Economie maroc

Economie maroc

Maroc Rabat chiffres cles • Superficie en milliers de km? : 447 • Population en milliers (2007) : 31 224 • PIB par habitant, USD a prix constant 2000 (2007) : 1 664 • Esperance de vie (2007) : 71. 2 • Taux d’analphabetisme (2007) : 44. 9 Maroc MAROC ont ete remarquables ces dernieres annees, sous les effets conjugues d’une conjoncture internationale favorable et des efforts d’assainissement du cadre macroeconomique soutenus par une politique de reformes axee sur le renforcement de la competitivite et la diversification.

Le dynamisme des secteurs productifs a stimule fortement les importations, grace a l’accroissement de l’investissement, au demantelement tarifaire, et a la vigueur de la demande interne. La reforme du secteur financier et l’assainissement des finances publiques ont offert de meilleures opportunites de mobilisation de l’epargne financiere depuis 2001, permettant de degager une capacite de financement de 2. 9 pour cent du PIB en moyenne.

ES PERFORMANCES ECONOMIQUES DU L Ayant signe des accords de libre echange avec ses principaux partenaires commerciaux, le Maroc n’a eu d’autres choix que de Moderniser l’administration s’engager sur la voie de la reste incontournable pour modernisation et de la developper l’economie. liberalisation de son economie. En partenariat avec les operateurs prives,

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les autorites ont mis en place une panoplie de reformes et de strategies ciblees, avec comme riorites la mise a niveau et le developpement des infrastructures economiques pour renforcer la performance des secteurs traditionnels de l’economie et dynamiser les nouvelles niches a forte valeur ajoutee, tels les secteurs des technologies de l’information et de communication, de l’automobile et de l’aeronautique. 459 Figure 1 – Taux de croissance du PIB en volume et PIB par habitant (USD a prix constant 2000) I Maroc – PIB par habitant I Afrique du Nord – PIB par habitant I Afrique – PIB par habitant — Maroc – Taux de croissance du PIB (%) — Taux de croissance du PIB en volume 9 8 7 6 1500 5 4 1000 3 2 1 0 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007(e) 2008(p) 2009(p) 2000 PIB par habitant 2500 500 0 Source : Donnees du FMI et des autorites nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les previsions (p). 1 2 http://dx. doi. org/10. 1787/325114136254 © BAfD/OCDE 2008 Perspectives economiques en Afrique Maroc

Cependant, en depit des progres substantiels realises au niveau de la promotion de la croissance et de l’emploi, les efforts de modernisation de l’administration et le renforcement du cadre institutionnel et juridique en faveur de la gouvernance economique doivent etre poursuivis pour consolider les acquis et promouvoir durablement la croissance et le developpement humain. cent, grace a la performance des activites industrielles, du batiment et des travaux publics (BTP) et des telecommunications.

Beneficiant d’une conjoncture favorable caracterisee au plan national par une bonne campagne agricole et au niveau international par une demande mondiale soutenue, le secteur primaire avait enregistre une croissance record en 2006, de 21 pour cent. Grace a la bonne pluviometrie, la production cerealiere avait atteint 92 millions de quintaux, soit une hausse de 114. 6 pour cent par rapport a la campagne precedente. Au terme de la campagne 2007, la production cerealiere a connu une baisse drastique pour se situer autour de 20 millions de quintaux.

Une reprise est cependant attendue en 2008, les projections tablant sur une recolte moyenne de 60 millions de quintaux et une croissance de 12. 8 pour cent de la valeur ajoutee agricole. L’accroissement de la production des autres cultures, notamment les cultures industrielles, maraicheres ou fruitieres, a permis d’attenuer les effets induits par les contre-performances cerealieres. En 2007 et par rapport a la campagne precedente, la production des primeurs a connu une hausse de 11. 4 pour cent due en grande partie a un accroissement de 11 pour cent de la recolte des tomates et de 13. pour cent de celle des legumes varies; la production de pommes de terre n’a enregistre qu’une legere augmentation de 2 pour cent; la production des agrumes a, de son cote, progresse de 6. 2 pour cent, et la recolte d’olives de 7 pour cent. Developpements economiques recents Initialement prevue a 3. 1 pour cent, la croissance economique en 2007 s’affiche a 2. 2 pour cent, accusant le contrecoup de la contraction de pres de 18 pour cent de la production du secteur agricole. En 2006, la croissance avait atteint 8 pour cent, beneficiant de la performance exceptionnelle du secteur primaire.

Ces deux exercices confirment que l’economie du pays est encore dependante des aleas climatiques. Les previsions 2008 annoncent une croissance reelle du PIB de 6 pour cent, dans l’hypothese d’une campagne agricole moyenne. L’economie marocaine continue de se diversifier avec la montee en puissance de la contribution des secteurs secondaire et tertiaire au PIB. Les activites non agricoles ont affiche en 2007 un taux de croissance de 5. 6 pour cent, contre 5. 9 pour cent en 2006 et 5 pour cent en 2005. Cette tendance devrait se maintenir en 2008 avec un taux de croissance prevu de 6. pour 460 Figure 2 – Ventilation sectorielle du PIB en 2006 (en pourcentage) Agriculture, sylviculture et peche 15. 7% 2% Autres services 41. 7% Mines 16. 5% Industries manufacturieres 3. 1% 6. 2% Energie 14. 8% Commerce, hotels et restaurants BTP Source : Estimations des auteurs, sur la base des donnees de la direction de la Statistique. 1 2 http://dx. doi. org/10. 1787/326134624748 Perspectives economiques en Afrique © BAfD/OCDE 2008 Maroc Les ventes a l’etranger des produits agricoles nationaux ont affiche une hausse de 3. 5 pour cent en 2007, contre 8. 9 pour cent en 2006.

Cette progression n’a cependant pas concerne tous les produits phares du Maroc. Les exportations d’agrumes semblent etre en difficulte sur leurs marches traditionnels, accusant une baisse de 18. 2 pour cent en 2007 et de 5. 4 pour cent par rapport a 2006. Le sous secteur de l’elevage a beneficie des effets positifs induits par la campagne agricole precedente et de la mise en ? uvre des programmes de protection du cheptel. La production halieutique devrait, egalement, poursuivre sa hausse en 2008, tirant profit des actions engagees dans le cadre du programme national d’amenagement du littoral et de la modernisation de la peche cotiere.

Le secteur a egalement beneficie de la mise a niveau des industries de transformation des produits de la mer et de l’extension du reseau de distribution et de commercialisation des produits de la peche. Ainsi les exportations en valeur des crustaces, mollusques et coquillages ont-elles augmente de 5. 9 pour cent en 2007, compensant, en partie, le repli de la valeur des exportations du poisson en conserve et de celles du poisson frais, respectivement de 6. 4 pour cent et 2. 7 pour cent. Cette tendance a permis de limiter le repli de la valeur ajoutee du secteur primaire a – 16. 4 pour cent (estimations).

En depit de la contre performance du secteur primaire, le Maroc a connu une croissance positive en 2007, grace au dynamisme des secteurs secondaire et tertiaire. Soutenue par une demande interieure forte impulsee notamment par les accords de libre-echange et les mesures de sauvegarde de l’Union europeenne (UE) a l’encontre des exportations chinoises, la croissance du secteur industriel s’est acceleree, au taux de 5. 5 pour cent en 2007 contre 3. 9 pour cent en 2006. En 2007, les indices de la production industrielle, miniere et energetique ont affiche des hausses respectives de 5 pour cent, 8. 9 pour cent et 3. pour cent en glissement annuel. La production des industries du textile et du cuir a augmente respectivement de 13. 1 pour cent et 6. 8 pour cent a la fin du second © BAfD/OCDE 2008 trimestre 2007. Cette tendance se retrouve dans les industries du bois (+ 15. 4 pour cent), de l’automobile (+ 13. 4 pour cent) et des machines et appareils electriques (+ 6. 9 pour cent). Concernant l’automobile, la signature, en janvier 2008, d’un accord cadre entre Renault-Nissan et le gouvernement marocain pour la realisation a Tanger d’une usine representant un investissement de 600 millions d’euros, devrait impulser la croissance du secteur.

Le complexe industriel de Renault-Nissan aura une capacite de production annuelle de 200 000 vehicules a l’horizon 2010. L’indice de production des produits du travail des metaux etait en hausse de 15. 5 pour cent au second trimestre 2007. En revanche, l’indice de production des industries alimentaires a stagne (+ 0. 3 pour cent), refletant le deficit pluviometrique qu’a connu le pays en 2007. Les previsions 2008 pour le secteur secondaire tablent sur une croissance de 5. 7 pour cent, grace aux performances affichees par la quasi-totalite des branches.

Le secteur du BTP a connu une forte expansion au cours des deux dernieres annees, respectivement de 8. 6 et 8. 7 pour cent en 2006 et en 2007, profitant du lancement de programmes d’infrastructures de grande envergure (construction de logements, d’autoroutes, de ports, de zones industrielles et touristiques) inities par les pouvoirs publics. La hausse des activites du secteur a ete de 6. 5 pour cent en 2007, contre 6. 3 pour cent en 2006. Cette evolution s’est traduite, en 2007, par une hausse de 18. 5 pour cent des ventes de ciment et une augmentation de 34. 2 pour cent des concours bancaires octroyes au secteur.

S’agissant du secteur minier, la conjoncture internationale est restee favorable, notamment pour les phosphates, principal produit d’exportation du pays. L’indice de la production miniere a affiche un taux de croissance de 8. 9 pour cent au deuxieme trimestre 2007, contre 1. 4 pour cent a la meme periode en 2006. Cette performance est le resultat d’une hausse de 11. 4 pour cent de la production de minerais metalliferes et de la croissance de 3. 1 pour cent de la production de phosphates. Le secteur energetique continue de profiter du dynamisme de la production electrique (+ 8. pour cent en mai 2007) en raison de la vigueur de la demande des entreprises et des menages, et a la Perspectives economiques en Afrique 461 Maroc hausse de l’activite du raffinage du petrole (+ 1. 3 pour cent en mai 2007). L’indice de production energetique a progresse de 4 pour cent a la fin du premier semestre 2007, apres un repli de 1. 1 pour cent en 2006. La bonne sante du secteur secondaire a eu en 2007 des retombees positives sur les activites tertiaires, dont le taux de croissance est passe a 5. 7 pour cent, contre 5. 5 pour cent en 2006.

Dopee par le tourisme, les telecommunications et les services financiers, la valeur ajoutee du secteur tertiaire devrait connaitre une hausse de 6. 2 pour cent en 2008. Le Maroc a accueilli pres de 6. 3 millions de touristes de janvier a la fin octobre 2007, soit une progression de 14 pour cent par rapport a la meme periode de l’annee precedente. La France reste en tete des pays emetteurs avec 2. 44 millions de visiteurs, suivie de l’Espagne (1. 34 million), de la Belgique (370 000) et du Royaume Uni (358 000). La hausse du nombre de visiteurs se traduisait fin octobre 2007 par une augmentation des recettes touristiques de 49. milliards de dirhams (MAD), contre 43 milliards de janvier a octobre 2006, soit un accroissement de ces recettes de 13 pour cent. Elle a egalement beneficie aux hotels classes qui ont enregistre une augmentation de 4 pour cent du nombre de nuitees, correspondant a un chiffre d’affaires de 14. 6 millions MAD, et portant le taux d’occupation a 50 pour cent sur la moyenne des dix premiers mois de l’annee 2007. Les taux les plus eleves ont ete enregistres a Marrakech et a Agadir, avec respectivement 68 pour cent et 67 pour cent du taux d’occupation.

Les transports et les telecommunications poursuivent leur performance, tirant profit respectivement du dynamisme du transport aerien et de la vitalite du marche de la telephonie mobile et de l’Internet. Soutenus par l’expansion du secteur touristique, les transports ont genere, au terme des sept premiers mois de 2007, des recettes de voyages d’environ 31. 4 milliards MAD, en augmentation de 10. 6 pour cent par rapport a la meme periode de 2006. En relation avec l’ouverture du ciel marocain, le transport aeroportuaire a enregistre une bonne performance refletee par un accroissement de 19 pour cent du nombre de passagers internationaux

Perspectives economiques en Afrique ayant transite par les aeroports du pays, sur la periode juin 2006 – juin 2007. Les activites des telecommunications ont egalement maintenu leur tendance a la hausse. Au premier semestre 2007, le parc total des abonnes a la telephonie mobile a progresse de 33. 2 pour cent par rapport a la meme periode de 2006, pour s’etablir a 17. 6 millions d’usagers. L’Internet a connu une forte progression avec un nombre d’abonnes de 480 000 environ, en augmentation de 39. 5 pour cent par rapport a 2006, hausse resultant en grande partie des performances realisees par l’abonnement de type ADSL.

Par ailleurs, apres un net repli observe en 2006, la telephonie fixe a progresse de 89 pour cent en 2007 pour s’etablir fin decembre a 2 393 767 abonnes, suite essentiellement a l’introduction de la telephonie fixe avec mobilite restreinte. En tenant compte de l’arrivee de Wana, le nouvel operateur de telephonie, les perspectives pour 2008 s’annoncent prometteuses. Le secteur commercial a, quant a lui, realise en 2006 une valeur ajoutee de 63 milliards MAD, soit une contribution de 11 pour cent au PIB. Il emploie plus de 1. million de personnes, reparties sur 850 points de vente et dont 40 pour cent travaillent de maniere non organisee ou periodique, particulierement en milieu rural. Les activites commerciales devraient etre stimulees par le lancement, en 2007, du Plan Rawaj vision 2020, dont l’objectif est de restructurer les circuits des produits frais a travers l’elaboration d’un schema directeur pour la redistribution geographique des marches de gros de legumes, de fruits et de poisson, ainsi que des abattoirs. Apres avoir ete soutenue, en 2006, par la performance du secteur primaire, la demande interne s’est legerement ralentie en 2007.

Elle a neanmoins enregistre un taux de croissance positif de 5. 5 pour cent, et elle devrait croitre a 8. 6 pour cent en 2008 avec la reprise de l’activite du secteur primaire et l’amelioration des revenus de menages ruraux. Les credits a la consommation ont augmente de 26. 3 pour cent sur les huit premiers mois de l’annee 2007, alors que les credits a l’immobilier progressaient de 24 pour cent. Quant a l’investissement global, il a augmente, en 2007, de 8. 1 pour cent, portant le taux d’investissement a 34. 2 pour cent du PIB, contre © BAfD/OCDE 2008 462 Maroc Tableau 1 – Composantes de la demande

En pourcentage du PIB (a prix courants) 1999 Formation brute de capital Publique Privee Consommation finale Publique Privee Solde exterieur Exportations Importations Taux de croissance du PIB, en volume 24. 8 3. 1 21. 7 78. 5 18. 0 60. 6 -3. 3 26. 2 -29. 6 2006 31. 6 5. 5 26. 1 73. 8 18. 3 55. 5 -5. 4 33. 0 -38. 4 Pourcentages de variation, en volume 2007(e) 8. 1 11. 0 7. 5 -0. 1 4. 6 -1. 4 2008(p) 7. 4 9. 0 7. 0 5. 5 4. 4 5. 8 2009(p) 7. 2 8. 0 7. 0 6. 1 3. 4 6. 9 Contributions aux variations du PIB, en volume 2007(e) 2. 4 0. 6 1. 8 -0. 1 0. 7 -0. 8 -0. 2 1. 0 -1. 1 2008(p) 2. 3 0. 5 1. 3. 8 0. 7 3. 1 -0. 1 1. 7 -1. 8 2009(p) 2. 3 0. 5 1. 8 4. 2 0. 5 3. 7 -0. 4 2. 1 -2. 5 2. 9 3. 3 5. 0 5. 2 6. 3 7. 4 2. 2 6. 0 6. 1 Source : Donnees du ministere de l’Economie et des Finances ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et projections (p). 1 2 http://dx. doi. org/10. 1787/330016448044 31. 6 pour cent en 2006. L’accroissement du taux d’investissement, qui devrait se poursuivre en 2008 a hauteur de 7. 4 pour cent, resulte essentiellement de la mise en ? uvre de programmes d’envergure visant a accelerer les travaux d’infrastructures et d’amenagement des zones touristiques.

Politique macro-economique Politique budgetaire Le Maroc s’est engage dans une politique de consolidation budgetaire a la suite des plans d’ajustements structurels entrepris dans les annees 1980 et 1990. Depuis, la bonne tenue de l’economie marocaine a permis de poursuivre cette tendance vertueuse de mobilisation des recettes et de maitrise des depenses. Apres avoir atteint 5. 6 pour cent du PIB en 2005, le deficit global a ete ramene a 2. 2 pour cent du PIB en 2006 et a 3. 3 pour cent en 2007. Selon les previsions, le deficit budgetaire devrait se situer a hauteur de 3. 8 pour cent en 2008.

L’amelioration de la situation des finances publiques resulte de la volonte des autorites de faire de la politique budgetaire un axe strategique prioritaire pour atteindre leurs objectifs de © BAfD/OCDE 2008 developpement economique et social. L’accent est mis sur la transparence, la modernisation du systeme fiscal et la maitrise des depenses. La simplification du systeme fiscal, le renforcement de l’administration fiscale et l’elargissement de l’assiette de l’impot ont conduit a un accroissement des recettes fiscales de 12. 8 et 9. 5 pour cent respectivement en 2006 et 2007.

Cette performance decoule de la croissance soutenue du rendement de la taxe sur la valeur ajoutee, de l’impot sur les societes et des droits d’enregistrement et de timbre. Les recettes non fiscales se sont, en revanche, contractees de 10. 2 pour cent sur les sept premiers mois de l’annee 2007 par rapport a la meme periode en 2006. Elles ont subi le contrecoup du repli des recettes de privatisation (- 15. 6 pour cent) et des autres recettes non fiscales (- 6. 4 pour cent). Les depenses ordinaires (y compris le fonds de soutien des prix), qui ont represente 23. et 24. 2 pour cent du PIB en 2006 et 2007, ont atteint respectivement 124. 2 milliards et 132. 1 milliards de dirhams, soit une progression de 6. 4 pour cent. Une tendance qui traduit la pression des depenses de biens et services (+ 10. 3 pour cent), des depenses de personnel (+ 6. 4 pour cent) et des depenses de materiel (+ 16. 8 pour cent). En revanche, les depenses de compensation ont accuse une baisse de 12. 4 pour cent pour se chiffrer a Perspectives economiques en Afrique 463 Maroc Tableau 2 – Operations financieres de l’Etat (en pourcentage du PIB) 999 Recettes totales (avec dons)a Recettes fiscales Dons Depenses totales (et prets nets)a Depenses courantes Sans les interets Salaires Paiement d’interets Depenses en capital Solde primaire Solde global 26. 0 24. 3 0. 0 35. 6 31. 3 26. 8 10. 5 4. 5 4. 6 -5. 0 -9. 5 2004 22. 7 20. 2 0. 3 27. 0 22. 8 19. 3 11. 3 3. 5 4. 3 -0. 8 -4. 3 2005 24. 3 21. 9 0. 5 29. 9 26. 1 22. 8 11. 9 3. 3 3. 8 -2. 3 -5. 6 2006 25. 6 22. 3 0. 4 27. 8 23. 6 20. 4 11. 0 3. 2 4. 2 1. 1 -2. 2 2007(e) 25. 5 22. 2 0. 4 28. 8 24. 2 21. 0 11. 2 3. 2 4. 7 -0. 2 -3. 4 2008(p) 25. 3 22. 1 0. 3 29. 0 24. 1 21. 0 11. 0 3. 2 4. 9 -0. 6 -3. 8 2009(p) 25. 1 22. 0. 3 28. 6 23. 6 20. 7 10. 9 2. 9 5. 0 -0. 6 -3. 5 a. Seuls les principaux postes de recettes et de depenses sont detailles. Source : Donnees du ministere de l’Economie et des Finances ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les previsions (p). 1 2 http://dx. doi. org/10. 1787/331254318246 464 7. 3 milliards MAD. Enfin, les depenses d’investissement ont augmente de 11 pour cent en 2007 par rapport a 2006, pour atteindre 16. 2 milliards MAD, refletant ainsi la volonte de l’Etat de poursuivre son soutien aux activites economiques en faveur des grands projets structurants orientes vers la lutte contre la pauvrete.

Les previsions 2008 integrent la pression des prix des matieres premieres sur le marche international. Les prix des produits energetiques importes, dont le pays depend pour pres de 96 pour cent de ses besoins, vont notamment continuer a peser lourdement sur les finances publiques. Les charges de compensation, a elles seules, monopoliseront 14. 4 milliards MAD, dont 8. 7 milliards pour les seuls produits petroliers. Par ailleurs, la charge des interets de la dette publique s’est elevee en 2007 a 19. 5 milliards MAD, soit une hausse de 3. 1 pour cent par rapport a 2006.

En pourcentage du PIB, les interets de la dette representent 3. 2 pour cent, resultant de l’accroissement des interets de la dette interieure de 3. 7 pour cent, en raison du gonflement de l’encours attribuable a la situation de surliquidite du marche des capitaux. A moyen terme, le taux d’endettement pourrait se situer a 57 pour cent du PIB, et la dette publique devrait rester soutenable. Politique monetaire L’inflation, qui avait cru de 3. 3 pour cent en 2006 sous l’effet conjugue d’une demande interieure Perspectives economiques en Afrique igoureuse et d’une forte croissance de la masse monetaire, devrait subir de front les turbulences des prix du petrole et des autres matieres premieres importees en 2007 et 2008. Mais les estimations d’une inflation plus faible en 2007, a hauteur de 2. 5 pour cent, refletent la contraction de la production agricole et donc le ralentissement de la progression de la demande interieure. La tendance devrait se poursuivre en 2008, avec un niveau d’inflation prevu a 2. 6 pour cent. La masse monetaire s’est accrue, pendant le premier semestre 2007, de 10. 1 pour cent, contre 7. 5 pour cent par rapport a la meme periode de l’annee precedente.

Cette evolution est liee essentiellement au comportement des concours a l’economie qui ont enregistre une progression, par rapport a decembre 2006, de 15. 1 pour cent, suite au gonflement des differentes categories de credit dont notamment ceux destines a la consommation (+ 23. 5 pour cent), a l’immobilier (+ 20. 3 pour cent), aux facilites de tresorerie (+ 17. 7 pour cent) et a l’equipement (+ 11. 7 pour cent). Le taux de change du dirham demeure toujours indexe a un panier de devises, domine par l’euro qui s’echangeait a 11. 135 dirhams (MAD) en 2007 contre 11. 01 en 2006.

En revanche, le dollar s’est deprecie face au dirham pour s’echanger a 8,34 dirhams en 2007 contre 8. 765 en 2006. © BAfD/OCDE 2008 Maroc Position exterieure En depit des opportunites d’integration economique offertes par la creation de l’Union du Maghreb arabe (UMA), les echanges commerciaux intermaghrebins demeurent faibles comparativement a ceux effectues avec l’Union europeenne. En 2007, sur 137 milliards USD d’echanges commerciaux, seulement 2 pour cent concernaient les pays de l’UMA, contre 66 pour cent avec l’UE. L’Accord d’Agadir, signe en 2005 avec la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie pour eliminer les barrieres arifaires et non tarifaires sur le commerce, est entre en vigueur en 2006 mais n’a pas eu d’effets significatifs. La modestie des flux commerciaux du Maroc avec ses voisins du sud de la mediterranee temoigne de la persistance des obstacles a la liberalisation des echanges. Par contre, l’accord avec l’UE, entre en vigueur en janvier 2006, ainsi que les accords bilateraux avec la Turquie et les Etats-Unis, devraient accroitre les echanges avec ces partenaires compte tenu de la volonte du Maroc de faire evoluer ses relations avec la zone europeenne our credibiliser la liberalisation de son Tableau 3 – Comptes courants (en pourcentage du PIB) 1999 Balance commerciale Exportations de biens (f. o. b. ) Importations de biens (f. o. b. ) Services Revenus des facteurs Transferts courants Solde des compte courants -6. 2 18. 9 25. 0 2. 8 -2. 5 5. 4 -0. 4 2004 -11. 5 17. 5 29. 0 5. 8 -1. 2 8. 6 1. 7 2005 -13. 4 18. 9 32. 4 7. 2 -0. 5 9. 1 2. 4 2006 -13. 8 19. 3 33. 1 8. 2 -0. 6 9. 6 3. 4 2007(e) -14. 2 19. 4 33. 6 8. 2 -0. 8 9. 7 2. 8 2008(p) -15. 8 19. 5 35. 3 8. 3 -1. 0 9. 2 0. 7 2009(p) -16. 4 18. 8 35. 1 8. 5 -0. 8. 9 0. 1 Source : Donnees du ministere de l’Economie et des Finances ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les previsions (p). 1 2 http://dx. doi. org/10. 1787/332343084053 465 Figure 3 – Part de l’encours de la dette exterieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage) I Dette/PIB 45 40 35 30 25 20 15 10 5 0 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 — — Service/Exportations — Source : FMI. 1 2 http://dx. doi. org/10. 1787/327688087803 © BAfD/OCDE 2008 Perspectives economiques en Afrique Maroc economie.

Cet engagement constitue un levier important permettant de repositionner le pays dans son espace sud-mediterraneen. L’objectif est de faire emerger le Maroc en tant que plateforme d’exportation et de destination privilegiee de l’investissement direct etranger dans la region. Stimulees par la demande interieure des menages et des entreprises, les importations marocaines ont augmente de 14. 9 pour cent pendant les huit premiers mois de 2007 par rapport a la meme periode de l’annee precedente. Cette hausse est attribuee a la croissance exceptionnelle des importations de produits alimentaires (+ 45. pour cent) en raison des consequences de la faible pluviometrie sur l’agriculture nationale, ainsi qu’au gonflement des achats de produits bruts (+ 16. 8 pour cent), de demi-produits (+ 16. 3 pour cent), de produits de consommation (+ 14. 7 pour cent) et de produits finis d’equipement (+ 12. 7 pour cent). Les exportations n’ont connu qu’une hausse moderee pendant la meme periode, en augmentant de 4. 5 pour cent par rapport a 2006. Les exportations ont beneficie de l’accroissement de la production des articles de bonneterie (+ 11. 9 pour cent), des crustaces, mollusques et coquillages (+ 7. 5 pour cent), des tomates fraiches (+ 54. pour cent) et des fils et cables electriques (+ 4. 5 pour cent). Les exportations des phosphates et produits derives ont poursuivi leur evolution, augmentant de 13. 3 pour cent sur les huit premiers mois de l’annee 2007 par rapport a la meme periode 2006. L’accroissement plus important des importations par rapport aux exportations s’est traduit par un repli du taux de couverture, qui s’est etabli a 48 pour cent fin aout 2007, en baisse de 4. 8 points par rapport a l’annee precedente. Le solde courant exterieur risquait donc de se degrader pour passer, selon les estimations, de 3. 4 pour cent du PIB en 2006 a 2. pour cent en 2007. d’une croissance soutenue susceptible de resorber les deficits economiques et sociaux. Les reformes se sont poursuivies en 2007, avec de nombreux chantiers ouverts notamment dans l’administration publique, l’agriculture, l’environnement, le secteur prive, le secteur financier, les ressources humaines et les secteurs sociaux. Au niveau des reformes de l’administration publique, le Maroc a enregistre des avancees majeures grace aux efforts engages pour renforcer le developpement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC). Le Contrat Progres 2006-2012, relatif a la mise en ? vre d’une vision strategique pour le developpement des TIC, vise a porter le chiffre d’affaires du secteur a pres de 60 milliards MAD en 2012 et a creer plus de 33 000 emplois. Cette vision tente d’integrer les TIC au sein de quelques 50 000 entreprises pour ameliorer leur competitivite, et d’atteindre 1. 8 million d’abonnes a l’Internet d’ici 2012. Le developpement de l’administration electronique et la mise en ligne de services et de procedures administratives, realise a travers le « projet e-Gov », a permis de mettre en ligne 42. 5 pour cent de l’ensemble des services. Le gouvernement a poursuivi la mise en ? vre du programme d’appui a la modernisation des secteurs publics (Parap), soutenu par la Banque africaine de developpement (BAfD), la Banque mondiale et l’Union europeenne ; ce programme met l’accent sur la gestion des ressources humaines, la maitrise de la masse salariale, la gestion integree des depenses et la promotion de l’administration en ligne. Au niveau de la consolidation du processus de deconcentration et de decentralisation, des mesures ont ete prises a travers la mise en ? uvre de la « Charte communale » adoptee en 2002. Celle-ci etend l’autonomie financiere et la sphere des prerogatives des communes.

La Charte elargit egalement le role des communes en matiere de creation de richesses et d’emplois locaux. En 2002, les regles d’organisation des ministeres et de transfert des responsabilites aux services deconcentres a travers l’etablissement de contrats pluriannuels ont ete fixees par decret. © BAfD/OCDE 2008 466 Questions structurelles Developpements recents Les autorites marocaines se sont engagees dans un vaste programme de reformes pour instaurer les bases Perspectives economiques en Afrique Maroc La rationalisation de la gestion des entreprises publiques se poursuit a travers la mise en ? vre de plans d’action centres sur les restructurations institutionnelles des secteurs strategiques tels que les transports, les telecommunications, l’habitat, le social, l’energie et l’eau. En partenariat avec le secteur prive, les autorites ont mis en place une strategie visant a redynamiser ces secteurs. En outre, le « plan Emergence », adopte en 2006, vise a positionner le Maroc sur le marche mondial des teleservices et a encourager les delocalisations et la sous-traitance des services relevant des nouveaux metiers (developpement de logiciels, centres d’appels et services clientele, traitement des donnees, numerisation des bibliotheques).

Instrument de promotion du secteur prive, le plan est centre sur deux axes essentiels : le soutien aux telecommunications et a l’Internet d’une part, et la promotion des competences et des ressources humaines. En privilegiant les secteurs identifies comme les « metiers mondiaux du Maroc » (textile, agroalimentaire, peche), le plan vise une croissance supplementaire de 16 pour cent du PIB et la creation de 440 000 emplois directs et indirects Le secteur agricole constitue une priorite pour le gouvernement, etant donne son poids dans l’economie nationale et ses enormes potentialites : 12. pour cent au PIB, 40 pour cent de la population active et 10. 5 pour cent du revenu des exportations en 2007. Les autorites ont elabore en 2006 un programme de soutien de la competitivite des filieres agricoles et de renforcement de la politique de l’irrigation. Des mesures d’accompagnement ont ete prises avec l’octroi d’une subvention de 80 pour cent du prix des plants et une baisse de 11 pour cent des taux d’interet appliques aux credits d’equipement. La productivite du secteur agricole est soutenue par la politique de reconversion de la cerealiculture et la mise en ? vre du contrat programme conclu entre l’Etat et le Credit agricole du Maroc pour creer un cadre de financement specifique des exploitations non eligibles aux financements bancaires. Un fonds d’investissement, baptise Olea Capital, dote d’une enveloppe de 500 millions MAD, a ete cree en 2006 pour financer les grands projets de production industrielle d’huile d’olive. Initie par le Credit agricole, © BAfD/OCDE 2008 en partenariat avec la Societe generale (France), ce fonds a permis, en 2007, de financer dans la region de Beni Mellal une oliveraie de 1 600 hectares.

Quant a la peche maritime, les pouvoirs publics ont mis en place une strategie d’accompagnement du secteur qui devrait generer, a l’horizon 2012, une hausse de la valeur ajoutee des exportations de 1 a 2 milliards MAD et la creation de quelques 65 000 emplois. Frappe de plein fouet par les effets du rechauffement climatique, le Maroc adhere a toutes les conventions internationales de protection de l’environnement. En raison de l’irregularite des pluies et de l’aridite, l’alimentation en eau constitue une contrainte majeure pour l’agriculture et la satisfaction des besoins de la population en eau potable.

Les autorites ont mis en place une politique de l’eau pour une gestion durable des ressources hydriques et l’acces a l’eau potable des populations. Un plan d’action 2006 – 2008 a ete elabore en 2005 pour accroitre les performances du secteur de l’irrigation. Des programmes contractuels ont ete elabores, en 2006, par les agences de bassins hydrauliques en partenariat avec l’Etat, pour assurer l’assainissement et le traitement des eaux usees, la rationalisation de l’usage de l’eau, la protection contre les inondations et la preservation des nappes phreatiques.

Dans le cadre de la generalisation et de la securisation de l’approvisionnement en eau potable, le programme strategique 2003 – 2007 avait permis de generaliser fin 2006 l’alimentation en eau potable en milieu urbain. En milieu rural, grace a la mise en ? uvre du Programme d’approvisionnement groupe en eau potable des populations rurales (Pager), ce taux atteignait 90 pour cent. En 2007, avec pour objectif d’alimenter 31 000 localites rurales et de leurs 11 millions d’habitants, le Pager a permis de rehausser le taux d’acces a l’eau potable en milieu rural et cree plus de 500 000 journees de travail.

Parallelement, un important programme national d’assainissement et d’epuration des eaux usees a ete lance en 2005. Il concerne 259 centres urbains et vise la resorption du retard en assainissement liquide, la restauration de la qualite des eaux et un rabattement de 60 pour cent de la pollution a l’horizon 2010 ; le taux de raccordement au reseau d’assainissement devrait etre porte a 80 pour cent a l’horizon 2015. Perspectives economiques en Afrique 467 Maroc

Pour soutenir le developpement du secteur prive, les autorites ont privilegie la modernisation du cadre juridique des affaires et l’assainissement de la situation fiscale des entreprises. Les actions ont egalement cible la clarification du cadre institutionnel regissant les rapports entre l’Etat et la petite et moyenne entreprise (PME). Le lancement en 2007 d’un portail internet des marches publics constitue un autre pas important vers le renforcement de la transparence et de la concurrence.

Les PME, en tant que vecteurs d’une croissance durable generatrice d’emplois, constituent l’axe central de la strategie des autorites. Des structures d’accueil et des incitations financieres ont ete mises en place pour accelerer la restructuration et l’adaptation des PME aux nouvelles donnes du marche. La « Charte de la PME », instituee par la loi 53-00 et publiee en juillet 2002, constitue le cadre de reference de l’action menee en partenariat avec les acteurs prives pour apporter l’appui necessaire aux PME en matiere de financement des infrastructures d’implantation et d’incitations fiscales a l’investissement.

Parallelement, les autorites ont soutenu le developpement de nouveaux metiers consideres comme moteurs de croissance. Il s’agit notamment de l’attirer les delocalisations des services de sous-traitance dans l’automobile, l’aeronautique et l’electronique. Des zones specifiques dotees d’infrastructures d’accueil et de telecommunications de pointe, avec un dispositif incitatif attrayant, ont ete mises en place pour attirer les investisseurs etrangers et faire du Maroc une reference dans la delocalisation des services. Le lancement de Casashore et Rabat Technopolis ont coute 3. milliards MAD. L’assainissement du secteur financier s’est poursuivi en 2006 par la mise en vigueur des nouveaux statuts de Bank Al-Maghrib et la nouvelle loi bancaire. Les decrets d’application de ces deux nouveaux textes ont ete promulgues en juillet 2007. Les organismes comme la Caisse de depot et de gestion, la Caisse centrale de garantie, la Poste ou les associations de micro-credit, sont desormais soumis aux dispositions de la loi bancaire ainsi qu’aux regles prudentielles et comptables. Le dispositif prudentiel Bale II a ete egalement mis en

Perspectives economiques en Afrique place, en 2006. Par ailleurs, la nouvelle Centrale des risques, sous gestion privee, devrait etre operationnelle, en 2008. Ces avancees ont ete accompagnees par la diversification des instruments de financement dont le cadre legal a ete soumis au parlement, en juillet 2007. En outre, la promulgation, en mai 2007, d’amendements du dahir (decret royal) portant sur la Bourse des valeurs de Casablanca, devrait faciliter l’acces des entreprises cotees aux places financieres etrangeres pour lever des capitaux.

En conformite avec la convention des Nations unies concernant la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la lutte contre la criminalite transnationale organisee, une loi anti-blanchiment a ete adoptee en avril 2007. Les textes d’application de cette loi prevoient la mise en place d’une Unite de traitement du renseignement financier. Le Maroc s’est engage a etendre ses infrastructures economiques afin de profiter de son avantage geographique et se positionner, au niveau international, comme une plateforme de production et d’echange.

Les autorites soutiennent ainsi sans relache la mise a niveau et le developpement du secteur des transports. L’accent est mis sur la realisation de projets d’envergure comme le train a grande vitesse et le reamenagement des ports et des aeroports en faveur des secteurs du tourisme et de l’industrie. C’est dans ce cadre que le complexe portuaire « Tanger-Med » a ete lance et son premier terminal a conteneurs mis en service, en 2007. Le reseau autoroutier, qui s’etalera sur 1 500 km d’ici 2010, se developpe a une cadence de 160 km par an.

La rocade Tanger-Saidia, d’un cout global de 6 milliards MAD, devrait etre mise en service courant 2008, et permettre le desenclavement de la region nord-est. Au plan energetique, le Maroc vise a moderniser l’outil de raffinage et a developper les capacites de production et de transports de l’energie electrique. Le gouvernement a ainsi developpe une strategie autour de quatre axes : i) la securite de l’approvisionnement ; ii) la diversification des sources d’energie ; iii) la generalisation de l’acces a l’energie pour tous ; et iv) la promotion de l’efficacite energetique par la maitrise de BAfD/OCDE 2008 468 Maroc la demande d’energie. Avec l’appui des partenaires au developpement dont la BAfD, le Maroc a engage un vaste programme de production (avec le projet d’une deuxieme raffinerie realisee a l’horizon 2012) et d’extension des reseaux de transport de l’energie electrique : acceleration de l’execution des projets en cours dont notamment les parcs eoliens d’Essaouira (60 MW), de Tanger (140 MW) et de Tarfaya (200 MW), ainsi que la centrale thermo-solaire de Ain Beni Mathar (450 MW).

Developpement des competences techniques et professionnelles La formation professionnelle au Maroc est clairement distinguee de l’education nationale. Elle dispose d’un ministere propre et d’une structure publique en charge de son pilotage et de prestations de formation : l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT). L’office est dote de l’autonomie financiere. Il est l’operateur pivot de la formation professionnelle initiale et continue puisqu’il a recueilli en 2007 pres de 70 pour cent de la taxe pour la formation professionnelle (TFP).

L’OFPPT assure pres de 50 pour cent des formations initiales. Les faiblesses et l’inadaptation du systeme educatif marocain ont ete relevees des les annees 1980 avec le nombre croissant de chomeurs, estime en 2007 a 9. 9 pour cent de la population active. La persistance du chomage a amene les autorites a inscrire la promotion de l’emploi au c? ur de leur strategie de developpement economique et social. La decennie 2000-2010 a ete declaree decennie nationale de l’education et de la formation.

Les efforts engages depuis 1984 ont privilegie la satisfaction des besoins des entreprises en profils adequats et l’insertion dans la vie active des beneficiaires de la formation. Le cadre general de mise en ? uvre de la reforme est marque par le renforcement de l’autonomie institutionnelle du secteur de la formation professionnelle par rapport aux autres composantes du systeme d’education. La reforme a consacre egalement le pluralisme des intervenants en favorisant le secteur prive et la diversification des operateurs. Le dispositif © BAfD/OCDE 2008 e la formation professionnelle repose sur des organes de regulation presents au niveau national, provincial et a l’echelle de l’etablissement. Le ministere de l’Emploi et de la Formation professionnelle deploie plusieurs representations territoriales sans arriver, pour autant, a couvrir l’ensemble du pays : Agence nationale de promotion de l’emploi et des competences (Anapec) : 50 agences ; Departement de l’emploi : 43 delegations regionales ; Departement de la formation professionnelle (DFP) : 16 delegations regionales ; OFPPT : 10 directions regionales.

La formation professionnelle et technique au Maroc compte aujourd’hui 1 858 etablissements prives, representant pres de 79 pour cent du nombre total des etablissements de formation professionnelle du pays. Bien que moins nombreux que les prives, les etablissements publics forment la majorite, soit 71 pour cent des stagiaires inscrits. La formation initiale dispensee dans les centres publics est gratuite, alors que celle assuree par le secteur privee est entierement financee par les inscriptions. Les quatre sources de financement de la formation professionnelle initiale sont : les produits de la TFP (representant 1. pour cent de la masse salariale des entreprises affiliees a la Caisse nationale de securite sociale), les dotations budgetaires sur ressources de l’Etat, les concours des bailleurs de fonds et les ressources des menages. La formation continue est, quant a elle, financee suivant deux mecanismes : les GIAC (Groupements interprofessionnels d’aide au conseil) et les CSF (Contrats speciaux de formation) qui sont supervises par l’OFPPT et geres au niveau regional dans un cadre tripartite (Etat, entreprises, salaries).

En 2007, les sources de financement des depenses de fonctionnement de la formation professionnelle se repartissent comme suit : Etat, 5. 4 pour cent ; OFPPT, 75. 8 pour cent ; et autres (y compris etablissements prives), 18. 9 pour cent. L’enveloppe budgetaire allouee au ministere de l’Emploi et de la Formation professionnelle au titre de l’annee 2007 s’eleve globalement a 815. 3 millions MAD, dont 62. 1 pour cent alloues au Departement de la formation Perspectives economiques en Afrique 469 Maroc Tableau 4 – Repartition des stagiaires par secteurs de formation

Secteur Effectif Global 5 383 14 048 12 479 62 827 8 843 8 442 31 940 3 064 12 975 26 600 186 601 Effectif feminin 4 343 10 013 8 432 36 272 3 778 3 499 12 227 656 1 537 1 252 82 009 Pourcentage des femmes 81 71 68 58 43 41 38 21 12 5 44 Sante Textile – confection Artisanat de production Administration – gestion Hotellerie – tourisme Autres Artisanat de services Agriculture BTP Industrie metallique et metallurgique, et electronique Total Source : Secretariat d’Etat a la Formation professionnelle, 2005/2006. 1 2 http://dx. doi. org/10. 1787/332645037522 rofessionnelle. En 2008, ces ressources doivent progresser de 4. 9 pour cent par rapport a 2007. Le cursus des etablissements de formation professionnelle est adapte en fonction du niveau anterieur de scolarisation des stagiaires. Il offre ainsi des programmes de « specialisation » (destines aux stagiaires ayant le niveau de cinquieme annee de l’enseignement primaire) ; de « qualification » (stagiaires ayant complete la neuvieme annee du college) ; de « technicien » (stagiaires de niveau baccalaureat) ; et de « technicien specialise » (pour les bacheliers).

La representation feminine dans les programmes de formation professionnelle est en constante progression, atteignant 44 pour cent sur l’exercice 2005/06. Les resultats enregistres par les etablissements de formation professionnelle sont encourageants. Selon les chiffres officiels, sur 100 stagiaires inscrits, 70 sortent avec un diplome. Les taux d’insertion depassent les 50 pour cent en 9 mois, autant pour les hommes que pour les femmes, demontrant ainsi l’adequation entre les cursus de formation proposes et les besoins du marche du travail.

Les effectifs de stagiaires inscrits dans les etablissements de formation professionnelle sont en progression constante : de 133 000 en 1999/2000, ils ont atteint 239 000 en 2006/07 et devraient avoisiner les 258 000 puis 300 000 en 2007/08 et 2009/10. L’annee 2006/07 a vu la creation de neuf nouveaux etablissements de formation professionnelle finances par le budget general de l’Etat, d’une capacite d’accueil de 1 530 places. En 2007, l’OFPPT a entrepris des actions de renforcement de ses capacites d’intervention qui

Perspectives economiques en Afrique portent notamment sur l’achevement des travaux de construction et d’equipement ou de restructuration de 15 etablissements de formation professionnelle et l’extension de 16 autres etablissements. En 2008/2009, l’OFPPT vise la realisation de la premiere tranche du programme quinquennal 2008-12 pour la formation de 650 000 jeunes, par l’accueil de 185 000 stagiaires, soit 12 pour cent de plus qu’en 2007/08.

L’objectif est de repondre aux besoins en competences des secteurs emergents tels que l’automobile ou l’aeronautique, et a l’accompagner les besoins des projets structurants : le tourisme/hotellerie, les TIC, le BTP, les transports, l’agroalimentaire. L’OFPPT prevoit l’ouverture de sept nouveaux etablissements, quatre centres de formation mixtes crees en partenariat avec la Fondation Mohammed V pour la solidarite, et quatre autres en milieu penitentiaire qui seront realises en partenariat avec la Fondation Mohammed VI pour la reinsertion des detenus.

Ces projets porteront le reseau de l’OFPPT a 301 etablissements en 2008/09, dont 29 en milieu penitentiaire. 470 Contexte politique Le Maroc jouit d’une bonne stabilite politique, en depit des problemes securitaires resultant des menaces terroristes depuis les attentats a Casablanca de mai 2003. Au plan regional, le pays entretient des relations tendues avec, d’une part, l’Algerie, du fait notamment de la question du Sahara occidental, et, d’autre part, avec l’Espagne, en relation avec les enclaves de Ceuta © BAfD/OCDE 2008 Maroc et Melilla.

En janvier 2008, le Maroc et le Front Polisario ont tenu, a New York, deux jours de negociations sur l’avenir du Sahara occidental, sans parvenir a un accord. Avec l’Espagne, les relations tendent a s’apaiser apres la crise diplomatique ouverte par le voyage du souverain espagnol dans les deux enclaves, en novembre 2007. Le systeme politique du pays repose sur une monarchie constitutionnelle ou le roi regne et gouverne. Suite a un amendement de la constitution en septembre 1996, le Maroc s’est engage dans un processus de liberalisation et de democratisation de la vie politique avec la mise en place d’un parlement bicameral.

La scene politique marocaine a ete marquee, en septembre 2007, par la tenue d’elections legislatives. Marque par le taux de participation le plus faible de l’histoire du pays (37 pour cent selon les chiffres officiels), refletant un desinteret des populations par rapport au processus electoral, ce scrutin a cree la surprise en consacrant le plus ancien parti politique marocain, l’Istiqlal, comme grand vainqueur. Sur la base des resultats, un nouveau gouvernement de coalition a ete mis en place avec un Premier ministre issu de ce parti.

Le Maroc a franchi d’importantes etapes au plan des droits de l’homme en renforcant le processus democratique et la lutte contre les inegalites et les discriminations basees sur le genre. La recherche d’une meilleure gouvernance a eu comme principaux axes la reforme de l’administration, le desengagement de l’Etat du secteur parapublic, la justice, la transparence dans la gestion budgetaire et les marches publics. Des actions ont ete entreprises pour arrimer le secteur de la ustice aux standards internationaux : modernisation des tribunaux, renovation des juridictions de la famille, mise a niveau des registres de commerce, creation de cours d’appel administratives et renforcement des ressources humaines. et met un accent particulier sur les indicateurs relatifs a l’egalite des genres. Pres de 14. 2 pour cent de la population vit en dessous du seuil de pauvrete (22 pour cent en milieu rural et 7. 9 pour cent en milieu urbain). Les femmes sont les plus vulnerables, et representent a peine 30 pour cent de la population active totale.

Leur implication dans l’activite economique reste encore limitee avec un taux d’activite au niveau national de 27. 9 pour cent contre 76. 9 pour cent pour les hommes en 2005. Pour accelerer l’integration de la femme dans le developpement economique et social du pays, le gouvernement a institue, dans le cadre de la loi de finances 2007, la prise en consideration de l’equite des genres dans le cadre du processus de globalisation des credits et de gestion axee sur les resultats. La mise en ? vre de l’Initiative nationale pour le developpement humain (INDH), en mai 2005, marque egalement une importante mutation dans le domaine de la promotion de l’egalite des sexes. Fin 2006, sur 6 127 projets programmes, 1 600 ont ete executes et 4 527 etaient en cours de realisation. Le nombre de projets de soutien aux activites generatrices de revenus est passe de 144 a plus de 1 400 entre 2005 et 2006. Le soutien aux groupes sociaux vulnerables s’est traduit par la realisation de 667 initiatives locales de developpement humain et la validation de 16 schemas regionaux de lutte contre la precarite.

Sur le plan financier, l’enveloppe mobilisee sur le budget general des collectivites locales s’eleve a 2. 75 milliards MAD pour la periode 2006-2007. Au plan de la sante, les pouvoirs publics ont mis en place une nouvelle vision strategique a l’horizon 2015 qui met l’accent sur le Systeme national d’approvisionnement en medicaments et la couverture medicale, particulierement dans les zones rurales. Entre en vigueur en aout 2005, le regime de l’assurance maladie obligatoire (AMO), composante essentielle de la couverture medicale de base, a eu des retombees positives sur les populations.

L’AMO a permis d’etendre la couverture medicale de 17 pour cent en 2005 a environ 34 pour cent en 2007. Plus de 200 000 retraites du secteur prive, jusque la exclus des prestations de l’AMO, en beneficient actuellement. Des efforts ont ete engages pour soutenir le systeme d’assistance maladie Perspectives economiques en Afrique 471 Contexte social et developpement des ressources humaines Le Maroc est fermement engage a realiser les Objectifs du Millenaire pour le developpement (OMD) © BAfD/OCDE 2008 Maroc aux personnes dont les revenus sont tres faibles, connue sous le nom de Regime d’assistance maladie ux economiquement demunis (Ramed). Avec le soutien de l’Union europeenne et de la BAfD, le Maroc a mis en place le programme d’appui a la reforme de la couverture medicale (Parcoum) dont la deuxieme phase couvrira la periode 2008-2010. Le programme contribue a l’amelioration de l’accessibilite financiere des populations aux soins de sante par la mise en ? uvre des regimes d’assurance et d’assistance maladie. La premiere phase du programme a contribue a la mise en place d’un regime de couverture des travailleurs independants ayant un faible niveau de revenu, appele du prenom arabe Inaya (« soin »).

En 2007, environ 1 500 000 personnes sont couvertes par ce regime. Au plan de l’education, les reformes entreprises sont inscrites dans la Charte nationale d’education et de formation (2008-10), avec pour objectifs la scolarisation jusqu’a la fin du cycle primaire d’au moins 90 pour cent des enfants, avec une attention particuliere accordee aux filles en milieu rural, et l’arrivee en fin de premier cycle secondaire de 80 pour cent des collegiens a l’echeance 2010.

Parallelement, des efforts sont engages en faveur d’une utilisation plus efficace des moyens et des infrastructures disponibles, du developpement des programmes au niveau des contenus de la pedagogie, et de l’elargissement des filieres en adequation avec les exigences des entreprises. L’Union europeenne, la BAfD, la Banque mondiale et l’Agence francaise de ooperation soutiennent les efforts engages dans la cadre du programme d’appui au systeme educatif marocain (Parsem) dont la 2eme phase sera mise en ? uvre a partir de 2008. Ce programme s’attellera a mettre en place un cadre strategique revise et des actions a court et moyen termes pour accelerer la realisation des objectifs cles de la Charte de l’education et de la formation. L’alphabetisation de la societe constitue un autre axe majeur de l’action des autorites.

Le Maroc s’est engage a reduire le taux d’analphabetisme de la population agee de 10 ans et plus a moins de 20 pour cent en 2010, et parvenir en 2015 a son eradication. Des campagnes d’envergure d’alphabetisation et de renforcement de la formation de base des adultes ont ete lancees pour reduire a l’horizon 2010 a 9 pour cent le taux d’analphabetisme de la population agee de 15 a 45 ans, et a 17 pour cent celui de la population totale de plus de 15 ans.

Pres de 1 000 000 d’adultes et 27 000 enfants non scolarises devraient beneficier de ce programme. Sur le front de l’emploi, l’adoption du nouveau code du travail et la mise en ? uvre des actions de soutien a la creation d’entreprises « Taahil Al Mokawalat » (TAM) ciblant les diplomes chomeurs, ont contribue a l’accroissement du taux de l’emploi, qui a atteint 46 pour cent de la population active en 2007. 472 Perspectives economiques en Afrique © BAfD/OCDE 2008