Grande bretagne en 1641

Grande bretagne en 1641

L’Etat moderne et la guerre des Princes Expose : l’Angleterre en 1641 En 1642 eclate la premiere Revolution Anglaise, dite aussi la Guerre Civile Anglaise, ou encore la Guerre des Trois Royaumes. C’est un conflit a nombreux participants et de nombreux enjeux qui modifiera profondement la structure politique, religieuse et sociale de l’Angleterre. L’Angleterre est protestante depuis 1534, date de l’excommunication d’Henri VIII suite a son divorce de Catherine d’Aragon d’Espagne. En 1641 elle fait face a une crise sociale et economique grace au developpement du commerce mondial mais aussi de la politique etrangere problematique du roi.

La periode est egalement marquee par une crise spirituelle du peuple puritain qui voit dans les exces de son souverain un danger pour le salut de son ame, et s’oppose egalement au systeme episcopal et a un retour au catholicisme. Tres vite la situation politique est au bord du desastre, et le roi est incapable d’adapter ses convictions personnelles a une opinion publique et un Parlement qui est de plus en plus defavorable a l’Ancien Regime. La societe est divisee entre ceux qui soutiennent le roi, et les parlementaristes qui souhaitent a tout prix diminuer son pouvoir durablement.

L’annee 1641 est definitivement l’annee decisive, qui enclenche une

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guerre qui transformera pour toujours la scene politique Anglaise et donnera naissance a une monarchie parlementaire puis plus tard a la democratie. Quels sont les elements declencheurs de la Revolution Anglaise en 1641? Nous verrons d’abord que c’est le regne du deuxieme roi des Stuart qui precipite le conflit, mais que la situation politique est inextricable des oppositions religieuses dans les iles britanniques, ainsi que des profondes modifications sociales qui transforment l’Angleterre. I.

Charles Ier et le Parlement A. L’absolutisme du roi Charles Ier succede en 1625 a son pere Jacques Ier. Il herite de son pere l’idee que le roi est un « petit dieu » et s’isole rapidement avec sa cour des autres elements de la nation politique, epousant l’annee de son couronnement Henriette Marie, la s? ur de Louis XIII de France, une catholique. Des son arrivee au pouvoir, sous l’influence du Duc de Buckingham, qui fut le favori du roi precedent, il cherche a faire la guerre d’abord contre l’Espagne puis contre la France, deux pays catholiques, mais sans l’appui du Parlement.

Le Parlement en Angleterre avant la guerre civile n’est pas une institution permanente, mais un conseil convoque selon les besoins du souverain et qui peut etre dissout a son gre. Selon le droit coutumier, le roi devait faire appel au Parlement pour collecter des fonds necessaires a toute entreprise militaire ou autre, puisque c’etaient les Lords qui prelevent des taxes sur leurs terres. Ceux-ci refusent d’accorder a Charles lors de son couronnement une autorisation a vie d’imposer des droits douaniers, ce qui faisait partie de la tradition seculiere. La Chambre des Communes ote l’autorisation pour une seule annee, ce qui outre le roi qui se retrouve sans fonds pour faire la guerre. Il refuse de discuter avec le Parlement et le dissout de nombreuses fois pour le convoquer une derniere fois en 1640 qu’apres onze annees connues aussi comme « la tyrannie de Charles » ou le « regne personnel du roi ». B. Un changement de la balance des pouvoirs Le Parlement de 1640 a pour prerogative de limiter le pouvoir royal, alors que Charles Ier voit tout questionnement de sa parole comme une offense personnelle, et n’arrive pas a concilier son regne avec la volonte du peuple.

L’elite britannique est divisee en deux, d’un point de vue politique : les royalistes qui estiment que l’autorite du roi emane du droit divin, et les parlementaires qui au contraire pensent qu’il y a une sorte de contrat social entre le peuple et le souverain, et que si le peuple est mecontent il a l’autorite de remplacer ce dernier. Pendant les six premiers mois, ce qui devint plus tard le « Long Parliament » ne vote qu’une seule loi a portee nationale, celle garantissant sa reunion au moins une fois tous les trois ans.

Mais un groupe de reformateurs de la Chambre des Communes, des membres de la gentry (bourgeoisie), auxquels la crise financiere engendree par les divers conflits avec l’Ecosse ou la France ne convient pas, s’acharne contre le roi. John Hampden, Olivier St John et John Pym souhaitent mettre fin a l’arminianisme de Laud et s’appuient contre l’Ecosse pour ce faire. Le 11 novembre 1640 le comte de Stafford et emprisonne dans la tour de Londres, suivi un mois plus tard par l’archeveque William Laud.

John Pym manipule l’opinion publique, obligeant le roi a signer l’ordre d’execution de son protege Stafford, qui est execute devant 100, 000 personnes. Une loi abolit egalement le droit du roi de proroger le Parlement, qui devient donc une assemblee quasi permanente de la politique anglaise. A une vitesse incroyable le pouvoir du roi decroit, en depit de ses efforts de faire des retours en arriere et satisfaire le Parlement ainsi que le peuple.

Les taxes du roi sont abolies, ainsi que la fonction juridique du Conseil prive du roi. II. Les conflits religieux A. Une Angleterre puritaine Le mariage de Charles I avec une princesse catholique inquiete un grand nombre de fideles. Le puritanisme se developpe en grand nombre parmi le peuple qui voit dans le systeme episcopal de l’Eglise un retour au catholicisme et s’inquiete d’une influence papiste que pourrait avoir la reine aupres du roi.

De plus, Charles nomme comme Archeveque de Cantorbery William Laud, un arminien donc la politique religieuse est en conflit avec les croyances des puritains qui considerent que la reforme anglaise du systeme catholique en fut pas suffisante et desirent une purification encore plus severe des ceremonies et traditions des pratiques religieuses, insistant sur la piete. B. Les cultes divergents D’un autre cote, l’Ecosse est majoritairement presbyterienne, un autre culte calviniste qui ne s’oppose pas au puritanisme, mais que Laud et le roi sous son influence cherchent a modifier.

N’ayant pas le tact de son pere qui fut roi d’Ecosse, pour les relations diplomatiques, Charles Ier introduit neuf eveques anglicans au Conseil du gouvernement d’Edimbourg, irritant les nobles et la population ecossaise. Sa politique d’uniformisation religieuse resulte en une reunion des pasteurs et des nobles en 1637 pour former un covenant, qui jure de defendre l’Eglise presbyterienne et renforce l’ecart entre les calvinistes et le gouvernement de Charles.

En 1640 ce dernier lance une campagne militaire mal preparee contre l’Ecosse qui resulte en un echec epouvantable : l’armee ecossaise occupe une partie du Nord de l’Angleterre et exige que l’Angleterre rembourse les frais de l’occupation ecossaise pour partir. L’Irlande est catholique et la politique de colonisation de Charles porte atteinte au peuple irlandais et a leur religion. L’armee irlandaise sous le controle du comte de Stafford est soupconnee d’avoir ete cree pour combattre le Parlement ou meme soumettre le peuple anglais a la volonte du roi, dans un enorme complot papiste.

III. Une societe alteree A. Bouleversement economique et social La croissance demographique soudaine engendre en Angleterre une hausse de la population de 6 millions d’habitants a presque 7,3 en un demi-siecle. L’ouverture d’un marche mondial qui inclut alors non seulement l’Afrique et l’Asie lointaine, mais l’Amerique, au commerce, permet l’enrichissement d’un nombre considerable d’individus. On assiste egalement a la multiplication des colonies au Nouveau Monde qui maintiennent des liens economiques et diplomatiques avec leur pays d’origine.

D’autre part, l’Angleterre devient l’exportateur de charbon le plus important en Europe grace a l’exploitation des mines. Neanmoins, tous ces changements profitent a une classe sociale particuliere, celle des commercants, alors qu’elle appauvrit encore plus les classes basses et met en danger les nobles dont le revenu repose toujours sur un systeme feodal d’imposition des terres et d’agriculture On voit l’apparition d’une classe moyenne tout a fait nouvelle, qui peu a peu s’eduque et developpe de nouvelles idees qui s’expriment au Parlement a travers la Chambre des Communes.

Mais le roi manque toujours de revenus et reinstaure certaines vieilles taxes abolies depuis longtemps ou alors fait appliquer la Ship Money, taxe destinee aux habitants des cotes a la defense contre les pirates, a tous les proprietaires du pays, ignorant ainsi la petition de Droit, puisque le Parlement etait dissout. Il vent aussi des droits de monopole commercant, ce qui enrage les marchants qui ne peuvent se les procurer, et recommence la vente de titre de noblesse, qui enrage les nobles eux-memes.

B. L’apparition d’une opinion publique L’opinion publique se deteriore de plus en plus et en 1641 des reformes profondes sont exigees par le Parlement. La plupart des parlementaires souhaitent faire une reforme moderee de l’Eglise d’Angleterre. Ce fut John Pym qui mobilisa les Chambres pour defaire les abus de la longue tyrannie du roi. Puritain convaincu, il exploita chaque maladresse du roi et chaque rumeur de complot papiste pour activer les Communes.

La revolte en Irlande le 1er novembre 1641 resserre encore plus les rangs des parlementaristes autour des reformateurs. 4,000 Anglais protestants sont massacres en Irlande en Novembre, et le double est expulse de leurs foyers et perit durant l’hiver. L’opinion publique est contre le roi plus que jamais, les rumeurs circulant accroissent la peur et l’idee de complot catholique en Angleterre. Suite a cela, le 1er decembre le Parlement vote la « Grande Remontrance » et la presente au roi : c’est une liste enumerant toutes les fautes passees du gouvernement royal.

La conviction des puritains, majoritaires au Parlement, est que Charles en au centre d’un complot catholique dont le premier symptome est la rebellion anglaise. Pendant les derniers jours de decembre 1641, le peuple est constamment dans la rue, formant des emeutes au Parlement, reclamant la suppression du complot papiste et des eveques. En conclusion ce ne fut pas seulement l’opposition entre le Roi qui voulait une monarchie absolue et un Parlement qui souhaitait diminuer ce pouvoir qui precipita la Revolution, mais egalement les dechirures religieuses au sein du pays et les onflits avec les royaumes voisins. La crise economique et le desir de la nouvelle classe sociale de s’affirmer fut egalement un facteur important. Finalement Charles Ier quitte Londres et se dirige vers York ou il s’installe avec ses conseillers. Le Parlement recoit le soutient des comtes dans son conflit avec le roi, mais il ne s’agit initialement que de poursuites de reformes. La revolte irlandaise, sous la pression des petitions, aboutit a une mise en etat de defense de l’Angleterre.

Le Parlement envoie en mars 1642 une liste de dix-neuf propositions, un compromis, au roi, qui diminuerait considerablement son pouvoir et que celui-ci ne peut que refuser. En aout 1642 Charles rassemble son armee a Nottingham avec l’appui de la noblesse royaliste et entame une premiere guerre civile qui durera jusqu’en 1646 puis reprendra en 1647 avec la deuxieme guerre civile et se terminera par sa decapitation en 1649.

Les guerres civiles se terminent en 1651 avec l’exil de Charles II, une nouvelle place du Parlement dans l’organisation politique anglaise et une victoire protestante sur l’Angleterre. Cette revolution n’est que la premiere etape vers une veritable monarchie parlementaire qui sera consolidee par le Bill of Rights en 1689. Bibliographie : TUTTLE, E. Les iles britanniques a l’age moderne 1485-1783, Hachette Livre, Paris, 1996 MARX, R. Histoire de la Grande-Bretagne, Armand Colin, Paris, 1996 www. constitution. org/eng/conpur_. htm www. british-civil-wars. co. uk