Histoire du sport

Histoire du sport

La question de l’histoire du sport bute sur un debat qui oppose deux theses. Pour un courant de pensee, le sport est un phenomene universel, qui a toujours existe et partout sous des formes tres diverses. Ce serait un « invariant culturel » (selon les termes de Frederic Baillette, enseignant et directeur de la revue Quasimodo). Cette these est notamment soutenue en 1991 par le medecin francais Jean-Paul Escande (Les avatars du sport moderne, in Ardoino, Brohm, Anthropologie du sport, Perspectives critiques, 1991)[5]. Cette these est implicitement soutenue par ceux qui parlent de « sport antique », de « sport medieval », etc.

Le medieviste americain Charles Homer Haskins est le premier historien a utiliser le terme de « sport » dans le cadre d’une etude portant sur le Moyen Age dans son livre The Latin Litterature of Sport (1927). Au debut du XXIe siecle, Wolfgang Decker (Institut d’Histoire du Sport de l’Ecole Superieure du Sport de Cologne) et Jean-Paul Thuillier (directeur du Departement des Sciences de l’Antiquite a l’Ecole normale superieure) estiment que : « contrairement a ce que l’on estime souvent, le sport n’est pas ne a Olympie, pas plus qu’il ne ‘est eteint dans l’Attique ou le Peloponnese. L’Egypte

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nous offre de nombreuses scenes sportives, entre autres de lutte, des le 3e millenaire avant notre ere, et les Romains, heritiers des Etrusques sur bien des points et en particulier dans ce domaine, ont peut-etre cree le sport moderne, avec ses spectacles de masse, ses clubs puissants et ses enjeux financiers colossaux[6]. » Pour un autre courant de pensee, le sport est un phenomene apparu a un moment precis de l’histoire et dans un contexte particulier : au sein de l’elite sociale de l’Angleterre industrielle du XIXe siecle.

Cette these est notamment developpee en 1921 par l’ecrivain allemand Heinz Risse (Soziologie des Sports, Berlin, 1921 et Sociologie du sport, Presses universitaires de Rennes, 1991) qui estime qu’« il est errone de regarder le passe avec nos modes de pensee actuels et d’imaginer que les pratiques qui ressemblent a celles que nous connaissons peuvent se rapporter a cette appellation « sport » »[7]. Cette these est notamment soutenue par l’historien francais Roger Chartier et par les sociologues Norbert Elias[8],[9] et Pierre Bourdieu[10]. En 2000, l’historien du sport Philippe

Lyotard (universite de Montpellier) juge qu’« il y a une coupure tres nette entre le sport moderne et le sport antique : c’est la notion de record (et donc de performance). Le record et la performance expriment une vision du monde qui est profondement differente entre les Grecs et les modernes. La culture du corps est differente. Pour les Grecs, cette culture est rituelle, culturelle, d’inspiration religieuse, pour les modernes, le corps est une machine de rendement[11]. » Une facon de resoudre la question est de forger la notion de « sport moderne » pour distinguer ce phenomene d’autres pratiques historiquement attestees.

Dans une etude, une equipe de l’UFR-Stap de l’universite de Bourgogne estime ainsi en 2004 que « Le sport moderne, (.. ) renvoie a l’ideologie de Coubertin, caracterisee par la competition, la performance, l’entrainement dans des structures institutionnelles (federales et scolaires) afin de lutter contre l’oisivete et les risques de degenerescence psychologique et physiologique de l’homme »[12]. Cette notion de « sport moderne » est exposee par l’historien americain Allen Guttmann dans From Ritual To Record, The Nature of Modern Sports (1978)[13].