Etre libre est-ce faire ce qu’il nous plait ?

Etre libre est-ce faire ce qu’il nous plait ?

Le Phlogistique Etymologiquement, phlogiston (flogiston) est un adjectif grec signifiant inflammable. Il fut employe la premiere fois par Aristote pour designer une combustion accompagnee de flamme. Il fut repris au XVIIeme siecle dans un concept encore derive de l’alchimie. En effet, lorsque G. E. Stahl a employe a nouveau ce terme, c’etait pour nommer la terre sulfureuse ou inflammable que Johann Joachim Becher (1635 – 1682) considerait, avec la terre vitrifiable et la terre mercurielle, constituant de tous les corps composes. Georg Ernst Stahl (1660 – 1734)

Chimiste et medecin allemand ne en Baviere, Stahl [1, 15] fut d’abord le medecin du duc de Saxe – Weimar (1683), avant d’etre nomme professeur de medecine en second a l’universite nouvellement fondee de Halle (1693) ; puis medecin du roi Frederic-Guillaume Ier en 1716 a Berlin, jusqu’a la mort de celui-ci. Il reprit les travaux de Becher sur le phlogistique en se liberant toutefois des conceptions alchimiques traditionnelles de ses predecesseurs. En cela il devint le premier chimiste de son temps. Il repris le terme d’Aristote pour designer la terre inflammable ou sulfureuse.

D’apres lui, le phlogistique donne leur couleur et leur odeur aux substances dont il est un constituant, mais il ne peut etre

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combine a l’eau. C’est pourquoi l’eau ne brule pas. Il se combine tres facilement et tres etroitement avec les substances solides, et tous les corps en contiennent des quantites plus ou moins importantes, surtout les animaux et les vegetaux ; il est abondant dans les corps gras, le charbon, le soufre, etc. Disperse dans l’air, le phlogistique est absorbe par les plantes et passe ensuite au regne animal.

Stahl a meme essaye de l’obtenir a l’etat pur en brulant de l’huile de terebenthine dans une cuiller et en recueillant la suie qui se degageait sur une autre cuiller froide. Ainsi, toute matiere combustible etait riche en phlogistique, et le processus de la combustion etait synonyme de perte de phlogistique. La combustion laissait donc derriere elle une substance ininflammable car le phlogistique avait disparu. Le bois en possede, c’est pourquoi il brule, mais la cendre devient incombustible, car c’est le residu de la matiere apres que le principe inflammable s’est envole…

Stahl eut ce pressentiment que la combustion et la corrosion des metaux etaient le meme phenomene. Il voyait les metaux riches de phlogistique tandis que leur rouille en etait depourvue. Il avanca ainsi pour la premiere fois une idee acceptable de la conversion des minerais metalliques en metaux : un minerai, pauvre en phlogistique, est chauffe avec du charbon, tres riche en phlogistique ; celui-ci passe du charbon au minerai ce qui donne comme produits de la cendre et du metal.

On pourrait ecrire selon nos notations modernes une equation bilan : Stahl et ses eleves Johann Junker (1683 – 1759) et Johann Heinrich Pott (1692 – 1777) ayant observe l’augmentation de masse d’un metal calcine, ils deduisirent que le phlogistique etait plus leger que l’air, et qu’il etait normal que les metaux devinssent plus lourd quand l’air remplacait le phlogistique… Alors, pourquoi le bois etait-il plus leger apres combustion qu’avant ?

Existait-il deux phlogistiques ? C’est cette dualite, cette contradiction, ce paradoxe qui sonnerent le glas de cette theorie que Lavoisier n’admit jamais… Dans Theorie universelle de la fermentation et Pensees fortuites et reflexions utiles sur la querelle du pretendu sulphure Stahl exposa ses travaux les plus importants sur le phlogistique. Il ecrivit en outre plus de deux cents traites.