Discours de Barrès à la chambre des députés

Discours de Barrès à la chambre des députés

Des esprits très nombreux et fort généreux, certes, croient que l’abolition de la peine de mort c’est un pas en avant dans la voie du progrès. Eh bien ! Je ne raisonnerai pas dans l’abstrait, je regarde la situation de la ville de Paris. Si nous supprimons la peine de mort, si nous faisons cette expérience de désarmement au risque de qui serait-elle faite? Il faut bien le constater : ce sont les pauvres que nous découvrons, ce sont eux qui pâtiront d’abord Cette suppression de la peine de mort sera-t-elle du moins n ennoblissement de notre civilisation?

Si quelques-uns sont disposés à le croire, c’est qu’ils désirent mettre, de plus en Swipe View next plus, notre société d’ la science. Nous éco ns regardant les assassi crime de son atavism été plongé.  » q sit que nous fournit ous disent en Celui-ci tient son ilieu dans lequel il a La science nous apporte une indication dont nous tous, législateurs, nous savons bien que nous avons à tirer parti; combattons les causes de dégénérescence’.

Mais quand nous sommes en présence du membre déjà pourri, quand nous ommes en présence de ce malheureux – malheureux, si nous considérons les conditions sociales dans lesquelles il

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s’est formé, mais misérable si nous considérons le triste crime dans lequel il est tombé, – c’est l’intérêt social qui doit nous inspirer et non un attendrissement sur l’être a Swipe to Wew next page antisocial. Allons au fond de la question.

Il me semble que dans la disposition traditionnelle qu’ont un grand nombre d’esprits, éminents, généreux, à prendre en considération les intérêts de l’assassin, à sy attarder, avec une sorte d’indulgence. II y a cette erreur de croire que nous nous trouvons en présence dune sorte de barbare tout neuf, auquel il a manqué quelques-uns des avantages sociaux que, nous autres, plus favorisés, nous possédons.

Hugo a cru que l’assassin, c’était un être trop neuf, une matière humaine toute neuve, non façonnée, qui n’avait pas profité des avantages accumulés de la civilisation; il résumait cela en disant : Si vous lui aviez donné le livre, vous auriez détruit le crime.  » ] Ce barbare tout neuf a encore tout à fournlr. Mais les apaches e sont pas des forces trop pleines de vie, de beaux barbares qui font éclater les cadres de la morale commune : ce sont des dégénérés. Loin d’être orientés vers l’avenir, ils sont entravés par des tares ignobles.

Et, à l’ordinaire, quand nous sommes en présence du criminel, nous trouvons un homme en déchéance, un homme tombé en dehors de l’humanité et non pas un homme qui n’est pas encore arrivé à l’humanité. pour ma part, je demande que l’on continue à nous débarrasser de ces dégradés, de ces dégénérés, dans les conditions légales ‘aujourd’hui, en tenant compte des indications qui nous sont fournies par les hommes de science compétents s’ils nous disent que celui-ci relève des asiles plutôt que de la punition.

Je crois qu’il ya 2 compétents s’ils nous disent que celui-ci relève des asiles plutôt que de la punition. Je crois qu’il y a lieu de recourir à la punition exemplaire. Et, par exemplaire, je n’entends pas la publicité; je crois que l’exemple peut-être plus saisissant encore, tel qu’il est obtenu en Angleterre ou la punition capitale, à la muette, derrière e hauts murs, me semble plus terrifiante encore que cette manière d’apothéose infâme que nous dressons sur les places publiques.

Messieurs, j’ai autant d’horreur qu’aucun de vous pour le sang versé. un jour il m’a été donné d’assister à une exécution, je ne veux pas dire de la voir – car en effet c’est un spectacle intolérable. Je m’y trouvais non loin de M. le président du Conseil Le lendemain M. Clemenceau a écrit un bel article où il exprimait tout le dégoût qu’il avait éprouvé, toute la répulsion morale et physique que l’on ne peut pas ne pas ressentir. … Pour ma part, cette même émotion pénible ne l’éprouverais-je pas, si je devais assister à ces terribles opérations qui pourtant sont le salut, une ressource de guérison ? La vie est en elle-même chose cruelle. Et ce n’est pas avoir fourni un argument contre la peine capitale de constater ce que personne ne nie – qu’une vision de décollation est chose atroce. Cest par amour de la santé sociale que je vote le maintien et l’application de la peine de mort. Maurice BARRES (1862-1923) – Chambre des députés – 3 juillet 1908 3