Fiche de lecture: boudon « declin de la morale, declin des valeurs »

Fiche de lecture: boudon « declin de la morale, declin des valeurs »

Raymon BOUDON : « Declin de la morale ? Declin des valeurs ? » (Presse Universitaire de France, Paris. 2002. 113 pages) Individualisme methodologique; Rationalisme; Holisme; Evolution des valeurs dans les pays occidentaux; societes industrielles et post-industrielles; analyse rationnelle; effet pervers; « sociologie de cafe du commerce ». I. COMPOSANTES DE L’OUVRAGE : 1. Constat et question de depart de l’auteur. A partir des tendances actuelles percues ou plutot supposees de l’avancee de notre societe occidentale par certain sociologue (B. WILSON, U.

BECK ou encore GIDDENS) et l’opinion publique (les medias principalement). Des tendances annoncees comme plutot nefastes, qui abordent particulierement le sujet des valeurs et de leur declin dans ces societes precedemment citees. L’explication trouvee par ces different sociologues et meneurs d’opinion pour decrire ce declin est le passage de l’ere industrielle a l’ere poste industrielle qui par certains mecanismes (comme la baisse de la socialisation dans le cercle familiale ou l’ecole, par exemple), ce qui entrainerait d’apres eux un fort declin de valeurs morales posterieures.

Or Raymond BOUDON vient a se questionner quant a la veracite de ces opinions et va de demander s’il ce changement dans nos societe est reellement effectif. 2. Objectif de son etude. Raymond BOUDON va donc tenter de demontrer

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que, non seulement les questions de valeur et de morale ne declinent pas et qu’au contraire, elles ont plutot tendance a evoluer et non pas regresser. Enfin il va prouver que le passage de l’ere industrielle a l’ere post-industrielle n’a pas detruit les valeurs d’en temps mais qu’il y’a un continuite de celles ci.

Et qui si changement il y’a dans la perception de valeurs elle est minime, voir insignifiante sur la majorites des points qu’il vient a aborder. 3. Problematique. Les valeurs ont elles reellement declinees comme on tend a le penser ou est juste une idee toute faite qui est relayee par certains sociologues et les meneurs d’opinions (comme les medias) ? 4. Ses hypotheses. Raymond BOUDON suppose que ces sociologues et meneurs d’opinions precedemment cites, font erreur, et rabaisse ces etudes a un « sociologie de cafe du commerce ».

Avant son etudes approfondie, il suppose que les valeurs n’ont pas disparues mais au contraire qu’elles sont toujours bien presentes et bien encrees au fond de chacun. 5. Sa methodologie et son cadre de reference theorique. Pour etayer cette hypothese, il va s’appuyer sur une etude d’INGLEHART et son « sourcebook » (questionnaire complet soumis a une partie representative de la population mondiale). BOUDON, n’utilisera uniquement les sources des pays occidentaux et ne prendra qu’un minimum de references pour mener a bien son etude (age et niveau d’instruction des sondes).

Ainsi, il emploi donc une approche scientifique en se basant sur une serie de statistiques. On voit donc ici son approche rationnelle. 6. Ses concepts de reference. BOUDON est reconnu comme l’une des figures incontournable de l’individualisme methodologique. Contrairement au holisme (ou la societe a un pouvoir de coercition sur les agents), l’individualisme methodologie suppose que  les phenomenes collectifs peuvent (et doivent) etre decrits et expliques a partir des proprietes et des actions des acteurs et de leurs interactions mutuelles.

Un de ces autre concept de reference est bien sur la rationalisation : c’est le « processus par lequel, etant donne un projet ou un programme, on choisit des moyens plus appropries pour atteindre cet objectif ou ce programme ». Enfin, il definit le terme « d’effet pervers » : A la suite des processus de rationalisation, on peut denoter certains effets pervers, c’est-a-dire des phenomenes ou l’addition d’actions individuelles rationnelles produit des effets inattendus et contraires aux intentions de chacun. 7. Arguments et illustrations.

Les exemples qu’emploi BOUDON sont evidents, puisque qu’ils la part la plus importante de cette etude. Ainsi, il va s’interesser, a la variation des valeurs et de la morale dans plusieurs domaines : la politique, la famille, la religion ou encore le travaille. Il s’appliquera aussi sur des phenomenes plus precis comme le chomage ou la contraception pour demontrer que les valeurs d’aujourd’hui ne sont pas en rupture avec celle de l’ere industrielle. Tous ces exemple prennent a l’appui les donnee tiree du « Sourcebook » d’INGLEHART, a partir de quelques facteurs (principalement l’age et le niveau d’instruction des individus). II.

RESUME. Le titre porteur de cette ouvrage pose clairement la problematique a laquelle Raymond BOUDON va interesser. Le monde que l’on connait (occidental post-industriel) connait il une baisse de ses valeurs passee ? Dans un premier temps, BOUDON va se concentrer a dresser un portrait, par le biais de trois sociologues, de ce que semblent etre aujourd’hui le nouveau systeme de valeurs. C’est a dire une societe ou les valeurs (jugees bonnes) d’autrefois ont grandement regressees voir disparues. Or BOUDON, va rapidement qualifier ces idees de « sociologie de cafe du commerce » pour ensuite etablir sa propre idee des valeurs actuelles.

Pour ce faire, il va s’appuyer sur une etude statistique d’ampleur (le « sourcebook ») delivree par INGLEHART en 1998. Pour etudier et tirer ses conclusions, BOUDON va axe principalement ses analyse sur deux criteres qu’il estime primordial : l’age et le niveau d’instruction des sondes. Par cela il va parvenir a non seulement demontrer que les valeurs accusees (a tort) de disparaitre, sont en fait toujours autant presente dans l’esprit des acteurs mais aussi que de nouvelles valeurs font leur apparition, comme le respect de la dignite ou l’augmentation de l’importance de la notion de tolerance (meme si celle-ci n’est pas une valeur absolue).

Enfin, dans la derniere partie de son ouvrage, BOUDON va exposer les outils necessaires au sociologue pour en arriver a ses conclusions. Bien-sur, il decrit sa vision de l’individualisme (jusqu’a  »demontrer » de l’individualisme dans la pensee de DURKHEIM, le precurseur du holisme), de la rationalisation et de ses effets pervers (voir precedemment). Il conclu brievement, qu’il ne constate aucun declin des valeurs, mais que l’empressement des meneurs d’opinion (medias et politiques) a absorber les propos de certains intellectuels menent a faire penser l’inverse de la realite sociale entrainant de dangereux effets pervers.

III. ANALYSE CRITIQUE DE L’OUVRAGE. 1. Elements d’instruction a retenir. Nombreux sont les sociologues qui defendent l’idee d’un delitement actuel des valeurs, lie au passage d’une societe industrielle a une societe postindustrielle. Tout comme une partie des citoyens des pays occidentaux etudies. Or BOUDON parvient a prouver grace a une etude statistique a grande echelle, que ce valeur que l’on pense diminuer ne semble que tres peu changer au cours du temps dans les principaux domaines etudies.

Il constate que la famille demeure une valeur forte, que l’engagement politique ne flechit pas, et qu’il y a meme une volonte d’action directe chez les plus jeunes. Seule la religiosite accuse un recul dans les valeurs phares des sondes, encore qu’elle demeure assez presente aux Etats-Unis (ainsi qu’en Suede et en Italie). 2. Ses limites. Cependant les conclusions que BOUDON tire semblent bien trop hatives. En effet, lorsqu’il etudie les population donnee dans le « Sourcebook », il ne choisit de prendre un compte presque uniquement que deux criteres objectifs : l’age et le niveau d’instruction.

Or il me semble justifie de prendre en compte de nombreux autres criteres pour en arriver a telle conclusion. En effet, le milieu social dont sont issus les sondes, leurs origine geographique ou encore d’autres elements qui peuvent differencier ces individus. De plus, il qualifie le questionnaire originel qui amenera le « sourcebook » comme extremement complet. Il est alors bon de se questionner sur le serieux des sondes dans leurs reponses, en effet, peut etre que certaines reponses sont issues d’une lassitude dans le remplissage de ce questionnaire fastidieux.