Hernani

Hernani

se rallie au libéralism auteurs romantiques théâtre. Victor Hugo n’est, à tout prendre, Hernani Premium By titIorte92 (beepanR 2015 10 pages HERNANI Le XIX siècle fut un siècle mouvementé pour l’Europe entière. De nouveaux états européens émergent, suite à la reconnaissance de l’identité des peuples et de leurs droits. En France, dès la Révolution de 1789, le nationalisme est intimement lié au libéralisme.

Parallèlement, la liberté du peuple apparaît aussi comme inséparable des libertés individuelles. Bien que devant faire face à la censure, les écrivains dissertent ur la liberté de penser et la liberté d’expression pour lesquelles ils luttent toute leur vie durant. C’est ainsi que le romantisme to vien « ext 0 da Swip next page le combat des out porté sur le nani « le romantisme érature » C’est ainsi qu’Hernanl est traditionnellement considéré comme le premier drame romantique.

Cette œuvre présente cependant quelques caractéristiques du théâtre classique (sujet historique, division en 5 actes, premier scène d’exposition, dernière scène tragique) mais également un certains nombre de traits nouveaux propres au drame romantique (unité de temps, de lieu, et d’action insi que les règles de bienséance non respectés, alternance de scènes comiques, lyriques ou épiques, alexandrins parfois mal menés, nombreuses didascalies). La scène

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6 de l’acte Ill nous offre une confrontation magistrale entre Don Carlos, Roi d’Espagne et Don Ruy Gomez da Silva qui refuse de lui livrer Hernani, un brigand.

Victor Hugo y développe une opposition de valeurs, sociales et politiques, comme pour véhiculer un message de rupture avec la tradition théâtrale. Nous analyserons dans un premier temps tous les procédés mis en œuvre par le dramaturge pour dresser ces deux portraits typiques que tout oppose, entre honneur et intérêt, puis nous étudierons comment la dimension épique ainsi que l’ampleu des didascalies offrent une réelle richesse sur la mise en scène et l’interprétation de la pièce. Ce drame romantique a pour toile de fond l’Espagne du XVIème siècle et l’ascension de Charles quint au trône d’Empereur.

Il met en cause le pouvoir de la monarchie héréditaire et porte la trace des engagements politiques libéraux de V. Hugo. Ce dernier avait d’ailleurs sous-titré sa pièce « l’honneur castillan C’est bien Don Ruy Gomez qui représente cette grandeur, par opposition à Don Carlos, guidé par son seul Intérêt politique et personnel. Le Roi présente Hernani, héros de la pièce comme le « chef des bandits » qui manifestement n’ont pas échappé à la force de son armée puisqu’ils sont tous morts.

L’utilisation du pronom démonstratif « ce » renforce le sentiment de mépris que le roi peut éprouver envers lui. Il le qualifie de « rebelle c’est-à-dire insoumis à l’autorité royale, « empoisonneur » donc assassin. Le verbe receler évoquant le fait de cacher un personnage pour le soustraire à la justice suggère l’impatience de Don Carlos face ? ette situation ainsi que sa volonté sans limites à le retrouver. Il cherche Hernani dans le seul but de servir son intérêt personnel.

Il s’efforce tout Simpl 0 retrouver. Il cherche Hernani dans le seul but de servir son intérêt personnel. Il s’efforce tout simplement d’éliminer un adversaire en politique et en amour. « Je veux sa tête » ( v 1129) dit le Roi, tel un enfant capricieux. Hernani est présenté comme le jouet, la proie du ROI par l’intermédiaire de l’adjectif possessif « mon » répété à plusieurs reprises: « va chercher mon prisonnier » (v1132) puis « Mon prisonnier » (vers 1146 et 1 176), ? Mon prisonnier sur Iheure » (vers 1178).

Hernani ne représente donc pas une menace pour la monarchie, mais bien pour le Roi lui-même ! Et quel individu saurait résister au Roi et à son armée ? Parallèlement à ce portrait fort peu élogieux du Roi, voire dégradant, se dessine un personnage droit et honorable : Don Ruy Gomez, « Duc de Pastrania », qui, respectant la loi sacrée de l’hospitalité, cache Hernani. Dès la première réplique de notre extrait, il tient tête au Roi et avoue, en honnête homme, cacher le prisonnier du Roi. « Seigneur, c’est vrai. ? point besoin de grand iscours ou de justification, il exprime la simple vérité. Sensuit le portrait de ses aleux, personnages héroïques de sa famille de Grands d’Espagne. Les paroles de Don Ruy Gomez sont fondées sur la répétition de brefs récits exemplaires visant à légitimer la décision de ne point livrer Hernani, et à dégrader la position royale. Il commence par son plus lointain ancêtre Don Silvius, caractérisé par son intelligence et sa réussite dans le domaine politique puisqu’il fut « 3 fois consul de Rome » (v1134).

La louange s’appuie sur une énumération de noms imprégnés de dignité le caractéri v1134). La louange s’appuie sur une énumération de noms imprégnés de dignité le caracterisant : « aîne « aièul », « ancêtre », « grand homme » Puis il choisit de mettre en avant les exploits guerriers, exaltant leur courage et leur stratégie. Il commence par Don Galceran de Silva, valeureux personnage puisqu’il su repousser les Maures, ainsi comparé au Cid, et conquérir Leon, soulageant ainsi le peuple du « tribut des cent vierges ».

Les nombres « mille « cent » viennent renforcer sa bravoure. De même Christoval eu le courage et la malice de tromper ‘ennemi en endossant la plume du Roi afin de le sauver. Ruy Gomez de Silva est lui présenté comme un homme exceptionnel, hors norme : « armure géante Les hyperboles « trois cents drapeaux » et « trente batailles » contrastent avec l’adjectif « pauvre h, dans le but de faire éclater son humilité, sa bravoure.

Enfin, Don Jayme mérite le surnom de « Fort » puisqu’il « arrêta Zamet et cent Maures tout seul L’opposition cent/seul montre l’ampleur de sa valeur. D’autres portraits mettent l’accent sur l’honnêteté comme Don Blas « qui, de lui-même et dans sa bonne foi, s’exila pour voir mal conseillé le roi Il reconnaît ses fautes et en tire les conséquences afin de vivre avec sa conscience.

La loyauté est également une qualité qui transparaît à plusieurs reprises dans cette scène des portraits : Don Jorge sert le Roi en payant « la rançon de Ramire Mv 1145), Gil, fils de Ruy Gomez de Silva respecte son serment en donnant sa main, le père de Don Ruy Gomez, fidèle en amitié, sauve le comte Alvar Giron des Maures de Grenade grâce à « SIX ce 4 0 Don Ruy Gomez, fidèle en amitié, sauve le comte Alvar Giron des Maures de Grenade grâce à « six cents hommes de guerre Cette hyperbole illustre la difficulté de l’action et donc ses qualités.

La fidélité envers sa religion est également mise en avant au vers 1165 « gardant la fol Jurée, même aux juifs », montrant sa droiture envers le serment qu’il a fait aux juifs, même si ceux ci deviennent un jour ses ennemis. Tout au long de cette fameuse scène des portraits, Don Ruy Gomez incarne donc le vieil ordre féodal dans toute sa dignité, avec ses valeurs d’hospitalité et d’honneur, face à un pouvoir monarchique, composé du roi et de ses hommes, qui les ignore, allant même jusqu’à les mépriser, sur un ton d’ironie « Pardieu . Don Ruy je vous admire ! ?(v 1146) C’est pourtant bien Don Ruy Gomez qui va mener le jeu tout au long de cette scène dans un registre épique, grâce à la force, la puissance de ces figures paternelles, mais également grâce aux didascalies à travers lesquelles Victor Hugo devient metteur en scène, ne laissant aucun doute sur Pinterprétation de son écriture. Cattention est portée au jeu. C’est donc à l’initiative du Duc et selon sa volonté que va s’organiser le spectacle tout au long de la scène 6. La didascalie (vers 1132) « le Duc relève son front, va au roi, lui prend la main, t le mène à pas lents vers le plus ancien des portraits Y. e lecteur remarque le geste qui consiste à prendre la main, soit prendre Pinitiative de l’action et y soumettre l’autre, puis les « pas lents » qui évoquent la dignité, la gravité, la solennité du moment. Au vers 1 178, ce même cérémonial se qui évoquent la dignité, la gravité, la solennité du moment. Au vers 1178, ce même cérémonial se répète « Il s’incline profondément devant le roi, lui prend la main et le mène devant le dernier portrait… » Le Duc, de l’étymologie ducere est celui qui onduit, qui guide. Don Ruy Gomez ne fait donc que remplir le rôle qui est le sien et son jeu est particulièrement pertinent.

Parallèlement, le spectacle que le vieillard offre au regard du roi s’organise par rapport à l’objet scénique constitué par la série des portraits. De nombreux termes linguistiques « montrent dès l’ouverture du discours vers 1132 « celui-ci des Silva c’est faîné, Le geste de désignation est évident. Puis nous c’est l’ai’eul… retrouvons la meme construction au vers 1165, « Ce vieillard, cette tête sacrée, c’est mon père puis vers 1179, « ce portrait, ‘est le mien Ces articulations permettent l’énumeration des portraits.

Par ailleurs, Victor Hugo utilise à de nombreuses reprises les présentatifs « voici » (vers 1 135, 1146, 1164) et « voilà » (vers 1161, 11 77), comme des accroches au discours de Don Ruy Gomez qui maintiennent le roi attentif. Au neuvième portrait, Victor Hugo surprend tout le monde avec une superbe pirouette. L’expression « j’en passe et des meilleurs » clôt l’ énumération afin de laisser entendre qu’il y a largement matière à continuer tant qu’il n’a pas été fait mention du meilleur. Quelle belle anticipation et quelle puissance ‘écriture.

Le dramaturge a réussi à mettre les spectateurs dans la même impatience que le Roi sur scène, de manière à pouvoir les mener en bateau, et les surprendre complèt 6 0 impatience que le Roi sur scène, de manière à pouvoir les mener en bateau, et les surprendre complètement avec la chute que constituera la révélation du dernier tableau. Don Ruy Gomez saute aux trois derniers tableaux, calmant d’un coup le personnage du roi et les spectateurs. D’un point de vue stylistique, Victor Hugo fait sonner les vers réguliers, par opposition aux vers morcelés, hachés, traduisant ‘impatience du roi. évocation de la bravoure des anciens grands d’Espagne est d’autant plus vive qu’elle coïncide sur le plan stylistique avec l’arrivée du registre épique dans le drame. On remarque de nombreuses figures d’amplification, énumérations, hyperboles abordées plus haut, un style épique suscitant l’admiration du spectateur tant les actions sont magnifiées, de nombreux pluriels, sans oublier le terme « héros » VII 78 prononcé une seule fois dans la pièce pour désigner les ancêtres défunts de Don Ruy Gomez.

A travers ces lignes, il est aisé d’imaginer une salle somptueuse u château, de grande taille, vu le nombre de tableaux. Outre ceux abordés par Don Ruy Gomez, d’autres sont passés sous silence face à la colère du roi « Sur un geste de colère du roi il passe un grand nombre de tableaux » (v1 163). Le décor en impose, tous les regards de ces portraits sont dirigés vers le roi, il est cerné par tous ces grands hommes. Cependant, il s’agit bien d’ancêtres défunts, appartenant au passé. Le discours du Duc est au passé simple « fut » v 1134, « S’exila » v1140, « conquit…. ourut » v1 1 50 ou à l’imparfait « fuyait » v1142, « s’acharnaient h, ? valait point de menace, donc pour le roi, l’imparfait « fuyait » v1142, « s’acharnaient », « valait point de menace, donc pour le roi, qui lui représente bien l’homme du présent par ses exclamations au présent de l’indicatif, et son jeu d’impatience. le roi l’écoute avec une impatience et une colère toujours croissante » v1 151. Ainsi, face à « l’honneur castillan », le caractère impétueux et autoritaire du roi devient criant.

Le refus de lui livrer Hernani est emblématique de sa dignité. Don Ruy se dessine comme un personnage d’épopée, comme un seigneur féodal en lutte contre le pouvoir royal. En faisant d’Hernani un bandit, Victor Hugo savait combien ce type de personnage avait alors la faveur du public et permettait de porter sur la scène ses préoccupations politiques et sociales. Hernani marqua la rupture du drame romantique avec les traditions théâtrales classiques par sa recherche du pittoresque, par le mélange des genres et des registres, par son refus des règles.

Cette œuvre permit à Victor Hugo de mettre en œuvre une éthique et une esthétique nouvelles correspondant à son dessein : « la liberté dans l’art QUESTION : Etudiez la fonction des didascalies. Depuis le xviiie s. les didascalies sont de plus en plus abondantes. L’importance attachée, depuis le drame bourgeois, à l’espace scénique, tant par les scénographes que par les auteurs dramatiques, a profondément modifié l’écriture Les didascalies sont des notations concernant le personnage (ses gestes, le ton de sa voix, son costume), le décor, la musique de scène et le bruitage.

Dans « Le contrat la did est indispensa et le bruitage. Dans « Le contrat la didascalie initiale est indispensable ? la compréhension de la situation. Elle renseigne sur le cadre spatio-temporel et sur les 2 personnages que sont l’analyste et ‘analysant. De nombreux détails sont donnés les concernant : age, costume, attitude, gestes, sentiments. Imaginons un instant que ces didascalies n’existent pas jusqu’à la ligne 2, la situation serait difficilement compréhensible. Puis, dès la seconde réplique, les didascalies sont présentes mais paraissent évidentes.

L’analyste joue son rôle de psychanalyste, il écoute et ne prononce qu’un mot sous forme de question ouverte « Avouer ? Les didascalies renseignent donc sur son attitude, à défaut de parole. De même, dans Rhinoceros, les didascalies, fort nombreuses, ervent à donner au lecteur, visuellement, ce que le dialogue ne lui donne pas. Les éléments du dialogue constitués d’exclamations, sont peu nombreux, répétitifs, et traduisent des réactions d’étonnement et d’affolement à la vision des rhinocéros, accompagnés de gestes et d’attitudes diverses.

Cette disproportion entre répliques et didascalies insiste sur le caractère stupéfiant de l’évènement. Ici, la présence d’un autre texte de forme narrative complète la parole en donnant de l’action, en particulier lorsque la parole se limite à des interjections « ah mon dieu ! » « Mon Dieu ! Ciel ! » Elles renseignent sur raction des personnages, les éléments de décor, les indications de bruit, la manière de jouer, l’attitude que doivent adopter les personnages.

Dans « En attendant Godot » les didascalies sont fréquemment placées avant les les personnages. placées avant les répliques. Ce sont à plusieurs reprises des adverbes: « faiblement », « avec emportement », « pointant l’index « se penchant « rêveusement D’autres didascalies, plus longues, interviennent au sein des répliques et renseignent, comme précédemment sur l’attitude des personnages, leur omportement. Certaines vont jusqu’à traduire des sentiments afin de toucher le spectateur. ? Faiblement traduit la douleur, « avec emportement » l’agacement. Les didascalies servent donc ici à définir très précisément le jeu des acteurs. Il en est de même dans Hernani, les didascalies, très nombreuses, indiquent l’importance de la théâtralité de l’œuvre. ICI, les paroles des personnages sont importantes, mais leurs actes aussi, comme nous avons pu le développer dans notre commentaire, alors que le théâtre classique est souvent centré sur la langue et e discours.

L’accent est mis sur la gestuelle, les déplacements, les attitudes des personnages qui illustrent un conflit de valeur entre les 2 protagonistes. Constitué de deux niveaux d’écriture – le dialogue et les didascalies le texte théâtral s’offre donc à nous dans son aspect composite. Le discours des didascalies est la présence d’une instance supérieure dans le texte, celle de l’auteur, qui règle paroles et mouvements, ne laissant que peu de liberté au metteur en scène. Les didascalies sont donc Indispensables à la compréhension du texte de théâtre. 0 0