Ecjs : l’interdiction de l’alcool aux mineurs

Ecjs : l’interdiction de l’alcool aux mineurs

ECJS Sujet : L’interdiction de l’alcool aux mineurs * * * * * * * * * * * * * * Sommaire : Introduction I. Le renforcement de la lutte contre les phenomenes d’alcoolisation massive et precoce 1) Interdiction de la vente d’alcool chez aux mineurs 2) Interdiction de la vente au forfait et de l’offre a volonte de boissons alcooliques 3) Interdiction de la consommation d’alcool sur la voie publique a proximite des etablissements scolaires II. La sensibilisation des jeunes aux risques immediats lies a la consommation excessive d’alcool ) Un message axe sur le passage d’un acte festif a un acte dangereux 2) Une campagne de sensibilisation mediatique III. Les jeunes francais face a l’alcool. 1) Chiffres cles 2) Les risques lies a la consommation d’alcool chez les jeunes Conclusion Documents Statistiques Introduction L’alcool est devenu la premiere forme d’addiction chez les jeunes en France. Depuis quelques annees, on observe une recrudescence de la consommation excessive d’alcool chez les mineurs, avec des phenomenes d’alcoolisation massive et brutale.

Alors que les ivresses repetees (au moins 3 fois par an) concernaient 20% des jeunes de 17 ans en 2002, elles touchent aujourd’hui 26% d’entre eux, soit une augmentation de 30% en quatre

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ans. Les ivresses regulieres (au moins 10 fois par an) auraient, de leur cote, progresse de 52%. Ainsi, la presse s’est recemment fait l’echo de plusieurs cas de comas ethyliques, survenus chez les jeunes, au cours de ces soirees arrosees, mais aussi en journee, y compris a l’ecole. Outre les consequences graves et immediates de cette alcoolisation massive sur la sante des jeunes, elle induit egalement des comportements a risque.

La perte de controle de soi peut conduire a des comportements de violence, de passage a l’acte, d’agressions ou de suicide et cela, plus particulierement chez les jeunes. Le comportement des jeunes vis-a-vis de l’alcool a donc change, et le developpement des facilites d’achat de boissons alcoolisees y est sans doute pour quelque chose. La representation nationale doit reagir afin, si ce n’est d’enrayer le phenomene, au moins le ralentir. L’evolution de la consommation alcoolique conduit alors a developper trois types d’actions : la prevention, l’interdiction et le soin.

Ainsi, nous etudierons comment s’organise le renforcement de la lutte contre les phenomenes d’alcoolisation massive et precoce, puis nous verrons de quelles manieres se manifestent la sensibilisation des jeunes aux risques immediats lies a la consommation d’alcool et enfin nous analyserons le comportement des jeunes face a l’alcool. Jean-Iker I – Renforcement de la lutte contre les phenomenes d’alcoolisation massive et precoce Aujourd’hui, la vente d’alcool n’est totalement interdite qu’aux moins de 16 ans. Entre 16 et 18 ans, les jeunes peuvent acheter des alcools doux (biere, vin, cidre) dans les bars et dans les magasins.

Et alors que le niveau de consommation d’alcool par habitant continue de diminuer en France, on note une recrudescence inquietante de phenomenes d’alcoolisation massive chez les jeunes. 1 – Interdiction de la vente d’alcool aux mineurs La complexite legislative de la loi actuelle concernant la vente d’alcool chez les mineurs ne favorise pas son application puisqu’elle ne s’opere pas de la meme facon en fonction des modalites de vente (sur place ou a emporter), des types de boissons (obtenues par fermentation ou distillation).

Actuellement, 80% de l’alcool consomme provient des debits a emporter (epiceries, grandes surfaces…). Pour ce qui est des grandes surfaces, certains supermarches ont deja devance la loi en refusant de vendre de l’alcool aux mineurs. Mais le plus inquietant, ce sont les epiceries de nuit qui permettent aux jeunes, souvent mineurs car les proprietaires ne sont pas tres regardant sur l’age du consommateur, d’acheter n’importe quel alcool, a un prix derisoire, et a toute heure de la nuit.

C’est pourquoi la proposition de loi du 10 Juin 2008 presentee par le senateur Nicolas About vise a clarifier le dispositif legislatif en matiere d’interdiction de vente d’alcool aux mineurs en interdisant toute vente d’alcool aux mineurs de moins de 18 ans, quel que soit le type de boisson ou le mode de consommation. Le texte stipule que la vente a des mineurs est punie de 3750 € d’amende, la recidive, d’un an d’emprisonnement et de 15000 € d’amende.

Roselyne Bachelot avait justifie cette interdiction par l’accroissement de l’ivresse chez les jeunes de 15 a 25 ans, comme en temoigne l’augmentation de 50 % des hospitalisations pour ivresse aigue entre 2004 et 2007 dans cette tranche d’age. 2 – Interdiction de la vente au forfait et de l’offre a volonte de boissons alcooliques L’Assemblee Nationale a vote un amendement interdisant « d’offrir gratuitement a volonte des boissons alcooliques dans un but promotionnel ou de vendre des boissons alcooliques au forfait ». Il s’agit, en realite, d’interdire la pratique des « open bars ».

Les soirees « open bars » sont l’occasion pour les jeunes d’ingerer des quantites importantes d’alcool. Cette interdiction renforcerait ainsi la lutte contre le « binge drinking ». Le « binge drinking » c’est un mode de consommation excessif de grandes quantites de boissons alcoolisees sur une courte periode de temps, par episodes ponctuels ou repetes dans le but de rechercher rapidement un etat d’ivresse avance) 3 – Interdiction de la consommation d’alcool sur la voie publique a proximite des etablissements scolaires

La consommation d’alcool est aujourd’hui legale sur la voie publique ainsi que sa vente pour certains evenements sportifs ou culturels (Coupe du Monde de Rugby, Fete de la Musique…). Cette mesure, portee avec Xavier Darcos, ministre de l’education nationale, vise a interdire la consommation d’alcool seulement a proximite des etablissements publics (le prive n’etant pas concerne). Les consequences de ce fleau sur les jeunes sont donc particulierement grave et cela exige que l’on adopte des mesures de nature a proteger les jeunes, tant sur le plan de l’interdit que sur celui de la prevention.

II – La sensibilisation des jeunes aux risques immediats lies a la consommation d’alcool 1 – Un message axe sur le passage d’un acte festif a un acte dangereux L’objectif du message est de faire reflechir les jeunes aux risques (accidents, comportements violents et agressions, rapports sexuels non proteges ou non souhaites, comas ethyliques) lies a leur mode de consommation, souvent excessive, afin de les dissuader de se retrouver dans des situations d’ivresses repetees. Les moyens utilises se presentent en 4 points : Il faut realiser une campagne publicitaire en detournant les codes publicitaires classiques des boissons alcoolisees et des « soft drinks » pour adopter un ton decale apprecie et repandu chez les jeunes : ils sont mis en scene dans un univers « paradisiaque » qui vire au cauchemar apres qu’ils aient trop bu. – Ensuite, il est preferable d’adopter un ton qui ne soit pas moralisateur, car aux yeux d’un public jeune, un discours explicite a moins de chance d’etre entendu.

Le recours a ce detournement publicitaire et la mise en scene idealisee permettent de ne pas blamer le public vise. – Il faut de plus jouer sur l’ambivalence de l’alcool qui peut etre un produit festif tout en etant dangereux. Produit festif car il est symbole de la convivialite et de l’hedonisme (la recherche du plaisir), composante incontournable de notre culture et de notre economie mais c’est aussi un produit dangereux car l’alcool est source de surmortalite et de morbidite dans les cas les plus graves, mais aussi d’accidents de genre divers. Enfin, on va presenter un moment ou la fete tourne court, une fausse marque d’alcool etant cree pour souligner le slogan : « boire trop, des sensations trop extremes » dont le nom « Trop » detourne donc les codes publicitaires et vante avec ironie ses merites. Elle renvoie donc directement au mode de consommation des jeunes, et notamment au « binge drinking ». Le « binge drinking », repandu dans les pays anglo-saxons, est une consommation occasionnelle, excessive d’alcool qui n’a d’autres buts que l’ivresse. Depuis plusieurs mois, ce phenomene semble s’imposer en France.

En effet, en France, l’etude Escapad conduite par l’Observatoire francais des drogues et toxicomanies (OFDT) aupres des jeunes de 17 ans a permis de mettre a jour une consommation d’alcool surtout masculine en diminution par rapport a 2003 c’est a dire 18 % des garcons sont concernes (au lieu de 21 %) et 6 % des filles (au lieu de 7 %). Mais dans le meme temps, les ivresses regulieres ont augmentees de 7 a 10 %, surtout chez les garcons. Au cours du mois precedent l’enquete, pres d’un jeune sur deux (46 %) dit avoir bu au moins 5 verres d’alcool en une seule occasion.

Il est en effet difficile d’imaginer les commercants et barman controler systematiquement la date de naissance des jeunes a chaque achat d’alcool, mais la menace de sanctions financieres devrait permettre de diminuer ce cercle vicieux ainsi que la nouvelle campagne mise en place depuis un an (Juillet 2008). 2 – Une campagne de sensibilisation mediatique • Une campagne televisee : de nombreux cliches sont utilises : un soleil couchant, une plage idyllique, une musique entrainante, une bande de jeunes gens beaux avant que le reve ne tourne au cauchemar apres une consommation excessive d’alcool : vomissements, violences, noyades, viols… L? bjectif est de faire reflechir les jeunes aux effets nocifs de nouveaux modes de consommations de plus en plus repandus, notamment le « binge drinking » qui consiste a boire en un temps record le plus d? alcool possible. Le spot TV de 40 secondes fut diffuse pendant tout l’ete 2008 sur TF1 et M6, chaines particulierement regardees par les jeunes ages de 15 a 24 ans, et sur les chaines du cable et du satellite en lien avec cette cible (W9 ,MCM, TF6, Direct8, Canal+…). Il fit egalement l’objet d’une diffusion au cinema pendant cet ete. ? http://www. youtube. om/watch? v=376HCPn6OXg • La campagne radio : les spots radios reprennent le principe du spot TV de la fausse publicite pour l’alcool « Trop» en mettant en scene les soirees de Sophie, Martin et Fred sous l’emprise croissante de l’alcool. Les 3 spots (violence, malaise, reveil) ont ete diffuses du 21 juillet au 24 aout 2008, en metropole sur les radios les plus ecoutees des jeunes en metropole (Skyrock, Le Mouv’, les Independants, NRJ, Fun Radio, Virgin Radio, Rire et Chansons…) ainsi que dans les departements d’outre-mer (RCI, Traces, RFO, Freedom…).

La diffusion privilegiait les heures d’ecoutes favorites des jeunes de 15 a 24 ans, principalement entre 18h et minuit, ainsi que des passages complementaires la nuit aux heures de « sortis en boite ». ? Violence (Fred) : http://www. inpes. sante. fr/audio_video/0807_alcool/violence. mp3 ? Malaise (Martin) : http://www. inpes. sante. fr/audio_video/0807_alcool/malaise. mp3 ? Reveil (Sophie) : http://www. inpes. sante. fr/audio_video/0807_alcool/reveil. mp3 • Sur Internet : le site www. oiretrop. fr a ete mis en place au moment de la campagne afin de fournir une information plus complete sur l’alcool. Le site donne des explications sur ce que « boire trop » implique : les consequences sur l’organisme et les principaux risques qui decoulent de la consommation excessive. Sa promotion est assuree a travers une campagne de bannieres sur internet notamment sur les sites privilegies des jeunes : Facebook, Myspace, Skyblog, Dailymotion, Youtube et Deezer.

De plus, L’Assemblee nationale a officiellement autorise le lundi 10 mars la publicite en faveur de l’alcool sur Internet, une autorisation assortie de certaines restrictions, la ministre de la Sante, Roselyne Bachelot, evoquant une «ouverture controlee et encadree» permise par l’adoption d’un amendement UMP. L’amendement precise aussi que la publicite pour l’alcool ne doit pas etre « intrusive » (par des spams ou des pop-up). • Enfin, une brochure d’information intitulee « Alcool, plus d’info pour moins d’intox » delivre une information simple et concrete, assortie de conseils.

Elle est distribuee dans les principaux reseaux s’occupant des jeunes (maison de jeunes, auberge de jeunesse…) ainsi que dans les lycees. Une affiche a aussi ete cree pour illustrer le risque de violence et qui etait visible dans les toilettes des bars et des discotheques du 22 juillet au 4 aout. ? Brochure : http://www. lasantevientenmangeant. inpes. sante. fr/CFESBases/catalogue/pdf/1123. pdf ? Affiche : http://www. inpes. sante. fr/30000/pdf/0807_alcool/boiretrop. pdf III. Les jeunes francais face a l’alcool 1 – Quelques chiffres

D’apres certaines etudes realisees par ESCAPAD, il se pourrait qu’il y est eu augmentation d’environ 50% des hospitalisations a cause d’une ivresse graves chez les moins de 15 ans et egalement une augmentation de 50 % des hospitalisations chez les jeunes ages de 15 a 24 ans sur la periode de 2004 a 2007. De plus, on observe une augmentation au niveau d’ivresses repetees ; elles concernaient 19,2% des jeunes en 2003 contre 26% en 2005. Un chiffre qui necessite d’etre vu, 57% des jeunes de 17 ans declarent avoir deja ete ivres au cours de leur vie, et 49% l’ont ete au cours des 12 derniers mois soit un jeune sur deux.

Malgre cela, les ivresses repetees sont moins importantes que chez les jeunes voisins europeens, mais les ivresses masculines sont presque trois fois plus nombreuses que les ivresses. 2 – Les risques lies a la consommation d’alcool chez les jeunes En effet, on observe que la perception du risque des jeunes francais est assez faible mais est plus elevee que chez les autres jeunes europeens car a 16 ans, 51% des Francais sont conscient du risque lie a la consommation de cinq verres ou plus chaque week-end contre 32% pour la moyenne europeenne.

De plus, ils affirment avoir une maitrise suffisante de la situation pour pouvoir arreter l’usage de l’alcool quand ils l’auront decide. On remarque un lien entre la consommation d’alcool chez les jeunes et la consommation a l’age adulte, les comportements d’alcoolisation pendant et apres l’adolescence ne sont pas sans consequences sur ceux qui s’installeront a l’age adulte : certes, tous les jeunes buveurs excessifs ne deviennent pas des consommateurs a risques, mais il est etabli qu’une initiation precoce a l’alcool et une consommation excessive a l’adolescence sont des facteurs de risques d’usages problematiques ulterieurs.

Les accidents de la route sont la premiere cause de mortalite chez les jeunes de 15 a 24 ans (27% des tues sur la route). En effet, pour l’ensemble de la population, en 2006, un accident mortel sur trois est survenu a cause de l’alcool et 1271 deces sur la route auraient pu etre evites si tous les conducteurs avaient respecte la limite legale d’alcoolemie. De plus, en 2006, 21,8% des conducteurs ages de 18 a 24 ans impliques dans des accidents de la route mortels presentaient une alcoolemie illegale.

La meme annee, les accidents dont le conducteur etait sous l’emprise de l’alcool ont occasionne 34. 4% des tues et 20. 54% des blesses hospitalises ages de 18 a 24 ans. Les accidents de la route sont aussi la premiere cause de mortalite tout age confondu la nuit, le week-end. L’alcool est a l’ origine de 55. 9% des personnes tues dans un accident et les conducteurs ayant un taux d’alcoolemie positif representent 66. 6% des tues dans les accidents. L’alcool favorise le passage a l’acte, qu’il s’agisse d’agressions verbales, physiques ou encore sexuelles.

En effet, une etude a etait realisee en Suisse en 2006 aupres d’environ 7000 ecoliers ages de 13 a 17 ans rapporte que 20% de ces adolescents ayant une consommation a risque sont egalement les plus exposes a la violence physique (25% des garcons de ce groupe d’adolescents sont les auteurs de 50 a 60% des actes de violences et sont les victimes dans 40 a 50% des cas. De plus, 15% des filles assument a elles seules 40 a 50% des violences commises et 30 a 40% des violences subies).

L’alcool provoque des risques sanitaires et sociaux tout comme les rapports sexuels a risques, le pouvoir de l’alcool et la modification des comportements qui en decoulent peuvent conduire a des rapports sexuels non proteges et non prevu, exposant les jeunes filles a des grossesses non desirees et les deux personnes aux infections sexuellement transmissibles et au VIH. De plus, d’apres l’etude Suisse citee ci-dessus, les adolescents presentant des problemes par rapport a la consommation avec l’alcool ont quatre fois plus de rapports sexuels a risques que les autres.

L’alcool provoque egalement un risque de coma ethylique et qui par faute de soins, peut mener a la mort. Conclusion Malgre le renforcement de la lutte contre les phenomenes d’alcoolisation pour les mineurs avec la mise en place de differents projets de lois et d’une campagne de sensibilisation de plus en plus choquante envers les risques lies a la consommation excessive d’alcool, le comportement des jeunes francais envers cette drogue restent ambigue. Mais si beaucoup de jeunes francais d’aujourd’hui se tournent vers l’alcool, qu’en est-il de la consommation de drogues dures ?