Diserte

Diserte

Lucien Camus, pere d’Albert est d’origine lorraine et travaille dans un domaine viticole, pres de Mondovi, pour un negociant de vin d’Alger. C’est dans ce departement de Constantine que l’ecrivain voit le jour. Lucien Camus est mobilise en septembre 1914. Blesse a la bataille de la Marne, il meurt a l’hopital militaire de Saint-Brieuc le 17 octobre 1914. De son pere, Camus ne connaitra qu’une photographie et une anecdote significative : son degout devant le spectacle d’une execution capitale.

Sa mere, d’origine espagnole, est sourde. La famille s’installe rue de Lyon a Belcourt, un quartier populaire d’Alger. Albert fait ses etudes dans cette ville, encourage par ses professeurs dont Jean Grenier – qui lui fera decouvrir Nietzsche – et, auparavant l’instituteur Louis Germain qui fera en sorte qu’il puisse aller au Lycee. Il gardera une grande reconnaissance a celui-ci et lui dediera son discours de prix Nobel. Il declare dans celui-ci un mot qui restera celebre : « Ma patrie, c’est la langue francaise. [pic] La stele dediee a Albert Camus face au mont Chenoua a Tipaza pres d’Alger: « Je comprends ici ce qu’on appelle gloire le droit d’aimer sans mesure» En 1935, il commence l’ecriture de L’Envers et l’endroit, qui sera publie deux ans

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plus tard. A Alger, il fonde le Theatre du Travail, qu’il remplace en 1937 par le Theatre de l’Equipe. Dans le meme temps il quitte le parti communiste, auquel il avait adhere deux ans plus tot. Il entre au journal Alger Republicain, organe du Front populaire, cree par Pascal Pia.

Son enquete Misere de la Kabylie aura une action retentissante. En 1940, le Gouvernement General de l’Algerie interdit le journal. Cette meme annee, il se marie a Francine Faure. Selon sa propre classification, ces ‘ uvres appartiennent au « cycle de l’absurde »  » cycle qu’il completera par les pieces de theatre Le Malentendu et Caligula (1941). En 1943, il est lecteur chez Gallimard et prend la direction de Combat lorsque Pascal Pia est appele a d’autres fonctions dans la Resistance.

En 1944, il rencontre Jean-Paul Sartre, avec qui il se lie d’amitie. Le 8 aout 1945, il est le seul intellectuel occidental a denoncer l’usage de la bombe atomique deux jours apres l’attaque sur Hiroshima dans un editorial reste celebre, dans Combat[2]. En 1946, Camus se lie d’amitie avec Rene Char. [pic] De gauche a droite, en haut : Jacques Lacan, Cecile Eluard, Pierre Reverdy, Louise Leiris, Pablo Picasso, Fannie de Campan, Valentine Hugo, Simone de Beauvoir, Brassai, en bas  : Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Michel Leiris, Jean Abier pic] En 1957, alors age de 44 ans, Camus recoit le prix Nobel de litterature pour: « L’ensemble d’une oeuvre qui met en lumiere les problemes se posant de nos jours a la conscience des hommes.  » La rupture avec Jean-Paul Sartre a lieu en 1952, apres la publication dans Les Temps modernes de l’article de Jeanson qui reproche a la revolte de Camus d’etre « deliberement statique ». En 1956, a Alger, il lance son « Appel pour la treve civile », alors que dehors, on hurle des menaces de mort.

Il a ete meconnu de son vivant par ses compatriotes, les Pieds-Noirs en Algerie et, apres l’independance, par les Algeriens qui lui ont reproche de ne pas avoir milite pour cette independance. Toujours en 1956, il publie La Chute, livre pessimiste dans lequel il s’en prend a l’existentialisme sans pour autant s’epargner lui-meme. C’est un an plus tard, en 1957, qu’il recoit le prix Nobel de litterature. Interroge a Stockholm par un etudiant musulman originaire d’Algerie, sur le caractere juste de la lutte pour l’independance menee par le F.

L. N. en depit des attentats terroristes frappant les populations civiles, il repondit clairement : « Si j’avais a choisir entre la justice et ma mere, je choisirais encore ma mere. » Cette phrase, souvent deformee, lui sera souvent reproche. Il suffit pourtant de rappeler d’une part que Camus venerait sa mere, d’autre part que celle-ci vivait alors a Alger dans un quartier tres populaire particulierement expose aux risques d’attentats. Il ecrivit alors (19 novembre 1957) une lettre a son professeur d’antan, Monsieur Germain