Economie

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Universite de Nancy 2 Facultes des sciences economiques, juridiques et de gestion, 2008-2009 Licence 1, droit Introduction a l’economie (Parcours juridique, Semestre 1) Cours de Samuel Ferey Version provisoire, ne pas citer, ne pas faire circuler Partie I : Les fondements microeconomiques Introduction. Efficacite economique et economie de marche Section 1. Les differents biens economiques : facteurs de production et biens finals Section 2. La notion d’allocation des ressources Section 3. L’importance de la theorie des prix : la notion d’economie de marche

Chapitre 1. Specialisation, echange et efficacite economique Introduction. Ou il est question d’une simple fabrique d’epingle… Section 1. Les concepts elementaires : raisonnement a la marge et substitution Section 2. Les gains a l’echange dans une economie d’echange pure Section 3. Specialisation, avantages absolus et avantages relatifs ss-section 1. La theorie des avantages absolus et comparatifs i/ Smith : L’avantage absolu ii/ Ricardo : L’avantage comparatif ss-section 2. L’analyse neoclassique : la notion de FPP i/ Illustration i/ Representation graphique iii/ Analyse de la Frontiere de possibilite de production iv. Question ss-section 3. Application a l’echange international Section 4. Les enjeux politiques de la specialisation Conclusion. La repartition des gains a l’echange : pouvoir ou consentement ? Notions economiques a maitriser a l’issu du cours – utilite marginale

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decroissante – loi des rendements decroissants – efficacite de l’echange – notion d’allocation des ressources. – substitution et frontiere des possibilites de production. Introduction.

Efficacite economique et economie de marche Comme je vous l’ai dit, la theorie economique se divise en microeconomie et en macroeconomie. Dans cette partie, nous nous interesserons uniquement a la microeconomie. Definition : la microeconomie etudie le comportement des agents individuels (menages, entreprises) et cherchent a expliquer comment ces comportements peuvent parvenir a se coordonner entre eux. On applique donc strictement l’individualisme methodologique dans la mesure ou l’on part des individus pour aller vers les phenomenes sociaux et economiques globaux.

Dans cette introduction, on presentera rapidement le but de cette partie consacree a la microeconomie. Section 1. Les differents biens economiques : facteurs de production et biens finals En economie on distingue differents types de biens. Il y a de nombreuses typologies selon les problemes que l’on pose. Une premiere typologie porte sur la nature economique des biens. Ainsi, les biens economiques sont ceux qui sont a la fois rares et appropriables. La rarete est comme je vous l’ai dit une condition de l’analyse economique. Si les biens n’etaient pas rares, il n’y aurait pas d’economie.

Mais un bien non-rare peut le devenir : par exemple l’air pur peut etre considere comme un bien qui n’est pas rare sauf aujourd’hui dans un certain nombre de ville. Dans la suite du cours, nous verrons d’autres caracterisations plus fines des biens economiques notamment en fonction de leur rivalite ou non : c’est le cas des biens publics et/ou des externalites. Pour ce qui nous concerne ici, on insistera sur l’une des distinction les plus importantes : la distinctions entre les biens finals (on dit le plus souvent finals et non finaux) et les facteurs de production

Il y a d’une part les biens finals (ou output) a savoir ceux qui sont directement consommes. Ces biens ne sont pas necessairement des biens physiques en ce sens que les service sont aussi consideres comme des biens economiques dans la mesure ou ils ont une utilite. Il y a ensuite les facteurs de production : « ce sont les elements utilises au cours du processus de production (appeles aussi input) » comme le capital (machine, batiments), la terre ou le travail. (On peut meme considerer comme des inputs, les consommations intermediaires). Dans tout ce ui suit, on simplifiera le probleme en ne considerant que la maniere dont les inputs se trouvent etre transformes en biens de consommation finals Section 2. La notion d’allocation des ressources Comme on l’a vu en introduction, l’economie est la science ou la discipline qui etudie l’allocation des ressources. Exemples : Faut-il plutot construire une universite ou un porte-avion nucleaire ? Faut-il developper les transports en commun ou allouer l’argent a developper des routes et des autoroutes, faut-il construire un aeroport ou une gare TGV ?

Le but de ce chapitre est de preciser un certain nombre de termes et de concepts utilises par les economistes lorsqu’ils etudient ce probleme d’allocation de ressources. En effet, les facteurs de production (capital, travail, matiere premiere, machine) peuvent etre combines entre eux de differentes facons pour obtenir un resultat en terme economique. Le point sur lequel je voudrai insister dans cette sous-section concerne le rapport entre l’allocation des ressources et le systeme institutionnel qui permet cette allocation de ressources.

En effet, la question de l’allocation des ressources pose le probleme de l’efficacite economique a savoir la meilleure maniere d’allouer les ressources pour une societe. Les questions auxquelles on veut repondre sont est-ce que les facteurs de production sont correctement utilises, est-ce qu’ils sont utilises a bon escient ? Est-ce qu’ils sont pleinement utilises, ne devrait-on pas produire tel bien plutot que tel autre etc. Par exemple : – a Moscou dans les annees 1960 : les etudiants moscovites laissaient le gaz allume afin d’eviter de payer des allumettes car le gaz etait gratuit et les allumettes payantes.

On a la manifestement une mauvaise allocation des ressources. – De meme, aujourd’hui, que penser du fait que l’on a des besoins de main d’? uvre sur certains secteurs (medecins, infirmieres, production de vaccins ou de traitements) et que dans le meme temps on a un chomage massif : manifestement une mauvaise allocation des ressources disponibles. Et puis il y a une deuxieme question qui porte elle sur la meilleure maniere de parvenir a ce resultat efficace. C’est la question des institutions qui permettent la realisation la plus complete de l’efficacite economique.

Parmi ces institutions, celle sur laquelle nous allons longuement nous attarder est l’institution du marche. Problematique : toute cette premiere partie essaye de traiter cette problematique : comment est-ce que le marche fonctionne, quelles sont ses caracteristiques et permet-il d’obtenir une allocation efficace des ressources ? Section 3. L’importance de la theorie des prix : la notion d’economie de marche Une economie de marche se caracterise par le fait que les agents se specialisent dans certaines productions et ont donc necessairement besoin d’echanger les produits les uns contre les autres.

C’est donc par le biais du marche que va s’effectuer la majeure partie des operations d’allocation des ressources. C’est ce qu’etudie la theorie des prix. Ce que l’on appelle la theorie des prix est l’etude de cette institution principale qu’est le marche. Comme nous le verrons, c’est autour du role des prix que s’organise la reflexion des economistes sur le marche. En effet, les prix jouent un role essentiel en ce qu’il permettent de coordonner les actions des differents agents. Ils jouent ce role principalement parce qu’ils transmettent de l’information aux agents sur la rarete des biens et sur leur utilite.

Ainsi, par exemple, le prix du petrole me renseigne sur l’utilite du petrole et sur sa rarete. Le fait que le prix du petrole augmente est un signal du fait qu’il devient de plus en plus rare. De meme, vous avez aujourd’hui une augmentation tres forte du ble. Lorsque je vois cette augmentation du ble, je sais qu’il est plus rare et donc cela m’incite a en produire plus. Pourquoi est-il plus rare ? peu importe. Je peux me renseigner et savoir que tel ou tel producteur a subit une secheresse. Mais, il est impossible pour moi de connaitre toutes les circonstances de production de tous les producteurs a ravers le monde. Simplement, en regardant le prix, j’ai une information sur toutes ces circonstances. C’est donc autour de cette question des prix, de la maniere dont se forment les prix et du role qu’ils jouent dans une economie de marche qui est le c? ur de la theorie microeconomique des prix. Plan Dans le premier chapitre, nous presentons d’abord les concepts fondamentaux. Vous retrouvez l’essentiel de ce que nous verrons ici au chapitres 2 et 3 de l’ouvrage de Stiglitz, Principes d’economie moderne. Chapitre 1 : Specialisation, echange et efficacite economique  Vu d’une autre planete, la societe humaine dans une economie developpee moderne ressemble a une gigantesque fourmiliere […] Comment toutes ces activites sont-elles coordonnees ? il n’y a ni dictateur, ni ordinateur super-intelligent pour donner des instructions ». J. Stiglitz, Principe d’economie moderne Introduction. Ou il est question d’une simple fabrique d’epingle… Texte de Smith. Efficacite de la division du travail : en effet, la specialisation du travail permet des gains de productivite, permet de diviser les etapes du processus de production et egalement d’utiliser au mieux le progres technique.

Ce qui est interessant du texte de Smith, c’est qu’il met en scene une manufacture mais que cette manufacture est en realite une metaphore pour la societe elle-meme. Le texte de Smith a eu une influence considerable car il permet de mettre en evidence les avantages de la specialisation et de l’echange. Le point fondamental sur lequel insiste Smith est que l’echange peut etre un jeu a somme positive ou chacun gagne. Souvenez-vous de ce que je vous ai dit des mercantilistes : eux croyaient precisement que l’echange etait un jeu a somme nulle ou ce que l’un gagne, l’autre le perd. / Les concepts elementaires : raisonnement a la marge et substitution Trois choses qui font des economistes, des economistes ! – on raisonne a la marge – on raisonne en termes de substitution – on raisonne en termes de substitution a la marge. Ces notions sont essentielles car c’est sur ces concepts qu’est fondee toute la theorie neoclassique des echanges et de la coordination par le marche. Nous aborderons d’abord les caracteristiques de l’echange et son efficacite dans une economie d’echange pure (2/) puis dans une economie de production (3/) pour, enfin, developper les enjeux politiques de la specialisation et de l’echange.

Pour autant, on s’en tiendra a une presentation aussi simple que possible par le biais d’illustrations. C’est ici un choix pedagogique delibere dans la mesure ou on attend pas de vous en economie des competences techniques mais plutot d’avoir compris les principaux mecanismes meme de maniere intuitive. Cependant, il est clair que l’usage de mathematiques elementaires permet d’aider grandement a cette comprehension. Certes, les illustrations sont souvent triviales mais pensez bien que lorsque je vais parler de prix du ble et du vin, je pourrai aussi bien remplacer ces termes par le prix du travail, le prix de medicaments contre le paludisme.

Les enjeux sont donc extremement importants. 2/ gains a l’echange dans une economie d’echange pure Probleme simple de l’echange a deux agents. On se place ici dans une economie d’echange pure sans production. Les agents n’ont que des dotations arbitraires. Supposons que deux individus aient chacun une certaine dotation : L’agent A possede 10 unites de ble et 0 unite de vin L’agent B possede 0 unite de ble et 10 unites de vin Du fait du principe de l’utilite marginale, la derniere unite de ble possedee par A est faible (et l’utilite marginale de la premiere unite de ble est forte).

Dans le meme temps, pour B, l’utilite marginale de la premiere unite de vin est forte et celle de la derniere unite de vin est faible. Donc l’agent A est d’accord pour echanger une unite de ble qui lui rapporte peu en terme d’utilite avec une unite de vin qui lui rapporterait beaucoup. De meme, l’agent B est d’accord pour echanger une unite de vin qui lui rapporte peu en terme d’utilite avec une unite de ble qui lui rapporterait beaucoup en terme d’utilite. Vous avez la l’explication de l’echange : on echange parce que es differentes quantites de biens que l’on possede ne nous apporte pas la meme utilite marginale. Une autre maniere de considerer le meme probleme est de dire que la derniere unite de ble est faiblement valorisee par A (disons a 1 euro) alors qu’il valorise fortement la premiere unite de vin (disons 10 euros). Or, pour l’agent B, c’est le contraire : il valorise faiblement l’unite de vin (1 euros) et fortement l’unite de ble (10 euros) Il apparait donc une zone ou l’echange est mutuellement avantageux.

Chacun interet a l’echange car chacun y gagne : c’est un jeu a somme positive et non un jeu a somme nulle. Ainsi, l’agent A est d’accord pour acheter une unite de vin si le prix de celle-ci est inferieur a 10 euros. Et l’agent B, est d’accord pour vendre une unite de vin si le prix de celle-ci est superieur a 1 euros. Apparait donc une zone ou les agents peuvent echanger (l’equivalent de 9 euros a se partager entre les deux agents). Si, par exemple, le prix du vin est de 5 euros : l’agent A va gagner l’equivalent de 4 euros et l’agent B l’equivalent de 4 euros.

Rqe : On pourrait bien evidemment faire le meme raisonnement pour le ble et on obtiendrait les memes resultats. J’ai fait ce raisonnement sur la derniere unite de vin (et respectivement sur la derniere unite de ble) mais on peut bien evidemment repeter ce raisonnement pour l’avant derniere unite de ble et de vin. Au fur et a mesure des echanges, la zone d’echange mutuellement avantageuse va diminuer (par exemple, A va valoriser l’avant derniere unite a 2 euros et B a 9 euros : donc la zone n’est plus que de 7 euros) et ainsi de suite…

L’echange s’arrete des lors que l’on a epuise toutes les opportunites d’echange mutuellement avantageuses. L’echange maximise ce surplus global MAIS en tant que tel il ne dit rien des gains respectifs a l’echange. En effet, si le prix du vin est de 9 euros, vous voyez que c’est l’agent B qui s’empare de tout le surplus. Exemple 1 : Pensez par exemple un marchandage entre deux personnes : chacun essaye de savoir en realite jusqu’ou l’autre est pret a descendre le prix. La concession maximale ou il est encore d’accord pour acheter C’est le cas par exemple sur les marches ou l’on peut marchander.

Exemple : Pensez a une negociation salariale entre un employe et un employeur. Chacun essaye de tire le maximum de surplus. Mais si vous sortez de la zone d’echange mutuellement avantageux (par exemple, si vous reclamez trop, l’echange n’aura pas lieu, si au contraire, l’employeur ne vous propose pas assez, vous n’irez pas travailler chez lui). Exemple 2 : si vous considerez des pays, il y a actuellement beaucoup de discussions sur la mondialisation. Ces discussions pourraient etre utilement eclairees par cette question : a/ l’echange est mutuellement benefique : ’est vrai b/ l’echange peut etre plus ou moins egal : c’est vrai aussi (les deux choses a) et b) ne sont pas contradictoires) Ainsi, en partant de l’echange, on arrive naturellement a la question de savoir comment se determinent les prix. Dans un echange bilateral, c’est extremement complique car il peut toujours exister des relations de pouvoir. En revanche, si lorsque j’echange, je peux m’appuyer sur des prix existants par ailleurs, alors l’echange n’est plus indetermine. Question qui se pose est donc de savoir a quel prix est-ce que je vais echanger ? ’ou viennent les prix ? Conclusion 1/ Il existe des gains a l’echange meme dans une economie d’echange pure 2/ L’echange marchand permet de maximiser ces gains a l’echange : on va echanger jusqu’a ce que les opportunites d’echange aient completement disparu. 3/ Mais en restant a deux agents face a face, je ne sais pas comment se determine les prix. Avant d’aborder cette question dans le chapitre 2, on va voir si ce que nous avons dit d’une economie d’echange pur et aussi vrai dans une economie avec production. Conclusion.

Pouvoir ou consentement : la question de repartition des gains a l’echange On le voit, la specialisation est avantageuse et l’echange egalement. Mais, il n’empeche qu’il existe un risque de se specialiser dans certaines productions peu avantageuses comme le montre l’exemple de la GB et de l’Inde au XIXe s. Surtout, nous avons vu que un echange entre seulement deux agents n’est pas determine si je ne connais pas par ailleurs les prix. Ce point est important car un echange bilateral ouvre la porte au pouvoir d’un agent sur l’autre ou a sa ruse afin de gagner le maximum de surplus.

Exemple : negociation salariale entre vous et un employeur. Chacun essaye de tire le maximum de surplus. Mais si vous sortez de la zone d’echange mutuellement avantageux (par exemple, si vous reclamez trop, l’echange n’aura pas lieu, si au contraire, l’employeur ne vous propose pas assez, vous n’irez pas travailler chez lui). Comment est-ce que l’on peut resoudre cela ? Simplement en faisant appel aux prix de marche, a savoir le prix traditionnellement payes pour ce genre de travail vu votre cursus, votre competence et votre anciennete.

Vous avez vu que par n’importe quel angle que l’on considere le probleme de l’echange, c’est toujours celui de la formation des prix qui revient. C’est donc vers les mecanismes par lesquels se determinent les prix qu’il faut maintenant se tourner : c’est l’objet du chapitre 2. Bien entendu, les exemples que j’ai pris sont souvent triviaux (ble et vin) mais vous comprenez bien que les enjeux sont autrement plus fondamentaux lorsqu’il s’agit du prix du travail (salaire), du prix de traitement contre le paludisme ou du prix des taxes contre les emissions polluantes !!!!