Henri Maler Utopie

Henri Maler Utopie

Une autocritique, mais interne, qui peut trouver ses points d’appui dans la critique martienne de l’utopie. La critique de d’utopie par mari et engagés est une critique méconnue et une critique ambiguë 1. Une critique méconnue kart mari et fraîche engagés sont connus pour avoir proposé une critique des utopies (Saint-sinon, fourrier, née, notamment). Mais les figures de cette critique ne se laissent rabattre ni sur celles de la critique libérale, ni sur la critique doctrinaire qui se prévaut de le commentaire orthodoxe des fondateurs du  » marxisme « .

D’abord, mari et engagés ne critiquent pas l’utopie comme un genre (littéraire ou philosophique) ou comme un type (de mentalité ou de rationalité), dont les invariants révéleraient le sens. Ils ne critiquent pas les formes socialistes et communistes d’une éternelle utopie, mais les formes utopiques du socialisme et communisme : un moment historique du devenir des théories, des projets et des pratiques de l’émancipation sociale. A une critique idéologique, ils o osent une critique historique. A une critique abstraite de s opposent une critique 2 5 opposent une critique concrète de leur contenu.

ainsi mari prend à partie ceux qui  » détachent les systèmes critiques et écrits polémiques du mouvement réel

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dont ceux-ci sont l’expression pour les confronter ensuite arbitrairement avec la philosophie allemande car, dit-il,  » ils ont ainsi quitté le terrain de la réalité, de l’histoire et sont revenus sur le terrain de l’idéologie  » A cette critique idéologique mari oppose que les systèmes socialistes et communistes « ont presque tous fait leur apparition dans les débuts du mouvement communiste » et que « le contenu réel de ces systèmes réside peu dans leur forme systématique » avant d’écrire: « Le contenu véritable de tous les systèmes qui ont fait époque, ce sont les besoins de la période où ils ont fait leur apparition.

A la base de chacun d’eux, il y a toute l’évolution antérieure d’une nation, la forme donnée par l’histoire aux rapports de classe avec ses conséquences politiques, morales, philosophiques ou autres. Si l’on considère cette base, il n’ a pas grand chose à tirer de la formule selon laquelle tous les systèmes sont de nature dogmatique ou dictatoriale » (L’Idéologie Allemande, 1845). On la compris : si mari et engagés inscrivent les stemms utopiques dans l’histoire, c’est pour faire valoir leurs mérites autant que leurs limites. Ensuite, et par conséquent, mari et engagés ne se bornent pas à prononcer l’exclusion de l’utopie au bénéfice de la science.

Ils s’efforcent au contraire de montrer comment les formes utopiques du socialisme et du communisme se sont inscrites dans le devenir socialiste de la science, avant d’être dépassées par le 3 5 sont inscrites dans le devenir socialiste de la science, avant d’être dépassées par le devenir scientifique du socialisme. La première perspective, contemporaine de l’adoption du immunisée révolutionnaire (1844-1845), fait ressortir la pertinence théorique des critiques socialistes de l’économie politique et des fondements matérialistes de leurs projets, ainsi que la relève du point de vue de classe de la bourgeoisie par le point de vue de classe du prolétariat.

La seconde perspective, contemporaine de la fondation du communisme révolutionnaire (1846-1848), fait ressortir les carences théoriques d’une science qui prétend s’établir comme fondement du processus historique et assume, en conséquence, une posture dogmatique. Ce sont ces limites que trace le concept d’utopie quand, dans Misère de a Philosophie (1847) son emploi – pour la première fois (il faut le souligner) dans un écrit public de mari – vise les premières formes du socialisme et du communisme : la science sociale sur laquelle elles prétendent se fonder reste une science doctrinaire qui doit être dépassée par son devenir révolutionnaire. Il reste que leur rôle dans le développement de la critique reste fortement valorisé : elles sont indissolublement  » critiques et utopiques ainsi que les qualifie le Manifeste du Parti Communiste (1848).

Si, jusquiames, la contribution des utopistes au développement e la science n’est pas négligée, il semble qu’il n’en soit plus exactement de même dans Socialisme utopique et socialisme scientifique (engagés). A l’heure des bilans cette brochure n’épouse pas le mouvement d’élaboration de la théorie de mari. Il suffit de le négliger pour que la vers 4 25 le mouvement d’élaboration de la théorie de mari. Il suffit de le négliger pour que la versons d’engagés, déconnectée de l’histoire réelle de la pensée de mari, soit promue au rang d’histoire officielle, avant d’être mise au service d’une canonisation du marxisme qui en défigure le sens. Le développement du colonialisme de l’utopie à la science n’est pas un simple passage.

Mieux : il ne s’agit pas de la simple transmission d’un héritage, mais de la réalisation d’un sauvetage (émigre abonnons). 1*3. Utopie et totalité Enfin, mari et engagés ne se bornent pas à critiquer dans les utopies, des anticipations dogmatiques et des prescriptions doctrinaires qui manquent le mouvement réel de l’histoire, voire qui s’opposent à lui. Ils leur opposent le point de vue d’une histoire qui serait porteurs de la possibilité d’une émancipation totale : leur concept de l’utopie est un concept communiste de l’utopie. D’abord, le point de vue de la totalité communément récusé comme le comble de l’utopie est expressément revendiqué comme fondement de sa critique.

La critique inaugurale de l’utopie par mari résonne comme un défi: ce qui constitue « un rêve utopique pour l’allemande », ce n’est pas, nous dit-il, « l’émancipation humaine universelle », mais l’émancipation particulière ou partielle: « la révolution uniquement politique, la révolution qui laisserait debout les piliers de l’édifice » (Contribution à la Critique de la philosophie du Droit de gel, 1843). Cet usage occasionnel n’est ni fortuit ni anodin. Il n’est pas fortuit: en effet, il s’inscrit dans un processus de radicalisation qui oppose la nécessité et l’actualité de l’émancipation sociale aux il s 5 processus de radicalisation qui oppose la nécessité et l’actualité de l’émancipation sociale aux limites et à l’impuissance de l’émancipation politique.

Il n’est pas anodin: non seulement mari retourne contre les adversaire de l’émancipation sociale leur usage polémique de la notion d’utopie, mais surtout ce retournement polémique d’un retournement théorique qui en modifie radicalement le sens et le contenu du concept d’utopie. En effet, le défi lancé au libéralisme sur le terrain de l’histoire est à ce point radical que ce n’est plus l’émancipation totale que désigne le concept d’utopie, mais l’émancipation partielle. Ce renversement est décisif en raison de ce qu’il inaugure: si les socialismes et communisme, pour autant qu’ils visent l’émancipation sociale ne sont pas des utopies, ils sont utopiques dans la mesure où ils n’expriment et ne tracent que partiellement le but et le mouvement nécessaire à sa réalisation.

La proclamation de mari, en effet, n’est pas d’une provocation sans précédents et sans lendemains: si le socialisme et le immunisée peuvent revêtir eux-mêmes des formes utopiques ce n’est pas parce qu’ils adoptent le point de vue de la totalité, mais, au contraire, parce qu’ils y dérogeant. Le point de vue de la totalité disqualifient comme utopiques des discours, des projets, des pratiques. Des discours qui se prévalent de leur caractère scientifiques, mais qui procèdent d’une saisie abstraite de la totalité et qui par conséquent n’atteignent que partiellement leur objet. Des projets qui manquent aussi bien la perspective d’une émancipation totale que la totalité des conditions et du processus acquise. Des pratiques qui mobile 6 25 requis.

Des pratiques qui mobilisent des moyens partiels ? de petite  » expériences doctrinaires  » tentées dans le dos de l’histoire. Ensuite, le point de vue de l’histoire revendiqué par mari ne présente pas les prescriptions doctrinaires comme des défaillances rédhibitoires mais comme des substituts provisoires. C’est pourquoi mari, dans le Manifeste du Parti communiste (1948) ne se borne pas à opposer au spectre du communisme, un manifeste du parti lui-même ; il oppose ce manifeste dans son ensemble aux versions doctrinaires du socialisme t du communisme : le passage consacré au  » socialisme et communisme critiques et utopiques  » ponctue cette critique générale..

Ainsi, le Manifeste présente la nécessité, l’actualité, le contenu du communisme comme exclusivement fondés sur le mouvement historique, alors que le premier projet (Le projet de Profession de foi communiste) – amendé déjà partiellement par sur ce point celui d’engagés (Les Principes du communisme) – présente encore le communisme, à la façon des conceptions doctrinaires et utopiques, comme une doctrine reposant exclusivement sur des principes inventés à l’écart de l’histoire. La présentation de mari est donc, par elle-même, une réfutation des utopies qui, en même temps, fonde et Introduit leur compréhension historique et critique exposée dans les quelques pages qui les concernent directement. Le procédé de mari prend alors tout son sens : l’évaluation emballent des fondateurs sert la dénonciation sans nuances des successeurs.

L’éloge des dimensions critiques et des fonctions révolutionnaires  » à bien des égards  » 5 collège des dimensions critiques et des fonctions révolutionnaires  » à bien des égards  » des théories de Saint-sinon, née et fourrier dégage alors d’autant mieux ce qui, dans les utopies, prépare l’inversion de leur sens et leur destin réactionnaire. Sous la continuité apparente des doctrines se joue la discontinuité de leur fonction : c’est pourquoi l’enlisement dans l’utopie doit faire place à son dépassement dont le Manifeste est précisément le manifeste. Cette critique n’en demeure pas moins une critique ambiguë En raison des glissements qu’elle favorise et des empennes qu’elle s’autorise 2. 1 .

Les glissements de la critique mari pourfendre donc dans les utopies, des anticipations géométriques et des prescriptions doctrinaires qui manquent le mouvement réel de l’histoire, voire qui s’opposent à lui. Ces anticipations reposent sur des abstractions et ces prescriptions débouchent sur des substitutions : abstractions de discours et de projets coupés du point de vue de la totalité sans lequel l’émancipation n’est ni pensable, ni réalisable ; substitutions de l’utopique à l’historique, de réinventions à la révolution, de l’imaginaire au réel. Pour dénoncer partialités et substituts, il ne suffit pas d’indiquer qu’ils manquent ou remplacent la totalité et l’histoire : la logique e l’abstraction appelle sa résorption ; la logique de la substitution appelle sa réversion.

Le point de vue de la totalité et le point de vue de la révolution devaient permettre, théoriquement et pratiquement de dépasser les formes utopiques du socialisme et du socialisme. Mais comment ? Parvenu à ce point, le trajet de la croit eue martienne 8 5 socialisme et du socialisme. Mais comment ? Parvenu à ce point, le trajet de la critique martienne nous entraîne sur un sol de plus en plus mouvant. En effet, la critique détecte dans l’utopie la logique des substitutions dont elle pend en fonction de la logique de la révolution qui les défait : au risque de dévaluer le rôle de l’imaginaire et de l’invention collectifs et les fonctions du programme et de la stratégie.

De même, et peut-être surtout, la critique s’exerce sur les partialités dogmatiques et chimériques à partir du point de vue de la totalité qui serait pratiquement conquise avec la perspective de la dictature du prolétariat, à partir de laquelle la administration totale de la société deviendrait alors possible. De surcroît, ce dépassement possible est donné pour inéluctable. Ainsi la réversion des substitutions serait inscrit dans le mouvement réel de l’histoire qui remplace les prescriptions doctrinaires par le processus révolutionnaire et les éducateurs de l’humanité par l’authentification du prolétariat. On comprend que mari se risque alors à promettre la déchéance théorique et pratique de l’utopie.

Cette promesse d’absorption de l’utopie par l’histoire n’est-elle pas le revers d’une utopie promise – inconsidérément promise ? 2. 2. Les empennes de la critique Ce soupçon est conforté par par deux constats. Premier constat. Prise en mauvaise part, l’utopie désigne des restrictions doctrinaires et/ou des perfections imaginaires : des prescriptions doctrinaires qui tournent le dos à l’histoire et/ou des perfections Imaginaires, incompatibles avec la finaude humaine. mari retient le premier sens et néglige le second. N’aura 25 incompatibles avec la finaude humaine. mari retient le premier sens et néglige le second. N’aurait-il pas, à sa façon, été séduit par des mirages ?

Deuxième constat. Prise en mauvaise part, l’utopie désigne des vieux pieux et/ou des promesses vides : des vieux exaucés avant d’avoir été accomplis parce qu’ils sont consignés dans des stemms cadenassés et/ou parce qu’ils sont déposés dans une histoire révélée. mari retient le premier sens et néglige le second. N’aurait-il pas, à sa façon, cédé à des promesses ? Ce sont ces mirages et ces promesses – cette utopie chimérique – dont on peut tenter de détecter la présence et de comprendre les effets, mais – évidemment – pour dénouer des équivoques, et non pour enterrer le communisme. Il. Quelle autocritique pour l’utopie ?