Histoire de l Europe et de sa sécurité

Histoire de l Europe et de sa sécurité

Histoire de l’Europe et de sa sécurité Jean-Christophe Romer Sciences Po Strasbourg Introduction générale du cours S »ivxto iew Dans ce cours, nous pas uniquement uni il s’agit de la mise en la paix, à prévenir la or 283 u continent et non – on parle de sécurité, tinées à garantir sécurité est de l’ordre de la politique. Or pour tre efficace, cette politique doit se doter de moyens, tels qu’une politique de défense.

Le concept de sécurité, qui touche au politique, diffère du concept de défense, qui est les moyens mis en œuvre au service de cette politique. La quête de sécurité de la part des Etats n’est pas une question euve dans l’histoire. On peut faire remonter une prise de conscience explicite de mener une polltlque de sécurité entre les Etats européens au milieu du 17ème siècle. Elle s’est achevée avec la signature du traité de Westphalie en 1648.

Il est intéressant que cette période s’accompagne de la publication de deux livres qui feront date quant à la quête de sécurité, le premier paru au cours de la guerre étant celui de Grotius, La loi de la paix et de la guerre, le second paru juste après est le Léviathan de Thomas

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
Hobbes (1661 Ce cours se concentre sur la période post-seconde guerre iolence qui fut policiere à défaut d’être militaire. Il faut lire Clausewitz pour la définition de la guerre. L’objectif de la sécurité est de prévenir la guerre, et l’on va donc parler des moyens militaires nécessaires pour mettre en œuvre ces politiques de sécurité.

La différence entre sécurité et défense est que la sécurité est la dimension politique de garantir la paix, alors que la défense regroupe les moyens militaires. On utilise le mot de guerre à tort et à travers. Il est important de savoir ce qu’est une crise, une guerre, et quels sont les éléments qui menent d’une crise à une guerre. Partie 1 : La sécurité européenne avant 1989 Section I : Histoire et préhistoire de la sécurité européenne (IXème_xxème siècle) 1 .

De Verdun au concert des Nations On peut faire remonter les prémices d’une tentative d’organisation sécuritaire en Europe avec la signature du traité de Verdun en 843 partageant l’Empire de Charlemagne entre ses fils. Cet accord n’a en réalité fat qu’attiser les tensions. L’Europe a été et reste un continent de conflit. Bronislaw Geremek a raconté cette anecdote illustrant fort bien ce constat : une pièce d’orfèvrerie du 12ème siècle montre les rois continents alors connus ainsi que trois grands principes les représentant : la richesse, la science et la guerre.

Sans surprise, l’Asie représente le continent de la richesse (la route de la soie), l’Afrique le contient des sciences (astronomie, mathématiques) et enfin l’Europe, le continent de la guerre. En effet, le poids de la guerre est un point déterminant des politiques européennes. Avec le progrès technique en matière d’armement, les Etats vont essayer de limi europeennes. essayer de limiter un certain nombre d’armements, voir de les interdlre. Au Concile de Latran (1 139), la papauté avait essayé ‘interdire les arbalètes, mais aussi les arcs et les flèches pour leur utilisation contre les chrétiens.

C’est la logique du glaive et du bouclier. Tout armement demande une défense qui demande la création d’un nouvel armement rendant obsolète la défense, etc. Assez tôt apparaît la problématique de quêtes d’alliances. Ainsi on cherche à s’allier pour garantir sa sécurité. Depuis c’est l’Etat Nation, et le traité de Westphalie (1648) qui met fin à la guerre de 30 ans et marque le début de l’émergence de ce que sera l’Etat Nation, c’est à dire l’émergence des Etats souverains dans lequel e Souverain va être amené à garantir la sécurité intérieure et extérieure de son Etat.

La sécurité intérieure se fait par rabandon d’une part de liberté, et ce même dans une démocratie. Il en va de même pour la sécurité extérieure, notamment dans les systèmes d’alliances. Une autre étape importante dans cette organisation d’un système de sécurité européen qui ne dit pas son nom arrive au Congrès de Vienne (181 5), qui établit le principe du Concert des Nations. Il se constitue autour d’une Sainte Alliance (B itanniques, Prussiens, Autrichiens et Russes) contre Napoléon.

Le Concert pour principe la concertation entre les grandes puissances européennes, l’objectif étant d’assurer la paix et la sécurité du continent par l’organisation de conférences régulières entre des puissances considérées comme des partenaires égaux. Ainsi ce système avait deux objectif des puissances considérées comme des partenaires égaux. Ainsi ce système avait deux objectifs : éviter la guerre ainsi que l’émergence d’une puissance conquérante et hégémonique.

Le système de Vienne est inspiré d’un projet de paix perpétuel développé au début 18ème siècle par « Abbé de Saint Pierre, qui a énoncer 100 ans avant le Congrès quelques principes pour garantir la paix en Europe (1713): -La nécessité de protéger les régimes politiques et leurs frontières -La création d’une force militaire commune -Le règlement obligatoire des différents internationaux par voie pacifique -La création d’une juridiction qui s’étend non seulement aux Etats membres mais aussi aux individus.

Ce Concert des Nations a pour avantage de rassembler des puissances de rang égal. Il y a contact permanent et concertation. Sajoutent ensuite la France, l’Italie et l’Empire Ottoman. Cela eut dire que dans ce Concert, les petits Etats n’ont pas voix au chapitre. On ne tient jamais compte de leurs intérêts particuliers. C’est aussi le moyen d’éviter toute initiative unilatérale. C’est une réponse européenne aux problèmes européens : moins on connaît l’autre, plus on lui fait la guerre et [‘on veut empêcher cela.

Sunze parlait déjà de la nécessité de connaitre son adversaire. Spinoza a repris ces mêmes principes 1000 ans plus tard. Comme toujours, ces grands systèmes internationaux se mettent en place au lendemain des conflits particulièrement violents. 81 5 marque la fin des guerres de la Révolution et de l’Empire. Le Concert européen n’a pas pu empêcher les guerres de 1870, 1914 et 1939. Mais le principe du Concert européen va prévaloir au moins jusqu’en 1945. guerres de 1870, 1914 et 1939.

Mais le principe du Concert européen va prévaloir au moins jusqu’en 1945. L’ordre bipolaire ne sera pensé qu’à partir de la fin de l’année 1945. Ainsi à Yalta et Potsdam, on est encore dans une certaine logique de l’ordre européen (3 puissances égales vont négocier pour trouver un ordre équilibré par la concertation). Mais l’ordre bipolaire se met n place après Yalta (Accords de Yalta). Mais dès avant 45 on voit apparaître la notion de camps, prépondérant dans le monde bipolaire.

Cette notion apparait en URSS dès 1937-38 comme une vision binaire des relations internationales. 2. Rappel de la mise en place de l’ordre bipolaire A. La notion de camp La notion de camp apparaît en URSS à un moment où les soviétiques sont convaincus qu’il faudra faire la guerre ? l’Allemagne. Les Soviétiques développent ce discours dès 1937-38, alors qu’ils ne sont pas encore prêts, et divisent le monde entre deux camps : le camp de la paix et de la démocratie regroupant l’URSS, la France et l’Angleterre), et le camp de la guerre (Allemagne, Italie et Japon).

Le déclenchement de la guerre va confirmer cette loglque des camps. Pourtant jusqu’en 1937-40 la grande puissance occidentale impérialiste dans le monde est l’Angleterre. Ces contradictions expliquent qu’une véritable alliance faite de puissances différentes ne pouvait tenir que parce qu’elle avait un adversaire commun : Hitler. Cela explique les difficultés de l’après guerre. Dès 1943, les différents protagonistes sont conscients du caractère temporaire de cette alliance.

Pourtant, le passage de cette vision ichotomique des deux camps d’avant-guerre aux camps opp Pourtant, le passage de cette vision dichotomique des deux camps d’avant-guerre aux camps opposés de l’est et de l’ouest de l’après-guerre va passer par une phase de transition dans laquelle le camp de la paix et de la démocratie s’inscrlt dans une logique non plus binaire mais à trois pieds. Chacun des protagonistes défend un point de vue qui n’est pas identique à celui de l’un ou de l’autre. C’est vrai à Yalta en particulier.

A Yalta, Roosevelt est malade. Staline est peut être le plus cohérent et le plus déterminé. Churchill est en phase d’affaiblissement mais en même temps, il est le seul à avoir véritablement compris la nature du régime soviétique. Staline se méfiait beaucoup plus des Britanniques que des Américains. Mais en même temps, Churchill, premier Ministre d’une Angleterre affaiblie, se sent seul face aux deux géants ; les Etats Unis ne vont pas tarder à, comme en 1989 en Pologne, s’approprier une victoire n’étant pas uniquement de leur fait.

Ce sont les véritables vainqueurs sur le front occidental. Mais Churchill n’est pas sur la même longueur d’onde que Roosevelt. On le voit clairement dans a Déclaration sur l’Europe libérée. On a en vue la progression de la zone d’influence soviétique à cette époque. Mais il faut bien noter que pour les britanniques, ce préambule appelle ? la remise en cause de la colonlsatlon et de l’Empire des Indes. Cela ne concerne pas seulement Europe de l’Est, mais aussi les puissances coloniales.

On voit toute la dimension décolonisatrice dans cette Europe libérée. B. Le concept de zone d’influence Un deuxième concept va se forger dans les années allant de 1943 à 1945, à savoir la notion de concept va se forger dans les années allant de 1943 à 1945, ? avoir la notion de zone d’influence et de partage de l’Europe. Cette idée de zone d’influence est publiquement dénoncée par les trois pulssances bellgérantes. pourtant, Churchill et Staline s’entendront lors de l’accord des pourcentages.

On est alors bien dans une logique de zone d’influence. Or la notion même de zone, dont on attribue la paternité à Staline, en réalité est présente dès le texte de Parmistice de 1943 entre les EIJ et l’Italie (Texte du Longue, signé le 3 septembre 1943). En effet l’Italie est alors placée sous un commandement non pas interallié, mais ous commandement américain. C’est un principe que tout le monde dénonce publiquement mais que tout le monde pratique.

Il préfigure ce que sera l’ordre bipolaire. Les soviétiques craignent les zones d’influences parce qu’ils ont un mauvais souvenir du lendemain de la première guerre mondiale, lorsque les puissances victorieuses avaient décidé de constituer un cordon sanitaire (réseau de pays destiné à arrêter la progression de l’URSS). Ces pays n’arriveront pourtant pas à s’organiser démocratiquement ni à s’entendre entre eux. Le cordon sanitaire ne sera donc jamais efficace.

Mais il était aussi estiné à séparer l’Allemagne et l’URSS. On comprend donc la hantise des Russes de voir se reconstituer ce cordon sanitaire. Cette hantise se retrouve après 1989, et fut très présente entre 1992 et 1999. Staline va donc constituer sa propre zone d’influence. Le Rideau de fer est ainsi un cordon sanitaire décidé par celui qui en était la victime 20 ans plus tôt. Dès 1943-44, la notion de sphère d’influence, sous entendu la b était la victime 20 ans plus tôt.

Dès 1943-44, la notion de sphère d’influence, sous entendu la bipolarisation, est déjà présente chez les vainqueurs de la Seconde guerre mondiale. Comment se met en place véritablement cet ordre bipolaire ? On peut le considérer comme ayant été opérationnel à partir de 1947. En effet, à Yalta, Potsdam, on est encore à 3 avec seulement la bipolarisation dans la tête. Pour parvenir à ce stade, il faut la rupture de l’Alliance. Or aucun des protagonistes ne veut apparaître comme le responsable de la rupture.

C. La fin de la Grande Alliance 1 . Les grandes dates concernant la fin de la Grande Alliance 5 mars 1946 : Discours de Winston Churchill à Fulton dans lequel il démontre la supériorité du monde anglo-saxon et critique le ideau de fer voulu par les soviétiques 14 mars 1946 : réponse de Staline, qui accuse Churchill de revenir au racisme de la supériorité de la race anglo-saxonne, qui était le fait des nazis. Le ton monte mais le dialogue se poursuit.

La coopération n’est pas très brillante mais on en trouve dans des domaines inattendus, comme par exemple en balistique. La rupture intervient Pannée suivante. 12 mars 1947 : Discours de Truman au congrès (doctrine Truman). Les Britanniques sont épuisés économiquement et demandent aux Etats-Unis de se substituer à eux pour aider la Grèce et la Turquie à lutter contre le communisme. Dans son discours de mars, il dépeint un monde caricatural divisé en 2, par ailleurs caractéristique d’une certaine culture politique aux Etats Unis.

La source du communisme, c’est à dire pourquoi est ce qu’une population se tourne vers l’idée communiste, se révèle être au mom dire pourquoi est ce qu’une population se tourne vers l’idée communiste, se révèle être au moment où une population est désespérée par l’absence de perspective de développement socio-économique. La misère est la source du communisme. Il faut donc aider ces pays à se redresser. Sinon ils feront le lit du commun Isme. mois plus tard, son secrétaire d’Etat, Georges Marshall, lance un plan connu sous le nom de Plan Marshall.

Il s’adresse à l’Europe toute entière. Il est pourtant en parfaite cohérence avec le discours de Truman, puisque son but était de réduire l’influence du communisme en Europe. S’il fallait donner la date du jour, du lieu et de l’heure où l’ordre bipolaire s’est mis en place, on pourrait dire que c’est le 12 juillet 1947 à Paris, lorsque les bénéficiaires potentiels de l’aide se retrouvent pour discuter de ses conditions d’attribution. Toute l’Europe est là, y compris l’URSS. Molotov, le ministre des Affaires ?trangères de l’URSS est présent à Paris et c’est lui qui claque la porte.

Marshall avait proposé son plan à l’URSS et à l’Europe de l’est afin de l’affaiblir. En effet l’aide Marshall n’est pas gratuite : c’est un soutien en contrepartie de concessions d’ordre politique. Washington veut garder le contrôle total de la gestion des fonds. Cette ingérence dans la politique intérieure est inacceptable. Molotov claque la porte, mais il n’est pas seul. Il impose à 2 autres pays qui avaient accepté l’aide Marshall (la Pologne allait le faire, la Tchécoslovaquie l’avait fait) à renoncer. A partir de ce moment la, on entre dans la logique du chacun chez soi.

Cette vision du monde en noir et blanc va être confirmée dans le disc logique du chacun chez soi. Cette vision du monde en noir et blanc va être confirmée dans le discours de Jdanov côté soviétique lors de la constitution du Kominform en septembre 1947 (Il est intéressant de noter que l’appellation Kominform provient du monde occidental qui voulait montrer la continuité avec le Kominterm). En réalité, les soviétiques l’appelait Informburo. Il rejoint donc Truman dans une vision uniquement en noir et blanc. Dans son discours, Jdanov décrit qui est à l’est et ? l’ouest.

Dans le camp occidental, il y range la Chine. La guerre froide commence donc bien en 1947. Ily a néanmoins une différence entre l’objet « guerre froide » (1947-1953) et la suite de l’affrontement, d’une nature différente. 2. La définition de « guerre froide » La définition donnée par Giraud dans « la loi des géants » a quatre points : -La paix dépend de la puissance que l’on peut montrer à l’autre. C’est à partir de Féquilibre des forces militaires que vont s’établir les équilibres de l’ordre bipolaire -Le territoire de chaque camp a des limites globales qui ne euvent pas être remises en cause.

Au lendemain de la guerre, les pulssances victorieuses ont fixé des territoires correspondant à leurs sphères d’influences, qui en Europe et dans l’Atlantique Nord sont intangibles. Il y a sanctuarisation, tout au moins dans son centre (Europe et Atlantique). -Cette sanctuarisation du théâtre central de l’affrontement n’empêche pas de part et d’autre de mettre en œuvre la tactique du coup de force à but limité, par un calcul de risque mais à la marge des fronts, de manière à ne pas provoquer l’affrontement généralisé (on le voit à Berlin, puis dans PAGF 83