Gouvernance et Efficacité des politiques de financement du developPement

Gouvernance et Efficacité des politiques de financement du developPement

Gouvernance et Efficacité des politiques de financement du developPement Par pasteur E. J. AKPO Thierry M. S. SOMAKPO A. Nicole A. TCHOKPON S. v. p page (Mai 2006) INTRODUCTION La croissance écono subsahariens, accom 7 s d’Afrique es revenus, ne leur permet pas de dégager des capacités financières suffisantes pour le développement. Il se pose alors un problème d’insuffisance de capitaux qui est résolu par le recours aux capitaux extérieurs nécessaires au financement de la croissance.

Dans la majorité des cas, lesd•ts pays ont ainsi bénéficié, entre autres, au titre de l’aide, es fonds du FMI, de la Banque mondiale à travers les différents programmes d’ajustement structurel. En progression dans les années 80, les montants alloués ? l’aide n’ont cessé de se réduire pendant les années 90, même si ce mouvement s’est stabilisé au début des années 2000 (Komon, 2005). Cette baisse trouve des explications divergentes selon la nature du pays, c’est-à-dire selon qu’il est donateur ou bénéficiaire.

Dans les pays donateurs, une certaine opinion demande la suppression de l’aide parce qu’elle est jugée inefficace. Dans les pays pauvres bénéficiaires, la baisse de l’aide isposent d’institutions de qualité (Burnside et Dollar, 2000). L’une des caractéristiques de la bonne gouvernance (qui conditionne l’efficacité de

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l’aide) est que les institutions et les procédures mises en place combattent la corruption et les comportements déviants.

En effet, la gouvernance est d’une importance cruciale pour la création d’un environnement commercial attractif et propice à l’investissement. Elle est, dès lors, vitale pour assurer le développement économique et, par conséquent, pour s’attaquer à la pauvreté. Par contre, la mauvaise gouvernance notamment la corruption est une éalité largement répandue dans l’ensemble des économies en développement tant au niveau du secteur public que du secteur privé.

Elle constitue une taxe sur les pauvres en ce sens que les coûts qu’elle engendre sont supportés par ces derniers. Mais, dans le contexte des pays concernés, en particulier les pays de l’Afrique au Sud du Sahara, force est de constater que les fonds provenant de l’aide sont souvent gérés par des organisations bureaucratiques hypertrophiées, incompréhensibles et peu soucieuses des principes économiques élémentaires, et que la corruption, les détournements de deniers publics restent mniprésents dans de nombreux cas.

Il s’en suit que la question n’est pas de savoir s’il faudrait supprimer l’aide, mais plutôt de déterminer si elle peut être efficiente dans ces conditions. En effet, la croissance des économies africaines bénéficiant de cette importante aide, a baissé, en moyenne, malgré l’augmentation constante du pourcentage de l’aide par rapport ? leur revenu, et n’a donc pas, par conséquent, contribué à réduire la pauvreté de manière significati 2 ,’ donc pas, par conséquent, contribué à réduire la pauvreté de manière significative (Boone, 1 996 ; Svensson, 1999).

Entre 1990 et 1998, lesdites économies ont enregistré un taux de croissance moyen annuel négatif 4,3%) tandis que, en Asie, ce taux oscille autour de De plus, elles font face, à la fois à une amplification des cycles économiques de la crise et de la pauvreté. Si on considère uniquement les pays les moins avancés (PMA), dans les années 80 et 90, leur situation s’est dégradée nettement puisque leurs revenus par habitant ont crû moins vite que la moyenne mondiale. pour beaucoup d’analystes, ils ont même fortement diminué au point d’entraîner ces pays dans «une trappe de pauvreté» (Giraud, 2002).

Cobjectif principal de ce travail est d’examiner l’impact simultané des politiques de financement du développement sur la croissance et la pauvreté, en référence à la condition de bonne gouvernance. En d’autres termes, une meilleure gouvernance renforcerait-elle l’efficacité de l’aide en termes d’accélération de la croissance et de réduction de la pauvreté ? En effet, les principaux objectifs assignés à l’aide sont la croissance et la réduction de la pauvreté dans ses diverses composantes.

Pourtant, l’essentiel des travaux sur l’efficacité de l’aide se sont limités à la relation ide-croissance et n’ont fait que déduire l’impact de l’aide sur la pauvreté, lequel impact est généralement supposé découler de la croissance. Or, même si la réduction de la pauvreté est conditionnée par une croissance rapide et soutenue, il est toujours possible que l’aide atténue avec succès la pauvreté sans pour autant avoir un effet positif, mesurable et significatif important sur 3 ,’ succès la pauvreté sans pour autant avoir un effet positif, mesurable et significatif important sur la croissance (Burnside et Dollar, 1998).

Il s’ensuit qu’il n’est pas du tout superflu de hercher à mesurer l’impact direct de l’aide sur la pauvreté. Dans la présente étude, nous empruntons la démarche suivante. Dans une première section, une brève revue des principaux travaux relatifs à la question de l’efficacité de l’aide est faite. Dans une seconde section, un modèle explicatif de l’impact simultané des politiques de financement sur la croissance et la pauvreté est présenté, ainsi que la méthodologie.

Dans la troisième section, l’analyse des résultats est effectuée et des recommandations de politiques formulées. . LA LITTERATURE SUR L’EFFICACITE DE L’AIDE L’un des termes largement débattus, au début des années 1990, est celui de la gouvernance qui implique une relation causale entre le mode de gouvernement et le niveau de développement.

Les institutions de Bretton Woods soulignent qu’une gouvernance positive est l’une des conditions nécessaires à la croissance et à un développement soutenus (Frischtak, 1994). A ce propos, ils affirment que « Good Covernance is good economics C’est sans doute pourquoi la notion de gouvernance est au cœur du nouveau modèle de développement recommandé par les institutions de Bretton Woods, au cours des années 1990, face ? ‘incapacité avérée des politiques d’ajustement à promouvoir la croissance.

Partie d’une conception purement techniciste, cette notion s’est élargie aux considérations démocratiques, de telle sorte que la « bonne » gouvernance est aujourd’hui vue comme une synthèse de la gouvernance techniciste (meilleure gesti 4 ,’ gouvernance est aujourd’hui vue comme une synthèse de la gouvernance techniciste (meilleure gestion des ressources budgétaires afin de relancer les réformes de la Fonction publique et de l’appareil étatique) et de la gouvernance démocratique légitimité du gouvernement et de son ouverture à la société civile, afin que les leaders politiques répondent mieux aux besoins et aux attentes des populations, la démocratie soutenant le développement socio-économique). Vue sur cet angle global, la démocratie prend en compte trois aspects à savoir : le politique, l’économique et le social. Il faut observer toutefois que, dans le discours des agences d’aide, il convient distinguer la coexistence d’au moins deux définitions de la gouvernance : une définition normative et une définition plus descriptive.

En particulier, selon la première approche, la ouvernance est devenue une norme, un nouveau moyen de régulation internationale et, dans la pratique, la gouvernance a embrassé les notions, concepts de démocratie, de droits de l’homme et de limitation des dépenses militaires. Pour la Banque mondiale en particulier, la définition de la gouvernance se fait par recours à un vocabulaire technique comprenant les notions de gestion publique, de comptabilité, de cadre légal, d’information libre et de transparence ; ce qui traduit bien le choix du maintien d’une certaine dimension politique dans le nouveau modèle de développement (Biagiotti, 1997).

Pour cette institution, la gouvernance est « la manière dont est exercé le pouvoir dans la gestion des ressources économiques et sociales d’un pays, en vue d’assurer un développement fort et équitable, et le complément nécessaire de saines politiq s ,’ vue d’assurer un développement fort et équitable, et le complément nécessaire de saines politiques economiques ». Cela implique une forte relation entre l’économie de marché, un Etat fort et ferme et une société civile active. Dans ces conditions, la faiblesse des Institutions, l’absence d’un cadre légal adéquat, es interventions politiques dommageables, etc. , peuvent être nuisibles au développement des pays.

Au total, la bonne gouvernance est synonyme de gestion saine du développement, et elle implique trois dimensions : 1/ la forme du régime politique, 2/ le processus par lequel l’autorité est exercée dans la gestion des ressources économiques et sociales du pays et, 3/ la capacité des gouvernements à planifier, à formuler, à exécuter leurs politiques et à remplir leurs fonctions. Cette gouvernance est au cœur de la réflexion sur l’efficacité de l’aide. Elle s’articule généralement autour de la relation ntre l’aide et la croissance. En effet, la bonne gouvernance est Indispensable à l’efficacité de l’aide au développement, car contribuant à la réalisation des objectifs fixés pour celle-ci.

A propos de cette relation aide-croissance, trois grands courants de pensée se dégagent des études empiriques, à savoir 1/ que raide n’influe pas sur la croissance et peut même la freiner, 2/ que la relation entre l’aide et la croissance est généralement positive et 3/ que la relation entre l’aide et la croissance est conditionnelle. Les contributions de ces courants de pensée s’articulent autour e deux grandes préoccupations. En effet, les auteurs se demandent, d’une part, si la relation entre l’aide et la croissance est positive ou négative et, d’autre part, si ladite relation n 6 ,’ entre l’aide et la croissance est positive ou négative et, d’autre part, si ladite relation n’est pas finalement conditionnelle. impact négatif ou positif de l’aide sur la croissance Pour Peter Bauer (1972), l’aide, parce qu’elle a un effet dissuasif sur l’investissement, est néfaste au secteur privé et entrave donc le développement. Mais, si son argumentation, d’essence libérale, st théoriquement robuste, elle n’a cependant jamais été étayée par une étude empirique. Griffen et Enos (1970) ont été parmi les premiers auteurs ? remettre en question l’efficacité de l’aide, à partir d’une étude empirique faisant état d’une corrélation simple négative entre l’aide et la croissance dans 27 pays. De nombreux chercheurs ont fait écho à cette conclusion, soutenant que la relation était ténue ou inexistante (Mosley et alii, 1 987 ; Dowling et Hiemenz, 1982 ; Singh, 1985; Boone, 1994). étude de Boone (1994), en particulier, est l’une des plus citées dans ce domaine. Son analyse s’est focalisée uniquement sur une relation linéaire faisant ainsi abstraction de l’éventuelle endogénéité de l’aide, et a abouti ? la même conclusion selon laquelle l’aide affecte négativement la croissance. Quant à Volvodas (1973) qui a travaillé sur un échantillon de 22 pays, sur la période de 1956 à 1968, la relation aide-croissance serait plutôt non sign’ficative. Selon cette catégorie de chercheurs, l’aide ne favoriserait pas la croissance pour plusieurs raisons parmi lesquelles on dénombre, entre autres, les problèmes de gouvernance.

En effet, pour es auteurs, l’aide serait détournée de son objectif parce que engloutie dans des limousines et des palais présidentiels, ou parce que ordonnée au ,’ objectif parce que engloutie dans des limousines et des palais présidentiels, ou parce que ordonnée au maintien au pouvoir des mauvais gouvernements, et donc à la perpétuation des politiques économiques malsaines et au report des réformes. Toutefois, au milieu des années 1990, un changement de cap important est suruenu lorsque les tenants de ce courant ont commencé à se demander si l’aide pouvait stimuler la croissance t si son rendement pouvait décroître à mesure que ladite aide était augmentée.

En effet, jusqu’au milieu des années 1990, ceux qui s’intéressaient à l’efficacité de l’aide n’ont testé qu’un rapport linéaire aide-croissance (fondé sur les modèles néoclassiques de la croissance) qui pose le problème d’endogénéité lié à l’utilisation d’une seule équation dans laquelle, l’effet inverse d’une faible croissance sur une massive allocation de l’aide est ignoré. Ces insuffisances ont été, par la suite, relevées par une nouvelle catégorie de chercheurs qui vont soutenir la thèse contraire. La plupart de ces derniers auteurs admettent le rendement décroissant de l’aide et concluent à une relation positive entre celle-ci et la croissance (Hajimichael et alii, 1995 ; Durbarry et alii, 1998 ; Daigaard et Hansen, 2000 , Hansen et Tarp, 2000 et 2001 ; Lensink et White, 2001 ; Dalgaard et alil, 2004). Selon la majorité de ces chercheurs, l’aide n’a pas toujours été efficace ; mais, en général, l’augmentation des flux d’aide a été associée à une croissance plus rapide.

La relation est généralement positivel, bien que le rendement décroisse à mesure que l’aide ugmente, c’est-à-dire que l’impact marginal sur la croissance est maximisé lorsque l’aide est moins impor 8 ,’ augmente, c’est-à-dire que l’impact marginal sur la croissance est maximisé lorsque l’aide est moins importante et diminue ? mesure que l’aide augmente. A ce propos, les premiers auteurs (Papenek, 1973 ; evy, 1988), ont présumé que l’aide stimulerait la croissance en augmentant l’épargne et le stock de capital. De plus, l’aide pourrait, selon eux, contribuer à l’accroissement de la productivité des travailleurs (par exemple, par des investissements en santé ou en ?ducation).

Elle pourrait aussi servir de courroie de transmission de la technologie ou des connaissances entre les pays riches et les pays pauvres (en finançant les importations de biens d’équipement ou dans le cadre de programmes d’assistance technique). De tels résultats n’ont pas manqué de susciter des débats très animés entre ces derniers et les chercheurs qui avaient conclu à l’absence d’une telle relation. Cependant, Roodman (2004) a soumis trois de ces études à une analyse de sensibilité et a constaté que deux d’entre elles [Dalgaard (2004) et les résultats e l’estimation par la méthode des moments généralisés de Hansen et Tarp (2001 ) sont raisonnablement robustes. Toutes ces études regroupent un panel de pays en développement.

Cependant, pour faire ressortir les spécificités de l’Afrique subsaharienne, et tenir compte de la sélectivité de l’aide (Alesina et Dollar, 2000 ; aurnside et Dollar, 2000) qui n’est pas sans effet sur son efficacité dans les différents pays et régions bénéficiaires, une variable muette est introduite dont le coefficient est significativement négatif dans presque toutes les études empiriques. Mais, en terme d’explication de la différence dans les taux de 3,’ terme d’explication de la différence dans les taux de croissance, cette variable muette n’offre pas une information supplémentaire, si bien que son interprétation est souvent négligée.

A côté de ces études à caractère globalisant, certaines études se sont penchées spécifiquement sur le cas des pays africains subsahariens. L’une d’elles est celle réalisée par Levy (1988) qui a abouti à la conclusion que l’aide a un impact positif et significatif sur la croissance dans ces pays. Cependant, il faut remarquer ue son estimation sur données transversales ne couvre que la période 1968-1992. Plus récemment, Hadjimichael et alii (1995) sont parvenus aux mêmes résultats sur un échantillon de 41 pays sur une période de 1986 à 1992. Pour un compromis entre les tenants des deux précédentes thèses, de nouvelles pistes sont explorées, notamment la recherche d’une éventuelle conditionnalité de la relation aide- croissance.

La nature conditionnelle de la relation aide-croissance En suite logique, de tous les développements précédents, cette nouvelle thèse part du principe que l’aide accélère la croissance, ais seulement dans certaines circonstances. Les chercheurs qui partagent ce point de vue ont tenté de faire ressortir les caractéristiques fondamentales susceptibles d’expliquer l’accélération de la croissance. Selon les auteurs, l’efficacité de l’aide dépendrait des pratiques et des procédures des bailleurs de fonds, mais aussi et surtout des caractéristiques du pays bénéficiaire. La propension à faire bon usage des ressources dépendrait d’un certain nombre de facteurs parmi lesquels la qualité administrative des gouvernements nationaux. Isham, Kaufmann et Pritchett (1995) ont c 0 7