Ecrit d’invention

Ecrit d’invention

Quand je l’ai aperçu pour la première fois, je me suis d’abord dit qu’il avait tout de ces personnes qu’on croise et qu’on oublie aussitôt. Il avait le dos voûté et des cheveux blancs qui semblaient n’avoir jamais été peignés. De fines rides couraient sur son visage et sur ses mains. Il portait un vieux pantalon en velours et un pull aux couleurs délavées. Je crois bien avoir murmuré « bonjour En réponse, il ma souri. Ce n’était pas un sourire ordinaire, c’était un sourire immense, qui la tout de suite distingué de la foule des inconnus. Une semaine plus tard, une coupure d’eau ma remis sur son hymen.

La fin de la journée approchait et je commençais m’inquiéter. Je ne savais pas quoi faire. Citait mon premier appartement et je dé répondaient pas à m dû en connaître, des Je n’ai frappé qu’une retrouvé ce sourire é p g . Mes parents ne que mon voisin avait ouvert. J’ai alors entrer, d’un geste de la main. Il ma ensuite Indiqué un fauteuil pu?s il a disparu pour revenir, quelques secondes plus tard, avec une cafetière et deux tasses. Swaps toi page « Pas facile, henné, de se passer d’eau

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courante ? » J’ai failli sursauter. Quelle voix ! Quelle vie ! Je m’attendais à une soi chevrotante, aussi usée que ses vêtements.

Je pensais que ses mots allaient boiter et voilà qu’ils sautillaient ! Ses grands yeux bleus me fixaient, attendant une réponse, et son visage restait incroyablement lumineux. J’étais perdu entre ma stupeur et ma curiosité ! J’ai bafouillé quelques mots avant de lui demander si ces coupures étaient fréquentes. « Oh oui. Ça arrive ! Mais rassurez-vous, l’eau courante, c’est comme le moral : ça finit toujours par revenir ! » Il a ponctué sa phrase d’un grand éclat de rire qui résonne encore dans ma mémoire. Qu’est-ce qui pouvait bien le rendre si léger ? Il ma demandé mon âge, et j’ai avoué n’avoir que dix-huit ans.

Il a sifflé, admiratif. « Si jeune… Mais vous avez la vie devant vous ! Et le monde à vos pieds ! – Vous vous souvenez de ce que vous faisiez quand vous aviez mon âge ? Vous tenez vraiment à ce que je vous ennuie avec tout ça ? Vous avez sans doute mieux à faire. » Je l’ai encouragé à continuer. Au fond, je mourais d’envie de savoir ce que cachait ce sourire assis en face de moi. Il ma parlé comme s’il me connaissait depuis toujours. Il ma raconté son adolescence. L’école, a 2 ma parlé comme s’il me connaissait depuis toujours. Il ma raconté son adolescence. L’école, arrêtée trop tôt.

Le travail, commencé très vite. Il a dépeint d’une voix enjouée ces journées ternes et répétitives qui m’auraient fait mourir d’ennui. Il ma aussi décrit les Jeunes femmes qui l’avalent aimé et celles qui ne l’avaient même pas remarqué. Il semblait toutes les remercier. Je buvais ses paroles, oubliant le café qui ne fumait plus depuis longtemps. Je fixais son sourire qui n’en finissait pas et ses yeux bleus qui pétillaient à chaque nouvelle anecdote. Je voyais ses mains ridées danser à mesure que ses souvenirs prenaient chair. Elles jouaient une partition qui m’enchantait.

Les hommes, les femmes, les maisons, les villes : tout un monde que je n’avais pas connu se dressait devant moi ! Tout me semblait incroyablement vivant ! Je n’avais qu’ me baisser pour ramasser ces souvenirs qui me tendaient les bras. J’avais l’impression que son passé était le mien et lui, en me parlant, semblait peu à peu rajeunir. Un drôle de bruit nous a ramenés dans son appartement. Il avait laissé un robinet ouvert, pour guetter le retour de l’eau. En me raccompagnant, il ma glissé d’une voix toujours aussi chantante . « Revenez quand vous pourrez ou quand vous voudrez… Dès 3 d’une voix toujours aussi chantante : « Revenez quand vous pourrez ou quand vous voudrez… » Dès lors, il ma suffi de marcher quelques mètres pour m’évader et partir loin, très loin. Comment faisait-il pour créer un univers si riche avec des mots si simples ? Il n’avait pourtant rien vécu d’extraordinaire, au fond. Il n’avait que le plus banal des quotidiens à partager mais ses phrases le peuplaient de couleurs, d’odeurs et de saveurs. Il parlait comme un roi d’un royaume que détartrés auraient jugé misérable. Un jour, il ma appris que sa femme était morte quelques années plus tôt.

En une poignée de phrases, il lui a redonné vie. Il n’ avait dans sa voix ni amertume ni tristesse. Il était simplement heureux d’avoir pu la connaître et l’aimer. Et quand il me parlait d’elle, quand il me racontait les journées passées à ses côtés, elle se tenait là, devant moi et elle aussi semblait me sourire. Et puis un matin, personne n’est venu m’ouvrir quand j’ai frappé une première fois à la porte. Ces alors que j’ai réalisé, en frappant fébrilement une seconde fois, que je ne savais même pas comment s’appelait cet homme qui m’avait si souvent ouvert les portes de sa mémoire.