacles au progrès agricole sous l’Ancien Régime. Tout d’abord, les prélèvements des seigneurs et de l’Eglise sur les paysans et leurs terres (dime, taille) qui s’accroissent lors des mauvaises récoltes empêchent la modernisation de l’agriculture. De plus, il y a en France contrairement à l’Angleterre, une grande diversité des systèmes agraires.

Au Nord, les « openfields » (champs ouverts), sont dominants : il s’agit d’exploitations individuelles soumises à des ontraintes collectives ce qui freine l’innovation et conduit à une faible productivité. L’outillage n’est pas généralisé partout dans le pays : la faux est utilisée dans les régions de grande culture et l’usage de la charrue est faible. L’agriculture française n’est donc pas encore intensive : « de la population arrive ? peine, au prix d’un labeur acharné à se nourrir et à nourrir de privilégiés, de bourgeois et d’artisans »(Soboul) L’économie rurale se monétarise : les prix baissent suite à de bonnes récoltes et augmentent suite à de mauvaises récol ns sont enclavées à cause 3 3E écoltes.

Les régions sont enclavées à cause du coût du transport, peu développé à l’époque, et des tarifs douaniers intérieurs. Cependant, il y a de premiers témoignages d’une révolution agricole. Turgot lance des chantiers pour améliorer les routes, met fin aux « openfields » ce qui pousse de nombreux paysans ? protester. On assiste à une progression de 35% des rendements au XVIII siècle, une hausse du niveau de vie et de la demande de biens industriels. Mais, Marineau montre que certaines régions enregistrent une baisse de la production dans la seconde moitié du XVIII siècle. Ilya une iversification des cultures (pomme de terre, mais, sarasin). La pomme de terre est le symbole d’une dégradation du niveau de vie des paysans.

La première moitié du XVIII siècle est marquée par les grands froids, les épidémies et les guerres ce qui conduit à une forte baisse de la population. Mais dans la seconde moitié du siècle, on assiste à une véritable croissance démographique, grâce à une baisse de la mortalité infantile et des progrès hygiéniques. Dans les années 1780, la pyramide des âges est à base large ce qui montre une expansion de la population. Boserup montre que la progression émographique stimule les progrès agricoles. En France, dans les régions agricoles les plus en avance, la croissance de la production agricole a devancé celle de la croissance de la population. La croissance agricole a plus profité aux grands exploitants qu’aux paysans les plus pauvres, ce qui accroît les inégalités. ) L’essor du commerce extérieur A la fin de l’Ancien Régime, l’économie française connaît un déficit commercial, malgré un doublement en volume d xtérieur : il est plus 4 3E doublement en volume du commerce extérieur : il est plus important qu’en Allemagne ou en Russie ais il est plus faible que celui de la Grande-Bretagne. Le degré d’ouverture de l’économie française (rapport entre le montant du commerce extérieur et le PNB) est de en 1750. La France exporte surtout du textile (309E des exportations). Les principaux partenaires commerciaux de la France sont les pays européens et le Levant, mais le commerce entre la France et la Grande-Bretagne est faible. Les échanges sont importants avec les pays du Nord comme l’Allemagne, la Scandinavie et la Russie : la France importe du blé et des matière premières et exporte le vin et les denrées coloniales. La France exporte aussi ses produits manufacturés en Espagne et dans ses colonies.

Marseille devient un grand port commercial, la France importe du coton et exporte les draps du Languedoc. Le commerce colonial est très important : il est multiplié par IO entre 1720 et 1790. II est favorisé par la qualité du transport maritime, qui coûte de moins en moins cher (ex : le coût de l’assurance pour le trajet Antilles-Marseille passe de 4-5% de la valeur de la cargaison au début du siècle à 1-2% à la fin du siècle). Les colonies ont une balance commerciale déficitaire ce qui permet ux pays d’Europe de faire du profit. Les ports français comme Bordeaux, Marseille, Le Havre ou Nantes qui profitent des quatre grands fleuves français se partagent du commerce atlantique.

Selon Paul Bairoch, le commerce influence de cinq façons différentes l’industrialisation : – la demande directement liée à l’activité commerciale et à la navigation – l’ouverture de débouché our la production s E l’ouverture de débouchés extérieurs pour la production industrielle nationale – l’investissement dans l’industrie des profits d’origine commerciale – le développement de l’infrastructure bancaire les emprunts techniques Les zones industrialo-portuaires profitent de la demande extérieure ce qui permet de lancer des chantiers navals et le développement dindustries d’exportation. Ceci explique l’avance des régions maritimes dans l’industrialisation. 3) Les industries traditionnelles et la naissance de l’industrie moderne La principale industrie française est le textile, suivi par le bâtiment, la métallurgie étant encore marginale au XVIII siècle. Il n’y a pas vraiment de zones industrielles SI ce n’est pas régions maritimes. Concernant l’artisanat urbain, il s’agit essentiellement e corporations, qui réunissent les artisans partageant les même métiers ce qui permet de se défendre face à la concurrence. Elles sont en perte de vitesse au XVIII siècle, le colbertisme réglemente.

Elles n’existaient pas dans tous les centres industriels urbains (ex : Lyon, dans l’industrie de la soie les artisans travaillent comme ouvriers pour le compte d’un fabricant, mais de manière traditionnelle). Les manufactures sont soient des manufactures royales privées bénéficiant d’avantages fiscaux, soit des manufactures d’Etat comme Saint-Gobain . Leur emprise ne s’étend pas à l’ensemble e la production car le marché est étroit et sont soumises à des inspecteurs depuis Colbert. Les manufactures et les corporations sont régulièrement en conflit comme à Mulhouse en 1754. L’industrie rurale est favorisée par la présence des matières premières. L dustrie rurale est le 6 E premières. La principale industrie rurale est le textile.

Elle n’est pas concurrente mais complémentaire des manufactures. A la fin du XVII siècle on assiste à un début de libéralisation de l’économie française (1762, principe de liberté totale du travail dans les campagnes ; 1779, un ?dit de Necker vient assouplir la réglementation en vigueur ; 1791 , suppression du système des corporations par la Constituante). L’État crée des sociétés d’encouragement verse des subventions et des primes à l’innovation. Des industriels français effectuent des missions plus ou moins secrètes en Angleterre, et le gouvernement s’intéresse d’un point de vue militaire au potentiel de l’industrie métallurgique.

Cette reproduction des méthodes britanniques s’intensifie à partir des années 1760-1770 : accord en 1 779 avec Boulton et Watt pour l’introduction de la machine à vapeur en France. Comme en Angleterre, trois branches donnent l’impulsion : l’industrie textile, la métallurgie et les mines. Les progrès français demeurent tardifs et très partiels avant la Révolution Française (mise à part la navette volante de Kay). La modernisation progresse d’abord aux stades extrêmes (initial et terminal) de la production introduction de la jenny, machine de filature simple et individuelle, de la waterframe, qui utilise la force motrice des cours d’eau, de la mule, une machine hybride combinant les avancées technologiques ; et en fin de production, l’impression et la teinture des étoffes rogressent.

En 1782, des métallurgistes lorrains, les Wendel, créent l’entreprise géante du Creusot, profitant de conditions exceptionnelles : qualité du site, direction techni ue ar PAnglais Wilkinson, société par actions à fort capital (1 site, direction technique par ‘Anglais Wilkinson, société par actions à fort capital (IO millions de livres). C’est la première usine à fabriquer de la coke et de la fonte en France à partir de 1785. On assiste à un certain rattrapage de l’industrie française sur l’industrie britannique. Le produit brut industriel et artisanal français aurait été multiplié ar 4. 5 entre 1700 et 1790. Cindice de la production anglaise n’aurait été multiplié que par 3. 9 entre 1700 et 1800, avec même un rythme de croissance séculier fortement relevé entre 1780 et 1800. La croissance industrielle française n’est donc pas, selon MARCZEWSKI, inférieure à celle en Angleterre.

Les relations de l’industrie moderne émergeante et l’ancien secteur manufacturier sont primordiales, et les acquis de la phase « proto-industrielle » apparaissent, selon les réglons, soit comme des points d’appui essentiels à l’industrialisation, soit au contraire comme facteur de reinage. 4) L’économe Française à la veille de la révolution La France est, à la fin du XVIIIème siècle, la première puissance européenne. La précocité de son unification nationale la favorise par rapports aux pays allemands ; comme la taille de son territoire et de sa population par rapport à l’Angleterre, et la valeur globale de son économie est nettement supérieure.

La crise des dernières années de l’Ancien Régime est d’autant plus violente que l’économie française cumule la fragilité des économies agricoles traditionnelles et l’instabilité ‘une économie en voie d’industrialisation. Le retard français dans le taux d’urbanisation (20% contre 1 5%), mais aussi dans la proportion bien moins élevée de la o ulation active industrielle (40% contre 25%) le retard bien moins élevée de la population active industrielle (40% contre 25%) le retard français par rapport à l’Angleterre. L’élevage est plus développé en Angleterre qui a une supériorité agricole évidente. Le réseau routier français s’est bien amélioré mais il y a peu de voies navigables.

Le commerce extérieur français est nettement plus faible par abitant en volume, notamment en ce qui concerne les produits manufacturés, et la pénétration du marché américain. La croissance du commerce extérieur et celle de la production industrielle sont ? peu près parallèles dans les deux pays, l’écart se stabilise durant ce siècle. Plusieurs facteurs expliquent l’évolution divergente des économies française et anglaise. L’institution bancaire française a un certain retard ce qui freine le développement économique. La mobilité sociale est légèrement plus élevée en Angleterre. La noblesse française joue un rôle relatif ans l’investissement industriel.

De plus, selon CROUZET, le décalage en Angleterre entre le démarrage de la croissance agricole et l’amorce de la croissance démographique explique l’augmentation des salaires, du niveau de vie de rensemble de la population, et un renchérissement du coût de la main-d’œuvre, tout ces éléments stimulant le progrès technique. Enfin, la France se spécialise dans l’industrie de luxe ainsi que dans la consommation paysanne et coloniale. La production de biens moyens est freinée par la faible taille du marché français. L’extraction du harbon en France est naturellement beaucoup plus coûteuse qu’en Angleterre. Les guerres nombreuses en France ont causé un effondrement des exportations et des importations. Le traité d’E est vu comme un moyen et des importations. Le traité d’Eden-Rayneval est vu comme un moyen d’exprimer la supériorité manufacturière anglaise.

Ce traité, appliqué pendant 10 ans, a permis l’accroissement sensible des échanges entre les deux pays, mais surtout en faveur de l’Angleterre. Les récoltes sont mauvaises à la fin de l’Ancien Régime, le pain absorbe 90% du revenu du travailleur en 1789, contre 50% en emps normal, ce qui a des répercussions sur la demande d’articles manufacturés, notamment au textile. «1789 est aussi bien une Révolution de la faim populaire que de la prospérité bourgeoise »(Soboul) Partie 2 : Les incertitudes de l’industrialisation française jusqu’en 1914 1) Les conséquences économiques de la Révolution et de l’Emplre Importantes transformations juridiques et sociales, imposées par la révolution paysanne accompagnant le « programme » bourgeois.

Les biens de l’Église et de la noblesse émigrée sont confisqués et les droits féodaux vexatoires sont supprimés. Le libéralisme est renforcé (ex : en 1 791, la 101 Le Chapelier, obtenue par pression patronale, interdit toute association de salariés ou d’employeurs et crée les contrats de travail). La croissance de la production agricole ralentit de même que la croissance démographique à cause du contrôle des nalssances. L’industrie n’a en 1800 que de son potentiel d’avant la Révolution. La Banque de France est créée vers 1800-1802. Il s’agit d’un consortium de banquiers privés qui peut émettre de la monnaie fiduciaire. En 1806 est nommé un gouverneur, responsable devant le go 0 36