Eluard

Eluard

La poesie et l’amour ont toujours ete en relation etroite. « Il n’y a aucun pays de la terre ou l’amour n’ait rendu les amants poetes » disait Voltaire. En fait, de tout temps, les poetes ont chante l’amour avec ses joies et ses peines. Theme poetique eternel, le sentiment amoureux a pourtant subi d’extraordinaires mutations au fil des siecles, si bien que le mot « amour » renvoie aujourd’hui a des realites tres differentes. Toutefois, certaines images de l’amour reviennent comme un leitmotiv, dans la societe comme dans la poesie, et creent un cliche du sentiment.

Poete de l’amour par excellence, Paul Eluard n’echappe pas au stereotype amoureux. Nous verrons comment, dans ses poemes « Je t’ai imaginee » , « Je t’aime » et « La mort l’amour la vie »(1), tires du recueil Derniers poemes d’amour paru en 1962, l’auteur surrealiste donne une image stereotypee de l’amour et, en meme temps de la femme, qui est indissociable du sentiment amoureux. Le poeme « Je t’ai imaginee » se retrouve dans la troisieme partie du recueil portant le titre « Corps memorable » , dans laquelle l’auteur tente de faire revivre par la memoire Nusch, sa compagne bien-aimee decedee brutalement

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
en 1946.

Quant aux deux autres textes, ils sont extraits de la partie suivante du livre, intitulee « Le Phenix » , qui se veut un hymne a l’amour de Dominique qu’Eluard a rencontree apres la mort de sa femme. Le cliche dans ces trois poemes provient d’abord d’une conception de l’amour et de la femme comme elements de purete, de beaute et de grandeur. Par la suite, les pouvoirs infinis qu’Eluard attribue au sentiment amoureux et a son inspiratrice contribuent aussi a nourrir le stereotype.