Espace mondialise

Espace mondialise

GT 1 PARTIE 1 UN ESPACE MONDIALISE Chapitre 1 : Mondialisation et interdependances Charles- Albert Michalet, Qu’est ce que la mondialisation, La decouverte, 2003 Introduction : – La mondialisation est un processus ancien, qui designe la mise en relation entre les differentes parties du monde par le biais d’echanges de toutes natures, conduisant a une situation d’interdependance : l’empire romain constituait deja, cet egard, un debut de mondialisation.

Les progres des transports, l’essor du capitalisme et des cites marchandes, la diffusion d’une ideologie liberale ont conduit ce processus pluriseculaire a s’accelerer depuis deux siecles (doc 1p. 33). -Quelles sont les caracteristiques de ce phenomene aujourd’hui ? – La mondialisation se caracterise tout d’abord par l’importance des flux qui permettent d’organiser l’espace mondial, par la multiplicite des acteurs et en enfin par la concentration, en certains lieux determines, de l’essentiel des fonctions de commandements. Les flux A. Economiques . Les flux commerciaux (cartes p. 18-19) . la mondialisation se traduit par une diffusion accrue de marchandises et de services a l’echelle planetaire : 30% de la production mondiale est ainsi destinee a l’exportation. . La structure des echanges a evolue : les flux de matieres premieres et de sources d’energies sont toujours importants en volume (86

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millions de barils par jour en 2007, 110 millions de tonnes de ble en 2007 sur une production de 630 millions de tonnes), mais ils ne representent que 10% du commerce mondial. Les 3/4 des echanges sont ujourd’hui des produits manufactures. Les echanges de services representent1/5 de la valeur du commerce mondial, mais sont en croissance rapide. . Ces flux sont essentiellement assures par le transport maritime (3/4 du volume et 2/3 de la valeur) de part son faible cout et son efficacite (transport specialise et intermodal : petroliers et conteneur) 2. Les flux financiers (cf doc 3 p . 37) . Ils sont devenus colossaux : de 1500 a 2000 milliards de dollars sont echanges quotidiennement, ce qui represente 100 fois les besoins des marches commerciaux. Ces flux sont essentiellement des investissements directs a l’etranger et des capitaux speculatifs. Certains de ces flux sont illicites, et relevent du trafic de drogues ou d’armes. . Ces flux sont permis par la revolution technique qu’a constitue l’informatique (internet) et par les bourses qui accueillent les investisseurs institutionnels (banques, assurances, FMN et fonds de pension). Les paradis fiscaux, de par leur discretion, accueillent les capitaux illicites pour les blanchir (et leur permettrent de reintegrer le systeme traditionnel) B. Migratoires cartes p. 20-21, doc p. 39 1.

Les migrations de travail . pres de 175 millions de migrants economiques ont quitte leur pays pour trouver une vie meilleur. On peut leur ajouter les 25 millions de refugies qui ont quitte leur pays du fait des conflits, car leur situation dans les pays d’accueil est souvent comparable. .Les flux de travailleurs obeissent souvent a une logique nord-sud (Mexique/EU, Asiatique du Sud-Est/Japon) . Mais les logiques se compliquent aujourd’hui, avec l’appel de MO par les pays emergents et la fermeture des frontieres par les pays developpes. Les refugies quant a eux sont essentiellement africains ou asiatiques. Ces flux permettent aux pays de depart de recevoir des sommes importantes, mais les privent d’une MO dynamique, et aux pays d’arrives de beneficier d’une MO peu chere, mais parfois difficilement assimilable 2. Les migrations touristiques . Le tourisme concerne seulement 8% de la population mondiale, soit tout de meme 800 millions de personnes. Le poids economique est significatif : 500 milliards de dollar annuels, et un actif sur 10 dans le monde, dont 40 millions dans les pays du tiers monde, qui percoivent grace au tourisme autant de rentrees d’argent que par l’aide au developpement. Ce tourisme est issu des conges payes, de la hausse du niveau de vie, de la revolution des transports, et de l’apparition de la civilisation des loisirs. L’Europe et les EU sont les principaux pays emetteurs, et recepteurs de touristes (80 % des mouvements) . Ce tourisme est fragile : attentats et cataclysmes naturels peuvent tout remettre en question. Et son impact peut etre ambigue : developpement economique, mais aussi defiguration des sites naturels et pollution. C. D’informations (doc p. 41) 1. De nouveaux moyens La troisieme Revolution Industrielle a permis la mise en place de nouveaux moyens de communication : satellites de communications, telephonie mobile, internet, mise en reseau de donnees par internet…. 3 milliards d’individus sont equipes d’un telephone mobile, 1 milliards sont connectes a internet. .Ces moyens de communication efficace, qui permettent une transmission quasi instantanee des informations au niveau mondial, sont controles par de tres grandes entreprises principalement situees dans les pays developpes.

Les trois geants de la communication mondiale sont AOL Time Warner, Vivendi Universal, News Corporations 2. De nouveaux enjeux . L’information est un outil de travail, un facteur de production aussi important pour les entreprises que la MO ou les capitaux. Elle aussi vitale pour les gouvernements : leur stabilite est a ce prix. Aux services d’informations militaires succede l’intelligence economique : car l’Etat qui maitrise l’information est en position de force. . Le soft power est en effet une realite bien comprise.

Les entreprises tentent ainsi de dissimuler des informations qui pourraient les conduire a la faillite (cf scandale d’Enron ou de Parmalat) ; Les Etats eux aussi veulent maitriser leur information : CNN a longtemps ete le seul media mondial, jusqu’a la fondation d’Al Jazeera en 1996, en direction de 35 millions de telespectateurs arabes. La France tente elle aussi de fonder une sorte de CNN francaise…. La mondialisation se caracterise donc par la multiplication des flux de toutes natures. Mais qui sont les organismes a l’origine de ces flux? Les acteurs A Les FMN doc p. 35 1.

Un acteur fondamental . Les firmes multinationales sont au c? ur de l’integration economique mondiale. Elle sont 63 000 dans le monde et controlent 820 000 filiales, employant 6 millions de personnes. Elles appartiennent pour la plupart aux pays du nord, en particulier aux EU (57 sur les 100 premieres, contre 7 pour le Japon) : Microsoft, General Electric, Exxon, Wal Mart, Pfizer sont ainsi les 5 premieres mondiales. . Elles realisent 20% du PIB mondial, le tiers de la production et la moitie du commerce. Les 100 premieres sont a l’origine du tiers des investissements directs a l’etranger.

Leur Chiffre d’Affaire est parfois superieur au budget de certains etats : Exxon produit plus de Valeur ajoutee que le Pakistan et ses 138 millions d’habitants, Ford ou Toyota pesent plus que le Maroc ou l’Ukraine. (cf p. 34) 2. Un role majeur . Les FMN ont pour objectif la rentabilite, ie la creation de richesses. Elles adoptent donc des strategies de developpement qui ont un impact au niveau mondial ; ces strategies sont des strategies: d’approvisionnement (se rapprocher par des filiales des sources d’approvisionnement), de marche (se rapprocher des marches), de rationalisation (economie d’echelle) ou globale. Elles contribuent donc a la repartition des activites au niveau mondial, tout en tirant profit de l’integration economique. B. Les Etats doc p. 71 1. Une position fragilisee . Les Etats etaient des acteurs centraux dans les relations diplomatiques et economiques : par le protectionnisme par exemple, ils pouvaient empecher les entreprises etrangeres de concurrencer les entreprises nationales ; ils pouvaient intervenir par la nationalisation de certaines entreprises…. .Mais les Etats ont tout d’abord volontairement leve les obstacles au libre-echange au cours des negociations ou rounds du GATT (Accords General sur les tarifs et es Echanges) ; ils ont ensuite abandonne leur fonction de decideurs dans la vie economique pour se contenter de fonction d’encadrement. Enfin, certains Etats notamment europeens, ont accepte des transferts d souverainete economique, dans le cade de l’Union Europeenne. Les filiales des FMN ont de plus bouleverse la donne 2. Un role de regulation . Les Etats tentent de preserver leur capacite d’intervention par le biais de reglementation, de normes e securite pour proteger leur marche interieur. . Mais surtout les Etats sont conduits a intervenir dans le cadre economique par le biais de l’attractivite.

Desormais, les Etats doivent creer des conditions politiques, economique, social, culturel favorables a l’implantation des entreprises, en particulier etrangeres. Car les entreprises sont synonymes d’emploi. C. Les Organisations internationales 1. Les organisations etatiques . Cependant les Etats parviennent a rester des acteurs dans la mondialisation grace aux organisations internationales, issues pour la plupart des lendemains de la deuxieme guerre mondiale : FMI, Banque Mondiale, OMC, FAO, UNESCO. L’OMC par exemple regroupe 148 Etats.

Dotee d’une cour de justice, elle a pour mission de veiller au respect des accords passes entre ses membres et de poursuivre les negociations pour liberaliser davantage les echanges. L’adhesion de la Chine est prometteuse. Les Etats se reunissent aussi de maniere plus informelle, dans le cadre du G8 ou du World Economic Forum. . Les organisations regionales jouent aussi un role croissant dans le developpement des echanges. Le commerce interregional renforce en effet les blocs regionaux qui se sont constitues, et qui pesent dans l’organisation de la mondialisation. 0% des echanges exterieurs de l’Union Europeenne se font entre ses membres. 2. Les ONG . Les ONG sont 2000 dans le monde. Elles se sont creees pour defendre des causes tres diverses : la sante (Medecins du monde), le respect des droits de l’homme (Amnesty International), la defense de l’environnement (Greenpeace). Par leurs actions, elles peuvent pallier la carence des Etats, notamment dans le domaine humanitaire. . Elles sont aussi de veritables contre-pouvoirs, qui utilisent essentiellement la sphere mediatique afin de mobiliser l’opinion internationale sur les grandes causes qu’elles defendent.

Certaines, les associations altermondialistes (doc p. 74) s’opposent au processus de mondialisation, ou reclament une repartition egalitaire des richesses. Toutes ne representent que leurs adherents, meme si les dons peuvent provenir de non adherents. La catastrophe du Tsunami en Asie a ainsi permis de constater l’emergence d’une conscience mondiale des problemes (a relativiser : la presence de touristes occidentaux a contribue a cette mondialisation de l’emotion). Ce processus de mondialisation n’est cependant pas desincarne, et s’inscrit dans le territoire mondial selon des modalites particulieres :

Les lieux de la mondialisation A. Les centres d’impulsions (doc p. 18-19) 1. La Triade – 3 poles economiques sont dominants : les Etats-Unis, L ‘Union Europeenne et le Japon. – Ces poles concentrent l’essentiel de la richesse mondiale, et sont a l’origine des principaux flux economiques (importations, exportations, flux financiers…). En effet, avec 20% de la population, ils concentrent environ : 80% du PIB mondial 85% de la capitalisation boursiere 70% de la production industrielle 80% des activites de recherche 80% des IDE… Ces poles sont donc des centres de commandements economiques (et donc diplomatiques) ils concentrent l’immense majorite des emplois qualifies, et sont les lieux des innovations majeures. 2. Les peripheries integrees – Les espaces a proximite des poles de la Triade sont integres a la dynamique economique de ces derniers, en particulier grace a des accords economiques qui permettent la mise en place de liens privilegies : . ALENA, qui lie les Etats-Unis, le Canada, et, dans une moindre mesure le Mexique . l’UE avec un elargissement a l’est vers la Pologne, la republique Tcheque, la Slovaquie, la Hongrie, la Slovenie, les Etats Baltes L’APEC qui lie le Japon avec la quasi totallite des Etats qui bordent le Pacifique asiatique. – Les relations sont souvent des relations de sous-traitance, qui s’expliquent par la faiblesse du cout de la MO dans ces pays. Les maquiladoras mexicaines en sont un bon exemple (cf GT3) : ces usines situees au Mexique produisent a bas cout des biens concus par et pour des Americains, et contribuent a 45% des exportations mexicaines ; elles sont donc importantes pour la croissance economique mexicaine. Mais l’activite economique ne se concentre pas seulement a l’echelle nationale, mais aussi locale.

B. Les metropoles mondiales 1. L’archipel metropolitain mondial – La repartition des richesses et des activites est inegale au sein meme des pays de la Triade. La concentration des fonctions strategiques s’effectue en effet dans quelques metropoles , ie des aires urbaines dotees de fonctions de commandements ayant un rayonnement etendu. Ces metropoles fonctionnent entre elles en reseau, formant l’archipel metropolitain mondial. – Ce reseau s’articulent autour de villes mondiales (New York, Tokyo, Londres) et de metropoles incompletes (Paris, Chicago, Los Angeles, Hong Kong et Singapour).

Elles sont a la tete de puissantes aires urbaines tres peuplees et dynamiques, et en leur sein, a l’echelle locale, ce sont les Central Business District, qui concentrent les espaces les pls strategiques, symbolises par le gratte-ciel. 2. Les metropoles relais – Ces metropoles ont des villes relais dans les espaces peripheriques : Sao Paulo, Mexico, Bombay, Shanghai, Johannesburg concentrent des pouvoirs de commandement nationaux (politiques et militaires) et des sieges sociaux des filiales es FMN. Ces metropoles s’affirment de plus en plus comme des metropoles emergentes, ce qui conduit a une hierarchisation de l’espace mondial : CROQUIS Mais en plus de cette localisation metropolitaine, cette mondialisation se met aussi en place dans des espaces particuliers. C. Des espaces privilegies 1. Les interfaces – la liberalisation des echanges, qui induit une baisse des droits de douanes affectent les espaces a proximite des frontieres. Ces dernieres deviennent en effet permeables, et des espaces transfrontaliers se forment grace aux complementarite ui se mettent en place. Un exemple : les maquiladoras ou twin- cities entre les EU et le Mexique (cf GT 3). – Les facades littorales, zone d’interface par excellence ont le lieu par excellence de la mondialisation :, d’ou la maritimisation de l’economie et la concentration des populations sur les littoraux. Ces facades littorales sont servies de plus par de puissants hinterlands. Les zones majeures obeissant a ce modele sont la facade atlantique de l’Amerique du nord, le northern range de l’Union Europeenne et la megalopole japonaise.

Mais les atouts geographiques ne sont pas les seuls pour favoriser l’insertion dans le processus de mondialisation. 2. Des regions aux atouts specifiques – Les Etats tentent en effet de mettre en place des dispositifs attractifs pour les entreprises, en particulier les firmes multinationales. Ils installent ainsi : . des zones franches, ie des espaces qui beneficient d’avantages fiscaux . des paradis fiscaux, ie des espaces qui offre un abri financier aux capitaux . des Zones Economiques Speciales (cote chinoise), qui offre une MO qualifiee tres peu chere les anciennes regions industrielles, moteur de la premiere RI, ont opere une reconversion spectaculaire (Ruhr, Manufacturing Belt). De nouvelles regions industrielles se sont crees grace a des conditions de vie (= amenites) attractives : c’est la phenomene de Sun Belt en Baviere, au sud de la France…) Conclusion : Le phenomene de mondialisation est indispensable car il permet l’accroissement de la richesse mondiale. Mais la repartition de cette richesse aboutit a une hierarchisation problematique (cf GT6)