Devoir de philo

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DEVOIR DE PHILOSOPHIE Sujet : L’Homme est un etre particulier etant muni ou meme domine par des desirs qu’il veut satisfaire et realiser, meme si ces desirs sont souvent une realite qui echappe a l’Homme et qui lui est superieure. La plus part du temps, les desirs s’opposent a l’ordre du monde, a la realite structuree d’une certaine facon qui est « un ordre incontestable des choses naturelles » (Platon). Cet ordre a ete impose par une force superieure et parfois ne peut etre modifiee. Ces deux elements n’etant pas toujours compatibles, est-ce que l’on doit changer plutot ses desirs ou alors l’ordre du monde ?

D’un cote pourquoi faudrait-il changer ses desirs ? Le desir n’est-il pas selon Spinoza « l’essence meme de l’Homme » et la tendance de tout desir n’est-elle pas de tendre a se realiser ? En effet, toujours d’apres Spinoza « etre, c’est desirer etre. ». Pour ne pas changer notre propre nature, il faudrait donc se disposer a changer le reel. Mais d’un autre cote, il faut se rendre a l’evidence et constater que tout n’est pas possible et que nous sommes souvent impuissants face a un ordre impose et le souhait de remplir ces desirs

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au prix d’y laisser son propre bonheur, ’est ce pas une forme de folie contre laquelle la sagesse doit nous mettre en garde ? Ne serait-il donc pas preferable de transformer son desir lorsqu’on ne peut pas transformer l’ordre des choses. Cela dit, ne peut-on pas penser que l’ordre du monde et la realisation de nos desirs soient deux elements compatibles qui ne peuvent aller l’un sans l’autre ou qui soient en partie lies. Pour commencer, il faut se rendre compte qu’il est beaucoup plus difficile pour l’Homme de changer quelque chose qui lui est propre et qui est a l’interieur de lui plutot que quelque chose exterieur a sa nature qui ne touche pas directement le « je ».

Donc pourquoi vouloir changer nos desirs lorsqu’il est a notre portee de changer l’ordre du monde ? On peut penser que c’est les desirs et leur realisation qui ont permis a l’Homme et a la civilisation humaine d’arriver au point ou elle en est. En effet, l’Homme desire amenager le monde pour creer un monde dans lequel il se sente bien. L’Homme a la volonte d’etre libre et heureux et il fait tout son possible pour combler ces deux volontes allant jusqu’a modifier la nature ainsi creee. Il construit donc un monde qui est le produit de son desir en modifiant a realite telle qu’elle a ete structuree. Il imagine et il reve de ce qui pourrait le combler et il transforme le reel en fonction de cet imaginaire. Par exemple l’Homme veut reduire les inegalites sociales pour aboutir a un ordre social juste. Il met donc en place des institutions chargees de rendre cette justice et des droits. Ainsi, il s’oppose a la loi naturelle de la force qui aurait fait prendre le dessus de certains Hommes sur d’autres plus faibles. Autre exemple, les desirs de l’humanite de vivre dans une societe de confort et d’abondance.

Or les biens presents dans la nature on ete crees de facon a ne pas etre eternels et deviennent donc de plus en plus rares a mesure d’etres utilises et consommes par l’Homme. Mais grace a la technique developpee l’Homme reussi a produire l’abondance des biens et a satisfaire son desir. Renoncer a modifier l’ordre des choses serait donc une paresse et une preuve de lachete de la part de l’Homme ? De plus, changer nos desirs ne reviendrait-il pas a changer notre nature ? En effet, selon Spinoza, « etre, c’est desirer etre » et plutot que d’essayer de changer nos desirs, il faudrait « les connaitre par la raison, pour accroitre notre uissance d’exister ». Renoncer a son desir voudrait donc dire renoncer a soi, a son desir d’etre et son desir de vouloir exister encore et toujours. Le desir de l’Homme represente donc sa volonte d’evoluer, de se deployer et de perseverer. Nos desirs sont le reflet de notre personnalite ce sont eux qui font que l’on est comme on est. Par exemple, je suis sportif et mon desir le plus cher est de parvenir au niveau le plus eleve et de reussir a remporter un titre. Alors ma vie est centree sur ce desir particulier. Je consacre une grande partie de mon temps aux entrainements.

Et changer, renoncer a mon desir reviendrait a changer ma personnalite et dans un sens ma vie. Cependant, tout n’est pas possible et il y a parfois une resistance des choses. Par exemple, j’ai un desir d’eternite mais je suis programme pour mourir ; Faut-il s’enteter dans des desirs voues a l’echec, ou se confronte a une forme d’impuissance, dois-je me resigner a l’accepter ? Il n’est pas necessaire pour l’Homme de changer ses desirs lorsque ceux-ci restent accessibles et sont assez banals, lorsqu’il n’y a aucun obstacle qui s’oppose a leur satisfaction.

Mais que faire quand nos desirs se confrontent a la nature ? Est-ce qu’il faut que l’on essaye par tous les moyens de les realiser quitte a sacrifier notre bonheur et a vivre dans la souffrance due a l’impuissance ? En voulant coute que coute remplir nos desirs Certains de nos desirs ne peuvent etre realises car ils s’opposent a une force superieure contre laquelle il est vain de lutter. De la vient l’expression « l’ordre des choses ». Ce sont des choses qui ne peuvent etre autrement que comme elles sont.

Par exemple, j’ai le desir d’etre eternel mais mon « destin » est de mourir, je souhaite voler mais la nature est faite de telle sorte qu’il est impossible pour l’Homme de combler ce desir, ou encore j’ai tente l’operation de mon cancer, accepte une chimiotherapie eprouvante, neanmoins, la maladie progresse. Alors le fait de desirer des choses alors que l’on sait d’avance qu’elles sont impossibles veut-il dire que nous sommes depourvus de raison ? Est-ce que cet espoir de voir se realiser nos desirs les plus insenses ne releve pas de la folie humaine ?

Parfois en voulant realiser nos desirs, en s’opposant aux forces de la nature, on produit des maux qui contribuent au dereglement de la nature et cela pour satisfaire notre personne et contribuer a notre propre bonheur. Par exemple, notre volonte de puissance technicienne entraine la pollution de la planete qui est un signe de la resistance de la nature a nos desirs. Ou encore, le developpement de la science aboutit a des fins dangereuses comme la possession de l’arme atomique ou de la bombe nucleaire qui sont nefastes pour la planete, representation de l’etat naturel, mais aussi pour l’Homme lui-meme.

Pour les stoiciens comme Ciceron, Epictete ou Descartes, il est plus sage de changer nos desirs. En effet, la premiere regle de la sagesse consiste a distinguer ce qui depend de nous et ce qui n’en depend pas ce qui ne depend pas de moi est ce sur quoi je n’ai pas de pouvoir. Il est vain de pretendre resoudre un probleme par des moyens voues a l’avance a l’echec. Nos desirs font partie de ce qui depend de nous et l’ordre du monde fait partie des choses exterieures sur quoi nous n’avons pas de pouvoir.

Par consequent, selon Epictete « pour etre libre et echapper au malheur, il faut s’attacher a ce qui depend de nous ? Vouloir changer la nature des choses reviendrait donc a etre deraisonnable et au contraire, quelqu’un muni de raison s’efforcera d’agir sur ses desirs afin de trouver une certaine serenite et liberte. L’ordre du monde est quelque chose qui semble difficile a modifier, ne pourrait-on donc pas concilier l’ordre du monde et la satisfaction de nos desirs, est-il possible de satisfaire tous nos desirs sans en changer d’une certaine facon l’ordre du monde ?

On peut en effet, reconsiderer la question qui consiste a choisir entre nos desirs et l’ordre du monde car d’une certaine maniere, n’est-il pas vrai que l’un ne va pas sans l’autre ? En laissant l’ordre du monde comme il est, je dois forcement changer mes desirs car la plus part ne seraient pas realisables, et inversement la satisfaction des desirs propres a chaque personne n’engendrerait-elle pas un bouleversement de l’ordre du monde ? Certains desirs relevent de la transcendance et ne touchent pas directement l’ordre du monde comme il a ete fixe.

Ce sont des desirs, certes, que l’on ne peut satisfaire directement en agissant, mais ce sont tout de meme des desirs en lesquels on croit et dons on attend leur realisation. Selon Platon « le desir est lui aussi une realite qu’il faut comprendre selon son ordre propre ». Par exemple, je desire aller au paradis apres ma mort. Je crois donc a un monde dans l’au-dela auquel je pourrais avoir acces mais je ne pourrais jamais satisfaire directement mon desir et je m’en remets a une force superieure et transcendante. L’exemple le plus complet serait le desir amoureux « je cherche ce qui doit m’echapper toujours »

S’ajoute a ca le fait que certains desirs ne sont pas realisables si chaque personne veut assouvir ses desirs mais avec a chaque fois des visions differentes. Par exemple, comme l’explique Kent, si chaque personne a une vision differente de la loi et de la justice, il devient impossible de satisfaire la totalite des desirs de l’Homme. Il est plus simple d’appliquer une justice commune et un ordre legal pour decider de ce qui est juste ou non. Et meme si ce systeme montre parfois des defaillances, il sera quand meme plus efficace que le chaos qui regnerait si chacun se faisait sa propre justice.

Par consequent, les desirs et l’ordre du monde doivent evoluer main dans la main et le choix entre les deux n’est peut etre pas judicieux a faire. Nous avons choisi d’etudier tout au long de ce devoir une question essentielle qui consiste a savoir si le choix etait a faire entre changer nos desirs ou l’ordre du monde et si oui, lequel des deux parait le plus primordial. Et au fur et a mesure, on a pu constater qu’il pouvait etre difficile de faire ce choix car d’un cote, nos desirs sont une partie de nous, c’est l’essence de notre personnalite, et les changer reviendrait a nous changer nous meme.

C’est un choix pour lequel la nature humaine est defavorable car il ne contribue pas au bonheur de l’Homme et d’un autre cote, changer l’ordre du monde est une tache quasiment impossible pour l’Homme. Cela revient a modifier un etat d’une realite qui a ete organisee d’une certaine facon et qui semble depasser l’Homme et les nombreuses tentatives pour le modifier ont souvent engendre des maux et ont mene a un dereglement ainsi qu’a un bouleversement de l’ordre naturel important.

En depassant donc les limites de cette question, on peut affirmer que le choix entre les deux n’est pas a faire mais plutot qu’il faut trouver un juste milieu entre les deux Celui n’aboutira pas, certes, a un bonheur parfait et a une liberte concrete pour l’Homme, qui ne verrait aucun obstacle devant sa volonte, mais il permettrait au moins une liberte interieure et une certaine forme de bonheur qui pourrait suffire