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LACLOS, Pierre Choderlos de (1741-1803) Ne a Amiens, Pierre Choderlos de Laclos etait le fils d’un haut fonctionnaire royal anobli depuis peu. Il entra dans l’armee, sans reussir a y faire une vraie carriere, sans doute faute d’un nom suffisamment illustre. Decu par la vie de garnison, morne et sans interet, il se mit a ecrire son ouvrage, les Liaisons dangereuses, qui, une fois publie, provoqua un veritable scandale. Membre du club des Jacobins sous la Revolution, Laclos participe a la victoire de Valmy, puis au coup d’Etat du 18 Brumaire. Il mourut a Tarente, en 1803, alors qu’il projetait d’ecrire un second roman.

APOLLINAIRE (Rome 1880 – Paris 1918) Il collabora a la Revue blanche, a la Plume, au Mercure de France et temoigna de toutes les decouvertes et avant-gardes de son temps : l’art naif (le Douanier Rousseau), l’art negre, le fauvisme, le cubisme avec Braque et Picasso (les Peintres cubistes, 1913). Plus encore que ses contes, pleins de fantaisie et d’humour (l’Enchanteur pourrissant, 1909 ; l’Heresiarque et Cie, 1910 ; le Poete assassine, 1916), ses recueils poetiques, d’inspiration autobiographique et ou le mystere est une constante (le Bestiaire ou Cortege d’Orphee, 1911 ; Alcools, 1913 [ Voir aussi :ALCOOLS] ; Calligrammes, 918), constituent une quete constante de

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la beaute et une tentative d’association immediate entre l’image et son expression verbale. Porte-parole de la modernite et de la «surprise» (l’Esprit nouveau et les poetes, 1917), il annonca le surrealisme (les Mamelles de Tiresias, «drame surrealiste», 1917). ROUSSEAU Jean-Jacques (Geneve1712-Ermenonville1778) Sa mere meurt en le mettant au monde. C’est son pere, insouciant et vagabond qui l’eleve. Jusqu’en 1728, annee de sa rencontre avec Mme de Warens, sa vie n’est que velleite entre la geometrie, l’horlogerie, un emploi de greffier, un vague apprentissage chez un graveur.

A l’hospice des catechumenes ou elle l’envoie, il abjure le protestantisme. Jean-Jacques s’enfuit. En 1741 il est a Paris, il rencontre Marivaux, Diderot. Il commence de composer des operas-tragedies. Il se met a ecrire pour Diderot les articles a propos de la musique pour l’Encyclopedie. En 1755, il publie Discours sur l’origine et les fondements de l’inegaliteparmi les hommes, denonciation des hierarchies sociales, des injustices de la societe. Voltaire l’attaque.

Lorsque parait en 1758 sa Lettre a d’Alembert sur les spectacles, ce sont les philosophes qui se detournent de lui. Depuis plusieurs mois, il a commence un roman epistolaire, Julie ou la Nouvelle Heloise. Celui-ci connait aussitot le succes. Mais, des l’annee suivante, ce sont de nouvelles difficultes qu’il doit affronter. A leurs sorties, en 1762, Le Contrat social est saisi et le traitede pedagogie qu’est L’Emile est condamneau feu . La solitude qui est la sienne et les menaces qui pesent sur lui l’obligent a l’errance.

Pour se justifier, il concoit un livre, Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau, contenant le detail des evenements de sa vie et de ses sentiments secrets dans toutes les situations ou il s’est trouve. Certain d’etre persecute, il continue d’errer. En1768, il reprend avec sa femme Therese une vie chiche, vivant de son travail de copiste de musique. Il commence son dernier livre, Les Reveries du promeneur solitaire puis decede. HUGO Victor Marie (26 fevrier 1802 – 22 mai 1885). « Je veux etre Chateaubriand ou rien. C’est un garcon age de quatorze ans qui ecrit cette phrase determinee. Soixante-dix ans plus tard il est un mythe. La Republique lui fait des funerailles nationales et choisit de l’inhumer au Pantheon. L’Ode sur la mort du duc de Berry, qu’il publie en 1820, lui vaut une gratification du roi Louis XVIII. Le requisitoire qu’il prononce le 17 juillet 1851 lui vaut d’etre condamne a l’exil par Napoleon III. La preface du drame Cromwell fait de lui, en 1827, le chef de file de l’ecole romantique en France.

L’Annee terrible, publiee en 1872, le designe comme la conscience du peuple republicain. Les Orientales, en 1829, prouvent la maitrise et la virtuosite de sa langue poetique au service de themes orientaux que cherissent ses contemporains. Le scandale et le triomphe d’Hernani sur la scene de la Comedie-Francaise le 25 fevrier 1830 imposent sans appel la puissance de la langue romantique. Notre-Dame de Paris, en 1831, son premier grand roman, propose pour la premiere fois des personnages qui sont des mythes.

Les Miserables, publie en 1862, considerable succes de librairie, bouleverse les lecteurs par son souci de justice. Pendant plus d’un demi-siecle, Victor Hugo ecrit tout : des poemes, des epopees, des odes, des romans, des drames, des essais… ; il est tout : depute, academicien, banni, senateur… Lorsque le catafalque du poete qui a voulu reposer dans le cercueil des pauvres est expose pour une nuit de veillee funebre sous l’Arc de triomphe de Paris, plus de deux millions de Parisiens viennent se recueillir et rendre hommage a celui qu’ils jugent etre la conscience de leur temps.

MONTESQUIEU Charles Louis de Secondat, baron de La Brede (18 janvier 1689-10 fevrier 1755) Paradoxalement, les deux ouvrages qui valent sa gloire a Montesquieu sont l’un et l’autre « anonymes » : Les Lettres persanes paraissent en 1721, sans que soit mentionne le moindre nom d’auteur. Quant a L’Esprit des Lois qui est edite, a Geneve, en 1748, il parait sans nom d’auteur et sans date.

Reste que ces ‘ uvres d’un homme qui a pour parrain un mendiant, parce que son pere veut qu’il se souvienne toujours que les pauvres sont ses freres, reste que cet homme, qui est recu conseiller au Parlement de Bordeaux en 1714, qui a publie des Memoires sur l’echo comme sur les maladies des glandes renales ou sur la transparence des corps, change fondamentalement le regard que le siecle porte sur lui-meme, sur son temps, sur la civilisation. Les Orientaux imaginaires des Lettres persanes mettent en pratique un regard qui commence d’etre celui de la sociologie.

Quant a L’Esprit des lois, que le libraire reedite a vingt-deux reprises, en a peine un an, il devient le livre de chevet du roi de Prusse, Frederic II, la justification pour Catherine II de Russie de sa politique autocrate ; le president americain Jefferson l’annote et Marat en fait l’eloge. Vingt ans de rencontres, des annees de voyage, de Naples a Augsbourg, de Cologne a La Haye, de Venise a Londres, lui ont permis d’elaborer le traite qui etablit que le despotisme repose sur la crainte, la monarchie sur l’honneur, et la Republique sur la vertu ; ce traite preconise encore la separation des pouvoirs executifs, legislatifs et judiciaires.

Cette exigence est inscrite dans La Constitution des Etats-Unis d’Amerique. Les textes qui ont tente d’etablir une monarchie constitutionnelle en France s’en inspirent. Quel pressentiment a pousse le roi Louis XV a refuser a Montesquieu son agrement, lorsqu’il a ete elu a l’Academie francaise ? GUILLERAGUES, Gabriel de Lavergne, Sieur de (1628-1685) Originaire de Bordeaux, il est l’auteur des Lettres portugaises, publiees en 1669 sans nom d’auteur, et dont on a longtemps cru — jusque dans les annees vingt — qu’elles etaient reellement dues a une religieuse portugaise, Mariana da Costa Alcoforado.

Familier des salons litteraires, ami de Mme de Sevigne, de Mme de La Fayette, de Moliere, de Racine, de Scarron, et d’autres, cet aristocrate-ecrivain a contribue par cet unique chef-d’’ uvre, que ses fonctions et son rang empecherent de signer, a donner ses lettres de noblesse au genre epistolaire. SADE, marquis de (1740-1814) Ne en Provence le 2 juin 1740, aristocrate de grande noblesse, le marquis de Sade, de son vrai nom Donatien Alphonse Francois, debuta par une brillante carriere militaire.

En 1763, il epousa Mlle Cordier de Launay de Montreuil dont il eut deux fils et une fille et qui, dans l’adversite, se montra une epouse fidele et devouee. Peu de temps apres son mariage commenca la longue serie de ses incarcerations, dues principalement a des actes de debauches retentissants : sur les soixante-quatorze annees que dura son existence, Sade en passa ainsi pres de la moitie en prison. Entre deux incarcerations, ou a la faveur d’evasions, il vecut dans son chateau de la Coste en Provence et fit un grand voyage en Italie (1772).

En 1789, il fut libere de la Bastille ou il etait incarcere par lettre de cachet et participa brievement aux actions de la Revolution francaise (1790). Considere arbitrairement comme fou a partir de 1804, il finit ses jours interne a Charenton, le 2 decembre 1814. Condamne a un isolement prolonge, Sade composa un nombre impressionnant de romans, de contes, de pieces de theatre et de traites philosophiques. Beaucoup de manuscrits (pieces de theatre entre autres) furent detruits par la police et une grande partie de ce qui est reste ne fut publie que bien apres sa mort.