Fichier long assez long

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Dehors, il y a beaucoup de bruit. J’entends le roulement des charrettes qui emmènent les premiers hommes du village. Gênée sévi. ‘épie toi Gênée part cette nuit, Paul demain. Maman est en train de leur coudre des pochettes dans leurs chemises pour mettre cinq sous. Papa n’ pas été mobilisé parce qu’il est trop vieux. Dimanche 2 août 1914 Midi. Tout à l’heure, à la sortie de la messe, M. Le Maire a lu l’ordre de mobilisation. Il a dit que la population de montions ferait son devoir. Madeleine japonaise pleurait parce que son Clément était parti hier soir; ils sont mariés depuis seulement un

Le soir, ça y est, la guerre est déclarée! Le garde champêtre ara annoncé à 6 heures. Elle tombe mal, cette guerre. En pleine moisson! Lundi 3 août 1914 Nous avons accompagné Paul à la gare. La gare était pleine de monde, et il ne avait plus de chef de gare. Dans les trains, ils ont enlevé les banquettes pour faire de la place. Mais beaucoup de soldats sont entassés dans des wagons à bestiaux. Tout le monde est excité. On chante, on s’embrasse, on dirait une fête. Les wagons sont couverts de banderoles qui

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disent « A berline ! » Pourquoi faut-il aller si loin pour gagner la guerre?

Je ne sais pas pourquoi il y a la guerre. Le train de Paul est parti à cinq heures. Quand les soldats sont montés dans le train, on leur a donné des fleurs qu’ils piquaient dans leurs fusils. On s’est dit « au revoir et que l’on se reverrait aux vendanges. Il parait q ara courte. 20 Jeudi 6 août 1914 Les derniers hommes du village sont partis ce matin. En tout, cinquante-trois hommes du village sont allés faire la guerre. Samedi 8 août 1914 Tout le monde est aux champs, tous ceux qui restent. Pour moissonner, il n’ a plus que les hommes âgés comme Papa, les femmes et les enfants.

Et si nous n’allons pas très vite, le blé va pourrir. Il faut sauver la; moisson, sinon les Français n’auront plus de pain. Dimanche 9 août 1914 Premier dimanche de guerre. Ces le soir. J’ai mal aux mains force de moissonner. 4 septembre 1914 Les Allemands avancent. Ils ont traversé la biologique. Ils occupent déjà tout le Nord de la France. Pourvu qu’ils ne viennent pas suicide! 7 Septembre 1914 Les gens du Nord déniaient sur les routes. Cette nuit, des réfugiés sont arrivés au village. Ils ont dormi dans notre grange. D’autres arrivent encore ce matin. Ici, on est démoralisé. J’ai peur.

C’est affreux de ce dire que, peut être demain, il faudra partir d’ici. Et mes frères chéris, comment saurez-vous où nous sommes? 12 septembre 1914 Victoire! Victoire! Nos soldats ont gagné la grande bataille de la Marne. Magnifiques soldats français! Merci, merci, merci! Grâce à vous les Allemands ne viendront pas chez nous! Que je suis égoïste, je ne pense qu’ nous et pas aux pauvres soldats qui viennent de mourir et à toutes les larmes qui coulent! Coulent! 20 septembre 1914 La maîtresse d’école dit qu’il faut « tenir nous les « gens de l’arrière Et il faut garder le moral.

Elle dit que c’est un signe de patriotisme. C’est dur d’être patriote quand on n’ pas de nouvelles de ses frères depuis un mois et demi. Je guette le facteur. Il ne a jamais rien pour nous. 24 Septembre 1914 Nous avons eu une lettre d’gênée! A 4 heures et demie, le facteur est arrivé au bout du chemin et il venait chez nous! Gênée va bien. Il dit qu’il ne sera pas là pour les vendanges, mais peut être à Noël. Cette sale guerre va donc durer jusqu’ Noël! Il faut s’organiser pour le pain, parce que les boulangers sont partis. Celui qui reste, c’est celui de éventrer.

Il nous apprend pétrir la pâte. Maman a rallumé le four de la ferme, et nous avons refait le pain à la maison. Du coup Grand – Père est tout content. 25 septembre 1914 M. Le Maire est venu ce matin très tôt chez Madeleine japonaise. Je menais les vaches aux champs. Je l’ai vu frapper un petit coup au volet. Et puis, ce soir en repassant devant chez Madeleine, je leurrer. Clément a été tué, même pris le b?ouf. Qui va tirer la charrue maintenant? Il n’ a plus qu’millième, son petit fils de 10 ans, puisque le père est parti la guerre. 29 Septembre 1914 Hier, nous sommes allés à Châtillon.

Il y avait Maman, jolie, moi t luise, qui est la fiancée de Paul, et en même temps, mon amie. Et, en revenant, juste avant la montée de éventrer, on a croisé le facteur qui avait une lettre de Paul! Paul ne dit pas où il est, ils n’ont pas le droit de le dire, je ne sais pas pourquoi. Il dit qu’il ne sera pas là pour les vendanges, qu’il va essayer de nous écrire plus souvent. AI dit aussi de bien s’occuper de luise. er octobre 1914 Rentrée des classes. Nous sommes tous venus sous le préau à 8 heures, mais beaucoup sont repartis parce qu’il y a trop de travail aux champs.

Qu’est devenu le père d’dalle? Son frère Paul?. Jeudi 26 Novembre 1914 Nous avons reçu une lettre d’gênée. Il dit qu’ils creusent des grands trous comme quand on plante les vignes. Ils les appellent les « tranchées Ils se cachent dedans et si ils ont le malheur de se montrer, les « bouches » les « canarder h. Les « bouches » ce sont les Allemands. Maintenant, plus personne ne croit que la guerre sera courte. 11 Décembre 1914 s 0 biscuits et un paquet de tabac. J’espère que ça arrivera pour Noël. 19 avril 1915 Gênée est vivant! Nous avons eu une lettre.

Quand le facteur est arrivé, j’ai tout de suite reconnu l’écriture. La lettre vient d’allemande. Sur l’enveloppe, il y a un tampon « Kriegsgefangenensendung Quelle drôle de langue! Ça veut dire « envoi de prisonnier de guerre dans sa lettre Gênée dit. « Voilà cinq mois que je suis prisonnier des Allemands. C’est la cinquième lettre que je vous écris. Je me sens abandonné de tous, mais surtout, surtout, je souffre tellement de la faim! » 4 juil. 1915 Ce matin, luise sautillait comme une chèvre, Paul lui a écris qu’il reviendrait en permission dans un mois.

Dimanche 11 j ?illet 1915 Paul est revenu. Il est barbu, son visage est tout noir, et ses yeux ont l’air plus grands qu’avant. Et puis il n’ plus le pantalon rouge. AI est habillé tout en bleu. J’ai ouvert la porte et j’ai voulu me jeter dans les bras de mon Paul. Mais il ma dit: « non Dalle, ne m’approche pas. Passe moi un pantalon, une chemise. Et surtout, ne sors pas. Je ne veux pas que tu attrapes des poux Je lui ai jeté des habits par la fenêtre. Il a mis ses vêtements militaires dans l’eau de l’abreuvoir. Après tous ça il est rentré à la maison. Il riait, il nous a embrassés.

Il nous a dit qu’ cause de leur barbe on les appelait les « poilus et qu’on leur avait changé leur costume, parce qu’avec le pantalon auge ils faisaient 6 0 qu’on leur avait changé leur costume, parce qu’avec le pantalon rouge ils faisaient de vraies cibles pour les bouches Maintenant ils sont en « bleu horizon il parait que les soldats sont pleins de poux, que c’est une vraie infection. Mardi 20 Juillet 1915 Ça y est, Papa doit partir à la guerre lui aussi. Nous l’avons su hier soir par la maîtresse. Maintenant ils appellent les plus vieux. Les journaux l’ont dit ce matin. er Août 1915 Déjà un an. La guerre dure.

Deuxième moisson de la guerre. Des religieuses de Châtillon sont venues nous aider. Avec leurs rendes jupes, elles ne peuvent pas faucher, mais elles font les gerbes et elles les chargent sur la charrette. C’est drôle à voir. 15 Août 1915 Encore un mort au village: gabarrier reçue. Il avait 20 ans. Est-ce que vraiment ça sert à quelque chose de mourir pour la patrie? 23 décembre 1915 brèche martien, la cousine de maman, est venue passer Noël avec nous. Elle habite Dijon. Depuis un an, elle travaille dans une usine d’armement. Avant la guerre, son mari était ouvrier dans une usine de matériel électrique.

Quand il est parti au front, pour brèche, cela a été terrible parce eu, tout d’un coup, il n’ a lus eu du tout d’argent à la maison. Et ils ont deux enfants. Cochon, les produits de la terre et du jardin. Noël 1915 brèche raconte que, dans son usine, il n’ a presque que des femmes. Le travail est pénible mais il est bien payé. Mais, avec les deux enfants, son salaire ne suffit pas. Elle doit travailler en plus. Alors, elle confectionne des vêtements militaires à domicile. Elle fait cela la nuit quand les petits dorment, et c’est très peu payé. brèche dit que maintenant, à la ville, beaucoup de femmes travaillent.

Dans sa rue par exemple, rue Pasteur, une grande lancerais s’est ouverte, pour laver en gros le linge de soldats qui est toujours plein de poux. Tous les jours, les blanchisseuses doivent étendre le linge dehors, même s’il gèle, et je crois que c’est cela le plus pénible. 10 janvier 1916 Mon colis est revenu. L’adresse d’gênée est barrée. Il a écrit: « retour à l’expéditeur: Gênée rêve décédé. » Mon frère, mon frère, mon frère! 20 janvier 1916 Je hais cette guerre. Je hais ceux qui l’ont décidée. Je hais les Allemands, je hais les Français. Ne jour, je déchirerai ce journal.

U 12 mai 1916 Le maire est venu chez nous. Papa est mort. « Pour la patrie. » pas été travailler. Il faut soutenir Maman. Cette guerre est atroce. 28 août 1916 portail. J’ai vu une figure qui traversait la rue. Je n’ai pas reconnu la silhouette, mais j’ai vu les chiens qui se précipitaient et s’arrêtaient pile. Ils ont japper doucement. Je n’osais pas y croire… J’ai ouvert, je ne l’ai pas reconnu, mais c’était sa voix, c’était lui, c’était mon Paul! Maman est arrivée. Elle a pleuré, moi aussi, le grand-père… Paul s’est avancé lentement, en béquille. Alors, on a compris.

Il avait une jambe en moins. Il s’est assis lourdement à côté de la cuisinière, ses béquilles devant lui. Tout le monde parlait en même temps. Lui, il n’ rien dit. Il a fait signe qu’il avait faim. On lui a trempé la soupe et il a mangé en silence, lentement. On sentait que sa gorge lui faisait mal. er septembre 1916 Voilà trois jours que Paul est rentré. Il reste au coin du feu, il ne bouge pas, il parle à peine. Il ressemble si peu au Paul que je connaissais, ça fait presque peur. Il a le visage gonflé, les yeux hagards, les lèvres serrées, comme s’il ne pouvait plus ni sourire ni embrasser.

La nuit, je l’entends dans la chambre d’ côté: il hurle et gémit dans son sommeil. 2 septembre 1916 Paul ma demandé de parler à sa fiancée luise. Avec une voix cassée par la tristesse, il ma dit: « Je suis infirme maintenant, avec ma jambe en moins. Je ne veux pas que luise épouse un mutilé. Dis-lui que je lui rend sa parole. » 3 septembre 1916 J’ai parlé Dis-ululer que je lui rend sa parole. » J’ai parlé à luise. Elle est désespérée, désespérée! Elle part en apprentissage chez sa tante qui est couturière, à fa-le-Vieux. Quand elle reviendra, Paul aura peut-être changé d’idée.

Lundi 18 septembre 1916 Ce matin, il y avait de la gelée blanche. Paul s’est levé pour accompagner le grand-père aux vignes. En regardant les vignes rabougries qu’on n’ pas pu tailler à temps, Paul a pleuré. Mercredi 20 septembre Voilà, depuis hier soir, Paul à commencé à raconter verdure. Les Allemands ont voulu en finir une bonne fois pour toutes. Ça commencé le 21 février 1916, à 7 h 15 du matin. Tout de suite ils ont cru que «c’était la fin du monde 24 septembre 1916 Je vais essayer de noter tout ce que Paul raconte. Il parle lentement, on dirait un somnambule: « J’ai vu mourir mile, mon pain.