Dissertation la lutte contre l’inflation

Dissertation la lutte contre l’inflation

Sujet N°1 : Economie Generale La lutte contre l’inflation doit-elle toujours etre une priorite en matiere de politique economique ? Depuis le debut des annees 90, l’inflation est maitrisee en France, avec un taux moyen inferieur a 2% par an. Les autorites publiques doivent desormais eviter son retour et non plus baisser la hausse des prix comme ce fut le cas dans les annees 80. Pourtant, en 2008, le spectre de l’inflation s’agite de nouveau avec un taux au 3e trimestre de 3. 9%.

Cette tendance inflationniste liee a la hausse des prix du petrole et des produits alimentaires conjuguee a la crise financiere des subprimes expose les autorites monetaires a des choix de politique economique contradictoires (lutte contre l’inflation ou relance de la croissance). Le retour de l’inflation est-il a craindre ? L’inflation est definie comme etant le resultat d’un desequilibre sur le marche des biens et des services, entre l’offre et la demande, qui se manifeste par une hausse durable du niveau general des prix.

Cette hausse se traduit, en particulier, par une baisse de la valeur de la monnaie qui perd ainsi une partie de son pouvoir d’achat. Elle est mesuree mensuellement par l’indice des prix a la consommation (IPC)

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: releve de 303 prix de biens et de services courants sur de nombreux lieux de vente repartis sur l’ensemble du territoire. De causes multiples, le phenomene de l’inflation affecte differemment les economies et les groupes sociaux et suscite des debats theoriques, en particulier entre keynesiens et monetaristes.

Les politiques economiques sont l’ensemble des actions mises en oeuvre par les pouvoirs publics pour atteindre certains objectifs economiques tels que la croissance, l’equilibre exterieur, la stabilite des prix et l’emploi (le carre magique de Nicholas Kaldor). L’etat ne peut intervenir sur ces 4 domaines en meme temps. Depuis les annees 80, dans les pays developpes a economie de marche (PDEM) la priorite est la lutte contre l’inflation car elle est un frein a la croissance economique (these monetariste).

Compte tenu de l’interdependance des objectifs economiques et du contexte d’economie de marche, dans quelle mesure la lutte contre l’inflation peut-elle restaurer l’equilibre economique ou au contraire lui nuire ? Pour repondre a cette question, nous verrons dans une premiere partie, en quoi la lutte contre l’inflation est une necessite puis, dans une deuxieme partie, que cette lutte peut avoir des effets nefastes sur la croissance economique. I/ La necessaire lutte contre l’inflation… A) Les effets nefastes et pervers de l’inflation sur l’economie

L’inflation est un desequilibre economique ou l’augmentation des prix des biens et des services, est forte. Elle est toujours due a un choc qui touche la demande de facon positive (accroissement excessif des depenses face auquel les entreprises ne peuvent repondre sans accroitre leurs prix renvoyant a la notion du taux d’utilisation des capacites productives) ou l’offre de maniere negative (augmentation des couts de l’entreprise : salaires, hausse matieres premieres, poids de la fiscalite, elevation du credit ou encore accroissement des producteurs face aux distributeurs : oligopoles, monopoles etc. . Elle a pour effet de brouiller l’information en matiere de prix perturbant le calcul economique des agents (nul ne sait ce que l’argent vaudra demain) qui retardent leurs projets (decisions d’investissement surtout). Comme elle remet en cause le pouvoir d’achat de la monnaie, les gens cherchent a epargner sous la forme de biens plutot que sous une forme financiere puisque la monnaie perd de sa valeur. Il y a donc moins d’epargne disponible pour ceux qui veulent emprunter, en particulier pour les entreprises qui financent leurs investissements par l’emprunt.

En outre, elle degrade les pouvoirs d’achats des differentes categories sociales de maniere inegalitaire : elle penalise les menages qui ont des revenus fixes (retraites, salaries, epargnants, rentiers) car le taux d’interet reel (difference entre le taux d’interet nominal et le taux d’inflation) diminue. La consommation, qui est l’un des moteurs de la croissance (la demande adressee aux entreprises tire la production) tend a se ralentir, entrainant avec elle la reduction du taux de croissance de l’economie nationale.

Face a ces effets nefastes, les anticipations d’inflation chez les agents (travailleurs et fournisseurs) peuvent conduire a une spirale inflationniste : pour maintenir leur pouvoir d’achat, les agents vont demander des augmentations de salaires et de prix qui engendreront a leur tour des augmentations de prix (ce fut le cas pour les salaires quand ceux-ci etaient indexes sur l’inflation dans les annees 70 et 80). En outre, une politique monetaire dite accommodante de la Banque centrale peut augmenter le volume des credits (augmentation de la masse monetaire) ce qui aura pour effet de soutenir l’inflation.

De plus, elle rencherit les couts de production des entreprises qui perdent de la competitivite par rapport aux entreprises etrangeres : la stabilite monetaire externe (taux de change) est menacee par l’instabilite monetaire interne (inflation), les exportations baissent. En effet, en cas d’inflation durable, le prix des produits francais devient plus eleve que celui des concurrents pour un produit similaire ; les clients etrangers prefereront l’acheter a un meilleur prix dans d’autres pays. La croissance du marche des entreprises exportatrices s’en trouve diminuee (competitivite-prix).

Avec l’inflation, le taux d’interet augmente, ce qui rencherit le cout des investissements des entreprises. Un pays qui connait une forte inflation durable perd donc du terrain par rapport a la concurrence qui peut continuer a se modernisser. Les produits deviennent alors,moins competitifs, se vendent moins, les parts de marche regressent. Au final, la croissance ralentit et le chomage progresse. Sur le marche des changes, elle deprecie la monnaie dans la mesure ou la valeur de la monnaie depend de la competitivite de l’economie nationale. Ainsi, en France (debut 80), l’inflation 2 chiffres a pousse les autorites a devaluer par trois fois le franc sans que le solde exterieur et la croissance s’ameliorent puisqu’elle a eu pour effet de faire fuir les capitaux etrangers reduisant encore de facto les possibilites de financements dans le pays. En effet, les investisseurs recherchent des monnaies stables sensees ne pas perdre de la valeur en l’echangeant contre une autre monnaie. En cas d’inflation durable, les investisseurs prefereront acheter la monnaie d’une economie a fort taux de croissance durable, peu d’inflation et peu de chomage.

La prise de conscience des effets negatifs de l’inflation a lieu lors de la crise des annees 70, et met a mal l’intervention de l’Etat dans l’economie qui aux yeux des monetaristes est responsable, par sa politique budgetaire et monetaire, des tensions inflationnistes. Pour les monetaristes, reduire l’inflation revient a reduire les besoins de financement de l’Etat, ce qui revient a reduire ses depenses et in fine a reduire son perimetre d’activite. B) L’inflation est un mal absolu qu’il faut combattre

Pour les monetaristes, l’inflation est un mal absolu qu’il faut combattre car elle est un frein au bon fonctionnement des economies de marche. Ce postulat est mis en evidence par la theorie quantitative de la monnaie (equation de Fisher) : M (masse monetaire) x V (vitesse de la circulation de la monnaie) = P (niveau general des prix) x T (niveau des transactions). En repondant trop facilement aux besoins de credit de leurs clients, les banques peuvent creer trop de monnaie.

Si la production (creation de richesse d’un pays) ne progresse pas au meme rythme, les prix augmentent et la monnaie perd de sa valeur. Ce constat fera dire a Milton Friedman que « l’inflation est toujours et partout d’origine monetaire ». La crise des annees 70 semble donner raison aux monetaristes. D’abord caracterisee par une inflation galopante (inflation a 2 chiffres en 1974) surtout au Royaume-Uni et en France suite a l’effondrement du systeme monetaire international (1971) et des chocs petroliers de 1973 et 1979, elle remet en question le choix des politiques economiques de pregnance keynesienne.

La courbe de Phillips (etablie a partir des travaux empiriques de Alban Phillips) est alors largement utilisee par les autorites politiques pour reguler l’economie par un arbitrage entre inflation et chomage selon l’idee que « le taux d’inflation progresse lorsque le taux de chomage diminue et inversement » . Elle fera l’objet d’une critique de la part des monetaristes, de Milton Friedman en particulier. Pour lui, la courbe de Phillips a long terme est verticale : la demande globale n’influe pas sur le chomage, et il existe un taux de chomage naturel vers lequel tend l’economie.

Ce taux est independant du taux d’inflation, et toute politique monetaire est futile : elle n’agit que sur l’inflation sans modifier le chomage. Or, la priorite de l’Etat (d’inspiration keynesienne) est la lutte contre le chomage moyennant le soutien a l’activite economique par le biais de la politique budgetaire : l’intervention de l’Etat regule la demande globale par des investissements productifs (qui permettront aux entreprises de repondre a la demande), par la relance de la consommation et la repartition.

Dans cette optique, l’inflation apparait lorsque l’offre et la demande ne sont pas equilibrees (l’incapacite de l’offre a repondre a la demande). Cette inflation dite de croissance est inevitable et represente la contrepartie necessaire a la croissance. Pour les monetaristes, la relation entre le chomage et l’inflation n’etant pas fondee (critique de la courbe de Phillips), elle rend inutile la politique monetaire keynesienne. Ainsi, pour Friedman, l’Etat doit respecter l’equilibre budgetaire et controler l’inflation qui passe par le controle strict de la masse monetaire, seule condition de l’equilibre economique.

Pour cela, il doit se desengager de la vie economique et sociale en diminuant les prelevements obligatoires, les depenses publiques. Toute tentative de relancer l’activite par une politique monetaire expansionniste a pour seul effet d’accroitre le niveau des prix. Il faut donc mener une politique d’austerite et de rigueur en commencant par diminuer les depenses sociales. C’est la theorie de l’Offre. La priorite de la lutte contre l’inflation dans les politiques economiques debutera en Grande-Bretagne avec Margaret Thatcher (1979) et Ronald Reagan aux Etats-Unis (1980).

Elle sera suivie en France, par le plan de rigueur en 1983. Pierre Mauroy bloquera les salaires pour maitriser l’inflation. Aux Etats-Unis, les taux d’inflation passeront de 7 % au debut des annees 80 a 3 % dix ans apres avec une forte reprise de l’activite economique entre 1983 et 1988. Limiter l’inflation semble s’imposer dans un cadre de mondialisation car les effets negatifs de l’inflation l’emportent sur les effets positifs.

Les politiques mises en oeuvres depuis 1980 ont reussi a vaincre l’inflation passant d’une politique de desinflation competitive a une politique passive depuis 2000 et le passage a l’euro. Les pays n’ont plus aujourd’hui de pouvoir monetaire puisqu’il a ete transfere a la BCE. II/ peut avoir des effets nefastes sur la croissance economique A) La priorite a la lutte contre l’inflation peut contraindre la croissance economique. La politique monetaire europeenne conduite par la BCE vise, par l’intermediaire des variations du taux d’interet, a controler l’inflation et a soutenir la croissance (ou a la stabiliser).

Cependant, si une inflation forte est un frein a la croissance economique, la recherche prioritaire de la stabilite des prix peut aussi contraindre la croissance notamment dans des economies de plus en plus ouvertes sur l’exterieur. Ainsi, par la hausse des taux d’interet, pour limiter le recours au credit (et le freinage des salaires) les possibilites de consommation et d’investissement sont limitees, ce qui freine la croissance de la production et la creation d’emplois. A contrario, une baisse des taux d’interet et taux de change peut favoriser la roissance dans la zone euro mais egalement, une fuite des capitaux hors de la zone euro et conduire a une depreciation de la monnaie europeenne. En 1975, 1 Mark valait 1 Franc contre 3. 35 Francs en 1997. Inversement, l’appreciation de l’euro conduit a la hausse des prix des exportations, ce qui peut nuire aux biens exportes si leur competitivite repose sur les prix et non la qualite. En outre, la politique monetaire europeenne cible une inflation de 2 % pour la zone Euro.

Une reprise prolongee de l’activite economique permettrait d’atteindre rapidement cette cible mais sans possibilite de l’adapter, la politique monetaire pourrait contrarier la croissance economique. La Fed americaine au contraire a un objectif de politique monetaire plus souple et plus adaptable a la situation economique et l’objectif prioritaire est la croissance economique (le taux d’interet de court terme depend a la fois du taux d’inflation et du taux de croissance de la production).

Enfin, l’euro etant desormais la monnaie de plusieurs pays dont les structures economiques sont differentes, une meme variation du cours de l’euro n’a pas les memes effets sur les exportations des differents pays de la zone. La lutte permanente contre l’inflation menee en Europe depuis 20 ans et reaffirmee par le traite de Maastricht (1992) a pu avoir une influence recessive aux effets durables (pouvoir d’achat limite, chomage qui reste eleve, investissement en berne).

Les politiques de desinflation competitive a partir de 1980 (diminution du taux d’inflation : les prix augmentent toujours mais moins qu’avant) ne debouchent pas forcement sur de la croissance immediate. Des annees 80 a 90, l’inflation ralentit fortement en France mais la croissance n’est pas au rendez-vous (hormis des annees 1986 a 1989) et est meme negative en 1993 (-0. 9 %). L’Allemagne connait un fort ralentissement de son activite economique ; la correlation faible inflation/forte croissance ne se verifie pas forcement.

En outre, le Pacte de Stabilite et de Croissance (PSC) etabli en 1997, contraint les politiques budgetaires car il impose un plafond pour les deficits publics de 3% du PIB, privant ainsi les pays de la zone Euro d’un outil de regulation que peut etre la politique budgetaire. Si l’economie rentre dans un cycle de deflation (baisse des prix liee a un ralentissement de l’activite), les consequences peuvent etre graves ; la crise deflationniste observee en Grande-Bretagne pendant la Grande Depression avait provoque une desindustrialisation partielle et des records historiques en termes de taux de chomage.

La deflation au Japon au cours des annees 1994 a 2003 qui s’est traduite par la baisse de la production et des revenus a ete globalement jugee nefaste pour l’economie. La politique monetaire dans le contexte europeen doit constamment rechercher l’equilibre entre la realisation de l’objectif de stabilite des prix et celui de la croissance. Autrement dit, une bonne politique monetaire consiste a stabiliser les prix sans nuire a la croissance. Pourtant, une inflation moderee et a court terme peut servir la croissance (inflation de croissance).

B) L’inflation au service de la croissance economique. En effet, l’inflation a ete un soutien important a la croissance des Trente Glorieuses. Forte croissance et inflation moderee semblaient entretenir une cercle vertueux. Cette inflation permettait la croissance (consommation et production de masse) dans un climat social favorable car les hausses de salaires et des prix etaient associees. L’inflation permettait aux entreprises de s’endetter et d’investir (effet de levier) car le taux de rentablilite des entreprises etait superieur au taux d’interet reel.

Quand une entreprise entreprend un projet d’investissement et qu’elle emprunte pour financer cet investissement, elle s’attend a ce que le resultat d’exploitation degagee par la nouvelle activite soit superieur aux charges financieres induites par l’endettement. La decision d’achat d’equipement se traduit par un gain superieur au cout du financement. Si les previsions portant sur l’efficacite des equipements se realisent, le taux de rentabilite economique sera superieur au cout de l’emprunt. L’entreprise est donc incitee a emprunter (a s’endetter) pour augmenter la rentabilite financiere.

Le taux de rentabilite financiere sera d’autant plus grand que le montant du resultat courant devra remunerer un montant faible de capitaux propres, ce qui est le cas si le projet a ete finance par un endettement important. On dit que les associes beneficient d’un effet de levier. Cet endettement est aussi favorable a l’investissement des menages (logements) et a la consommation (credits a la consommation). Les menages procedent a des achats immediats soutenant la consommation en anticipant les futures hausses des prix et une hausse des salaires reels.

Mais, pour que l’inflation puisse soutenir la croissance economique, il faut que le taux de croissance soit superieur au taux d’inflation. Par exemple, entre 1950 et 1970, le taux de croissance moyen de la production en France a ete de 5 % et l’inflation autour de 4 %. D’une maniere generale, l’inflation allege la dette du debiteur (les emprunts contractes  anterieurement sont alleges : emprunt a 4% et inflation a 6% = gain). Elle rend attractif l’emprunt a taux fixe et favorise donc les investissements. Les possibilites d’autofinancement s’accroissent.

Les sommes allouees (salaires, prets) paraissent moins importantes puisqu’elles vont s’eroder avec le temps. En Europe, le taux d’inflation ne doit pas depasser 2 %, la BCE definit des taux directeurs en fonction de cet objectif mais il contraint trop la croissance dans la zone euro qui reste inferieure aux economies americaine, britannique et surtout asiatiques. Une politique monetaire trop stricte risque d’entrainer une hausse des taux d’interet qui contribuera a reduire investissement et consommation et aura des repercussions sur la croissance economique et l’emploi. Conclusion :

Si l’inflation a montre ses effets negatifs, elle a egalement ete un soutien important a la croissance economique durant les Trente Glorieuses. Peut-on parler de triomphe de la part des keynesiens ou des monetaristes pour autant ? N’est-ce pas en premier lieu l’equilibre economique que les autorites politiques doivent rechercher et pour ce faire, doivent-elles s’attacher a une theorie plus qu’une autre ? Chacune d’elle a montre ses avantages dans une situation donnee mais aussi ses limites. Aujourd’hui, les donnees disponibles confirment l’idee generale qu’un taux eleve d’inflation nuit aux resultats macro-economiques.

Une inflation moderee et a court terme pourrait, de son cote, servir la croissance. Dans le contexte de mondialisation des economies, une inflation faible permet de maintenir la competitivite- prix au risque de deboucher sur la deflation. Quant a l’objectif d’inflation zero, il est souhaite par certains, desapprouve par d’autres qui voient en lui une autre cause de desequilibre, social celui-la : les salaries verraient leur remuneration stagner et les entreprises, la perspective de profits s’amoindrir entrainant decouragement et demotivation des agents economiques.

On constate qu »il n’existe pas de politique economique ideale en matiere de lutte contre l’inflation, la politique economique a choisir depend de ce que l’on veut atteindre. En meme temps, la recherche incessante et inflexible de la stabilite des prix ne met-elle pas en danger l’equilibre social general (repartition des revenus) en d’autres termes la lutte contre l’inflation peut-elle etre generatrice d’inegalites ?