Etude de germinal

Etude de germinal

2. – LE ROMAN ZOLIEN, ECRITURE DU SOCIAL Tout roman zolien est ecriture d’une crise et il prend toujours l’histoire qu’il va raconter (c’est le principe de la tragedie classique), au plus pres du declenchement de la crise. Ce qui permet, des effets de concentration maximum des effets dramatiques. mais la crise chez Zola, est une crise double : c’est une crise au sein de l’individu – c’est une crise au sein du social. Crise au sein de l’individu : voila pourquoi Etienne Lantier est un personnage parfaitement zolien, puisque d’une part, il devient le prophete de mineurs et d’autre part, il est sourdement menace par son heredite alcoolique.

D’ou des comportements deviants, d’ou des actes fous, d’ou des pulsions de meurtre. le personnage zolien est interessant parce qu’il a une felure, mais cette felure vient de son heredite alcoolique. Le frere d’Etienne Lantier, sachant tres bien qu’il a une heredite alcoolique chargee, il ne touche jamais a une goutte d’alccol ; cela ne l’empeche pas de tuer dans une crise de folie, il est hante parce qu’il est capable, parce qu’il se sait capable de faire, en raison de cette folie congenitale.

Donc vous allez avoir la conjonction de cette crise de

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l’individu qui attend toujours, dans les romans de Zola, pour se manifester, et de la crise sociale qui est cette fois la felure du corps social. C’est la grande tendance du XIXeme siecle. Des lors que le roman francais, disons pour faire vite, depuis Balzac, a pris a son compte l’ambition de rendre compte de la totalite d’une societe, il l’a fait, non pas uniquement dans des intentions descriptives, enumeratives, statistiques, il l’a fait aussi pour rendre compte d’une destabilisation dont les origines variables sont tres souvent rapportees a la revolution francaise. eme dans des romans ou il n’en est absolument pas question. Tout simplement parce que c’est le referent oblige. Or, de la revolution francaise, le XIXeme siecle, se rend de plus en plus compte qu’elle n’a pas ete un evenement fondateur ou terminal, mais un evenement fondateur inaugurateur de catastrophes, ou de bouleversements a venir. En consequence, la societe francaise est sourdement travaillee par des germes de discordes, d’affrontements, de revolutions, de guerres sociales.

Ce qui vous explique, que le roman francais a mis tres longtemps a integrer le peuple au sens moderne, dans le personnel dramatique. c’est qu’en effet, le peuple menace, le peuple est inconnu, et c’est tres difficile de rendre compte du peuple, parce que le peuple est un collectif impalpable ; donc, comment faire pour decrire le peuple ? La premiere solution, c’est de rendre compte du peuple, dans ses aspects inquietants mais pittoresques, c’est-a-dire, le peuple marginalise que l’on appellerait aujourd’hui, en termes marxistes, « le lumpen-proletariat », en ermes humanitaires, le « quart-monde » ; ca c’est des romans type romans feuilletons, a partir des annees 1840 ; exemple : Les mysteres de Paris d’Eugene Sue, ou le peuple, c’est celui des bouges, des bas-fonds, des cafes borgnes, dans lesquels une humanite crapuleuse, faite de prostituees, d’assassins, de souteneurs, de voleurs a la petite semaine, de declasses et j’en passe… constitue une image deformee, grossissante du peuple, mais « divertissante », a cause de son langage (c’est dans les mysteres de Paris que l’on commence a voir pour la premiere fois l’argot, dans la langue litteraire), divertissante, parce que objet de spectacle, parce que monstre interessant.

Ca va durer tres longtemps, et cela se prolonge jusque dans Les miserables : le roman de Hugo (1862) a tout une part qui recupere cette vision du monde de bas-fonds, mais seulement la ou l’art du roman a la Eugene Sue est un roman profondement conservateur, – en depit de ce que Eugene Sue proclame, dans de grands elans, dans ses diners mondains, avec sa belle chemise a jabot, entre la poire et le fromage (« mais vous savez, je suis socialiste ») ; en depit de ce que dit Eugene Sue, c’est une vision profondement conservatrice du peuple.

Chez Hugo, les memes elements vont servir a mettre en place un peuple, qui, tout en etant pour l’essentiel, un peuple de la marginalite (avec le heros Jean Valjean, le bagnard ; quoi de plus marginal que le voleur condamne au bagne ? ), va devenir porteur messianique d’une regeneration possible de l’humanite. D’ou la mort angelique de Jean Valjean, a la fin. Donc la, vous avez sur l’espace de 20-25 ans, une veritable mutation, qui est le premier aspect de la prise en charge du peuple dans le roman francais.

Le deuxieme aspect, c’est ce que vous allez avoir, dans des romans contemporains de ceux de Zola, dans des romans comme ceux des Goncourt, Germinie Lacerteux, ca va etre la vision, detachee, artiste, d’une population degradee. Et la, on a quitte la marginalite, parce qu’on va mettre en scene notamment des ouvrieres. L’ouvriere comme evidemment representante d’une double degradation : degradation de la feminite et degradation de l’etre humain. onc, il va y avoir de plus en plus de personnages issus du peuple, representants du peuple, dans le roman ; mais avec des modes de presentation ideologiques qui sont evidemment, disons pour faire tres vite, mais je n’aime pas ce mot, reactionnaires ; (ca va plus vite que de dire autre chose ! ) C’est la que Zola est capital ; parce qu’il va traiter du peuple dans deux romans : L’assommoir d’abord puis Germinal ensuite. Dans L’assommoir, il va montrer un peuple degrade par l’alcoolisme, on est dans une vision qui nous rattache au climat dominant ; et dans Germinal, il va nous montrer un peuple degrade mais ou il va y avoir enversement ultime. Mais nous sommes en 1885, vous voyez qu’il faut attendre 1885 pour avoir une representation litteraire du peuple qui ne soit pas totalement compromise par le regard devalorisant qui a ete le regard dominant dans le roman francais jusque la. Et tout ca, a cause des pressions ideologiques de la societe francaise de l’epoque. Le peuple est un exclu de la litterature qui a beaucoup de mal a se faire sa place.

Et ce theme de l’exclusion du peuple est evidemment un des plus interessants qu’on puisse deceler dans la progressive constitution du roman de la totalite, dans l’histoire romanesque de la condition ouvriere au xixeme siecle. Debat Question : Pourquoi Zola n’a-t-il pas envisage un denouement plus heureux ? Reponse : Je repondrais par la chose suivante, il n’existe pratiquement aucun denouement heureux dans les Rougon-Macquart. c’est une recurrence dans les Rougon-Macquart : c’est le denouement catastrophique, qui releve d’un autre systeme obsessionnel chez Zola, qui est l’obsession du necessaire effondrement des grandes entreprises humaines.

Exemple : le triomphe du Bonheur des dames n’est possible que par l’eradication du peuple des petits commercants. L’histoire du second empire ne peut se terminer que par la catastrophe finale de la Debacle. Il y a d’abord une raison ideologique a cela. Les Rougon-Macquart, c’est l’histoire naturelle d’une famille sous le second empire. Or, pour Zola, le second empire est un regime eminemment pervers, en raison de ses origines criminelles. Au depart, selon Zola, au second empire, il y a un coup d’etat, qui est un viol – viol de la nation.

En consequence, ce regime est maudit, par ses origines, et donc il y a un parallelisme entre l’effondrement necessaire d’un regime politique fonde sur un viol et les effondrements particuliers a l’interieur du cycle romanesque des Rougon-Macquart. Deuxieme element de reponse, c’est une loi de fatalite, qui gouverne les romans de Zola, dans sinon leur totalite, du moins leur tres grande majorite. Fatalite, tantot qui condamne au moins une partie des personnages principaux a la mort, tantot va entrainer a la mort, un nombre eventuellement considerable de figures du texte. Dans le voreux, par exemple… ‘est une loi du roman zolien. ce qui pourrait nous amener a penser que Zola est consciemment pessimiste. d’ou lui vient ce pessimisme ? il lui vient de la perspective naturaliste ; j’ai employe le mot de fatalite. Or, qu’est-ce-que c’est que le determinisme hereditaire chez Zola ? C’est une fatalite laique, ce n’est pas la fatalite dictee par un destin superieur aux normes, c’est une fatalite de type biologique, une laicisation de la fatalite dans l’ordre de l’univers. A partir du moment ou la plus grande partie des heros de Zola appartiennent a une famille viciee, dans son sang, par l’alcool, les eros devront connaitre, ou participer a, ou declencher une catastrophe. Voila pourquoi il ne pouvait y avoir une fin optimiste a Germinal, autre que l’annonce faite par le narrateur, a la fin, d’une germination a venir. L’engloutissement final du voreux avec ses consequences sanglantes manifeste peut-etre un fatalisme… Un fatalisme d’une autre nature, qui est, peut-etre, lie a un pessimisme foncier de Zola, l’entreprise humaine retourne finalement a la boue, ou a la cendre. Question : A quel parti politique se rallierait Zola dans le roman, est-il du cote de Rasseneur ou de Lantier ? ocialiste, positiviste ? Reponse : Zola n’a pas de position politique dans le roman. Il n’est ni du cote de Lantier, il n’est pas non plus du cote de Rasseneur ; pas du cote de Lantier, non pas parce que Zola a peur de se definir politiquement, mais parce que ce n’est pas l’objet du roman. L’objet du roman est de confronter des forces, des jeux de forces, car je disais tout a l’heure, que le monde du capital est divise en deux : grand et petit capital et le grand capital finit par absorber le petit.

Le monde conscient du travail est divise en tendances contradictoires ; donc Zola est en situation d’observateur du jeu de ces differentes tendances. La position politique de Zola, lorsqu’il ecrit Germinal, est celle qu’il a depuis la fin de l’empire, lorsqu’il ecrivait dans un journal d’opposition au regime politique : Zola est re-pu-bli-cain. le mot republicain, a la fin du XIXeme siecle, a un spectre large du point de vue de la signification : on peut etre un republicain conservateur, avance, social, extremiste… etc ca s’est redefini plus tard.

L’evolution de la pensee zolienne, sur le plan politique va dependre d’un evenement, bien plus tardif, par rapport a Germinal, c’est l’affaire Dreyfus, dans laquelle, je le rappelle le mouvement socialiste francais, est au depart, extremement circonspect. C’est par exemple Jules Guesde, qui dirige le P. O. F. (Parti Ouvrier Francais), qui est le parti socialiste le mieux organise a cette epoque : au depart, il considere que ca c’est des histoires au sein de la bourgeoisie, que l’affaire Dreyfus n’a pas a interesser le mouvement ouvrier.

Question : Quel a ete, au fond la fortune et la reception de Germinal ? Reponse : C’est un roman fondateur, dans la mesure ou il va devenir lui-meme un roman mythique, totalement mythifie par la memoire collective, par exemple sous la forme d’une anecdote : je suis originaire du Pas-de-Calais, je connais assez bien le milieu mineur, puisque toute ma famille paternelle et maternelle, a travaille a la mine ; il y avait dans ma famille, des gens qui etaient pratiquement illettres, mais qui connaissaient Germinal, de nom et pour qui Germinal etait le livre ou on avait parle d’eux.

Ils ne l’avaient jamais lu ! nous sommes dans les annees, fin 1950, et debut des annees 60, 80 ans apres, Germinal est devenu un texte de reference, qui a joue un role enorme quoique difficile a apprecier dans la constitution d’une culture ouvriere en france. Tl n’y a qu’un seul roman avant Germinal qui ait joue un role comparable, c’est Les miserables. il a ete aussi un ouvrage fondateur dans la memoire collective francaise. Jean Valjean est devenu un personnage, un heros mythique de la memoire collective.

Etienne Lantier n’est pas devenu un heros mythique, c’est le roman… Partie III Les ouvriers Conditions de vie et de travail Les ouvriers sont malheureux aux XIX° siecle. Ils viennent de la campagne et vivent tres mal dans les villes. Ils ont des salaires tres faibles et mangent beaucoup de pain et des pommes de terre : la viande est trop chere. A. Conditions de travail a) Type de travail 1-XIX° siecle Il s’agit d’une occupation demoralisante qui eprouve les travailleurs par des risques eleves et des efforts physiques extremes.

La plupart travaille dans les mines, les filatures, les champs, les usines… souvent toute la famille au meme endroit de generation en generation. Dans les mines, c’est un travail repetitif dans des conditions tres difficiles : humidite, obscurite, accidents et maladies dues au travail. C’est une embauche  » au jour le jour  » sans aucun conge ni aucun droit . 2-Dans Germinal On penetre dans les entrailles du travail avec des exemples precis des differents travaux surtout Zola detaille les gros efforts physiques ainsi que les souffrances de ces travaux penibles.

Il donne une description detaillee des differentes activites  » vues  » de l’interieur. C’est un enfer, tant les conditions sont inhumaines, qui aboutissent a l’ecrasement physique et moral de l’ouvrier tel  » une bete quion aveugle et quion ecrase « ,  » … les crampes des attitudes forcees, l’etouffement, la pestilence des haleines l’asphyxie du grisou…  » L’emploi de nombreuses metaphores animales montre bien la la deshumanisation du travail. b)Horaires 1-Au XIX° siecle longues journees de travail de 12 heures et plus parfois meme jusqu’a 24 heures ( » LAANGEN Tour « ).

Les ouvriers travaillent souvent tres tot le matin jusqu’a tard le soir selon des rythmes imposes par le patron. 2-Dans Germinal (I° partie, chap. 3 a 6) Zola decrit longuement les journees des differents ouvriers depuis le matin jusquiau soir. On a donc une description detaillee des heures passees au travail avec les cadences infernales et les contraintes horaires imposees pour la descente et la remontee des mineurs, ils ne peuvent pas remonter avant une heure fixee. jamais la mine ne chomait, il y avait nuit et jour des insectes humains fouissant la rocheO  » c) Salaires 1-Au XIX° siecle Les salaires sont insignifiants et non adaptes aux besoins des ouvriers. Ils dependent de la fluctuation (prix) du marche. Les ouvriers sont payes par quinzaine et remuneres en fonction de la quantite du travail accompli dans la journee. De plus, aucune loi ne reglemente les salaires, il niy a pas de retraite. Le chomage partiel frappe toutes les activites sans que le chomeur ait la moindre garantie. 2) Dans Germinal

On apprend que certains mineurs touchent une pension de 180 Francs a 60 ans, qu’ils sont payes au panier, au nombre de berlines reglementaires …mais surtout, on voit a quel point les salaires sont derisoires, comment les ouvriers sont exploites et menaces s’ils reclament plus. Zola montre a quel point ces salaires sont insuffisants en decrivant longuement ces ouvriers affames, tues  » par une si dure besogne dans ces tenebres mortelles et quion niy gagnait meme pas les quelques sous du pain quotidien !  »  » on vous paiera le boisage a part et l’on reduira… le prix de la berline.

Nous verrons si vous y gagnerez… « . d) Relations dans le travail 1) Au XIX° siecle Les directeurs de compagnie ont un pouvoir absolu, les ingenieurs sont impitoyables et demandent toujours plus de rendement. Les chefs sont durs, reclament une obeissance aveugle et imposent des cadences infernales. Ils nihesitent pas a insulter, frapper ou renvoyer les ouvriers pas assez performants. Ils meprisent les ouvriers et les traitent comme du betail. Les directeurs et le gouvernement nihesitent pas a envoyer des armes en cas de revolte.

Les conflits sont toujours mates par la force et dans le sang. Par contre, une certaine solidarite et fraternite unit les ouvriers entre eux. 2)Dans Germinal Zola, nous montre la diversite des relations entre les Ouvriers : l’amitie, la rivalite, la complicite mais aussi la violence et la traitrise, le paternalisme tyrannique des patrons mais il met surtout en avant l’extraordinaire fraternite et solidarite qui unit une grande partie des ouvriers. Il montre aussi les relations  » bestiales  » entre les hommes et les femmes de ce monde.

Il decrit la peur et la soumission des ouvriers ecrases par la puissance des compagnies. Il montre l’intransigeance et l’incomprehension des contremaitres et patrons.  » Il faut pourtant que nous rentrions, le diner nous attend, dit Mme Hennebeau, hors d’elle, exasperee par la peur. Ces sales ouvriers ont encore choisi un jour ou j’ai du monde. Allez donc faire du bien ca !  » e) Protection sociale 1) Au XIX° siecle En depit des risques eleves auxquels les ouvriers sont exposes les assurances sont rares avant 1900.

L’ouvrier n’a donc aucune protection contre la maladie ou les accidents, aussi s’il est blesse, malade ou affaibli, il est laisse pour compte. 2) Dans Germinal Zola montre surtout les consequences de l’absence de protection sociale des ouvriers. Enfants chetifs, femmes usees, hommes handicapes, tout un peuple ronge par la maladie…  » il y a des jours ou je ne peux remuer une patte sans crier O  »  » jamais je ne toussais, a present je ne peux plus me debarrasserO ciest que je cracheOCiest du charbonOjien ai la carcasse de quoi me chauffer jusquia la fin de mes jours « 

Zola s’est effectivement documente sur les maladies des mineurs. f) Mouvement ouvrier 1) Au XIX° siecle Tous les mouvements ouvriers sont interdits et les revoltes sont matees par l’armee. Les ouvriers n’ont aucun droit. Cependant, le XIX° siecle est marque par le reveil ouvrier et l’on assiste a de nombreuses greves et revoltes pour lutter contre les mauvaises conditions de travail, avec les mineurs du Nord – qui fut l’un des plus actifs foyers de revoltes.

C’est le debut de la lutte des classes avec les celebres greves de Paris en 1848 et d’Anzin 1884. c’est aussi le point de depart d’une autre vision du monde ouvrier et d’une ideologie politique : le socialisme. 2) Dans Germinal Zola s’est inspire de la realite pour raconter les moments de revolte des mineurs qui jouent un role essentiel dans l’oeuvre. En effet, Zola a longuement exprime les motifs mais surtout montre les desespoirs de ces ouvriers pour s’arracher de la souffrance et tout l’espoir qu’ils ont mis dans ces greves. La escription crue et sanglante des massacres des ouvriers par l’armee rend bien compte de la violence de l’epoque et de la lutte des classes. Neanmoins, Zola laissait entendre qu’un jour cela servirait a quelque chose d’ou le titre Germinal . Grace a ce livre on comprend toute l’agonie des ouvriers pousses a la revolte pour pouvoir survivre, les emeutes, puis les massacres des mineurs et enfin le retour a la mine sans avoir obtenu satisfaction… » Ces hommes souilles de charbon accusaient la Compagnie de tuer au fond une moitie de ses ouvriers et de faire crever l’autre moitie de faim…  » Allumez le feu aux quatre coins de la ville, fauchez les peuples, rasez tout, et quand il me restera plus rien de ce monde pourri, peut etre en repoussera-t-il un meilleur  » « C’etait sous l’air glacial, une furie de visages, des yeux luisants, des bouches ouvertes, tout un rut de peuple, les hommes, les femmes, les enfants affames « . retour au sommaire B. Conditions De Vie Comme le salaire est insuffisant, les femmes et les enfants des l’age de 8 ans doivent travailler.

Ils sont souvent affames et ne mangent que du pain et des pommes de terre. La pauvrete est extreme et les faibles meurent. Les filles se prostituent pour payer les dettes de la famille. a) Logement 1) Au XIX° siecle Les logements sont insuffisants, exigus insalubres et les prix sont exorbitants. 2) Dans Germinal Zola decrit par le detail les conditions de vie execrables dans d’horribles logements  » etroits et miserables « , dans une promiscuite malsaine et choquante. Dans le froid avec la faim toujours au ventre et un voisinage desagreable. Si maman nia point reussi, nous allons nous coucher sans souperO  » « On entendait venir le sommeil de la faim, l’ecrasement des corps jetes en travers des lits, sous les cauchemars, des ventres vides… « ,on se lave dans le meme bain.  » Le vieux Bonnemort et les petits se serraient sur le banc pour avoir moins froidO la seule chandelle avait bruleO que la lumiere elle-meme, bientot leur manquerait « .  » Mais le long des facades mortes, toutes les portes sentaient la famine et sonnaient creux « 

Zola peint le coron, il presente les loges ou l’on s’entasse, certains prenant des locataires pour quelques sous, c’est l’exemple d’Etienne. b) Loisirs 1) Au XIX° siecle Les ouvriers ont peu de loisir. La plupart du temps les hommes boivent du cafe. Les femmes s’occupent de la maison et les enfants restent dans la rue. Parfois ils vont a des bals le dimanche. 2) Dans Germinal Zola decrit aussi les loisirs des ouvriers comme un mince rayon de soleil dans leur miserable vie. Ils vont au Cabaret du Bon-Joyeux mais aussi au Cabaret de l’Avantage.

Cela permet aux ouvriers de se retrouver entre eux pour des reunions ou pour discuter. Ils font des promenades, pratiquent des jeux comme le crosse (lancer vers un but une bille de bois), et admirent les combats de coqs et les roucoulades de pinsons lors de la fete de la Ducasse. c) Problemes 1) Aux XIX° siecle Alcoolisme, insalubrite, promiscuite, violence, famine, prostitution, maladie comme la Tuberculose, le Cholera ou le Typhus, amenent la decheance humaine et plongent les ouvriers dans la violence 2) Dans Germinal

Zola decrit ce monde de souffrance et d’iniquites, d’exploitation, d’humiliation et de violence en decrivant le sort des enfants, des hommes et des femmes dont l’un est infirme, l’autre deviendra un assassin et aura les jambes brisees, la violence des maris envers leurs femmes, la mort d’une femme (Catherine) ; la famine, les accidents toutes ces vies ecrasees par une societe qui les oblige a affronter la mort et les souffrances quotidiennes. On a donc une description detaillee des journees des ouvriers mais surtout on apprend ce qu’ils ressentent et les contraintes inhumaines auxquelles ils sont soumis.

Plus que les conditions de travail, Zola met en avant les revendications des ouvriers pour une vie plus humaine et met en evidence les injustices de l’epoque. Il decrit les miseres physiques et morales des ouvriers dans tout le roman puis le luxe, l’oisivete et le pouvoir des bourgeois Il montre le fosse qui separe ces deux classes. Ciest donc avant tout le desespoir puis la revolte et les espoirs des ouvriers quiil fait connaitre. Personnages et lieux de Germinal I- Les Maheu > Guillaume, l’ancetre qui decouvrit la premiere veine, elle porte son nom. > Nicolas , l’arriere grand-pere, mort dans la mine. Vincent, dit « Bonnemort », le grand-pere, charretier. Il etranglera Cecile Gregoire. > Toussaint, le pere, haveur, meurt abattu par les soldats lors des incidents devant Montsou. > La maheude sa femme, 40 ans, eleve les enfants qui sont trop jeunes ou trop fragiles pour travailler a la mine. > Zacharie, 21 ans, le fils aine, haveur, amant de Philomene avec qui il a eu deux enfants, meurt lors d’un coup de grisou dans les galeries de Requillart, lors des recherches pour sauver sa s? ur. > Catherine 15 ans, herscheuse, amante de Chaval, meurt dans le Voreux lors de l’accident final. Jeanlin, 11 ans, galibot, accidente lors d’un effondrement de galerie, assassine un soldat breton. > Alzire, 9 ans, handicapee, ne travaille pas a la mine mais aide sa mere a la maison, meurt de faim. > Lenore, 6 ans. > Henri, 4 ans. > Estelle, 3 mois. II- les autres ouvriers > Lantier Etienne, celui qui arrive pour trouver du travail et vivre chez les Maheu, fils de Gervaise et de Lantier, un ivrogne. Il devient au fil du roman le chef des mineurs, amoureux de Catherine il tue Chaval lors de l’accident final dans le Voreux. > Levaque, le voisin, finit en prison. Mme Levaque , sa femme, 41 ans, amante de Bouteloup > Bouteloup, 35 ans, ouvrier de coupe a terre, vit chez les Levaque et est l’amant de Mme Levaque, pere du prochain enfant de la Levaque. > Philomene, la fille, 19 ans, cribleuse, amante de Zacharie avec qui elle a eu deux enfants. > Achille 3 ans. > Desiree 9 mois. > Bebert, 12 ans, le fils, galibot, abattu par les soldats lors des incidents devant Montsou. > Le vieux Mouque, palefrenier. > La Mouquette, sa fille, meurt en sauvant Catherine, abattue par les soldats lors des incidents devant Montsou. Mouquet, son fils abattu par les soldats lors des incidents devant Montsou. > Chaval, haveur, amant de Catherine, meurt assassine par Etienne dans les galeries du Voreux. > Pierron, le voisin d’en face, trompe par sa femme et accuse d’etre un mouchard. > La Pierronne, sa femme, 28 ans, amante de Dansaert le maitre-porion. > Lydie, 10 ans, la fille de Pierron, herscheuse, abattue par les soldats lors des incidents devant Montsou. > La Brulee, la belle-mere, cribleuse, abattue par les soldats lors des incidents devant Montsou. > Berloque, dit Chicot, haveur qui meurt dans l’eboulement ou sera blesse Jeanlin. Souvarine, trentaine d’annees, machineur russe, locataire chez les Rasseneur, anarchiste pronant la revolution et la mort de ceux qui ne sont pas d’accord avec ses idees, il sabotera le Voreux causant la mort de nombreux mineurs. Veuf d’Annoucka, pendue en Russie pour activite terroriste. > Pluchart, mecanicien a Lille et chef de file de l’Internationale des travailleurs pour la region du Nord. III- Les chefs et les patrons > Leon Gregoire, 60 ans rentier qui vit de ses actions dans la mine du Voreux. Cousin de M. Deneulin. > Mme Gregoire, 58 ans, sa femme, fille de pharmacien de Marchiennes. Cecile Gregoire, 18 ans leur fille, meurt etranglee par le vieux Maheu ( Bonnemort ). > M. Hennebeau, 48 ans le directeur des mines de la compagnie de Montsou. > Mme Hennebeau, 40 ans trompe son mari et son ennui avec son neveu, qu’elle cherche a marier avec Cecile Gregoire. > Negrel, l’ingenieur, neveu de M. et Mme Hennebeau, orphelin de pere, amant de sa tante. > M. Deneulin, + de cinquante ans, veuf et pere de deux filles, proprietaire de Vandame et de Jean-Bart deux autres mines, qu’il finira par vendre a la compagnie de Montsou. Cousin de M. Gregoire. Lucie, 22 ans, sa fille ainee, aime le theatre. > Jeanne, 19 ans, la cadette, aime la peinture. > Dansaert, le maitre-porion, amant de La Pierronne, il est licencie de la mine apres la greve. > le pere Richomme, porion abattu par les soldats lors des incidents devant Montsou, alors qu’il voulait calmer les mineurs. > Quandieu, un vieux mineur, 70 ans, le plus vieux des porions de Montsou, il empechera les grevistes de detruire la mine de Mirou en menacant de se jeter dans le puit. IV- Autres > Maigrat, l’epicier ,profite de la pauvrete des mineurs pour obliger les femmes ou les filles a coucher avec lui.

Meurt en tombant d’un mur lors des incidents devant chez lui. Il sera ensuite emascule par les femmes ivres de rage. > Mme Maigrat, sa femme, trompee et frappee par son mari. > M. Rasseneur, cabaretier, ancien mineur mis a la porte du Voreux. > Mme Rasseneur, sa femme. > L’abbe Joire cure de Montsou, il quittera le village et sera remplace. > L’abbe Ranvier cure de Montsou, il sera « mute » apres les incidents car juge trop proche des ouvriers, et pas assez de la bourgeoisie. > Vanderhaghen, medecin de la Compagnie des mines, visite le coron deux fois par semaine. Honorine, femme de chambre d’une vingtaine d’annees. Domestiques des Gregoire > Melanie, cuisiniere, depuis trente ans dans la maison. + un jardinier > Francis, le cocher en charge des gros travaux. et une jardiniere > Rose, femme de chambre Domestiques des > Hippolyte, valet de chambre Hennebeau > Le capitaine, 28 ans charge d’une troupe de soldats qui doivent defendre les installations, fera tout pour eviter le drame mais ne pourra pas l’empecher. > Jules, jeune soldat breton de Plogoff qui sera assassine par Jeanlin et dont Etienne cachera le corps dans Requillart.