Famille et pouvoir

Famille et pouvoir

Activites Dirigees Questions : Activite 1 : Famille et domination masculine : l’analyse marxiste 1) Selon Engels, l’accroissement de la production, les guerres qui ont amenes des prisonniers dont on se servait comme esclaves, les nouvelles methodes de production grace aux betes et aux troupeaux, ont marques les debuts de l’Histoire. 2) Les esclaves, les betes, les troupeaux, etaient les proprietes de l’homme : « la femme en profitait, elle aussi, mais elle n’avait point de part dans la propriete. »

Les hommes restaient proprietaires, continuaient de travailler pour produire, et les femmes continuaient donc de s’occuper des taches domestiques. 3) Selon Engels, la femme ne peut etre emancipee que si elle participe au « travail social productif » et qu’elle cessera « le travail prive domestique. » Activite 2 : L’evolution juridique dans la famille 1) Les transformations juridiques de la famille ont commence des 1907, l’annee a laquelle la femme a eu le droit de disposer de son salaire : celle-ci a obtenu des droits juridiques en 1938. C’est en 1946 que la femme a ete reconnue egale a l’homme et a obtenu le droit de vote.

Elle a pu travailler sans l’accord de son mari en 1965, et dispose d’une autorite parentale egale a l’homme depuis 1970. Le terme de

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« chef de famille » a disparu en 1985 et toute violence conjugale est punie severement depuis 1994. Apres l’evolution de la famille et la recomposition de celle-ci, la loi a demande aux parents d’appliquer leur autorite parentale meme apres le divorce. 2) L’autorite et le pouvoir sur les enfants et la famille depend de la place que donne le parent, responsable legal du (des) enfant(s), au beau-pere ou a la belle-mere, ou de la place que prend cette personne.

Le pouvoir dans le couple amene une personne a s’imposer ou non dans la famille. L’autorite sur la famille depend donc du pouvoir dans le couple. Activite 3 : Pouvoirs et autonomie de l’enfant 1) Selon Durkheim, le developpement de l’ecole est favorable a l’autonomie de l’enfant car celui-ci est « etouffe » dans la famille, ce qui l’oblige a avoir les memes manieres, les memes consommations, les memes habitudes… L’ecole lui permet donc de se liberer de cette sorte de captivite afin de se fabriquer sa propre personnalite et entamer ainsi sa socialisation.

Activite 4 : La crise de la famille moderne 1) Engels decrit la soumission de la femme a l’homme par le statut de celui-ci, proprietaire, participant au travail productif, et chef de famille. Shorter, quant a lui, montre une famille restructuree, avec une femme egale a l’homme, des autorites equivalentes mais moins efficaces avec des enfants incontroles. La restructuration familiale, avec les divorces et la recomposition des familles, contribuent a la perte de l’equilibre de l’enfant, la famille representant son repere principal etant transformee, modifiee.

La mobilite sociale joue egalement un role dans la modification des conditions decrites par Engels : l’avenir des enfants n’est pas semblables a ceux de leurs parents, ils sont maitres de leur destin et ils le savent, la famille a donc moins d’importance a leurs yeux car elle ne represente plus un modele de travail. Enfin, la socialisation ne passe plus par la famille mais par l’ecole, les activites, les associations.

Les enfants delaissent alors les liens familiaux et donnent moins d’importance a l’autorite parentale puisque la famille n’est plus un repere infaillible, qu’elle ne represente plus un modele professionnel, et qu’elle ne joue plus un role important dans la socialisation. 2) Durkheim parlait d’une famille trop etouffante qui empeche l’enfant de se fabriquer librement une personnalite et de se socialiser, l’ecole etait alors un lieu de socialisation qui allegeait le role de la famille et permettait donc a l’enfant de se developper librement, avec plusieurs modeles et a l’exterieur de la famille.

Shorter parle de cette autonomie et de cette socialisation hors de la famille, notamment a l’ecole, qui est extremement importante et qui a reduit l’influence de la famille au point presque d’aneantir l’autorite parentale. Activite 5 : Pouvoir et interactions conjugales 1) Desormais, chacun effectue les taches qu’il sait et qu’il aime faire. Les facteurs de la repartition des taches dans un couple sont donc la competence et le gout. ) Si un individu au sein du couple fait ce qu’il aime et ce qu’il sait faire, l’autre effectue les taches qui restent a faire : celui qui a le plus de pouvoir dans le couple negocie la repartition des taches a son avantage, fait ce qu’il aime faire et laisse l’autre faire le reste. Au contraire, le manque de competence peut montrer une forme de domination car si le plus competent effectue toutes les taches, le moins competent detient le pouvoir puisqu’ il a reussi a se debarrasser des corvees.

La repartition des taches domestiques au sein d’un couple est donc un aspect de la repartition du pouvoir entre les deux personnes. Synthese : Les rapports sont les relations et les liens tisses entre les individus en fonction de la position que ceux-ci occupent au sein de la structure sociale qu’est la famille. L’autorite est la capacite d’imposer l’obeissance ; cette influence sur les autres s’exercent par la cognition, les attitudes, le comportement, les emotions et leur expression.

Il existe differentes formes d’autorite, qui peut se fonder sur un systeme de recompense, de sanction ou sur la legitimite : l’autorite naturelle, l’autorite charismatique et l’autorite « idealisee » (l’idealisation du parent incarne en heros) releve de la legitimite. Ces formes d’autorite sont comparables aux types de pouvoirs en politique : le pouvoir dissuasif (base sur la sanction), le pouvoir retributif (base sur la recompense) et le pouvoir persuasif (base sur le charisme et la legitimite).

Les rapports traditionnels d’autorite dans la famille sont les relations qu’entretenaient les individus membres d’une meme famille au XXeme siecle, en opposition avec les liens qu’entretiennent aujourd’hui les individus membres d’une famille moderne. Ces rapports d’autorite sont affaiblis, mais certaines formes de pouvoir continuent a s’exercer. D’ou vient cet affaiblissement des rapports traditionnels dans la famille ? Et quelles formes de pouvoir continuent a s’exercer dan les familles modernes ?

Autrefois, plusieurs generations vivaient dans la meme maison, on appelait cela une « famille elargie », dans laquelle les mariages etaient souvent arranges. Ce type de famille a disparu a la premiere moitie du XXeme siecle pour laisser place a des « familles nucleaires », c’est-a-dire des familles composees du couple et des enfants (« nucleaire » venant du terme « noyau »). Dans ce modele traditionnel de la famille, la femme ne travaille pas (elle s’occupe des taches menageres et des enfants) et le pere subvient aux besoins de la famille, ce qui lui vaut le statut de « chef de famille » et une autorite absolue sur celle-ci.

Aujourd’hui, le modele familial a evolue : on observe des familles atypiques telles que les familles monoparentales (composees d’un parent et de son enfant), ou des familles recomposees (composees d’un couple, des enfants d’un conjoint et des enfants de l’autre conjoint, concus precedemment a la rencontre du couple) dues a l’augmentation des divorces. Durant les annees 1970, le developpement du travail des femmes et les mouvements feministes ont prepares l’egalite de l’homme et de la femme dans le couple ainsi qu’au sein de la famille.

C’est le debut de la perte d’autorite de l’homme sur la famille. Cette perte va conduire a une baisse de l’autorite du pere sur ses enfants. La baisse de la natalite apres le baby-boom des annees 1945-1950 donnent une place privilegiee aux enfants qui ne sont plus qu’un ou deux par familles et deviennent alors, peu a peu, des « enfants roi » qui prennent des decisions pour la famille, avec l’accord des parents qui prennent soin de leur bonheur et de leur confort puisque les enfants uniques, par exemple, representent tout pour les parents.

La societe de consommation en plein essor a egalement joue un role dans l’affaiblissement des rapports d’autorite traditionnels dans la famille car les enfants decident des achats des parents et de leurs achats personnels. Les medias abordent les sujets tabous et permettent la discussion des parents et des enfants, donc un rapprochement affectif plus qu’autoritaire. Les enfants non-desires sont plus rares grace aux progres de la contraception, ce qui fait de ces enfants pleinement desires des « tresors » aux yeux de leurs parents qu’il faut satisfaire, quitte a laisser passer quelques limites.

L’ecole prend de plus en plus de place dans la socialisation de l’enfant, ce qui allege le role de la famille dans le processus de socialisation. On observe, par exemple, que les enfants vont dans des institutions de plus en plus tot : on a mis a disposition des ecoles maternelles, puis des creches, et il existe egalement des assistantes maternelles. La famille devient donc un agent comme un autre de socialisation. Les transformations juridiques qu’a subit la famille rendent compte de son evolution. 1907 est l’annee a laquelle la femme a eu le droit de disposer de son salaire : celle-ci a obtenu des droits juridiques en 1938.

C’est en 1946 que la femme a ete reconnue egale a l’homme et a obtenu le droit de vote. Elle a pu travailler sans l’accord de son mari en 1965, et dispose d’une autorite parentale egale a l’homme depuis 1970. Le terme de « chef de famille » a disparu en 1985 et toute violence conjugale est punie severement depuis 1994. Apres l’evolution de la famille et la recomposition de celle-ci, la loi a demande aux parents d’appliquer leur autorite parentale meme apres le divorce. On observe une transformation des pouvoirs sur les adolescents. En effet, l’ecole et les amis prennent une place extremement importante dans la socialisation.

La mobilite sociale permet a l’enfant d’evoluer : son avenir n’est pas forcement semblable a celui de ses parents et il le sait, c’est pourquoi les parents perdent leur valeur de modele et d’exemple. L’autorite peut etre confuse (avec l’apparition de beaux-parents) et elle depend de la repartition des pouvoirs dans le couple. La famille devient alors de moins en moins importante dans la vie de l’enfant, elle est passee de l’agent principal de socialisation a un agent quelconque et d’un modele d’avenir a un modele de ce qu’il ne faut pas devenir (pour l’adolescent).

Les transformations juridiques permettent de rendre compte de l’evolution de la famille et de garder un certain equilibre au sein de cette structure sociale, bien que l’autorite n’est plus l’aspect principal des relations entre les parents et leurs enfants. Dans les familles modernes, il n’est plus question de pouvoir dissuasif ou persuasif, puisque les sanctions ne sont plus utilisees (en general) de peur de nuire a l’enfant, et que l’enfant ne reconnait plus l’autorite de ses parents comme legitime. Le pouvoir retributif, lui, base sur la recompense, reste present.

Mais il existe d’autres types d’autorite exerces sur les enfants aujourd’hui. En effet, un pouvoir d’ordre affectif s’est mis en place dans les familles. On evite de culpabiliser l’enfant lorsqu’il a un mauvais comportement, on est a son ecoute lorsqu’il a une attitude agressive, on fait des compromis, voire du chantage pour se faire obeir. L’autorite se situe egalement hors de la famille : l’ecole, lieu de socialisation et d’apprentissage, reste un lieu cle de l’enfant dans lequel l’autorite y est inculquee.

Le pouvoir n’est pas qu’une question d’autorite : les amis, par exemple, ont enormement d’influence sur l’enfant, que ce soit sur ses normes, ses valeurs, sa consommation, sa maniere de s’habiller, la musique qu’il ecoute, les cultures dans lesquelles il puise. Certaines personnes, comme la baby-sitter ou la nourrice, sont presentes dans la vie de l’enfant dit « moderne », elles exercent, elles aussi, une autorite sur lui. L’autorite est passe d’un pouvoir monoparentale (celui du pere) a un pouvoir exerce par plusieurs personnes y compris en dehors de la famille (l’ecole, les amis, la nourrice).

Cette polyvalence de l’autorite mene a une certaine autonomie de l’enfant qui attache moins d’importance a l’autorite parentale, et plus d’importance a d’autres facteurs de normes, comme les amis, la television ou Internet. L’affaiblissement des rapports traditionnels d’autorite dans la famille est a la fois un facteur et une consequence : ce processus est la consequence de l’evolution sociale, juridique, et affective de la famille ces dernieres annees, et il est egalement le facteur du phenomene de l’ « enfant roi », ou l’ « enfant chef », autonome et autorise a prendre des decisions pour la famille.

Peut-etre que ce processus aboutira a une disparition complete de l’autorite parentale traditionnelle, a des relations plus affectives et amicales entre les parents et les enfants, et peut-etre que les amis, la television et Internet se chargeront d’inculquer les normes et les valeurs aux enfants, comme ils commencent deja a le faire. ———————– DELAUNAY Marine 1ES 3