Disserte ses

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Chapitre 8 : Conflits et mobilisation sociale I] L’industrialisation est a l’origine de conflits du travail. 1) Le capitalisme nait avec la revolution industrielle La societe industrielle nee de la premiere revolution industrielle est marquee par la place centrale du secteur secondaire, la centralisation de la production dans les usines (factory system), l’essor du salariat et de la classe ouvriere.

Au milieu du XIXeme siecle, Karl Marx (1818-1883) voit dans la misere ouvriere la consequence immediate des rapports de production(relations determinees par la place qu’occupent les individus dans un mode de production)caracteristiques des societes capitalistes (le salariat): l’exploitation (rapport de production liant le capital et le travail et consistant a payer le travail en dessous de la valeur qu’il produit)d’une part, la domination ( puissance ou capacite d’un groupe social a exercer une influence decisive sur le changement social et donc sur le destin des societes) d’autre part. 2) K.

Marx developpe une theorie realiste des classes sociales. Une classe sociale est un vaste regroupement observable d’individus. Pour lui, les ouvriers developpent necessairement une conscience de classe (sentiment d’appartenance par rapport a un groupe partageant les memes conditions objectives et avec lequel sont defendus des interets communs face a un adversaire) qui debouche sur

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une lutte des classes. L’analyse marxiste offre une grille de lecture des conflits dits « traditionnels » entre les deux classes sociales caracteristiques du mode de production capitaliste (proletariat et bourgeoisie).

Ici, les rapports de production conflictuels sont a l’origine d’une lutte des classes (affrontement economique, social et politique entre classes sociales) qui s’averera etre le moteur de la transformation de la societe. Les ouvriers, qui ne possedent que leur force de travail, forment une classe en soi car ils partagent les memes conditions objectives d’existence. Conscients de leurs interets communs, ils se mobilisent et entrent en lutte contre les capitalistes qui sont les seuls a detenir des moyens de production.

Ils forment alors une classe pour soi. Les objectifs des ouvriers portent sur les salaires, l’amelioration des conditions de travail, le droit a la securite sociale, le droit de greve et de se syndiquer. La lutte, l’adhesion a un syndicat ou au parti communiste sont des composantes de l’identite ouvriere. 3) Les syndicats et les conflits du travail se sont institutionnalises. Un syndicat de salaries est un groupement professionnel ayant pour objectif la defense des interets materiels des salaries.

Il cherche a limiter la concurrence que se font les salaries pour acceder aux emplois car celle-ci conduit spontanement a une baisse des salaires et a une degradation des conditions de travail. C’est pourquoi les syndicats sont favorables a une reglementation du marche du travail. La democratisation de la societe francaise des la fin du XIXieme a amene l’institutionnalisation (processus consistant a faire entrer dans un cadre juridique et organisationnel) des syndicats.

Ils sont devenus des organisations structurees reconnues comme partenaires par les employeurs et par l’Etat. La representativite des syndicats repose sur cinq criteres : – des effectifs statistiquement significatifs, – une independance ou autonomie en termes de choix, – des cotisations assurant leur independance financiere, – l’experience ou l’anciennete des syndicats source de credibilite, – le civisme du syndicat.

Cinq syndicats sont dits representatifs : CGT, CGT-FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC. A ce titre, ils participent a l’elaboration du droit du travail. Ainsi, l’institutionnalisation des conflits designe le processus qui vise a rendre plus stables et moins conflictuelles les relations entre les partenaires sociaux en les organisant par l’etablissement de lois ou de conventions collectives. Par exemple, la greve et les syndicats, d’abord interdits, ont ete toleres puis legalises.

Les conflits, desormais reglementes, peuvent ainsi se resoudre de maniere pacifiee, par la negociation et le dialogue social. Se developpent des procedures entre partenaires sociaux, ce qui permet de stabiliser les conflits sans pour autant les supprimer et de degager des compromis durables. Les relations professionnelles s’en trouvent pacifiees. 4) Des acquis sociaux sont nes de plus de cent ans de conflit. 864 : droit de greve, 1884 : reconnaissance du droit d’association syndicale, 1936 : front populaire d’ou la semaine des 40 heures et les deux semaines de conges payes, 1968 : reconnaissance des sections syndicales d’entreprise, 1982 : obligation pour chaque entreprise, conformement aux lois Auroux, d’organiser annuellement une negociation collective sur les salaires, la duree et l’organisation du travail, 1988 : creation du revenu minimum d’insertion (RMI) pour les plus pauvres, 2000 : loi sur les 35 heures et instauration de la couverture maladie universelle (CMU)

II] Mutations du travail et des conflits : les conflits du travail ont diminue, le syndicalisme est en declin. 1) La greve est une expression du conflit du travail qui s’amenuise. Elle a atteint son paroxysme en 1968 avec 150 millions de journees individuelles non travaillees dans les entreprises privees et publiques (hors fonction publique). Le nombre de journees individuelles non travaillees pour greve a ainsi ete divise par 20 environ entre 1975 et 2005. Ce nombre est passe de pres de 4 millions a 200 000. On peut degager deux grandes periodes concernant l’evolution des conflits du travail : Les Trente Glorieuses et la regulation triomphante qu’a permis la regulation fordiste en assurant une repartition « harmonieuse » des gains de productivite, – Les Trente Piteuses et la mise en place de politiques de rigueur visant a restaurer la competitivite et les profits des entreprises francaises. Les greves sont plus frequentes dans le secteur public et les grandes entreprises. Plus l’entreprise est grande, plus les greves sont frequentes. Dans le secteur prive les greves sont plus rares, plus particulierement dans le secteur tertiaire et les PME.

L’objet des conflits y est localise et il concerne les salaires, les menaces de licenciements et la precarite. 2) la desyndicalisation est forte Le taux de syndicalisation n’a cesse de baisser depuis le debut des Trente Glorieuses. De 40 % en 1950, il s’est reduit de moitie et s’est maintenu a environ 20 % entre la fin des annees 1950 et 1981. Depuis il n’a cesse de baisser pour n’atteindre plus que 8 % au milieu des annees 2000. On peut donc parler de syndicalisme sans syndiques. Les structures syndicales sont presentes sur les lieux de travail mais de facon tres variables.

La presence syndicale est tres faible dans les PME, les services, les entreprises sous-traitantes ou chez les precaires mais plus forte dans les grandes entreprises et le secteur public. Ainsi les militants syndicaux sont encore moins nombreux que les syndiques. 3) La desyndicalisation a plusieurs facteurs La population active se transforme. On assiste au declin des bastions syndicaux grace au declin des ouvriers (mines, siderurgie…) qui disparaissent du paysage social (leur nombre et leur part au sein des actifs se reduisent).

De plus, on assiste a la tertiarisation et a la feminisation de la population active. Or les femmes et les employes sont moins syndiques et ont moins recours a la greve. Ces mutations du travail et de l’emploi ont provoque un eclatement de la classe ouvriere, une fragmentation de l’identite ouvriere et un effacement de la lutte des classes, les luttes syndicales etant de plus en plus categorielles. La classe ouvriere est en crise. Les formes particulieres d’emploi se developpent. Or les precaires se syndiquent peu dans l’espoir que leur contrat se renouvelle ou d’etre definitivement embauches.

De plus, de par le chomage repetitif qu’ils connaissent, ils ne sont pas integres a un « collectif de travail ». L’organisation de l’entreprise est devenue moins hierarchique. Les relations des salaries avec leur superieur sont alors plus directes sans passer par la mediation syndicale qui perd du coup de son interet pour les salaries. A l’image du comportement du passager clandestin, l’individualisme, favorise par l’evolution de l’organisation du travail et la peur du chomage, se developpe.

Si l’action collective est victorieuse, elle beneficie a tous (y compris aux non – syndiques) alors que si elle echoue, seuls ceux qui se sont mobilises en supportent les couts. Enfin il existe des causes endogenes aux syndicats : bureaucratisation des syndicats (fait que les militants syndicaux perdent le contact avec le terrain), la perte de confiance (probleme de financement par aides ou indemnites qui se substituent aux cotisations), enjeux de pouvoir entre syndicats vis-a-vis du pouvoir qui peuvent aller a l’encontre de l’action de defense des salaries, professionnalisation des responsables syndicaux (perte de contact avec la base… ) Toutefois, les syndicats demeurent legitimes. La force et le role des syndicats ne peuvent pas etre apprecies uniquement sur la base de leurs effectifs. Il faut aussi prendre en compte leur audience lors des elections professionnelles. Or le taux de participation aux elections des comites d’entreprise s’eleve a 60 % et, les listes presentees par les syndicats recueillent 70 % des suffrages.

Les conflits du travail peuvent s’exprimer par des debrayages ponctuels, un ralentissement de la cadence, des manifestations sans greve, des distributions de tracts ou bien encore des recours individuels aux prud’hommes. Les conflits sociaux sont aussi devenus plus categoriels et plus defensifs. Il s’agit davantage de s’opposer a des licenciements que d’obtenir de nouveaux droits ou une hausse des salaires, par exemple. Leurs acteurs aussi evoluent : ainsi les cadres, longtemps reticents a l’action collective, s’y engagent davantage.