Emile zola

Emile zola

I. NARRATION | | 1. Auteur a) La vie Emile Zola, fils d’un ingenieur italien du nom de Francois Zola et d’Emilie Aubert, est ne le 2 avril 1840 a Paris. Il passe son enfance a Aix-en-Provence mais suite a la mort de son pere, alors qu’il n’a que sept ans, la famille se trouve dans une impasse financiere et part s’installer a Paris. En 1858, il entre au lycee Saint-Louis mais echouera au baccalaureat. En 1860, Zola obtient un poste de chroniqueur litteraire a la Librairie Hachette, ou il sera chef de la publicite durant 4 ans. Tres vite, ce jeune ecrivain va militer pour le realisme et le naturalisme.

Il devient ensuite chroniqueur litteraire a L’Evenement et defend egalement des peintres comme Monet que l’on appellera par la suite des Impressionnistes. Il fait egalement la connaissance de nombreux ecrivains et journalistes et publie ses premiers romans. En 1867, il publie « Therese Raquin » qui fait scandale et donne le coup d’envoi de l’esthetique naturaliste. Zola epouse Alexandrine Meley en 1870 et continue d’ecrire et de publier une serie de romans. C’est avec « L’Assomoir », publie en 1877 que l’ecrivain rencontre le succes.

Grace a cette reussite, Zola part s’installer a Bordeaux avec sa

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femme pour travailler a la delegation du gouvernement provisoire. Il sejournera a Bordeaux durant un an avant de retourner a Paris alors que son roman, « Therese Raquin », est joue pour la premiere fois au theatre en 1873. Tout son succes lui permettra d’acheter une maison a Medan ou il habitera plusieurs mois par an. En 1880, sa mere meurt, alors que Zola entretient une relation extraconjugale avec une jeune lingere engagee par sa femme. Il aura deux enfants avec cette jeune femme, Jeanne Rozerot.

Les dernieres annees d’Emile Zola sont dominees par l’affaire Dreyfus. En effet, suite a la condamnation a la deportation en Guyane du capitaine en 1894, Zola prend partie pour ce dernier et publie le 13 janvier, dans « L’Aurore », une lettre intitulee : « J’accuse » et adressee au president Felix Faure. Le ministre de la guerre intente alors un proces a Zola, ce dernier se retrouve condamne a une amende et a un an de prison. Le 18 juillet, il s’exile a Londres pour fuir cette condamnation. En 1899, Emile Zola rentre en France, suite a la cassation de son proces.

Le 29 septembre 1902, il meurt asphyxie dans un accident mysterieux. Le 5 octobre, une foule immense assiste a son enterrement au cimetiere Montmartre a Paris. Ses cendres seront transferees au Pantheon de Paris le 4 juin 1908. b) Son ? uvre ? L’? uvre d’Emile Zola est magistrale et resulte d’un travail acharne et methodique. Il considerait que l’ecriture etait un ecran entre l’? il et le monde, qui pouvait prendre plusieurs formes dependants de la nature qu’on lui donnait. Zola, lui, s’est dirige vers le realisme, courant litteraire dont il sera le chef de file, et disait vouloir «  coucher l’humanite sur une feuille blanche ».

Il fera donc precede l’ecriture ses romans un travail de documentation sur les domaines qu’il abordera. En effet, Zola voulait, comme le dit Karl Marx, « regarder les hommes dans la vie reelle ». Il considere que tout document humain a bien plus d’importance que n’importe quelle combinaison imaginaire. Selon le romancier, les conditions psychologiques, l’influence des milieux et des circonstances determinent la personne humaine. Ses heros sont souvent des impulsifs ou des natures frustes comme notamment dans « Therese Raquin » ou Laurent tue Camille afin de n’avoir Therese rien que pour lui.

C’est ainsi qu’il a reussi a travers son ? uvre, a faire vivre en relief, une grande variete de personnages et nous a offert une des plus larges fresques sociales de la litterature francaise. ? La grande partie de son ? uvre se nomme : « Les Rougon-Macquart : Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire» ; un ensemble de 20 romans qu’il commence en 1871 avec « La Fortune des Rougon » et termine en 1893 avec « Le Docteur Pascal », ou il suit une famille durant 5 generations en se basant sur les theories du «  Traite de l’heredite naturelle » du Dr. Lucas.

On y retrouve notamment « Therese Raquin »ou bien encore « Germinal » et « L’Assomoire », deux grands succes de l’auteur. 2. Narrateur a) Identite Le narrateur est exterieur a l’histoire. Il s’exprime notamment a la 3e personne. • La vieille dame, apres avoir embrasse son fils et sa belle-fille, se retirait chez elle. (chap. I, p. 36) • Et brusquement Therese et Laurent eclaterent en sanglots. (chap. XXXII, p. 301) b) Point de vue Le narrateur a un point de vue omniscient. Il connait tout des personnages, leur passe, leurs pensees ou encore leurs sentiments les plus profonds.

Il maitrise egalement l’histoire d’un point de vue spatiale. • Sous les baisers de sa niece, elle ressentait cette sensation acre de repugnance et de rage qui l’emplissait matin et soir, lorsque Laurent la prenait dans ses bras pour la lever ou la coucher. (Chap. XXIX, p. 264) • Il n’avait pas mange depuis le matin ; la faim le prit, il entra chez un patissier et se bourra de gateaux. Dans la boutique du passage, une scene dechirante se passait. (chap. XII, p. 117) • Et leurs pensees, ne s’arretant pas, les avaient promenes ensuite dans les angoisses, dans l’attente peureuse qui avait suivi l’assassinat. Chap. XXI, p. 191) • Un jour, seize annees auparavant, lorsque Mme Raquin etait encore merciere, son frere, le capitaine Degans, lui apporta une petite fille dans ses bras. Il arrivait d’Algerie. (Chap. II, p. 39) 3. Narrataire Il interpelle a certains moments le lecteur, mais d’une maniere implicite. • D’ailleurs, n’etait-il pas lie a Therese par un lien de sang et d’horreur ? (chap. XVI, p. 146) 4. Modes de presentation Il y a 65% de relation et 35% de representation. a) Relation 1°) Description Elles sont nombreuses et longues.

Tantot il decrit les lieux, tantot l’aspect physique ou psychologique des protagonistes et meme les situations auxquelles ceux-ci sont confrontes. Il decrit : – les lieux : • Le passage du Pont-Neuf : Au bout de la rue Guenegaud, lorsqu’on vient des quais, on trouve le passage du Pont-Neuf, une sorte de corridor etroit et sombre qui va […. ] (Chap. I, p. 31) • L’atelier de Laurent : Cet atelier etait une sorte de grenier carre, long et large d’environ cinq ou six metres ; le plafond s’inclinait brusquement, en pente raide […] (Chap. XXV, p. 225) – les personnages : Laurent, grand, fort, le visage frais, l’etonnait. Elle contemplait avec une sorte d’admiration son front bas, plante d’une rude chevelure noire, ses joues pleines, […] (chap. V, p. 58) • Leur embarras, leur inquietude croissaient ; ils avaient une mauvaise honte de rester ainsi muets et mornes en face l’un de l’autre. Ils auraient voulu avoir la force de s’etreindre et de se briser, afin de ne point passer a leurs propres yeux pour des imbeciles. (chap. XXI, p. 187) – les actions : • Laurent serra plus fort, donna une secousse. Camille se tourna et vit la figure effrayante de son ami, toute convulsionnee.

Il ne comprit pas ; une epouvante vague le saisit. Il voulut crier, et sentit une main rude qui le serrait a la gorge. […] 2°) Commentaires, analyses, compte rendu de l’action Le narrateur ne porte aucun jugement sur les personnages et leurs actions. Il reste neutre et se contente seulement de decrire avec precision la situation. 3°) Presence du narrateur dans le texte Le narrateur etant exterieur a l’histoire, sa presence est quasiment imperceptible a part a quelques moments ou il interpelle le lecteur implicitement. 4°) Ecriture et style Zola fait des longues descriptions tres detaillees et ssaye de donner au lecteur une vision veridique du monde, sans l’enjolive, meme si cela peut choquer a certains moments. Cet aspect lui vaudra de nombreuses critiques et creera des polemiques. Il adapte son style selon les circonstances pour un soucie de verite. Dans « L’Assommoir », il utilise la langue du peuple et la retravaille. Il a un style en harmonie avec l’atmosphere obscure qui regit dans son ? uvre. Un style rude, compact, clair, abondant et souleve par un souffle d’epopee. b) Representation 1. Les dialogues Ils sont peu nombreux et sont generalement regroupes.

La majorite de ceux-ci sont rapportees : • « – Je n’ai pu me procurer de la glace, repondit sechement Therese. – C’est bien, je ne boirai pas, reprit Laurent. – Cette eau est excellente. – Elle est chaude et a un gout de bourbe. On dirait de l’eau de riviere » (chap. XXVIII, p. 255) Il y en a qui sont transposes : • Laurent declara qu’il faisait chaud dans la chambre, Therese dit que cependant des courants d’air passaient sous la petite porte de l’escalier. (chap. XXI, p. 189) Et d’autre encore sont racontes : • Suzanne, qui etait enceinte, parla tout le temps a Therese de ses douleurs et de ses joies. chap. XXXII, p. 297) 2. Les monologues interieurs Le narrateur ayant un point de vue omniscient, il nous fait parvenir les pensees des personnages de diverses manieres. • rapporte : C’est qu’elle est laide, apres tout, pensait-il. (chap. VI, p. 67) • rapporte : Il se disait : « Ne pensons plus, dormons ; il faut que je me leve a huit heures demain pour aller a mon bureau. » (chap. XVII, p. 151) On ne distingue pas precisement la difference entre les monologues interieurs transposes et les monologues interieurs racontes car le contexte n’est pas assez explicite. Il se dit qu’il ne pouvait avoir tue un homme pour rien [… ] (chap. XVI, p. 146) • Elle s’etait dit qu’elle n’aurait plus peur, qu’elle n’eprouvait plus de telles souffrances, lorsqu’elle tiendrait son amant entre ses bras. (chap. XVIII, p. 159) 3. Les soliloques Les personnages principaux parlent souvent seul lorsqu’ils ont un moment de doute ou de folie. • « …il discutait avec lui-meme s’il devait, ou non, devenir l’amant de Therese. – Voila une petite femme, se disait-il, qui sera ma maitresse quand je le voudrai. » (chap. VI, p. 67) 4. Les monologues Les monologues sont peu nombreux.

Ils se presentent lorsque l’interlocuteur est dans l’incapacite de repondre, une incapacite soit psychologique soit physique. • rapporte : Je suis une miserable, balbutiait-elle, je ne merite pas de grace. Je vous ai trompee, j’ai pousse votre fils a la mort. (chap. XXIX, p. 262) • raconte : En haut, il parla, il supplia lui-meme Therese de se lever, de se laisser conduire au passage du Pont-Neuf. Quand la jeune femme entendit le son de sa voix, elle tressaillit, elle ouvrit ses yeux tout grands et le regarda. Elle etait hebetee, frissonnante. Peniblement, elle se dressa sans repondre. (Chap. XII , p. 120)